Thread de pourquoi mon dernier ouvrage peut-être “trop”, « bizarre », et que c’est même fait exprès. 

Le dernier ouvrage (le pdf et le premier chapitre sont dispo ici [PS1] Brûlez vos idoles ? Parasocial, réparer nos liens médiatiques – Hacking social )  peut peut-être apparaître comme surmenant, trop, “overwelming” surtout si vous avez besoin d’esthétique minimaliste au quotidien pour votre sérénité. Je vous explique pourquoi j’ai fait ces choix qui peuvent être bizarres pour beaucoup. 

Effectivement, il peut y avoir un ressenti d’esthétique maximaliste dans cet ouvrage parce que y a des sous-structures dans tous les sens, que ce soit les encadrés, 

les questionnaires cochables et calculables :

et je ne parle même pas des cartes 😀

On est où là en fait, à la fête foraine ou dans un livre, sérieux ? On comprend rien !!! 

En fait cette abondance que d’autres pourraient considérés comme un chaos délirant a pour fonction de multiplier vos possibilités et votre liberté : 

Les encadrés sont en fait là pour vous laisser le choix de soit aller voir la vidéo et ne pas lire le texte, soit lire le texte plutôt que de la regarder. 

Les questionnaires sont laissés à dispo soit pour être inspectés, analysés ou remplis si vous le souhaite?. Sur le site, y aura le formulaire qui calculera pour vous

 (petit spoiler du futur article qui sera publié début semaine prochaine :  ) 

J’ai laissé aussi ce gros schéma si on souhaite avoir une grille cochable pour brainstormer, parce que ce livre n’a pas à être sacralisé au point de ne pas être touché de votre encre. Vous pouvez le gribouiller.

C’est aussi pour ça que j’ai mis ces effets sur les vignettes : si vous voulez gribouiller les portraits, c’est davantage possible que si j’avais mis les vignettes telles qu’elles apparaissent sur youtube. 

Avec cet ouvrage, j’ai été particulièrement bloggeuse : j’étais là pour vous partager des trucs intéressants, à vous de vous les approprier (y compris si c’est pour les rejeter et faire l’inverse) et il fallait que la maquette de ce bouquin le permette matériellement : d’où son délire maximaliste avec ces possibilités que vous pouvez prendre ou non. 

(je précise que mon emploi du mot “délire” vise à me réapproprier l’étiquette de “délirante” qu’on m’a adressé afin d’y charger une valence positive qui était assez commune dans ma génération Y, un peu comme aujourd’hui le mot dinguerie est retourné avec une forte valence positive)  

Ce n’est pas que pour vous laisser plus de possibilités de réappropriation que j’ai fait ces choix, c’était aussi pour me mettre au défi et tenter de construire des formes nouvelles qui coïncident avec des souhaits d’empuissantement des gens et un besoin de créativité. 

L’autoritarisme grimpant nous force à nous raccrocher à des normes convenues, traditionnelles, des formes “conformes”. Tenter de proposer des choses nouvelles, quitte à ce qu’elles prennent le risque de paraître incongrues, trop, indécentes ou délirantes est pour moi important pour résister mentalement aux tentatives de contrôle m’incitant à me conformer aux formes traditionnelles. Désolée, mais je continuerais à avancer.

Certains peuvent aussi traduire leur confusion face à mes choix maximalistes comme une faute, une erreur à corriger, une incompétence. C’est très courant qu’on adresse ceci aux femmes, car on ne nous reconnaît pas vraiment le droit de sortir des normes. Ainsi, si on le fait quand même, ces gens ne prennent pas le temps d’interpréter cette sortie de la route comme étant de la créativité sciemment réfléchie, puisque nous sommes des femmes, c’est forcément qu’on ne savait pas, qu’on a fauté. Et ils adorent tellement pouvoir nous faire la leçon que non, ils ne vont pas chercher à interpréter les choses étranges comme un choix réfléchi. 

Face à ça, j’ai décidé que je n’en avait rien à faire et que j’avancerai quand même, qu’importe si c’est jugé ou ignoré avec dégoût 😀

Je n’ai pas le luxe de pouvoir attendre que les gens jugent moins et cherchent à comprendre pour avancer et continuer dans mon envie de vous partager un maximum de possibilités, d’espoir, de play contre les problèmes. C’est cela que vise ce bouquin bizarre dont le thème cache la quête principale. Mais il s’agit bien de donner du fuel pour résister au dooming, à l’impuissance acquise, à la déprime,  pour relever la tête face à la honte d’avoir été infériorisé en tant que femmes, LGBTQI+, racisés, marginalisés. Le livre montre que la sale réputation du parasocial visait à neutraliser nos sources d’empuissantement, de restauration, de construction, de politisation, de forces collectives. J’espère néanmoins que certains arriveront à le comprendre et en tireront du fuel. 

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