Le schéma des politoxiques

Suite à nos lives sur les comportements toxiques dans les mouvements politiques (et notre quête pour découvrir s’il existe un conception solide de l’autoritarisme à gauche), nous vous partageons comme promis le schéma temporaire qui a été construit avec vous :

[vous pouvez cliquer sur le schéma pour le voir mieux et zoomer ; flèches en rouge, corrélations négatives ; flèches en vert, corrélations positives ]

Le schéma intitulé « Les politoxiques » présente un modèle expliquant comment certaines dynamiques psychologiques, sociales et idéologiques peuvent conduire à des formes d’extrémisme politique et à des comportements destructeurs.

L’image est organisée en quatre niveaux superposés, du bas vers le haut, reliés par des flèches qui indiquent les influences entre les éléments.

Le niveau 1 correspond aux prédispositions de base influencées par les environnements sociaux. On y trouve notamment les traits de personnalité (ouverture, conscienciosité, extraversion, agréabilité, névrosisme), des aspects cognitifs comme l’esprit fermé ou l’intolérance à l’ambiguïté, la tétrade sombre (machiavélisme, narcissisme, psychopathie, sadisme), les styles d’attachement (sécure, évitant, anxieux, désorganisé), ainsi que des facteurs biologiques, génétiques et les besoins psychologiques fondamentaux (autonomie, proximité sociale, compétence).

Le niveau 2 représente des filtres cognitifs qui structurent la perception du monde : vision d’un monde dangereux ou compétitif, valeurs, dogmatisme, identité partisane et pensée binaire.

Le niveau 3 correspond aux idéologies politiques, notamment l’autoritarisme de droite (RWA), l’orientation vers la domination sociale (SDO, avec ses sous-dimensions SDO-E et SDO-D) et l’autoritarisme de gauche (LWA).

Le niveau 4 montre les manifestations visibles : censure, enfermement partisan, domination, signalement de vertu, attitudes pro-endogroupe, préjugés, violence politique et obéissance destructrice. Ces manifestations convergent vers un résultat central : l’extrémisme.

À droite du schéma, une illustration de crises suggère que les crises sociales ou politiques peuvent intensifier ces processus. Une quête de signification est également mentionnée comme facteur d’engagement idéologique.

On publiera des articles à ce sujet plus tard. En attendant, tous les lives sont disponibles dans cette playlist :

https://www.youtube.com/watch?v=W97h3tLyi24&list=PLTVDuoFsInfL8OR4rpN5UyWHqVitJS2K7

A noter qu’on précise que non, ce ne sont pas que des comportements, dispositions, styles, attitudes, croyances qu’on ne retrouverait qu’à gauche. Des centristes, des gens de droite, d’extrême droite et des apolitiques peuvent les porter.

Dans certains cas, il y a même des éléments de ce schéma qui ont des corrélations très connues avec les caractéristiques autoritaires de l’extrêmes droite. Je vous laisse comparer avec ce résumé en image de ce qu’on sait des autoritaires de droite :

On en parle plus en détail ici : ♦[MQC] Le potentiel fasciste, l’autoritaire et le dominateur. – Hacking social

Attention, comme on l’a dit dans les live, ce n’est pas parce que c’est de la psychologie sociale que cela « psychologiserait », « psychiatriserait », « pathologiserait » les autoritaires : rien dans ce schéma n’est en soi pathologique, ni appelant à mettre sur un divan ou à soigner. Ici si les caractéristiques individuelles sont regardées, c’est pour y voir le reflet de la société et ce qu’elle fait au gens, et en regardant la société on voit aussi ce qu’elle fait aux individus. Autrement dit, si des gens développent ces éléments toxiques, c’est parce que pour diverses raisons, les environnements sociaux de ces personnes, valorisent, encouragent, récompensent ces comportements et attitudes, ils y gagnent quelque chose (psychologiquement, matériellement, socialement, etc ).

Ceux qui diffuserait une psychologie qui exclue la causalité sociale de leur pensée, de leurs explications, de leurs recherches (pour à la place tout rejeter sur la faute de l’individu) le ferait davantage pour des raisons idéologiques, culturelles, par biais d’attribution (internalité allégeante par exemple), ou par méconnaissance de la psychologie actuelle. Ceci ne s’alignerait absolument pas au professionnalisme et sérieux de la discipline et des recherches actuelles. Même en clinique, donc une psychologie qui s’occupe du soin de l’individu, il y a toujours une prise en compte des problèmes sociaux ; on sait depuis des décennies que des pathologies ne sont en fait que le résultats de méfaits causés par des environnements sociaux maltraitants (par exemple la question des TDI ) et pas un manque d’efforts individuel.

A noter que le sujet n’est pas encore terminé, mais nous sommes en pause pour des raisons de santé (pas d’inquiétudes tout va bien !).

Si vous avez loupé un des lives je les remets ici aussi :

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