Je vous avais déjà rapidement évoqué le besoin de démystifier les mythes au sujet de la dopamine dans le dossier sur l’addiction aux jeux vidéo (si vous l’avez loupé, il est ici : 📂Comment ne plus être « accro » aux jeux-vidéo… [AJV1] – Hacking social ). Or ces mythes ont une emprise que je n’imaginais pas à ce point délétère !
Et pour comprendre le phénomène médiatique autour de la dopamine, il y a d’abord l’excellente vidéo de Sabine :
Je vous invite à la voir, mais si vous voulez un résumé, ici Sabine enquête ici sur la dopamine détox, une méthode de développement personnel visant à restreindre les plaisirs immédiats pour accroître la productivité. Elle explique que ce concept repose sur une interprétation simpliste des neurosciences, transformant un neurotransmetteur complexe en un simple levier de motivation. Derrière tout cela se cache souvent une morale puritaine héritée de valeurs religieuses, valorisant l’effort constant au détriment du repos. Bien que s’éloigner des écrans puisse être bénéfique, Sabine souligne l’absence de preuves scientifiques quant à une réelle réinitialisation du cerveau et que cela risque de générer une culpabilité inutile face aux loisirs non productifs.
Et si vous voulez pousser un peu plus loin pour comprendre facilement au niveau neuro ce qu’est la dopamine, pourquoi les compléments vendus sont carrément dangereux et à quel point on devrait penser plutôt à la noradrénaline pour nos problèmes d’attention, pourquoi le développement personnel n’en parle pas, je vous conseille cette excellente vulgarisation de Za :
En résumé, Za nous explique comment des compléments alimentaires sont vendus sans régulation malgré des risques psychiatriques graves, cerné par des mythes faux autour de la dopamine. La Dopamine n’est pas « molécule du plaisir » que ces mythes laissent entendre et en réalité orchestre le désir et l’action, tandis que la noradrénaline gère la concentration et la vigilance. Cette confusion est entretenue par un discours néolibéral du développement personnel, qui transforme des enjeux sociaux et environnementaux en problèmes de gestion individuelle, occultant les causes structurelles de notre épuisement. Et c’est pour ça, que malgré beaucoup de discussions sur l’attention, le champ du développement personnel ne parle jamais de la noradrénaline qui elle, pointe du doigt les problèmes structurels, les conditions de vie surmenantes qu’on subit.
Et voilà ! J’espère que ça permettra de déconstruire ces idées fausses autour de la dopamine et chercher davantage dans l’environnement ce qui nous plombe ou nous envahit de trop de noradrénaline 😀
Bon week-end à tous !
