Gamification [3] : un exemple d’une gamification extrême et dangereuse, la scientologie

On a parlé jusqu’à présent de la gamification plutôt dans sa version positive ; aujourd’hui, nous prenons un cas extrême de gamification avec la scientologie. Ne nous méprenons pas, la scientologie a beau être une secte assez peu implantée en France, ses mécanismes sont par contre commun à bon nombre de domaines bien actifs, que ce soit le monde de l’entreprise, le mode de fonctionnement de certains partis politiques. La façon dont elle est organisée est très instructive sur la façon dont une gamification peut asservir des milliers de personnes et leur faire croire à des fictions abracadabrantes.

Articles précédents :

  1. La gamification, ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas
  2. Comment gamifier ?

 Tout le dossier en PDF : changer les systemes gamification hacking social

Un exemple d’une gamification extrême et dangereuse, la scientologie


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Ron Hubbard est fondateur de l’église de scientologie

Les discours sur la gamification sont extrêmement enthousiastes, qu’ils parlent d’application de cet outil au marketing, au management, à l’éducation ou encore pour « sauver le monde » (avec des applications/jeux visant à accroître, permettre plus facilement d’être altruiste, aider à combattre des grands problèmes via l’innovation. Par exemple le jeu evoke).
Les seuls points négatifs soulevés sont la médiocrité des gamifications actuelles (la carte de fidélité, tout ce qui est à base de scoring ou encore de badges).
Or, il nous semble que si la gamification est conçue dans la visée d’exploiter autrui, par exemple tirer tout son argent et le formater à un dogme dont il fera la promotion, elle est totalement effrayante, car diablement efficace pour faire le mal. Car les gamifiés, eux, s’amusent ou trouvent de l’intérêt au « jeu », ne se rendent plus compte de l’exploitation et du formatage qu’ils subissent… Au point que la realité est pour eux totalement effacée et remplacée par la fiction sectaire.
Il semblait donc important de rappeler que tout outil, aussi porteur d’espoir qu’il puisse être, peut servir des intérêts qui nuisent à une majorité de personnes. Et avec la gamification, c’est encore pire que n’importe quel outil, car la gamification est vécue dans la joie, l’intérêt, l’envie d’en découvrir plus, d’en apprendre plus, d’enchaîner les victoires proposées, de « gagner » plus, etc. Et les « joueurs » ne voient alors plus les mensonges, les manipulations dont ils sont victimes, l’exploitation et pire encore, il ne voit plus la réalité sans les lunettes de cette fiction devenue leur seule réalité.

La scientologie, un RPG de développement personnel dans un univers de science-fiction


Comme dans un jeu vidéo, la scientologie a un grand but, une quête principale : que les personnes deviennent plus libres. Le jeu que la secte propose est donc une sorte de RPG de développement personnel où il s’agira de s’améliorer en acquérant des compétences, des aptitudes délivrées et affrontant des « niveaux de boss », de grandes étapes sous forme de niveaux. Ils y gagnent en « libération », puis en puissance à chaque niveau franchi.

Évidemment, la scientologie ne l’exprime pas en ces termes, mais tout gamer reconnaîtra la structure en niveaux, en level up, etc :

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Détail de tous les « niveaux » à franchir, avec toutes les compétences/puissances que cela procurerait.

En réalité, ce qu’il se passe, c’est que plus l’individu « progresse », plus il devient prisonnier de la scientologie. Chaque niveau est une série de conditionnement et de manipulations diverses qui l’éloigne de la réalité, le coupe de tout et remplace toutes ses connaissances, savoirs, aptitudes par le système scientologue (qui est totalement fou). Le but du jeu est totalement contraire à ce que la scientologie déclare.
Elle a également des buts concernant la société :

« CIBLES, DÉFENSE
C1.Dépopulariser l’ennemi jusqu’au point de l’effacer totalement.
C2.Prendre le contrôle ou obtenir l’allégeance des chefs et propriétaires de tous les médias d’actualité.
C3.Prendre le contrôle ou obtenir allégeance des personnalités politiques clé.
C4.Prendre le contrôle ou obtenir allégeance de ceux qui gèrent les finances internationales et les faire passer à des normes de gestion financière moins précaire.
C5.Revitaliser de façon globale les groupes sociaux au sein desquels nous opérons.
C6.Conquérir un support submergeant de la part du public.
C7.Utiliser tous les groupes similaires comme alliés. »

L. Ron Hubbard, Fondateur (Lettre de règlement de HCO du 16/02/1969, publication IV, confidentielle)

 

 

Le level-up scientologue, en réalité un « level-down »


 

Le premier niveau à atteindre est celui de « clair », pour cela il faut acquérir des aptitudes, suivre des formations, s’entraîner. La scientologie promet que devenir « clair » augmente le QI à 135, supprime les maladies. Pour cela, il suit diverses « missions » :

– les auditions : c’est une sorte de psychanalyse avec un feedback de l’électromètre (un appareil qui mesurerait et quantifierait les états mentaux). Cela fait du bien à l’adepte de parler, il se sent gratifié de voir les victoires s’accumuler rien qu’en parlant et en pensant de la bonne manière.

audition nou nours hacking social
Image non trafiquée issue du magazine scientologue advance.

audition scientologue hacking social

 

 

 

 

 

 

 

 
En réalité, les auditions permettent à la scientologie de récolter un maximum de données sur l’individu, données qui servent à le manipuler ou à lui faire pression. L’audition est une manipulation en soi, car l’interlocuteur de l’adepte encourage les discours délirants et en profite pour bien orienter l’adepte, lui implanter de faux souvenirs. L’électromètre ne mesure qu’un peu l’électricité, c’est la version extremement pauvre d’un des composants des détecteurs de mensonges actuels. Il est vendu 4000 euros par la secte, alors qu’un bon bricoleur peut le fabriquer pour moins de 10 euros (source).

– L’étude : il s’agit d’étudier tout ce qu’a écrit Ron Hubbard. Le système d’apprentissage est bien conçu, les réussites accessibles, tout cela est extrêmement gratifiant, l’adepte peut avoir l’impression qu’il peut maîtriser tous les savoirs possibles et imaginables.

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En réalité, le savoir scientologue est catastrophique, bourré d’incohérences, il manque de logique, il est totalement fou, trop simpliste. Cependant il sert à faire des tas de choses à l’adepte, notamment qu’il croit à sa puissance surnaturelle. À voir dans l’annexe de ce fichier.

– les TR. Ce sont des exercices pratiques, visant à acquérir des aptitudes. Ici, une communication efficace :

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En réalité, c’est du lavage de cerveau, de la zombification, on y apprend à ne plus rien ressentir, à être un robot.

– la purification (plus de 2000 euros) : il s’agit de purifier son corps de toutes les toxines. Donc il est prévu des séances de sport intensives, des cures extrêmes de vitamines. La récompense promise, c’est un corps pur, plus résistant aux radiations.

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C’est bleu. C’est blanc. C’est propre. Donc c’est pur !

En réalité, il s’agit d’affaiblir l’adepte physiquement et mentalement afin qu’il soit plus malléable pour les niveaux suivants, car ils sont plus chers et plus fous.

 

 

On passe aux choses « sérieuses » (lol)… et surtout plus chères


 Une fois tout ça passé et bien sûr payé, l’adepte obtient son premier grand statut de « clair » où il a l’aptitude à « maîtriser la puissance ». Il a en quelque sorte quitté le didacticiel, il n’est plus un « noob », maintenant on passe à un autre niveau. Le nouveau but de l’adepte est de devenir OT, c’est-à-dire une sorte de surhomme aux pouvoirs surnaturels. Cela se déroule en plusieurs niveaux.

Ce qui suit est donc proposé à des personnes qui sont déjà bien conditionnées, affaiblies soigneusement au quotidien par la secte. Elles ont déjà rompu depuis longtemps avec leurs familles (ou elles sont dans la secte), travaillent avec acharnement pour la scientologie (11 heures par jour parfois, avec une seule heure de libre pour voir la famille, sans week-end et sans rétribution financière, parfois l’équivalent de 100/200 euros le mois), sont menacées ou inquiétées (elles ne doivent pas fréquenter les niveaux inférieurs, ne pas leur parler, elles ont peur d’être contaminées, etc.).

Alors oui, pour nous – et sans doute pour vous – , cela paraît totalement insensé, mais les adeptes ont déjà le cerveau totalement retourné quand ils achètent et s’entraînent à ces niveaux. Ces adeptes ne sont pas des « abrutis » ou des « faibles », n’importe qui, avec un tel conditionnement, une telle façon de vivre imposée, avec un tel épuisement physique et psychologique, sans entourage pouvant contredire ce que délivre la secte, sans lien avec le monde extérieur à la secte, plongerait dans ce délire.

À ces niveaux commence également « l’histoire principale » c’est-à-dire la science-fiction de Ron Hubbard qui passe petit à petit pour une réalité. Chaque franchissement de niveau en dévoile un peu plus sur l’histoire, exactement comme un jeu vidéo donne des « cinématiques » en récompense d’un long travail. Sauf qu’ici l’adepte donne non seulement de sa personne, a le cerveau formaté et débourse un maximum d’argent.

OT1 (150 110 $) : pour franchir cette étape, il s’agit de marcher dans la rue, seul, tout en comptant certains types de corps jusqu’à ressentir de l’euphorie, un certain type de ressenti, un « gain ». Le but est de savoir s’orienter dans l’environnement. L’adepte n’est pas surpris, l’exercice précédent OT1, célébrant son état de Clair était le même.

OT.2 (153 910 $) l’adepte apprend qu’en fait, il n’était pas si « clair » que ça. Il a encore des « enregistrements d’implants » très anciens collés à lui et qui bloquent son esprit. On lui promet donc l’éradication de ces implants avec OT2.
En audition, il s’agit de lutter mentalement contre une série d’affirmations ou négations (créer/ne pas créer; vouloir créer/ne pas vouloir créer…) tout en s’imaginant voir une lumière et ressentir un choc à chaque phrase. L’exercice se fait seul devant l’électromètre, c’est un exercice mental et oral. Certains ont cumulé jusqu’à 600 heures de cet exercice infernal.

OT3 scientologie hacking social
Attention, nous arrivons bientôt à OT3 ! Accrochez-vous, ça va vous sidérer.

 

OT3 (158 410 $) ATTENTION! SI VOUS LISEZ CE QUI SUIT, VOUS RISQUEZ UNE PNEUMONIE selon la scientologie (cependant j’ai beau avoir lu des dizaines de fois cette histoire, je n’ai toujours pas eu de pneumonie)

OT3, est l’heure des grandes révélations, le « pré-OT » devra traverser ce qu’on nomme le mur de feu. On lui raconte l’histoire de Xenu, un méchant extraterrestre qui, pour régler un problème de surpopulation, a envoyé les individus surnuméraires dans nos volcans, et y a balancé des bombes H. Ce qu’il reste de ces esprits d’individus déclarés surnuméraires par Xenu, ce sont des bodythétans. Les méchants (le clan de Xenu) leur ont implanté des images de la future société terrienne.

Par exemple, le Christ et toutes les religions sont pures illusions inventées par la troupe de Xenu afin de tourmenter à jamais ces bodythétans. Tout le monde est en fait composé d’une de ces grappes de bouts de thétans, plus correctement nommés Bodythétans (BT).

histoire OT3 scientologie xenu
L’histoire révélée en OT3. Cliquez pour voir en plus grand et lire gratuitement cette histoire à 158 410 $. Images issues de ce pdf : http://www.antisectes.net/42xenub.pdf

Dans ce niveau, il faut étudier cette merveilleuse histoire, l’adepte s’audite afin de parler avec ses thétans dans son corps et les amène à sortir de là. Il procède seul :

  • Il cherche une zone sur son corps jusqu’à ce que l’aiguille de l’électromètre réagisse.
  • Il demande mentalement au bodythétan de quelle zone il vient. La réponse est sensée arriver dans sa tête.
  • Il demande mentalement au bodythétan de quel volcan il provient. La réponse arrive dans sa tête.
  • Là, la discussion peut s’engager. Les scientologues autour de l’adepte disent que c’est une excellente chose que de parler avec ses BT.
  • Puis, le bodythétan finit par partir, c’est l’aiguille de l’électromètre qui le signale.

Il y a des centaines de BT à faire partir. Ça dure donc longtemps. Parfois, certains adeptes rapportent que les « BT » parlent tout le temps dans leurs têtes. Les autres adeptes qui passent OT3 également disent voir des thétans traînant un peu partout dans la secte. Les BT, c’est un peu comme des poux ou des morpions, alors les adeptes OT3 évitent de traîner trop près des niveaux inférieurs à OT3, faudrait pas en rattraper.
Et ainsi de suite…

Ne serait-ce que par volonté de nuire à la scientologie, révélons néanmoins les secrets d’un de leur dernier niveau :

OT8 (316 050 $) l’adepte est envoyé sur un bateau prestigieux (cependant c’est à lui de se payer le voyage). Il lui est fait des révélations incroyables. Attention si vous lisez ce qui suit, vous risquez la combustion spontanée (là aussi j’ai eu beau lire et relire des dizaines de fois ces lignes, pas la moindre petite brûlure ou fumée) :

  • Jésus était en fait très agressif, pédophile et homosexuel (l’homosexualité est réprimée chez les scientologues).
  • Ron Hubbard est la réincarnation de Bouddha.
  • Lucifer est une représentation mythique des forces de l’éclaircissement « la Confédération Galactique ».
  • Seul le bouddhisme est une religion originelle, les autres n’ont servi qu’à accélérer l’esclavage de l’homme (Ron Hubbard se disait bouddhiste).

Pour acquérir ce niveau, il s’agit de communiquer avec les Body théthan (des entités extraterrestres en vous). Les adeptes cherchent leurs Overts (les actes néfastes, les pêchés selon la scientologie) et ils demandent aux Body Thétan si ce sont leurs overts à eux ou les leurs et ils déterminent à l’aide de l’aiguille de l’électromètre l’appartenance de ces overts.

Évidemment, à ce niveau on promet à l’adepte des pouvoirs surnaturels, il est un demi-dieu. Aux niveaux OT, l’adepte est surveillé en permanence, il doit signaler tous ses déplacements, il travaille continuellement pour la scientologie (ou pour augmenter ses niveaux), il est empêché de voir sa famille et ses enfants. Même lorsqu’il ne croit pas vraiment à ces histoires de thétans, il est dangereux pour lui de s’échapper.

Voilà ce à quoi mène un système gamifié visant à exploiter totalement l’individu, couplé à des techniques de lavage de cerveau, de conditionnement et des manipulations quotidiennes : il arrive à faire adhérer à une réalité de très mauvaise science-fiction, à croire à des énormités. Autrement dit, on rend l’adepte paranoïaque, on l’incite à la schizophrénie (il faut qu’il entende des voix dans sa tête, c’est une condition nécessaire aux niveaux OT) et à ce niveau, quitter la scientologie est quasi impossible. Le rebelle serait traqué, harcelé, car il est surveillé en permanence. S’il ose élever la voix, il est envoyé dans des sortes de camp de travail ou il est esclave (les RPF).

 

« La vie est un jeu… Un jeu se compose de liberté, de barrières et de buts. » Ron Hubbard

 

Ron a en tout cas conçu sa secte comme un jeu : les 4 caractéristiques développées précédemment sont extrêmement présentes : il y a foule d’objectifs, avec des sous-quêtes, des quêtes annexes, des quêtes obligatoires. Il y a des feedbacks constants : l’électromètre quantifie les états mentaux, leur réussite ou leur échec en fonction des tâches demandées (en réalité, cela ne mesure rien c’est un voltmètre) ; les autres scientologues donnent également un feedback à l’adepte sur tout ce qu’il peut dire, faire, etc. ; la secte apprend également aux adeptes à mettre tout en statistiques et à faire des calculs pour avoir un feedback sur leur progression (même sur des points inquantifiables comme l’éthique, qui en fait veut dire la soumission au dogme scientologue). Il y a évidemment quantités de règles et quant à la participation volontaire, elle s’obtient progressivement avec des techniques de manipulation, notamment certaines visant à affaiblir la personne pour qu’elle soit plus malléable, qu’elle demande d’elle-même le secours de la secte.

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une humble conférence scientologue pour présenter une nouvelle « tech »

À cela on rajoute une grande histoire qui se déroule progressivement, un contexte qui se veut épique (cf l’image au-dessus) où l’individu se croit sauveur du monde, puissant, surhomme (alors qu’il n’en est rien, il est exploité au maximum).
On devrait garder en tête l’exemple de la scientologie, de sa gamification, car il est malheureusement fort probable que les exploiteurs du futur agissent de la même sorte, possiblement en plus efficace. Il y a déjà des entreprises où l’on n’est pas loin d’un tel niveau de folie avec un management gamifié et une fiction fortement implantée dans la tête des personnes (le demi-dieu Steeve Jobs et ses milliers d’adeptes, les temples Apple stores, le fanatisme, l’amour pour la relique iPhone, etc.)

Plus d’infos sur la scientologie dans ce magazine : https://voxlemag.files.wordpress.com/2012/08/vox-numero-spc3a9cial-scientologie.pdf

la suite ici

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23 commentaires sur “Gamification [3] : un exemple d’une gamification extrême et dangereuse, la scientologie

  1. je pense qu’on peut s’attendre de la part du hacking social, a avoir un article qui relève le nombre de clic sur les liens qu’ils postent, ( dans ceux qu’ils ont deja posté ) ou du moins qu’ils vont s’en servir pour en écrire un autre. car dans leur démarche j’ai l’impression que c’est aussi fait pour =)

  2. Bonjour,

    En lisant cette article je me suis posé la question suivante :
    D’après vous, est ce que le modèle économique des jeux « Free-To-Play », n’est pas une utilisation « détournée » de la gamification ?
    Dans ce système, on propose là bien un vrai jeu, mais pour accélérer la progression voir accéder à de nouveaux objectifs (et donc fournir plus de « récompense » aux joueurs) le joueur doit/peut payer.
    Cette question s’éloigne peut être du dossier présenté ici, mais elle m’ait venu à l’esprit après avoir lut cette article alors je me permet de la partager !

    ThT12

    1. Alors oui c’est intéressant que tu soulèves ce point, parce qu’on a la fois un marketing qui pioche dans le monde du jeux vidéo pour capturer plus de clients mais on a également le mouvement inverse dans certains jeux : ils exploitent la volonté de progresser du joueur en monnayant certaines fonctionnalités, niveaux, objets, etc… Les free to play type mmorpg sont pas les plus flagrants à ce niveau d’exploitation, par contre les jeux qu’on trouve sur facebook ne sont presque plus des jeux, mais ce que nomme Ian Bogost des « exploitationwares » : autrement dit, ce sont des jeux addictifs conçus avant tout pour pomper le maximum d’attention (pour vendre la pub autour) et d’argent possible. Electronic arts pourri aussi tous ces jeux qui étaient pourtant marqué l’histoire du jeu video (sim city, Dungeon keeper, etc…) en décomposant les jeux en moult DLC chers et vides, en bridant les jeux etc…
      J’en parlerais à la fin de ce dossier sur la gamification (dans deux articles en principe).

  3. Aaah Xenu … ça me rappelle un épisode de South Park tout ça ^^

    Et quand on voit la réalisation de Battlefield Earth, on comprend mieux à quel point ils ont un léger problème dans la tête !

    Et dans ce sinistre RPG, comment choisissent-ils le MJ ? À voir l’organisation du truc, leurs dirigeants ne sont pas fous du tout, eux … ils passent aussi les tests les dirigeants ?

    1. Alors Miscavige, le numéro 1 de la scientologie est issue d’une famille qui était déjà scientologue ( des grand parents aux cousins, en passant par les oncles etc.) donc il est imbibé de sciento depuis sa naissance. Tom cruise, le n°2 est clairement formaté, il y croit, il est à fond dedans. C’est une vraie marionnette pour la sciento. Je pense que c’est comme dans n’importe quel religion : certains obtiennent des responsabilités sans forcément y croire. De même en entreprise, je doute que ce soit par amour du yaourt/de litière pour chat/des frites/etc. que les « MJ » prennent leur rôle.
      Par contre ce qui est commun à tous, c’est l’amour du pouvoir. Pour ça, l’individu est capable de feindre ou même se convaincre qu’il croit à des sornettes, si cela lui permet d’être « supérieur », d’avoir du pouvoir sur les autres. En tout cas, la scientologie joue beaucoup sur ce levier « d’amour du pouvoir », de volonté d’être supérieur à autrui pour asservir ces adeptes. Et ça marche plutôt bien, comme en entreprise d’ailleurs.

  4. Est-ce que vous pensez qu’être un gamer rend plus dépendants ou moins dépendants à ce genre de pratiques ?

    On à l’habitude de ce genre de fonctionnement, et la gamification est un principe assez séduisant sur le papier.
    Et on a une plus grande habitude de ces pratiques, ce qui peut nous rendre plus méfiant et exigeant envers ces pratiques d’un côté, mais aussi plus sensible, car en terrain connu, de l’autre.

    Du coup, je suis partagé sur ce point.

    1. Je crois que la question de la « dépendance » est hors de propos ; d’un coté, le gamer est habitué à être attiré par les activités à récompenses intrinséques (on joue au jeu vidéo pour lui même) et de l’autre côté le gamer est habitué à expérimenter des modes de fonctionnements différents, des structures différentes et y agir. Donc face à un gamification, oui le gamer reconnaitra la structure, le cadre donc il sera sans doute beaucoup plus critique envers elles. Souvent les gamers dédouanent avec force les jeux créent pour faire de l’argent, je pense aux jeux facebook, parce que leur structure est instantanément reconnaissable et qu’ils voient qu’ils sont fait pour exploiter les joueurs peu expérimentés ou jouant très peu.
      Face à une gamification de mauvaise facture (comme ce que fait le marketing), le joueur passera vite son chemin (les autres s’en lasseront rapidement aussi) ; face à une gamification comme la scientologie, ce n’est pas leur profil de joueur qui va entrer en jeu, mais leur état psychologique et la compétence du manipulateur en face qui tente de leur faire entrer dans la sciento. Des dizaines de facteurs interviennent dans l’endoctrinement, et l’aspect jeu de la sciento n’est qu’un ciment de plus, pas un déterminant. Ce n’est pas l’aspect jeu qui determine le niveau d’endoctrinement, par la gamification renforce l’adhésion.
      Je pense que beaucoup de gamer (mais pas tous) sont entrainés par les jeux à devenir autotéliques (voir https://hackingsocialblog.wordpress.com/2015/03/03/le-bonheur-nest-pas-celui-quon-nous-vend-la-preuve-par-le-flow/ ) donc cela peut être une bonne défense contre des gamifications nocives. Mais ce n’est qu’une supposition, j’ai pas d’études à l’appui, je m’appuie juste sur mes observations.

  5. Je sais pas si je dois rire ou pleurer… dans le doute, je vais rire.
    (Toujours passionnant, au passage 😉
     » Il lui ait fait des révélations incroyables.  »
    Il lui EST fait des révélations incroyables. » 😉

    1. Merci, c’est corrigé ! En effet, avec la sciento y a tout autant de quoi rire que pleurer… Il ne faut pas hésiter à parler des niveaux OT un maximum, étant donné qu’ils veulent garder l’histoire confidentielle, c’est toujours une bonne action de prévention de faire rire de Xenu, des thétans etc. La personne associe alors cette histoire ridicule à la secte et, oui, du coup ça casse le sérieux qu’ils veulent se donner auprès de la société, des entreprises etc. Rions, donc, car le rire ici peut être une forme d’action.

  6. Rien que la petite histoire de Xenu et ses plan machiavél… Euh… Stupides ? Bref, ses plans ; est déjà pleine d’incohérences, de trous, de xblblblllbbbkbrrrhaaaa… (Je ne trouvais pas d’autre mot, sorry…)
    Mais s’il y a UN bon côté à la Scientologie, c’est que ça m’a permis de créer ma prochaine partie de JDR 😀

      1. Well…
        No.

        Plutôt dans les lignes de « construire une fausse société secrète dont les membres sont totalement déconnectés de la réalité »…

      2. « Plutôt dans les lignes de « construire une fausse société secrète dont les membres sont totalement déconnectés de la réalité »… »

        Mais il faut savoir lancer l’affaire. Par exemple, plutôt que d’haranguer les foules sur les places publiques, il suffirait de créer un blog et de poster des articles décalés et de plus en plus longs, histoire de bien retenir l’attention des apprentis.

        Pour récompense, une petite vidéo de temps à autres, avec des effets spéciaux, de l’action et qqs fois de l’amour.

        Mais avant d’aller plus loin et de toucher un plus large public, il faut absolument se créer une hiérarchie. Pour cela, il faut réunir les membres les plus méritants dans un lieu secret ayant un nom cosmico-obscur (du genre Titan-Pad). Une fois tout ceci fait, la conquête du monde peut commencer…

        C’est marrant, cela me fait penser à qq chose, mais impossible de mettre un nom dessus…

      3. Bonsoir.
        Ce message est destiné à Caligula63, bien que chacun puisse le lire, ce que je m’apprête à énoncer concerne directement le commentaire de ce cher « boulanger au cœur tendre ». WordPress ayant ses humeurs et peu de sagacité, il est probable que votre boîte mail, supertraducteur et Dree’ja, en souffre. Vous m’en voyez désolée, mais ce n’est pas de ma faute. Adressez-vous au tenant de la boutique wordpress si cela vous augmente la tension ou autre palpitations nerveuses.

        Caligula63, actuellement Viciss parle parfois de monstres de spaghetti géants ainsi que d’une licorne rose invisible (« elle existe car personne ne l’a vue, c’est bien la preuve de son invisibilité »). Je ne fais que prévenir. Mais votre intelligence fera le lien avec le « reste ».
        De quoi nourrir gracieusement votre intellect affuté et prévenant à la fois :
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Licorne_rose_invisible
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Pastafarisme

        Cordialement,
        Docteur Claire Enclocq [mage toujours niveau 35 à W.O.W ]

      4. En effet, ma boîte mail en souffre. Depuis quelque jour déjà, elle n’est plus comme avant. Elle refuse de parler, et c’est à peine si elle me permet de regarder mes messages.

        Que faire docteur ?

  7. Bonjour,

    Je ne poste pas spécialement pour cet article mais pour la série d’articles sur la gamification. Je voulais juste partager mes idées, car le portage c’est cool, ça peut même parfois faire avancer. Je ne vais donc pas critiquer mais énoncer une idée en lien avec ce sujet.

    Je trouve la pratique de vouloir adapter le monde informatique au monde « réel » de plus en plus aboutie. On parle ici de gamification, là bas de communauté libre et opensource basée sur le partage et la collaboration. On sent que l’informatique touchant à de plus en plus de gens sur la planète (du moins sur la planète des « pays développés ») et qu’elle influence nos pensées.

    Pour ma part, j’ai une formation de gestion de projet. Il y a de nombreuses façon de gérer un projet. Des méthodes, des théories de la motivation, ce sont quelques concepts de bases lié au savoir-être, au savoir-faire et au savoir. Ces méthodes et théories permettent d’avoir des résultats meilleurs sur différents points : la performance, l’efficience, le bien être des collaborateurs. Il s’agit non pas d’atteindre un objectif, mais de l’atteindre de la meilleure façon qu’il soit. Tout cela est bien souvent en accord avec différentes cultures (contexte international avec des cultures opposées) et plus ou moins liés au respect des autres (savoir tenir compte du fonctionnement de l’autre, comprendre ses émotions, non pas pour le manipuler mais pour travailler au mieux avec lui. Ne pas rejeter l’autre mais trouver quelque chose d’intéressant à faire avec lui quand deux caractères s’opposent).

    Cela mène pour les adeptes du tableau excel à avoir des chiffres en vert, car bien souvent un projet bien mené coûte moins cher et/ou rapporte plus. Cela permet aux collaborateurs d’être plus à l’aise dans leur travail car celui-ci répond à leur motivation. Ils sont alors plus enclin à aller travailler et peuvent même travailler plus pour gagner plus (non pas financièrement (du moins pas principalement) mais intellectuellement et/ou émotionnellement).

    Je pense donc pour ma part qu’affecter ces principes au quotidien (on a même des projets sans leader, juste des gens qui gère les rouages pour arriver à l’objectif commun) permettrait à l’homme de mieux vivre, d’être plus heureux des tâches qui lui sont confiées (peut être même qu’il adorerai couper le chou-fleur, car ce ne serait pas son métier, il saurait que le découpage de chou-fleur permet de nourrir ses amis et serait donc plus enclin à cette tache car il saurait que de l’autre coté, il y a quelqu’un comme lui qui a ramassé ce chou-fleur, et que de l’autre coté il y a quelqu’un qui le lui cuisinera pour profiter au maximum de son gout. Ou peut-être préférera-t-il participer à un peu des trois tâches?).

    Bien sur il faut garder à l’esprit que si l’on comprend les émotions de quelqu’un, sa façon de fonctionner, il peut -être aussi très facile de le manipuler (voir : « la France a peur » ou cet article sur la sientologie). Mais sans être constamment sur la défense, être conscient des choses, les exprimer et les partager est deja une première étape.

    1. Alors j’ai étudié un peu ces méthodes et outils du management dans le cadre de la manipulation, de l’exploitation, de la soif du pouvoir 😀 (j’en parle assez largement sur le blog dans les articles étiquetés « travail ») Et comme tout outil, on peut leur faire n’importe quoi, par exemple avec les théories sur la motivation on peut mettre en place un régime totalement tyrannique pour servir ses propres desseins, en transformant ses employés en adeptes formatés content de la perte de leur esprit critique.
      Qu’importe les outils, méthodes, théories, c’est les intentions/volontés des humains qui y participeront qui en feront un bon outil ou une arme pour le profit ou le pouvoir.
      Par exemple, je suis plutôt du genre à aimer ne pas avoir de chef, à bosser en totale autonomie ; et pourtant j’ai parfois rencontré des situations où il y avait un chef, mais cette personne était tellement respectueuse d’autrui, tellement au service de ses subordonnés que c’était un plaisir de bosser à ses côtés. [cependant, c’était dans une structure de travail saine, sans benchmark, sans folie managériale, sans volonté de profit-a-tout-prix, dans un cadre plutôt humaniste ]
      Pour la gamification, c’est pareil. Ce sont des séries d’outils, d’idées, de méthodes dans lesquelles on peut piocher beaucoup ou peu et l’on peut les utiliser pour le pire comme le meilleur. Donc c’est une bonne chose si elle est prise pour de bonnes intentions, par contre, au vu de la puissance de l’outil, cela peut devenir un système aussi épouvantablement efficace et asservissant que celui de la scientologie.

      PS : non pour les choux fleurs, affecter cette tâche 8h par jour à un humain, c’est nier qu’il a un cerveau apte à fonctionner, c’est le considérer comme un rouage. Ce qu’il faut, c’est réparer la machine qui est sensée casser les choux fleurs à sa place et l’affecter à des tâches où il peut user de son cerveau, où il peut prendre des initiatives, où il est une personne. Rendre le cassage de chou fleur amusant est impossible et même si on n’y arrivait se serait lui mentir sur la nature des choses, donc cela demanderait un formatage digne de la scientologie (y mettre de la narration, dire que ça le rend plus puissant,..). C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire pour améliorer les choses, mentir sur la réalité des choses.

    2.  » (peut être même qu’il adorerai couper le chou-fleur, car ce ne serait pas son métier, il saurait que le découpage de chou-fleur permet de nourrir ses amis et serait donc plus enclin à cette tache car il saurait que de l’autre coté, il y a quelqu’un comme lui qui a ramassé ce chou-fleur, et que de l’autre coté il y a quelqu’un qui le lui cuisinera pour profiter au maximum de son gout. Ou peut-être préférera-t-il participer à un peu des trois tâches?). »

      Alors là, je ne vous connais pas, mais je vous offre un poste tout de suite!!!!

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