Un artiste teste notre capacité à résister. Et vous ? Qu’est ce que vous feriez pour empêcher la banalité du mal ?*

 

Il était une fois un homme qui se tenait immobile dans les villes. À quelques mètres de lui, une table où s’empilaient 120 œufs et plusieurs emballages vides pouvant les recueillir. Aucune inscription ou signe distinctif ne signifiait que faire de cet espace inaccoutumé: la situation était hautement incompréhensible dans ces villes où les passants ne s’arrêtent que lorsqu’un banc, un rendez-vous, un feu rouge ou un marchand les leur convient.

Cependant, ils s’arrêtèrent. Testèrent. Rirent. Et l’homme, toujours immobile, finissait toujours couvert d’œufs qu’on avait jetés sur lui.

Malgré le style adopté pour cette accroche, je ne vous parle pas là d’une fiction, mais de l’œuvre bien réelle, bien vivante, d’un artiste, Jérémie Pujau. Vous avez peut-être croisé ses vidéos dans les sections « buzz », « insolite » des médias dans le figaro, rue 89, les inrocks (par contre, nous n’avons aucune idée si cette vidéo est passée à la télévision, étant déconnectés volontaires de ce média). Bien que nous ayons été fort intéressé par cette performance, nous n’en avons pas parlé immédiatement : comme nous ne sommes pas journalistes et que nous ne nous fixons pas d’impératif d’audience, nous avons ce luxe qu’on nomme temps et on peut laisser nos cerveaux méditer, réfléchir, prendre leur temps pour traiter l’information. Pour cette « info », cette démarche de lenteur fut une bonne chose, parce que cette performance nécessite de se poser aux côtés de l’artiste, de s’immobiliser symboliquement avec lui et d’observer d’un bout à l’autre ses longues vidéos.

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La performance-expérience

Voici une des vidéos que l’on a regardées :

Si vous ne connaissez pas l’expérience de Milgram, on vous conseille de consulter l’article que l’on a fait à ce sujet (ou dans le livre, c’est la même chose), car on fera beaucoup de parallèle avec celle-ci.

Le premier questionnement des passants face à ce cadre inhabituel est l’immobilité de l’artiste : on les entend rire, mais ce n’est clairement pas un rire de moquerie, c’est un rire nerveux, une réaction plus que le témoignage d’une opinion. C’est le même rire que celui qui sort de notre bouche lorsqu’on voit une chute, c’est le même rire qu’ont les sujets de l’expérience de Milgram lorsque les décharges électriques qu’ils envoient à leurs collègues commencent à être douloureuses au point de lui arracher un cri. Notre grosse erreur, tant à ceux qui rient qu’à ceux qui les observent rire, est d’interpréter ce rire comme : je ris = je trouve cela drôle, cela me plaît ou il rit = il trouve ça drôle, cela lui plaît ou il se moque de l’autre. Un rire nerveux est au contraire signe d’un malaise, d’un conflit mental et il sort de la bouche des personnes pour soulager la tension. Cela a son utilité pour pouvoir abaisser le conflit mental et aider à l’action. Dans Milgram, l’horreur est que ce rire pousse à continuer d’obéir et de lancer sans conflit des décharges encore plus fortes.

Cependant, le premier groupe de filles rit, pense à la probabilité de jeter des œufs, mais ne le fait pas.

Plusieurs éléments empêchent les personnes de passer à l’acte : deux jeunes hommes semblent comprendre qu’il s’agit d’une performance et joue avec le cadre de celle-ci. Un se tient immobile devant les œufs, comme un miroir de l’artiste, l’autre se prend en photo avec l’artiste, ils disposent des œufs sur Jérémie puis les remettent en place, un semble dessiner sur les œufs. Ils expliquent également leur interprétation aux passants. Plus tard, d’autres personnes repèrent une des caméras cachées, elles ne jetteront pas d’œufs également : quand on sait qu’on est observé, on tient à avoir une bonne image (biais de désirabilité) ; dans le jeu de la mort (une version récente de l’expérience de Milgram), même s’il y a une assemblée, des caméras, les personnes continuent la torture par soumission à l’autorité, qui prédomine sur cette question d’image (mais qui peut être interprété comme un biais de désirabilité vis-à-vis de l’autorité + de la peur + conditionnement à obéir, etc.).

Le premier « acte » est celui d’un homme passant à toute vitesse en vélo. Il jettera un œuf au pied de Jérémie et partira aussi vite qu’il est arrivé. Par la suite, le cadre posé par l’artiste semble appréhendé différemment : plus personne ne passe entre la table et lui, comme si les éléments en présence dictaient des règles à respecter bien qu’objectivement, il n’y en ait pas. Un groupe de personnes parlant une langue étrangère (qu’on n’a pas reconnu) ainsi qu’un groupe de jeunes s’approchent. Les jeunes cherchent « ce qu’il y à faire », un d’entre eux lance un œuf, mais il n’y a clairement pas de violence, il est dans un état d’esprit de test du cadre. Il décide après de détacher les emballages vides (personne n’y avait touché avant), il a des difficultés, car il y a eu une averse et ils semblent collés entre eux. Cela ne l’empêche pas de continuer et de remplir une boîte qu’il met de côté. Deux femmes du groupe parlant une langue étrangère suivent son exemple et dans une parfaite coordination, rangent tous les œufs dans les boîtes qu’elles ferment. On a là un cercle vertueux.

Mais l’absence de changement, l’immobilisme de l’artiste semblent décevoir les passants  » c’est pas ça qu’il fallait faire ». Un autre groupe arrive. Ils sont dans la même démarche de trouver ce qu’il faut faire. Certains demandent s’ils peuvent prendre les œufs, si c’est gratuit. L’absence de réponse ne les fait pas pour autant tenter de prendre les œufs. Tout s’enchaîne rapidement, le groupe est impatient et frustré de cette absence de réaction, de cette incompréhension de ce cadre. Ils jettent presque tous les œufs sur l’artiste. Un des hommes du début revient et jette tous les œufs à terre.
Dans cette séquence, on a noté beaucoup de comportements d’aide : Jérémie est essuyé, certains le protègent du carton, dans le groupe des lanceurs on entend des « arrêtez ! », et beaucoup de personnes tentent de communiquer avec lui. Dans un cadre habituel, cette volonté de communiquer peut suffire à trouver l’aide nécessaire, car les personnes interrogées répondent ou cela permet aux passants de savoir si une personne est mal en point afin d’appeler les secours.

L’artiste fait ensuite un debrief avec les jeunes, en leur posant beaucoup de questions. Et les jeunes semblent avoir été touchés de la méchanceté du jeté d’œufs.
Nous n’avons pas vu dans cette vidéo d’intention sadique, dénuée de toute empathie. Certes, la séquence du jeté d’œufs est violente, elle est un acte de violence, mais cette violence est issue non pas d’une intention de faire mal ou d’humilier Jérémie, mais de l’incompréhension du cadre, du test d’un cadre qu’on ne comprend pas, du silence incompréhensible pour les passants de l’artiste. Durant la vidéo on a pensé « la violence est réaction faute de savoir quoi faire » et cela reste encore une impression fort vivace.

 

Ce qu’en dit l’artiste

 

« Ce travail se positionne comme héritier de démarches artistiques développées durant la fin des années 70 et le début des années 80 comme le « Collectif d’art sociologique » (Hervé Fischer, Fred Forest, Jean-Paul Thénot), le groupe « Untel » (Jean-Paul Albinet, Philippe Cazal, Alain Snyers), mais se nourrit aussi de recherches philosophiques, sociologiques, ethnologiques, anthropologiques et psychologiques (Hannah Arendt, Elias Canetti, Stanley Milgram entre autres). »

Jérémie Pujau parle de sa performance comme d’un travail de recherche, tant artistique que sociologique, mais aussi comme d’un appel à la mobilisation et à réfléchir ensemble :

« Évitons les malentendus et incompréhensions. Il ne s’agit pas ici de morale ou ni de juger qui que ce soit, mais bien d’essayer de comprendre et de rendre les clés de cette compréhension intelligibles à chacun. Pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus. Pour que chacun ait les armes nécessaires pour se lever et dire « non ». Il est important de garder cela en tête lors du visionnage des vidéos et photos rassemblées. N’oublions pas que, si certaines conditions sont réunies, toute personne est capable du pire. »

En cela, nous reconnaissons la même impression que donnent les expériences de Milgram et le visionnage renforce cette même douloureuse ressemblance : à moins de se positionner en juge, ce qui est une forme de déni à éviter si on souhaite vraiment comprendre, il est très dur moralement de nous voir dériver aussi facilement et de commettre de la violence aussi rapidement. Dans Milgram, c’est la simple présence d’une autorité qui arrive à nous transformer en tortionnaires, ici c’est l’incompréhension et la frustration mêlée à une tendance au conformisme (les personnes suivent les actes des autres pensant que c’est ce qu’il faut faire ; que ce soit dans le positif – ranger les œufs – ou le négatif – lancer les œufs sur l’artiste) qui nous fait commettre cet acte dégradant. Cependant, le cadre est très différent entre Milgram et cette performance, c’est le ressenti qui est par contre assez similaire.

 

Ce qu’en disent les psychologues

 

Les inrocks ont eu l’intelligence d’interroger les psychologues sociaux Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, des spécialistes des questions de manipulation, d’influence et de soumission (on a évoqué une des expériences de Beauvois ici) :

Ils estiment que :

“Les références à Hannah Arendt et à Stanley Milgram ne s’imposent vraiment pas. Il s’agirait plutôt d’une réponse de certains passants à ce que les chercheurs appellent une ‘demande implicite’ dans le cadre d’un spectacle de rue, réponse qui entraîne sur les autres un effet de conformisme (si quelqu’un se met à courir dans les couloirs du métro, tout le monde se met à courir). D’ailleurs les premiers œufs sont jetés sur le sol à proximité de l’artiste et pas sur l’artiste lui-même. Tout se passe donc comme si les gens cherchaient le bon comportement à tenir dans cette situation-là. C’est seulement lorsque l’artiste, en quelque sorte, les y “autorise” en ne réagissant pas (qui ne dit mot consent) que quelqu’un va s’enhardir et lui lancer un œuf. Dès que quelqu’un a commencé, que d’autres suivent n’a rien de surprenant. Les recherches sur le conformisme qui le montrent sont légion.”

On est globalement d’accord excepté pour le fait que le silence de l’artiste « autorise » leurs actes : en effet, les passants demandent souvent à Jérémie s’ils peuvent prendre les œufs, s’ils sont gratuits ou s’il faut les acheter : l’absence de réponse ne les fait pas pour autant prendre les œufs pour chez eux (parfois, ils le font, dans d’autres vidéos). Ce qui nous amène à nous poser cette question : est-ce que la norme « on ne doit pas prendre des objets sans avoir confirmation qu’on peut les prendre gratuitement » est plus forte que celle « on ne doit pas gaspiller de la nourriture » ou « on ne doit pas faire des actes dégradants sur une personne » ? On explicitera des théories plus tard.

“L’artiste n’a-t-il pas besoin qu’on lui lance des œufs pour effectuer sa performance ? Les lanceurs d’œufs ne sont-ils pas ses partenaires objectifs ? Sans eux (et sans œufs) pas de performance”, s’amusent Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois

Là, nous ne sommes pas d’accord non plus : le visionnage de la vidéo est elle-même la performance, et voir le non-lancer d’œuf, les réactions autres que violentes sont passionnantes à observer. Même hors du cadre de YouTube, l’expérience continue, en observant la façon dont commentent les observateurs.
Comme dans Milgram ou dans le jeu de la mort, on est encore plus attentif quand un des rares résistants dit « non » au protocole et décide d’arrêter l’expérience. Tout est une question de point de vue : si on cherche à uniquement observer comment la violence s’établit, en effet, les jeteurs d’œufs sont les acteurs indissociables de la performance ; mais si on se positionne de façon neutre et qu’on cherche juste à observer comment les passants réagissent à un cadre qui leur ait incompréhensible, le jeteur d’œuf n’est qu’un acteur parmi d’autre.

“Sa performance est spectaculaire et elle a le mérite de faire réfléchir à la façon dont collectivement les gens construisent du sens et se comportent dans une situation (ici de rue) ambiguë”, concluent les psychologues sociaux.

 

Ce qu’en disent les médias et leurs spectateurs

 

La vidéo qui a soulevé les médias est celle-ci :

Elle est plus violente que celle qu’on a décrite précédemment, mais le contexte est extrêmement différent : les passants acteurs y sont très jeunes (entre 15 et 18 ans) et en larges groupes (plus le groupe est grand, moins il est capable de réflexion et de comportement d’aide). Il n’y a personne de « créatif », de réfléchi pour tester, montrer d’autres hypothèses que le jeté d’œuf. Cependant les ados comprennent au fur et à mesure ce qui se trame (notamment parce qu’ils repèrent la caméra) et la violence du jeté d’œuf (dans le visage de l’artiste, avec force) fait réagir certaines filles qui prennent les œufs et retirent finalement tout ce qu’il y a sur la table.
À noter qu’une personne âgée se précipite avec une joie manifeste pour jeter un œuf. Quand une jeune fille lui dit que c’est pour tester les personnes (elle parle d’humiliation) la personne âgée s’arrête et se dédouane aussitôt du comportement qu’elle a pourtant eu « j’ai horreur de l’humiliation ! ». Elle donne après des leçons sur la « connerie humaine », jugent avec vergogne les jeunes jetant les œufs…

Voici ce que titraient les médias pour présenter cette vidéo :

17/05/14 Charente libre  » Angoulême : les passants jettent des œufs sur l’artiste, un massacre sociétal »
20/05/14 Les Inrocks « un artiste se fait bombarder d’œufs pour interroger notre rapport à la violence »
22/05/14 Le Figaro « Un artiste se fait humilier publiquement dans une vidéo dérangeante »
23/05/14 Rue 89 « De l’effet de groupe. Et vous ? Auriez-vous aussi jeté un œuf sur cet artiste ? »

Si on s’en tient au comportement superficiel de l’internaute inattentif, c’est à dire lecture en diagonale, zapping sur la vidéo pour ne voir que le moment du jeté d’œuf et mémorisation que l’unique titre, on ne garde de cette performance que la vision d’un monde où il n’y a rien à espérer, car les gens sont des sauvages/sadiques et que l’artiste est masochiste.
Palme d’or du grand méchant monde au Figaro dont l’accroche est celle-ci « L’homme se place debout dans la rue, avec des œufs à disposition pour que les passants lui jettent dessus. Les images de l’expérience sont troublantes, tant chacun semble y trouver un malin plaisir. » S’en suivent des commentaires qui vont forcément dans le sens de l’article, étant donné que l’orientation de l’article code les réactions :

  • Interprétation par stéréotypes (les mauvais comportements sont commis par les femmes/les « jeunes à jogging », etc.) qui est typique d’une non-réflexion et qui est induite par l’orientation de l’article et sa pauvreté de contenu n’aidant pas à l’analyse. On voit très bien en regardant les autres vidéos qu’il n’y a aucun lien de cause à effet entre un type de personne et un type de comportement. Excepté pour l’âge.
  • Le « je ne ferais pas ça », les personnes se posent en juges et n’acceptent pas de s’identifier ou d’imaginer qu’elle puisse être capable de ce genre de comportement. Ce qui donc, facilitera l’émergence de ces comportements, parce que se croire au-dessus de la mêlée abaisse la vigilance, donc abaisse le self-control ; à ce titre la dame âgée jetant un œuf dans la vidéo d’Angoulême est typiquement dans ce profil.
  • Une accusation des volontés de l’artiste ou de son statut ( il fait ça pour se rendre populaire, pour justifier les indemnités qu’il touchera de par son statut d’intermittent du spectacle…) ; en accusant l’artiste, ils dénient donc ce qui est montré, l’annulent et donc se protègent mentalement du message en refusant de l’aborder.
  • L’accusation au sujet de la nourriture « c’est du gaspillage » ; on a lu également ailleurs que la nature des œufs était remise en cause ; là encore c’est une façon pratique de ne pas s’atteler à la compréhension du message, de s’identifier et donc de mettre sa conscience en danger de réflexion.
  • Et quelques rares et trop peu écoutés commentaires qui corrigent avec justesse les journalistes et appellent à regarder vraiment le site et les vidéos, car le travail est beaucoup plus intéressant que l’article laisse y paraître.

Les commentaires ne volent pas beaucoup plus haut sur Rue 89 où l’on compte massivement des traits d’humours. L’article est également orienté : il pousse l’internaute à se faire juge et à s’imaginer à la place des passants, ce qui est strictement impossible, car il connaît à présent l’expérience. L’intention n’est pas mauvaise, mais elle aurait pu être  prolifique si on avait demandé  » Et vous, qu’est que vous feriez si un jour vous veniez à être confronté à ce genre de violence ? ». On peut réfléchir à la question, essayer de voir si dans d’autres situations on connaît ce genre de violence, et comment on pourrait réagir pour empêcher ces débordements.

Des internautes, autant sur Rue 89 que sur Le figaro, font le rapprochement avec le livre « Mangez-le si vous voulez » de Jean Teulé, rapprochement très intéressant, mais qui là aussi, excepté la profonde déprime et le cynisme qu’il génère (c’est une histoire vraiment traumatisante), ne produit pas d’idée pour résoudre ces situations de violence complètement folle qui s’emparent des foules. On a tendance à se complaire dans l’observation du pire, à en rester là, or, excepté la prise de conscience qui est une bonne chose, il faut savoir sortir du marasme mental. Ne serait-ce que parce que ce marasme est désagréable, et que cela nous empêche d’imaginer des solutions concrètes qu’on pourra appliquer si on croise une situation de ce genre (le harcèlement au travail/ dans le milieu scolaire par exemple, qui peut tout à fait se rapprocher d’un jeté d’œufs sur un individu).
L’énorme défaut du traitement médiatique est d’en être resté à une seule vidéo, de ne pas avoir saisi les questions essentielles que posent la performance et les comportements des personnes. Il y avait pourtant de quoi faire un bel article même en restant sur une seule vidéo, avec des thématiques sur l’adolescence, l’influence sociale, l’effet de groupe, la passivité, la résistance (il aurait été passionnant d’interroger la petite demoiselle courageuse qui enlève les œufs seuls, alors que tous ses congénères semblent avoir pris goût au jeu ; elle a eu un sacré courage de s’élever contre ces grands bonshommes pourtant en plein « trip » violent).

 

Ce qu’on en dit

 

On trouve la performance de Jérémie Pujau brillante, passionnante et extrêmement inspirante. Cependant, elle nécessite de s’immobiliser avec lui devant l’écran, de se poser, d’accepter le passage du temps : c’est impossible pour les journalistes, non pas qu’ils soient mauvais, mais parce qu’ils ont la pression de l’actualité à suivre, d’autres domaines de prédilection (c’est pourquoi les inrocks ont été les seuls à prendre plus de temps pour traiter ce sujet, parce que l’art est dans leur ligne éditoriale, contrairement aux autres qui sont plus généralistes), et parce qu’il y a des idéologies inconsciemment agissantes sur eux qui ne permettent pas d’avoir un regard neutre apte à tout saisir d’un événement.
Notre époque a clairement besoin de plus de performances de la sorte, et d’art en général ; et les médias devraient nous en parler plus, prendre le temps de saisir toutes les questions qu’ils soulèvent, même quand l’œuvre n’est pas spectaculaire.
Cette petite enquête fut passionnante parce qu’elle met en exergue les problèmes, les clarifient : les comportements violents naissent de l’incompréhension d’une attitude (l’immobilisme de l’artiste, son absence de réponse), du pur test (est-ce qu’il va se passer quelque chose si je fais ça), du conformisme (si les autres jettent des œufs sur cette personne c’est que cela doit être la chose à faire), du manque d’imagination face à une situation étrange, de l’impatience, de l’incapacité à supporter une situation incompréhensible, de l’incapacité à supporter le silence, de l’interprétation que l’on se fait d’une situation. Quoi qu’en disent les commentaires, ces problèmes sont indépendants des types de personnes : il n’y a pas de distinction entre les femmes, les hommes ou toute différence remarquable quand on regarde plusieurs vidéos. La seule différence remarquable, c’est l’âge : en effet, les jeunes, jusqu’à 30 ans, sont plus propices à jeter des œufs. Et plus ils sont en groupe, plus ça dérape.

Jeunes et cons, mais pas forcément pour la vie

Cela s’explique assez simplement : le cerveau se développe jusqu’à la trentaine, donc les jeunes sont plus influençables, ont moins de self-control qu’un « vieux » ; avant 16 ans, c’est encore pire, car les zones liées à l’inhibition sont peu renforcées (ces zones permettent de bloquer certains de nos comportements, notamment ceux primitifs liés à la violence, aux instincts et tous les automatismes de la pensée ; c’est aussi pour cette raison que les ados sont attirés par les situations à risques, le danger est moins bloquant chez eux). On le voit dans les vidéos, le cadre de la performance est vite transformé en test de son congénère ado « t’es cap ou pas cap ? », que tout le monde, je suppose, comprendra en fouillant dans ses propres souvenirs.
Attention cependant: des jeunes peuvent être très responsables comme des personnes plus âgées n’avoir jamais réussi à développer convenablement leur self-control. Mais l’âge reste un fait atténuant, surtout pour les très jeunes.
Autre explication à ce phénomène des jeunes : les plus de trente ans ont plus d’occupations, ils ont certainement des obligations professionnelles ou familiales qui les empêchent de rester tester le « stand » ; c’est pourquoi on voit plus de jeunes participer à la vidéo. Les jeunes sont plus disponibles, donc ont plus de place pour la curiosité face à un événement étrange. Les adultes sont également plus informés, plus expérimentés, donc il est probable qu’ils ne s’arrêtent pas ou ne soient pas violents, car ils savent que c’est une performance ou un test, qu’elle est possible qu’elle soit filmée, etc. Les jeunes remarquent également plus facilement les choses étranges, car ils ne sont pas encore blasés, contrairement aux adultes dont la perception peut être occultée par tout un tas d’ennuis, de réflexions, d’abstractions, de projections, de ruminations empêchant de voir le quotidien, d’être là ici et maintenant.

Interprétation du cadre

Mais c’est avant toute chose le cadre posé qui détermine un certain nombre de possibilités ou d’impossibilités. Le cadre posé par Jérémie Pujau est comme un stand de tir de vieille fête foraine ou de kermesse, cependant on peut y voir aussi un marchand d’œufs et évidemment, l’immobilisme de l’acteur en présence peut tout de suite être accolé à une scène artistique. Le problème dans la vidéo d’Angoulême, c’est que les jeunes ont pris la première interprétation qui leur venait en tête et ne l’ont pas remise plus que ça en question. Personne ne leur a inspiré d’autres hypothèses en agissant différemment, ce qui aurait pourtant pu changer toute la donne.
Prendre des œufs gratuitement semble être une impossibilité très forte, même si pourtant le cadre propose clairement cette possibilité (les emballages vides à disposition), cet interdit paraît bien plus fort que celui de le bombarder d’œufs. Cela peut s’expliquer par l’interdit général de « voler », mais aussi parce que nous sommes conditionnés à trouver de la nourriture dans des endroits balisés, tels que le marché, le supermarché ou dans des buissons bien identifiés dans la nature. C’est absolument normal d’être méfiant envers de la nourriture non balisée socialement, car notre survie est dépendante de notre sociabilité, des codes qu’on a élaborés pour dire « ceci tu peux le manger, selon telle norme ». On est donc méfiant envers la nourriture dont on n’a pas les indications humaines habituelles.
Celui qui ose agir dans le cadre va donner le ton aux autres, à ceux de son groupe, et va influencer/inspirer les autres. Son action va dire ce que le cadre est. Dans le cas d’Angoulême, le cadre va devenir un « t’es cap ou t’es pas cap? » d’ados alors que dans la première vidéo (onzième) en tête de cet article, on en reste à un cadre mystérieux à tester. Le plus grand malheur de cette interprétation automatique et non remise en question est représentée par la dame âgée d’Angoulême : elle croit que le cadre est déterminé d’une certaine manière (qu’il est autorisé de jeter des œufs que c’est le but de cette disposition) donc se précipite avec joie dans le « jeu »; mais dès qu’elle apprend que c’est toute autre chose, elle dénigre le comportement des autres, comportement qu’elle a pourtant eu : autrement dit, dans son esprit, n’est humiliation que des comportements dans lesquels il n’est pas permis d’humilier. Autrement dit bis, c’est le cadre qui dicte la conduite de cette femme, et non la nature de ses actes, actes qu’elle n’a pas passés sous le crible de sa conscience. Selon le contexte, cela peut faire d’elle une tortionnaire, une harceleuse voire une meurtrière en état agentique qui ne reconnaîtra jamais ses torts puisqu’elle déléguera au cadre la responsabilité de ses actes. Comme Adolf Eichmann. À ce titre, elle est bien plus dangereuse que ces ados entraînés par leur groupe, leurs pulsions ou leur image.
Le cadre en présence inspire donc des règles, des interdits ou des permissions, mais l’influence sociale peut radicalement changer la nature de ces normes invisibles. Donc, la solution est dans la cause : qu’importe le cadre, on peut s’en abstraire et en décider d’autres règles, et nous donnerons ainsi de nouvelles possibilités à ceux qui hésitent sur la façon de se comporter. Et la performance de Jérémie Pujau teste fortement notre compétence à nous extraire de ce que l’environnement nous dicte d’emblée (le stand de fête foraine).

L’observateur et ses conclusions, une continuité de la performance

Cette performance continue même hors de la scène : les commentaires, le traitement des médias sont une continuité de l’expérience ; on y découvre que la violence est dans le jugement et ceux qui accusent les jeunes sont tous aussi violents qu’eux ; que certains journalistes ne voient là une confirmation que les autres sont dangereux, mauvais, idiots, ce qui est une représentation typique du syndrome du grand méchant monde. La violence, on la voit naître dans la vidéo, mais aussi dans l’observation de ceux qui observent la vidéo. Et cette violence occulte tout un pan d’explication, tout un pan de solutions, elle perpétue un cercle vicieux qu’on ne peut interrompre tant qu’on continue à penser que l’on est définitivement les animaux les plus mauvais de la Terre. Le problème n’est pas le comportement des jeteurs d’œufs. Le problème est qu’on ne voit pas ceux qui ne jettent pas d’œufs, qu’on ne veut pas accorder d’attention à tous ceux qui ont des comportements positifs, qu’on zappe tous ceux qui ont des comportements créatifs : or ce sont eux qui ont la solution à ces situations, ce sont eux qui méritent toute notre attention.

 

Solutions

 

On peut voir en cette performance une allégorie de différentes situations : scènes d’humiliation ou de harcèlement (un groupe qui s’acharne sur un individu, que ce soit au travail, à l’école, en institution ; avec l’entraînement ou non d’une autorité, par exemple un chef ou un prof motivant les personnes à s’acharner) ; scènes d’inconnus au comportement difficilement interprétable dans la rue (un homme à terre par exemple, qui peut être ivre, ou venant d’avoir un accident grave) ; scènes interprétées où tous disent « c’est cela qu’il faut faire » ou « c’est cela que la personne attend/mérite « et posent des certitudes là il y en a pas (par exemple la certitude qu’untel est un criminel/pédophile/etc. et s’acharner en conséquence sur lui alors qu’il est innocent). Les « solutions » proposées ci-dessus ne sont que des pistes, et pour la plupart elles ont été déduites des vidéos elles-mêmes ; il est probable que si vous regardez une des vidéos en entier, vous en trouverez d’autres.

Se prémunir de devenir « un jeteur d’œuf »

  • En cultivant sa curiosité, ses connaissances, son imagination, sa créativité, son esprit critique : il s’agit là d’ouvrir son horizon afin d’avoir plus d’idées, d’interprétations diverses à disposition quand une situation étrange ou dérangeante se présente à nous. Le manque d’horizon crée des impressions de certitudes « il veut qu’on lui jette des œufs, ça peut être que ça ! », or cette apparente certitude n’est que le reflet d’une vision restreinte des choses, faute de pouvoir imaginer ou trouver d’autres images contredisant cette certitude. On peut aussi ne pas supporter l’incertitude et donc s’accrocher à l’interprétation la plus saillante (pas pour autant vraie par exemple : il est plus logique, au vu des images qu’on a en stock, de croire la Terre plate, pourtant c’est faux) : là encore, les personnes ouvertes d’esprit, qui s’intéressent à toute sorte de choses ont un avantage, car elles ont l’habitude d’aller vers l’inconnu et ont pris goût aux situations qu’elles ne comprennent pas d’emblée, aux faits incongrus et tout ce qui déstabilise l’ordre du quotidien.
  • En parlant, en échangeant avec l’autre, même et surtout s’il ne fait pas partie de notre groupe de référence : cela permet de trouver des idées à mettre en œuvre pour « résoudre la situation, pour l’interpréter, cela donne du courage pour agir (notamment quand il s’agit d’arrêter une situation où il y a souffrance).
  • En gardant la tête froide : d’un point de vue littéral tout d’abord, parce qu’on ne l’a pas mentionné, mais la chaleur nous rend agressif, plus impulsif donc moins réfléchi : attention, n’allez pas en tirer des conclusions trop hâtives voire racistes, nous parlant de hausse de chaleur inhabituelle, qui contraste avec le climat habituel, par exemple le début de l’été, ou pour le touriste, de passer d’un 18 degrés à 30 degrés. Les changements de température demandent à notre corps beaucoup de ressources pour s’adapter, donc il faut se rappeler que notre self-control ne sera plus aussi efficient.
    D’un point de vue plus allégorique, garder la tête froide, c’est également ne pas se laisser entraîner par l’émulsion sociale d’un groupe : ce n’est pas parce qu’il y a un apparent enthousiasme général qu’il faut être soi-même enthousiaste ; en fait, ce n’est peut-être qu’une réaction nerveuse ; ce n’est pas parce que la majorité dit qu’il faut faire telle action que c’est la bonne chose à faire et que cela va nous plaire. On le sait généralement théoriquement, mais on est tellement sociable qu’en situation, on se trouve des tas d’excuses pour faire comme les autres (« je sais que c’est con, mais je voulais faire pareil pour voir ce qu’ils ont en tête », « je voulais comprendre ce qu’il ressentait vraiment à faire ça » ; vous pouvez remplacer le « faire » par voir, lire, regarder et vous verrez des dizaines de situations où sous couvert d’analyse ou de nobles raisonnements, on est néanmoins grégaires ).
  • En étant autonome : il est nécessaire de se donner ses propres lois ; elles ne doivent pas venir de l’extérieur, mais de soi-même, tout simplement parce que l’autorité peut poser un cadre de règles nuisibles pour soi, pour l’environnement humain ou l’environnement tout court qu’on puisse regretter de suivre ou nous mettre dans des conflits éthiques terribles. De plus, quel que soit la situation, on est toujours responsable de ses actes, donc le « mais c’est untel qui m’a ordonné de faire ça » ne marche pas. De plus, se donner ses propres lois permet de clarifier les situations même les plus confuses et de leur donner sens : si on s’est juré de « ne jamais humilier quelqu’un » et qu’on voit un dispositif incitant à le faire, on s’interdira d’y toucher autrement que pour empêcher les autres d’humilier. Si on s’est donné pour loi de « ne pas faire souffrir autrui », on ne pourra pas passer devant un homme à terre sans vérifier s’il a besoin d’une ambulance, on saura que la passivité peut être criminelle parfois. L’autonomie donne sens à la vie, ce n’est pas juste s’interdire de faire des choses, c’est également se donner un pouvoir d’action, indépendant de toute influence/manipulation/ou cadre nous exploitant (on pense au travail, par exemple, ou certains partis politique, certaines idéologies qui nous retirent, sous couvert du contraire, cette autonomie…)

Empêcher les dérives

  • la passivité est à proscrire. Comme dit Jean-Léon Beauvois « qui ne dit mot, consent », donc passer son chemin alors qu’il y a agression, continuer d’agir comme habituellement alors qu’un petit chef s’acharne sur un employé, rester spectateur muet, c’est donner sa validation au comportement en cours, c’est dire que la situation ne nous pose pas de problème, que tout peut continuer de la sorte. Cette passivité peut être considérée comme le comportement à imiter : « s’il ne fait rien, c’est qu’il n’y a rien à faire » et cela peut mener à des drames, comme en témoigne l’histoire de Catherine Genovese (elle s’est fait assassiner sous l’œil de dizaines de témoins en pleine journée, au couteau, sans que personne n’intervienne ni prévienne les autorités). Même si la situation est bizarre, incertaine, mieux vaut tenter de petites choses : communiquer, questionner, tester, chercher d’autres avis. Dans les vidéos, on voit énormément de personnes qui tentent de communiquer avec Jérémie Pujau, ce qui est un excellent signe : s’il avait été victime d’une attaque cardiaque, s’il avait eu un accident ou un malaise, il aurait été sauvé.

En savoir plus sur cette « passivité » :

 

  • Dire non, poser d’autres interprétations et surtout, montrer comment le faire. Dans les vidéos, beaucoup de jeunes disent « arrêtez, non ! » sans que cela ait le moindre impact ; ce qui fonctionne le plus est de faire, de montrer les autres comportements possibles. Pas besoin d’avoir l’apparence d’un leader et d’avoir un charisme extraordinaire capable de convaincre les foules, il suffit de faire l’action, même sans forcément l’expliquer : les passifs suivront si cela leur semble une hypothèse correcte. La capacité à imiter est très fortement ancrée en nous, et c’est loin d’être une mauvaise chose, car cela permet à n’importe quel quidam de montrer le bon exemple, sans pour autant être dominant, convainquant, influant : c’est l’action en elle-même qui sera convaincante.
  • Changer le cadre. On parle ici de hacking social à proprement parler, car ce genre de hack s’attaque aux normes implicites invisibles qui nous posent des interdits ou des obligations sociales sans pour autant qu’il y ait vraiment une utilité ou une raison à celles-ci (ou alors des raisons qui desservent la majorité, mais servent une minorité. Un exemple bête : le parcours imposé d’Ikea nous dessert, car nous pousse à consommer et nous fait perdre du temps ; par contre cela sert grandement le profit de la boîte ; cependant on peut le hack en refusant le parcours, en utilisant le lieu différemment). Le cadre, c’est d’abord les normes liées à l’espace physique, donc pour changer l’issue de la performance, on peut s’atteler à démanteler les normes invisibles : en changeant de places aux objets, en se plaçant soi-même au mauvais endroit (par exemple entre la table et l’artiste), en modifiant le décor (rajouter des objets par exemple une coupelle pour ramasser l’argent que pourraient laisser les gens voulant acheter les œufs, faire des annotations  » prenez-moi, je suis gratuit et bon » sur les emballages d’œuf..), en faisant un contre spectacle (s’improviser marchand d’œufs, conteur, faire une petite improvisation théâtrale autour de l’artiste, se faire conférencier, etc.), en filmant la scène ou en prenant en photo chacune des personnes participant, en s’improvisant journaliste, etc. Il y a énormément de façon amusante de désamorcer des situations qui peuvent être nuisibles, par contre oui, cela demande de s’affranchir du code du quotidien, de l’imaginer totalement autre, de le détourner et cela peut être une vraie prise de risque parfois (au travail tout particulièrement). Mais cela en vaut la peine, à tout point de vue.

* le titre de ce présent article est inspiré des titres qu’en ont fait les médias. On a juste procédé à quelques corrections, tout en conservant la forme assez racoleuse ; l’image en tête – l’oeuf « habité » – provient de cet artiste : http://ewig.deviantart.com/art/Hatch-159043082 ;

Lire cet article en pdf : un-artiste-teste-notre-capacitc3a9-c3a0-rc3a9sister-2

Viciss Hackso Écrit par :

Attention, atteinte de logorrhée écrite et sous perfusion de beurre salé. Bisounours destructrice de choux-fleurs à temps partiel.

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23 Commentaires sur "Un artiste teste notre capacité à résister. Et vous ? Qu’est ce que vous feriez pour empêcher la banalité du mal ?*"

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caligula63
Invité

Splendide!

Juste une petite question – et je soumettrai mes revendications suivant votre réponse – car je n’ai pu voir que les 15 premières minutes de la 1ière vidéo: l’artiste garde t-il toujours la même position?

caligula63
Invité
Bon pour le côté réunion en groupe et les bas instincts, on est d’accord. Par contre j’émettrai un petit bémol quan à la mise en scène. Sa posture ne vous rappelle rien? Droit, les bras le long du corps, tout en regardant devant lui? Mais non, pas la photo de Hollande! Un militaire au garde-à-vous…En moins rigide. Votre article sur la soumission aux costumes était excellent, mais il existe d’autres formes de soumissions: à l’autorité, aux lois même si elles sont iniques, etc… Mais les postures de la soumission? Très visibles au Japon, où l’inclinaison du corps pour le salut… Lire la suite »
Nadia
Invité

Pour ma part, en tant que passante, je me serais imposée en vendeuse, et aurait donné l’argent à l’artiste…

caligula63
Invité

Une Bisounours!
😀

caligula63
Invité

Je confirme!
C’était une boutade. D’où la présence du smiley hilare…
En plus, j’adore ce prénom…

grumeau.couillasse
Invité
Réellement expert du contre-pied, Hacking Social. Malgré le peu de temps disponible j’ai fait le tour de mes blogs favoris et n’ai trouvé qu’un seul article « dans la ligne », du moins susceptible de déclencher une réaction altruiste ou inverse – liée à l’art ou la culture. [ Misère morale en Algérie : Le mimétisme ravageur d’un Occident dans sa dimension perverse, billet de chems eddine Chitour sur agoravox.] Je regrette vraiment de ne pouvoir lire les vidéos, c’est un gros manque dans ce genre d’article. Il faudrait que je puisse les télécharger, mon tout nouveau disque dur étant vierge de… Lire la suite »
caligula63
Invité
Les vidéos ne sont pas si utiles que ça; elles sont très bien décrites par les auteurs. « Sauf que le spectacle de rue avec sa naïveté et son pouvoir interactif est une bonne médecine bio ! » Je dirai même plus! A mon sens, les spectacles de rue retrouvent leur lieux d’origine…la rue! Les preuves s’accumulent, sur tous les sites de fouilles archéologiques éparpillés un peu partout sur cette planète – et qui concernent la préhistoire – aucunes fondations d’un quelconque Zénith n’a été déterré, ni même un POPB, encore moins un Madison Square Garden. Preuve, s’il en est, que les… Lire la suite »
grumeau.couillasse
Invité
J’ai mis du temps à répondre, j’avais le velours mais pas de crinoline ni de satin . Bien sur qu’il faut expérimenter, dans les impasses, les sentes et autres traboules ! sortons les cornues ! A vrai dire, l’artiste qui se montre en live – c’est par définition cela, tel qu’il est dans sa vie quotidienne sans beaucoup d’artifices – a toujours une démarche scientifique. Au minimum sa prestation lui permettra d’améliorer la suivante, son oeil et son oreille guettant le moindre indice. Après, si de vrais scientifiques s’en mêlent, ceux qui disent plôme et tout ça, moi je dis… Lire la suite »
caligula63
Invité

Bonne réponse. Enfin, je crois.
J’ai cependant noté une erreur. Vous écrivez: « Après, si de vrais scientifiques s’en mêlent »… « S’emmêlent » eut été de meilleur aloi…
Pour les traboules je suis d’accord; uniquement si on mange un morceau dans un bouchon…

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[…] spectateur devient lui-même acteur, faisant directement l’expérience proposée par l’artiste (voir l’article sur Jérémie Pujaut). Un roman ou un film peuvent tout à fait contribuer à enrichir notre vision du monde, notre […]

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[…] Un artiste teste notre capacité à résister. Et vous ? Qu’est ce que vous feriez pour empêcher … […]

Adibou Honni
Invité
J’ai pas pu m’empêcher de penser pendant tout l’article « Et si on échangeait de place l’artiste et les oeufs? », « Et si on jouait aux cartes sur sa table pour tester sa patience? » « Et si on faisait une omelette? » « Et si on se prenait en photo avec le mec? ». J’aurais vraiment aimé être confronté à cette situation pour savoir quelle aurait-été ma réaction. Je ne suis pas certains du tout que j’aurais eu la bonne réaction. Je vais essayer de garder sa en tête si je suis un jour confronté à cette situation. Surtout la situation où la personne est déjà… Lire la suite »
Efad
Invité
« Le problème n’est pas le comportement des jeteurs d’œufs. Le problème est qu’on ne voit pas ceux qui ne jettent pas d’œufs, qu’on ne veut pas accorder d’attention à tous ceux qui ont des comportements positifs, qu’on zappe tous ceux qui ont des comportements créatifs : or ce sont eux qui ont la solution à ces situations, ce sont eux qui méritent toute notre attention. » Mais c’est normal car c’est le comportement le plus délétère ! Si on transforme les oeufs, en arme a feu, et qu’on laisse durer l’experience assez de temps pour retrouver ce qu’on voit dans cette… Lire la suite »
Julien
Invité
Bonjour, Je pose la question ici, même si l’article est « vieux » à l’ère de l’information ou tout va vite, tout ça tout ça. Mais bon le principe de ce blog est de prendre son temps alors peut-être revienrez vous discuter avec moi 🙂 La situation m’a fait pas mal réfléchir. Je suis incapable de dire :  » moi j’aurais fait ça, et j’aurais engueulé les gens qui jette des oeufs, etc. » Pourquoi? Parce que comme dit dans l’article, une fois qu’on connait le « jeu », nos choix seront forcément différent. J’ai eu plusieurs réflexions dans l’article et je vais essayer de… Lire la suite »
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