Qui veut la peau des bisounours?

« Le terme [bisounours] est passé dans le langage courant pour désigner un individu aux idées exagérément naïves ou candides. De même, l’expression « pays des bisounours », utilisée de manière négative, désigne toute situation caractérisée par une exagération de bons sentiments (exemple d’emploi : « on n’est pas au pays des bisounours ! »). En politique, bisounours s’emploie surtout dans la forme négative. « Ce n’est pas les bisounours » signifie « c’est tout de même sérieux » ou « cela ne relève pas du monde merveilleux de l’enfance où tout est gratuit » Wikipedia

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 Connaissez-vobisounourswantedl2us les Bisounours ? Vous savez, ces petites créatures multicolores plus douces que de la guimauve ? Eh bien sachez que ces petits ours incarnent le grand fléau de notre société. Oui vraiment. Pour preuve, c’en est devenu une véritable insulte. Se faire traiter de « connard », de « salaud », d’« enflure », pourquoi pas, ce sont des insultes tout à fait supportables, constituant même une preuve concrète de notre force, de notre puissance. Mais se faire incendier de « bisounours », non! Ce serait tomber bien bas! Quelle honte!

« Bisounours », l’étiquette que l’on accole à la racaille de notre siècle : ceux qui ont de bonnes intentions, ceux qui se refusent à la banalité de la violence et à l’indifférence généralisée, ceux qui cherchent à faire bouger les lignes pacifiquement en respect des opinions contraires, ceux qui se refusent à écraser autrui… Si vous êtes un tant soit peu attentif à votre environnement social, ou à ce que diffusent les médias, vous remarquerez qu’il n’y a plus aucune place à ces « faiblesses » que sont l’altruisme et l’empathie.

Altruisme, empathie… Comment ! Cela existe encore ? J’en ai bien peur. Mais ne vous en faites pas, tout est fait pour éradiquer ce fléau.

Tout ceci est certes ironique de notre part, mais cela est loin d’être le cas dans la bouche d’une majorité d’individus. La société actuelle nous formate à donner des coups, et à en recevoir; à accepter la brutalité comme moyen de parvenir à ses fins; à vanter les violences symboliques; à récompenser les dominateurs; à rabaisser les bien intentionnés… Cela n’a rien de récent, cependant cette sourde violence est devenue bien vicieuse et davantage pernicieuse. Pire, elle est banalisée au point que les minoritaires bien intentionnés sont désormais de véritables marginaux à qui l’on rétorquera devant leur embarras : « si tu n’es pas content, va voir ailleurs », « de toute façon y’a pire ailleurs », « le monde réel, ce n’est pas le pays des bisounours ».

Pourquoi les Bisounours ont mauvaise presse? Pourquoi les bonnes actions et les bonnes intentions donnent l’impression d’être criminalisés? Ceux qu’on nomme Bisounours sont-ils des idéalistes naïfs, bien loin des réalités?

À ces quelques questions, il faut en ajouter une autre, et ce sera d’ailleurs le premier point que nous devrons développer: pour qui les bisounours sont-ils un problème? De toute évidence, il semble qu’il y ait derrière cette insulte une certaine mentalité, une certaine conception des individus et de la société qui condamne les bien intentionnés. Cette conception qui constitue le nouveau paradigme dominant, nous le nommerons  « brutalisme »[1].

Le Bisounours est une espèce en voie de disparition, forcée à l’exil par ce paradigme dominant, le brutalisme étant l’émanation rationnelle et sophistique de la banalisation de la brutalité dans les rapports humains, plus particulièrement dans la sphère du travail.

Le brutalisme : banalité de la brutalité au quotidien

Qu’est-ce qu’une « brute » dans le contexte du brutalisme?

house ofPar « brute », on entend un individu sans finesse, violent, grossier. Ce que nous nommons brutalisme est une nouvelle forme de brutalité faisant figure de paradigme dans nos sociétés. Le brutalisme comme mode d’être accentue la violence, l’emportement, la quête de domination, l’écrasement d’autrui.

Par violence, nous n’entendons pas uniquement cette violence directe qui transite par les muscles et les armes, mais une violence plus lourde, plus sourde, plus sournoise, difficile à identifier. Il s’agit des violences dans les rapports humains, ou de la violence symbolique en général.

Par manque de finesse, nous n’entendons pas un manque d’intelligence. Bien au contraire, nous verrons que le brutalisme n’est pas en déficit de raison, mais bien au contraire, il est en excès de raison. Le brutalisme prend racine sur une ultra-rationalisation dans tous les domaines: politique, travail, santé, éducation, culture… Par manque de finesse et par grossièreté, nous entendons une difficulté à la nuance et à l’acceptation de la différence, mais aussi une inclination à enfoncer les portes, à ne se donner aucune limite (ou en tout cas aucune limite morale).

Les quatre principales caractéristiques du brutalisme

La guerre perpétuelle: le monde est un vaste champ de bataille. Ses guerres se font par des stratégies de communication et par diverses manipulations sur les individus et les groupes. Le brutalisme est une nouvelle forme d’un machiavélisme vulgaire et difforme dans toutes les sphères de la société, ce qui a pour conséquence des violences concrètes ou symboliques.

La société du spectacle: exister consiste à se faire voir et entendre avec force, mais tout est dans l’apparence et dans les jeux des représentations. Il s’agit de faire du bruit, faire du buzz qu’importe le fond.

La réussite: la seule visée est la réussite, qui n’est rien de moins qu’une course au privilège et qui repose sur la chimère de la croissance infinie. La réussite est une victoire sur l’ennemi, une prise de pouvoir ou de territoire envers et contre tous.

L’ambition: la valeur pour viser cette réussite est l’ambition, l’ambition est devenue la plus haute qualité de notre société. L’ambition n’est rien d’autre que la témérité du soldat à la conquête d’un territoire qu’on lui ordonne implicitement d’envahir.

Achille ou Ulysse?

Il y a deux grandes figures à ce brutalisme, deux grandes figures que nous empruntons à l’épopée homérique:

Le brutalisme d’Achille: c’est la force, la violence à l’état brut. Le combat se fait par le muscle. On pourrait y retrouver certains politiques, activistes ou militants violents.

Le brutalisme d’Ulysse: c’est la ruse. La violence est toujours présente, mais elle est plus insidieuse, vicieuse, invisible. L’arme n’est pas le muscle, mais les aptitudes à la manipulation et à l’éloquence (on y trouve par exemple tout ce qui touche l’organisation des groupes et des individus, dont le management anglo-saxon).

De ces deux types de brutalisme, le dernier est sans doute le plus important. La manipulation est devenue simple banalité dans nos sociétés actuelles. Peu s’interroge par exemple de trouver une littérature chaque jour plus abondante sur l’apprentissage des techniques de manipulation dans les entreprises ou dans la société pour parvenir à la « réussite ».

« Se faire manipuler » n’inquiète plus personne. Quoi de plus normal! C’en est même devenu une compétence incontournable pour évoluer dans la société.

Comment identifier les brutalistes?

brutalité

On peut citer différentes qualités que l’on rencontre souvent chez les brutalistes. Cette liste de caractéristique est exhaustive, et nous ne disons pas qu’un brutaliste correspond à tous ces paramètres sans exception (tout dépend notamment de la vie qu’il mène en société ainsi que ses convictions, les caractéristiques ne seront pas identiques entre un PDG et un activiste par exemple). Il n’empêche que le brutaliste pourrait lui-même se reconnaître sur plusieurs de ces points.

  • Le brutaliste considère que la gentillesse, sous toutes ses formes, est une faiblesse, qu’elle n’est pas « efficace ».
  • Le brutaliste considère que la courtoisie ne vaut que pour ses égaux ou ses supérieurs, à des fins utilitaires ou pour l’apparence (les politiques par exemple sont doués pour la courtoisie d’apparence).
  • Le brutaliste considère que ceux qui ne pensent pas comme lui sont des ennemis, ou une menace potentielle.
  • Le brutaliste considère le stress généralement comme une bonne chose, une nécessité parfois, notamment dans le monde du travail. Il parle souvent de « bon stress ». Dans le monde du travail, quelqu’un qui semble « tranquille », jamais « stressé » est pour ses raisons considéré comme un feignant, un mauvais bosseur.
  • Le brutaliste évolue par concurrence, compétition et comparaison. Il évalue sa réussite en regardant l’échec des autres. Ainsi, la dictature du « chiffre » encourage le brutalisme tout en étant sa conséquence.
  • Le brutaliste use souvent d’un vocabulaire misogyne et homophobe: « on n’est pas des PD », « on n’est pas des femmelettes », « tu n’as pas de couilles »… La virilité est de mise, même pour les femmes.
  • Le brutaliste use souvent d’un vocabulaire belliciste: « killer », « anéantir », « cible », « opération », « opérationnel », « attaquer », « lutter », « serrer les rangs », « allié », « adversaire », « putsch », « ennemi », « hostile »… mais aussi d’un vocabulaire de la drogue: « doper », « accro », « shooter », « came »…
  • Le brutaliste est en quête de contrôle de lui-même, mais surtout des autres.
  • Le brutaliste est partisan de « la fin justifie les moyens ».
  • Le brutaliste considère généralement que la colère, la haine, le mépris, la peur, le stress, l’angoisse sont des forces sur lesquelles on peut prendre élan (en politique, cela se traduit par le populisme).
  • Le brutaliste use toujours des mêmes arguments pour contrer une idée ou un adversaire qui lui déplaît: « has been », « ça ne sert à rien », « c’est dépassé », « on ne vit pas dans le monde des bisounours », « ici c’est le monde réel », « il y a pire ailleurs », « tu réfléchis trop »… Il se contente de petites phrases, ou de quelques mots cinglants, car il ne veut pas mener de véritables débats, encore moins de réflexions (non pas qu’il n’en soit pas capable, mais cela lui prendrait top de temps, il n’en voit pas l’intérêt: réfléchir ne sert à rien, si ce n’est se compliquer la vie). Il vit dans un monde en guerre perpétuelle, alors il tire à vue, qu’importe la façon pourvu que ce soit efficace et que ça ne lui porte pas atteinte à long terme.
  • Le brutaliste est en général misanthrope, il peut cependant se prêter à de nobles causes libertaires et humanitaires; cela revient bien souvent à se donner une bonne image, ou à se trouver une bonne excuse pour justifier sa violence et son mépris.
  • Le brutaliste vise la réussite (souvent en quête de promotion), ce qui passe généralement par la sphère professionnelle et par la volonté de se conformer à un modèle matériel et familial parfait (marié ou en couple, avec enfants, propriétaire d’une maison, au moins deux voitures, des voyages dans d’autres pays au moins une fois par an, le dernier portable à la mode…).  Il considère une vie réussie selon les biens en sa possession ou les pouvoirs qu’il a obtenus sur les autres.
  • Le brutaliste est en quelque sorte fataliste, il considère bien souvent que le monde est comme il est, qu’on ne peut rien faire contre ça. Ce qui est un grand paradoxe de sa part, car il se considère lui-même comme absolument libre et comme ayant un pouvoir sur son environnement.
  • Les brutalistes ont souvent du mépris pour les gens engagés dans des causes. Quant aux brutalistes eux-mêmes engagés dans des causes, les plus nobles soient-elles (car oui, malheureusement il y en a, et ils sont souvent d’ailleurs responsables des dérives dans leur mouvement), ils ont du mépris pour ceux qui ne sont pas engagés comme eux. Le schéma étant le suivant: « tu n’as pas les mêmes convictions que moi, alors tu es l’ennemi ». En cela, le brutaliste qui se bat pour sa réussite professionnelle et le brutaliste qui se bat pour une cause obéissent à la même mécanique quant aux actions et aux comportements.
  • Lorsque le brutaliste cherche à faire bouger les choses, il n’envisage de le faire qu’en tapant du poing, qu’en écrasant ceux qu’il considère comme des adversaires. Il considère qu’on ne peut changer les choses sans conflits, sans dommages collatéraux. Ce n’est pas faire bouger les choses pour le meilleur qu’il veut, ce qu’il souhaite c’est créer le conflit ou s’intégrer dans le conflit. Les brutalistes ne se battent pas pour des objectifs, même s’ils le présentent ainsi (allant jusqu’à se mentir à eux-mêmes): ils aiment se battre, voilà tout. La société est pour eux un vaste champ de bataille. Ils ne peuvent concevoir d’autres façons de fonctionner.
  • Il n’y a pas de structures sociales particulières qui correspondent aux brutalistes, ni d’âges, de sexes, de convictions politiques ou religieuses. On trouve des brutalistes de droite comme de gauche, athée ou croyant, conservateur ou révolutionnaire, travailleur ou chômeur, riche ou pauvre… Le brutalisme est un état d’esprit global, consécutif de diverses influences et paramètres (que nous verrons plus tard).
  • En général, le brutaliste a une aversion maladive pour certaines personnalités, comme Stephan Hessel par exemple qu’il considère souvent comme un Bisounours ou un oui-oui (exemple d’Eric Zemmour)

  • Le brutaliste aime à dire que les bons sentiments le font vomir.
  • Les brutalistes donneraient sans hésitation raison à Hobbes « l’homme est un loup pour l’homme », et ils s’appliquent avec beaucoup de zèle à transformer les groupes humains en de véritables meutes. Soit ils visent à devenir le loup alpha, soit ils cherchent à ne pas se faire dévorer par le loup alpha en pactisant explicitement ou implicitement avec lui. Et parce que les groupes humains deviennent des meutes, le souci d’appartenance à un groupe identifié est d’autant plus important: en guerre, il faut choisir son camp.

Les arguments brutalistes

Le brutalisme fonctionne selon des arguments non valides que nous formulons sous la forme de syllogisme (=argument en trois temps).

Voici donc quelques exemples de la logique déviante du brutaliste.

▪ L’argument  du clan

La-meute-qui-est-entrain-de-manger-le-proit« –Les gens qui ne sont pas et ne pensent pas comme nous sont nos ennemis

-Or, nous devons combattre violemment nos ennemis

-Donc ceux qui ne sont pas et ne pensent pas comme nous, nous devons les  combattre violemment »

On touche là un point très sensible, car c’est un argument qui fonctionne très bien auprès des activistes et des militants (quelle que soit la cause): au nom d’une cause, on peut casser, détruire, nuire, violenter, insulter, écraser… Ce type de logique a pour conséquence de créer des clans, ce qui favorise l’effet de meute, le souci d’appartenance et le rejet de l’extérieur ou de la différence.

▪ L’argument de la loi du plus fort

muscle« –Pour réussir, il faut être le plus fort

-Or, le plus fort c’est celui qui mange les plus faibles

-Donc, pour réussir, nous devons manger les plus faibles. »

C’est une logique vieille comme le monde, si ce n’est qu’elle prend une tout autre forme aujourd’hui. Manger les plus faibles ne consiste plus à les violenter physiquement ou à les tuer; manger les plus faibles consiste à les écraser, à les dominer symboliquement, à les détruire psychologiquement. La souffrance au travail par exemple n’est généralement pas accidentelle, les travailleurs souffrants se font véritablement manger par ceux qui veulent réussir.

▪ L’argument de la réussite (ou pour le dire autrement: la compétitivité)

« -La réussite des uns suppose l’échec des autresecrasement

-Or je veux réussir

-Donc, pour réussir, je dois précipiter l’échec des autres »

C’est une conception plus répandue qu’on le pense. Encore une fois, il suffit d’observer le monde du travail. C’est la base même du capitalisme libéral: une entreprise en échec favorisera l’entreprise concurrente, et inversement, une entreprise qui réussit fera de l’ombre à l’entreprise concurrente. On appelle cela la compétitivité, et à notre époque la compétitivité, c’est « chouette »! On veut que tout soit compétitif jusqu’aux hôpitaux, aux écoles, aux universités, aux différents bureaux Pôle emploi, aux infractions, aux compétences artistiques… Le monde est devenu un vaste champ de compétition, du tous contre tous, sans limites ni modérations.

Quand on entend parler « compétitivité » à longueur de journée, pas étonnant qu’on en vienne à des pratiques qui visent à écraser l’autre au nom de sa propre réussite (voir l’argument précédent).

▪ L’argument du buzz

« -L’efficacité et l’influence ne se mesurent qu’à l’attention engendrée (=le buzz)buzz

-Or, c’est la forme (l’apparence) qui fait le buzz, non le fond (le contenu)

-Donc, si nous voulons être influents et tendre à l’efficacité, c’est la forme qui prime et non le fond, afin de faire le plus de bruit »

 

            Nos sociétés, les médias en particulier, obéissent à l’attentionalisme: ce qui compte c’est de faire du bruit afin d’obtenir le plus d’attention. Ce n’est plus la qualité d’une information ou d’un produit qui compte, c’est son audience ou son impact sur les consommateurs.

D’un point de vue individuel, l’important est de se faire voir, entendre, connaître, notamment à partir des NTIC – Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication – (réseaux sociaux par exemple).

Dans le monde du travail, on n’embauche plus les gens selon leurs compétences, mais à partir de leurs réseaux, de leurs connaissances (cela s’appelle du piston, mais aujourd’hui on nomme cela « réseau », cela fait moins péjoratif).

Ainsi, pour s’imposer dans la société, il faut faire du bruit, qu’importent les moyens. Compétences, professionnalisme, dialogue n’ont plus leur place, remplacés par l’influence, les réseaux et les techniques de Com.

Enfin, et on en revient à l’argument de la compétitivité, il s’agit de faire du bruit par rapport à ses concurrents ou adversaires, et faire du bruit consiste bien souvent à faire taire autrui. Quant à ceux qui veulent dialoguer et débattre, ils n’ont plus du tout leur place dans cette nouvelle société.

L’antinomie du brutalisme

paradoxe_menteurUne antinomie est une contradiction entre deux principes ou idées qui semblent pourtant coexister dans un même système de pensée.

L’antinomie du brutalisme est la suivante:

Idée 1: Nous n’avons aucun pouvoir sur le monde, sur notre environnement. Le monde est comme il est, on ne peut rien faire contre cela, si ce n’est avec violence. Tout changement nécessiterait donc une révolution violente, des conflits, des luttes…

Idée 2: L’individu est entièrement libre. Tout n’est que question de volonté et de force. Il a le pouvoir de devenir et de faire ce qu’il souhaite.

Vous comprendrez que ces deux thèses sont contradictoires. Comment l’individu peut-il être absolument libre s’il n’a aucune liberté dans la société? Comment peut-il être maître de sa « réussite » sociale tout en n’ayant aucun pouvoir sur cette même sphère sociale? Comment peut-il prétendre à une liberté absolue dans un monde qui n’autorise aucune liberté individuelle?

Pour les brutalistes, ces deux idées sont d’abord pratiques. La première idée permet au brutaliste de se désintéresser de tout ce qui ne le concerne pas ou ne l’intéresse pas. Par exemple, un brutaliste, face à ceux qui veulent changer les choses, dira: « C’est comme ça », « il y a pire ailleurs », « C’est comme ça que le monde fonctionne », « si tu n’es pas content, dégage! ». En cela, le brutaliste est le garant du monde tel qu’il est. La plupart de ces brutalistes ne s’engageront pas dans des causes sociales, humanitaires ou écologiques, sauf s’ils considèrent que ces causes sont dans leur intérêt propre, qu’ils vont y gagner (en image par exemple).

La seconde idée est le ciment de la compétition, de la concurrence, de la loi du plus fort. Le brutaliste considère que celui qui ne réussit pas ne peut s’en prendre qu’à lui-même, cela est preuve de sa faiblesse. Le brutaliste réitère les vieilles chimères religieuses, instaurant une nouvelle forme de culpabilité et de remords du passé, de l’angoisse du futur, tout en instaurant une nouvelle douleur: le stress du présent.

Affirmer une liberté absolue, penser que tout est possible tant qu’on y met sa force, et au contraire penser qu’on ne peut rien sur rien, voilà la double naïveté du brutalisme.

Cette antinomie conduit donc à une certaine logique absurde propre aux sociétés actuelles: nous ne sommes pas maîtres du jeu, mais on doit tout faire pour gagner le jeu.

C’est à travers cette logique que l’on trouvera deux pôles opposés qui sont deux modes du brutalisme:

L’indifférence : ceux qui ne pensent qu’à leur propre réussite, et qui sont indifférents à tout le reste. Ils ne se préoccupent que très peu des autres, uniquement de leur ambition. Ils pensent qu’on ne peut changer la société, il faut s’y soumettre (idée 1). Mais on peut gravir les échelons pour réussir, car l’individu est absolument libre (idée 2), quitte à écraser l’autre. Par exemple: les soldats du travail, cadres, politiques…

Le fanatisme: ceux qui ne pensent qu’à la réussite de leur cause, et qui sont indifférents à tout le reste. Ils ne se préoccupent pas des autres, même s’ils se présentent parfois comme des altruistes et des pacifistes. Ils pensent qu’on ne peut changer la société (idée 1), sauf à travers la violence ou l’éclat des actions individuelles, car l’individu est absolument libre (idée 2). Par exemple: certains syndicalistes, religieux, certains activistes et révolutionnaires…

Pas plus que l’indifférent ne remettra pas en cause son ambition et les moyens qu’il met en œuvre, le fanatique ne remettra pas en cause ses ambitions et les moyens qu’il met en œuvre au nom de sa cause.

Dans les deux cas, il y a violence dans la mise en place des projets ou objectifs, ainsi qu’un rejet de la différence. L’indifférent est dans le déni des autres, le fanatique est dans le rejet de ceux qui ne pensent pas comme lui.

L’indifférence et le fanatisme brutaliste sont deux pôles opposés, mais ils reposent sur une même antinomie: nous n’avons aucun pouvoir/nous sommes absolument libre. En cela, fanatisme et indifférence sont deux faces d’une même pièce.

Le mal-être et les actions du brutaliste reposent sur la confrontation de deux positions inconciliables.

Bien sûr, il faudrait nuancer, il y a différents degrés entre ces deux pôles, mais ces degrés s’organisent autour de ces deux idées paradoxales.

Il y a une origine à cette antinomie. Pour comprendre cela, il nous faut désormais proposer quelques pistes sur l’origine du brutalisme.

Pourquoi cette montée progressive du brutalisme?

La question qu’il faut désormais poser est « pourquoi »? Pourquoi ce brutalisme dominant contre des bisounours agonisants? Depuis quand est-ce devenu un mal de vouloir bien faire les choses, d’éviter le conflit violent, de respecter son interlocuteur?

Cela mériterait une très large réflexion, mais voici quelques arguments que nous pourrions avancer.

Le brutalisme: émanation de l’idéologie du travail

ambition

« La société est présentée sur le modèle des sports de combat, avec vocabulaire et images guerrières. Celles et ceux qui ne sont ni gagnants, ni gagneurs se trouvent rejetés vers les marges de la société dont ils n’ont rien à attendre. La violence de celle-ci suscite des contre-violences, des désaffections, des nostalgies agressivement régressives ou réactionnaires »

André Gorz, Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets?

 

Nous ne jurons que par le travail. La société s’organise autour du travail. Les individus construisent leur vie selon leur travail ou leur projet professionnel. L’idéologie du travail repose sur l’idée que le travail c’est la vie. Comme si la vie se « méritait », l’expression « gagner sa vie » est signifiante à plus d’un titre. Tout autant que l’expression « entrer dans la vie active »: les actifs étant ceux qui travaillent. Comment devrions-nous nommer les sans-emplois? Des passifs?

La course à l’emploi, la course à la promotion, à la meilleure retraite, aux meilleurs avantages, font de la compétition ou de la concurrence les principaux modes d’être de ce monde dominé par l’idéologie du travail. Il suffit de penser à ces repas de famille interminables où chacun vante son propre nombril sur ses dernières péripéties au travail, faisant la promotion d’une vie qu’il juge meilleure que celle des autres sous le prétexte qu’il « gagne plus » ou qu’il a plus d’avantages.

Ceux qui ont un emploi feront tout pour le préserver ou évoluer vers les plus hauts sommets. Ceux qui n’ont pas d’emploi seront plongés dans la honte et l’angoisse, transformant la quête de l’emploi comme la plus importante des quêtes de leur existence.

Aujourd’hui, la plupart des individus n’envisagent plus de donner un sens à leur vie qu’à travers leur vie professionnelle. Et parce que le monde professionnel repose sur la compétition des uns et des autres, cela autorise diverses violences symboliques ou réelles. De plus, pour résister soi-même aux coups, il est nécessaire de se forger une « carapace », cuir épais qui ne laisse plus passer une once de sensibilité. Et les insensibles peuvent à leur tour donner des coups, c’est un cercle vicieux.

Le travail aujourd’hui ne se définit ni par l’effort ni par la production, mais par le salaire. Ceux qui travaillent dur dans des projets non professionnels (entendez par là ceux qui ne touchent pas de salaire, comme les bénévoles) ne seront pas considérés comme des travailleurs. Pire, un individu qui use son temps à aider autrui, à lui rendre service, à l’accompagner bénévolement, à participer à des projets non lucratifs, ne sera pas considéré comme actif si celui-ci est sans emploi. Il n’aura peu, voire aucune reconnaissance, quant à sa contribution à la société, alors que l’impact de ses actions est bien plus important qu’un simple employé de bureau.

Travailler, c’est aussi rentrer dans les clous, rentrer dans le moule. Et pour rentrer dans les clous, il faut se faire violence, ce qui se traduit souvent par faire violence sur les autres.

Le brutalisme ou le règne de la logique à outrance et d’un rationalisme sans limites

Il faut mettre en évidence deux attitudes propres à notre société:

  • La rationalisation de toutes les activités humaines,
  • La rationalité excessive comme mode de pensée.

Commençons par le premier point.

Aujourd’hui, tout se mesure. Rien de tel qu’un sondage pour déterminer l’opinion ou l’attitude d’un groupe. Tout devient nombre, quantifiable à l’excès. Le qualitatif est lui-même dépendant du quantitatif.

L’un des critères semble-t-il indubitable est celui du chiffre: chiffre en terme de temps de travail, en terme de production, en terme de vente, en terme de client ou de patient, en terme de bénéfice, en terme de chômage, en terme de prévision… Le pourquoi et le comment ne se posent qu’après la plus importante des questions à laquelle aucune autre ne peut se substituer: combien?

Le chiffre appliqué à toute activité humaine déshumanise l’activité elle-même en la rendant abstraite. Il en est de même quand le chiffre se substitue complètement aux faits comme le chômage, l’insécurité, le bonheur. C’est une nouvelle forme d’aliénation, non plus seulement de la sphère professionnelle, mais de l’ensemble de la société.

Quelles en sont les conséquences? La course à la rentabilité, la légitimation de la concurrence et de la compétition, l’accélération des rythmes de vie, la banalisation de l’évaluation constante, le stress, la perte de repères, la surenchère d’effort et l’absence véritable de la reconnaissance de ses efforts (si ce n’est en terme de courbe)… Tout cela est propice au stress, à la brutalité, à l’instauration de rapports violents, au conflit.

L’autre attitude, qui complète la précédente (qui en est même à l’origine et qui s’en nourrit en retour) est la rationalité excessive: tout doit se justifier dans la visée d’un but précis pour la plus grande efficacité. Tout le reste doit être éjecté sans sommation. C’est ainsi que la « fin justifie les moyens », que les questions éthiques sont mises au placard. Là-dessus repose l’économisme, où rien n’est gratuit: tout est pensé, quadrillé, de l’activité jusqu’au comportement, voir jusqu’à la tenue de travail (pour exemple, vous pouvez découvrir cet épisode d’Horizon qui traite du sujet, ci-dessous).

C’est dans cette optique que s’instaure le management anglo-saxon. Le naturel, la sincérité n’ont plus leurs places. L’individu doit devenir un fin calculateur, sans quoi il se fera dévorer par les plus forts. Il ne s’agit pas d’une loi de la jungle, dont le paradigme est l’animal, mais plutôt d’une loi déshumanisée, dont le paradigme est… la robotique. Car là est finalement la destination fatale de la rationalisation excessive : la transformation de l’humain en machine, programmé pour la plus grande efficacité. Et les machines qui ne fonctionnent pas iront directement à la casse (cela s’appelle « pôle emploi »).

C’est sur ce socle que repose le brutalisme contemporain.

Expérimentation, créativité, sensibilité, spontanéité, sincérité, repos, quiétude… Tout cela n’a plus sa place dans un cadre rationnel.

Le brutalisme, conséquence d’une société de spectacle

             Selon Guy Debord, « le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisées par des images » (dans La Société du spectacle). La violence se fait désormais par l’image et le paraître, violence symbolique qui organise les rapports sociaux. Le dialogue devient communication, l’être devient l’avoir, l’apparaître devient paraître.

Les individus ne vivent plus qu’à travers des images qui les formatent, obéissant à des archétypes préfabriqués imposés par les médias (eux-mêmes vecteur du paradigme dominant). Là encore, l’aliénation est constante, les individus souffrent de ne plus se reconnaitre eux-mêmes. L’image préfabriquée décale le réel, alourdit les rapports, empêche toute sincérité. Être est devenu un faire-semblant.

De plus, les médias et les réseaux sociaux ne nous rapprochent pas, ils nous éloignent les uns des autres, car tout devient spectacle, représentation. Nous devenons spectateurs de notre propre vie.

Les médias actuels (quels qu’ils soient) ne cessent de nous proposer un catalogue de modèle de vie, sans cesse renouvelé. Les existences ne sont plus que des prêts-à-porter. Les individus choisissent des existences préfabriquées, aussi solides et originales qu’un meuble Ikea. Et si nous meublons aussi facilement notre vie selon ces modèles préfabriqués et aseptisés, c’est bien pour combler un vide.

Le brutalisme ou le déni d’une crise existentielle

radeau

Depuis le XVIII-XIXème siècle, les idoles ne cessent de tomber: religions, figures d’autorité…. Cela est une bonne chose, si ce n’est qu’au lieu de construire sur des bases saines, nous avons préféré combler les vides avec tout et n’importe quoi sous la mouvance d’angoisses existentielles.

Car c’est peut-être là la principale définition du brutalisme: le brutaliste a peur du vide. Il est un boulimique existentiel, qui croit combler des vides et des angoisses en consommant ou en débattant sans cesse.

L’indifférent qui ne pense qu’à sa réussite personnelle, ou le fanatique qui se réfugie aveuglément dans des causes qu’il ne médite pas ont ceci en commun: ils se débattent pour maintenir la tête hors de l’eau.

Face à la peur du vide ou la peur de sombrer en eaux profondes, il y a plusieurs attitudes:

  • Se maintenir à la première planche. Ces gens-là trouvent une bouée de fortune à laquelle s’accrocher, et ils n’en démordent pas. C’est ainsi que certains vouent leur existence à leur travail, le travail étant leur planche de Salut.
  • Nager dans le vide (c’est là qu’on retrouve davantage les brutalistes). Quand on ne maîtrise plus rien, quand on est soumis à l’inévitable, on préfère bien souvent se débattre. Se débattre consiste à agir sans cesse et sans fin, faire du bruit, crier le plus fort.

Nous sommes en effet comme des naufragés en eaux troubles et les brutalistes épuisent toutes leurs forces à bouger chaque muscle dans tous les sens afin d’éviter la noyade.

Les brutalistes se débattent sans cesse dans un monde qui leur échappe ou les dépasse, ou ils tentent de se raccrocher à la première planche.

S’ils veulent sans cesse faire du bruit, c’est pour crier leur mal-être, un dernier cri agonisant avant une fin inévitable. Leur volonté n’est pas celle d’un constructeur, mais plutôt celle d’un kamikaze. Le brutaliste est un condamné à la peine capitale qui dans le couloir de la mort croit qu’il a le droit de tout s’accorder comme dernière volonté. De là découle une situation d’urgence: le brutaliste est un homme pressé. Il faut éviter ce qui prend trop de temps, ne pas hésiter à user de raccourcis. Les techniques élaborés depuis un demi-siècle répondent à cette urgence, et nous ne parlons pas de l’évolution des transports, mais des différents dispositifs mis en œuvre, que ce soit dans le monde du travail, dans les usages de la communication, ou de la vie de tous les jours.

Le brutaliste n’a pas forcément peur de la mort, il a surtout peur de l’oubli, il a peur qu’on l’oublie. Il mène alors une vie à triple vitesse, dont le but est de laisser sa marque, son empreinte, ou au moins de se donner l’impression que sa vie a eu une certaine valeur, valeur qui se mesure à la richesse, aux privilèges ou aux actions accumulées.

Le brutalisme par naïveté, manque de créativité et d’enthousiasme

Les tenants du brutalisme, ceux qui considèrent que la révolte passe par la violence, que la liberté des uns ne peut qu’empiéter sur celle des autres, que la seule façon de ne pas se faire manger, c’est de bouffer l’autre, que les bonnes intentions sont vouées à l’échec, que la politesse et la courtoisie sont dépassées (sauf s’ils sont utiles)… ceux-là font preuve d’une grande naïveté, se laissant enchaîner par leurs inclinations les plus viles et les plus égocentrées. Ils ont la naïveté de voir le monde comme une jungle ou comme une grande machinerie, ils ont la naïveté d’imaginer que la liberté est absolue, synonyme de « je fais ce que je veux », et qu’au nom de cette prétendue liberté, on peut porter atteinte à celle des autres. Ils visent à dominer un environnement qu’ils ne maitrisent pas, ou tout de moins visent à ne pas se laisser détruire par cet environnement dont ils ne sont pas maîtres. Les brutalistes alternent entre coup d’éclat spectaculaire et indifférence générale. Ce sont leurs deux principaux modes d’être. Ils n’entrevoient pas d’autres possibilités ou formes d’actions.

Dans l’urgence de l’existence qu’ils mènent, il n’y a plus de place pour la créativité, l’expérimentation, la réflexion. Tout ce qui échappe aux « modèles » prédéfinis est à proscrire. Ce qui n’est pas ambitieux, ce qui ne vise la réussite, ce qui n’est pas lutte ou spectaculaire,  n’intéresse pas le brutaliste.

 

Quelques exemples du brutalisme dans divers contextes

 

→ le brutalisme dans les commentaires des articles sur le net :

Ils sont extrêmement nombreux, très faciles à repérer :

http://reseauinternational.net/2013/12/19/liste-des-arnaques-repertoriees-sur-facebook-comment-y-echapper/  ; l’article décrit les arnaques afin de prémunir les utilisateurs Facebook. Voici un des commentaires en bas de l’article  :

« carla ghiglieri 19 décembre 2013 à 15:38 Si on n’a pas encore compris que Facebook c’est l’ennemi, on merite tout ça et pire. »

Pour le brutaliste, si on fait un mauvais choix, on mérite d’être la victime d’arnaques. Donc, l’article informant desdites arnaques n’aurait aucune utilité. Autrement dit, et pour poursuivre cette logique brutaliste, si vous prenez une route déconseillée par vos proches, vous méritez d’avoir un grave accident…

Géraaaaard :Quel bordel dans certaines familles. On s’étonne que des gamins soient à côté de la plaque.

Benoît Brisefer répond à Géraaaaard : Encore un adolescent qui croit à la famille idéale. Misère des bisounours…

Donc, selon le brutaliste, il faut abandonner l’idée que ce ne soit pas le gros bordel dans certaines familles (la famille idéale est selon lui la famille banale, sans trop d’histoire). Le brutaliste est extrêmement fataliste au point d’en rejeter l’idée même de famille « normale » : pour lui tout est chaos sur le champ de bataille. Il est misérable de penser qu’il puisse exister des familles banales, il faut de l’action!

→ le brutalisme dans les articles de journalistes :

L’article critique un documentaire sur deux hommes adoptant des jumeaux. Le film est émouvant, tendre comme souvent bon nombre de documentaires sur la maternité/paternité, qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle. L’inverse n’existe pour ainsi dire pas, tout simplement parce il doit être assez difficile de trouver de mauvais parents attendant avec haine leur enfant prêt à être filmé en train de le secouer.

La journaliste critique abondamment le documentaire, car il est trop « tendre », or un documentaire se doit d’être réaliste, et tant de tendresse n’est pas réaliste selon son opinion.

Jugez par vous-même:

« Prière de s’attendrir

Le style nouveau est arrivé: c’est une forme de réalisme-socialiste adaptée au despotisme doux d’aujourd’hui. Au lieu des ouvrières au sourire éclatant sur fond de kolkhoze et de moissons blondes, on a un couple gay au sourire ému sur fond de pouponnière. Mais c’est la même imagerie naïve, le même triomphalisme porteur des lendemains qui chantent. François, Jérôme, Colleen, la mère porteuse, et tout leur entourage existent vraiment. Ils sont les modèles et les héros de ce chromo radieux. Radieux, comme le sourire du médecin. Radieux, comme le sourire du juge qui délivre les passeports.

Pas de pensée dans le film, pas de pulsions non plus, pas d’instincts (à peine une larme furtive de la mère). Uniquement des affects, très doux, très bons, très tendres. Vous qui découvrirez ce documentaire, abandonnez tout esprit critique. On est prié de s’attendrir. « 

La journaliste accuse ce reportage de faire de la propagande socialiste mièvre, tronquée de sa réalité. Donc forcément un documentaire « bisounours » dans lequel on serait prié de couper tout esprit critique à cause de la tendresse mise en avant. Cette journaliste aurait-elle peur de ressentir des émotions positives devant ce documentaire ? Ne peut-on trouver quelque chose de tendre tout en faisant usage de sa raison ? L’esprit critique est entre les mains de chacun, depuis quand des images lentes (si elles avaient été subliminales, ok)  aurait le pouvoir de nous en priver ? Le bonheur et la tendresse seraient selon elle irréalistes et propagandistes (surtout chez les gays apparemment). Voilà ce qu’on aura « appris  » de cet article décrié aussi par les lecteurs du figaro.

Le brutalisme des activistes et du militantisme

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-monde-des-bisounours-et-du-102494

Article très intéressant, dont nous pourrions être en accord sur certains points. Il n’empêche que les conceptions intrinsèques sont brutalistes, l’auteur défendant la violence au nom de la liberté et des idées:

«  Hélas ce n’est pas demain la veille que nos députés feront le coup de poing à la Chambre comme les Russes l’osent encore à la Douma pour défendre leurs idées même quand ils ne sont pas bourrés. La liberté de penser, la vrai, ce n’est pas la soupe de Florent Pagny pour échapper au fisc, c’est celle de Valmy, c’est celle des viticulteurs contre lesquels l’armée refusa de tirer au début du siècle dernier. Qui est encore capable de prendre des coups pour défendre ses idées, la veuve et l’orphelin, ou ses droits fondamentaux dont celui de faire chier ceux que l’on n’aime pas. Non, il faut désormais être consensuel, aspirer à une démocratie castratrice à la suédoise où il n’y a plus officiellement ni putes ni fessée.« 

L’article se termine ainsi:

« Il n’est pas question de prôner la guerre civile en France, mais tout simplement de fustiger la lâcheté. »

Nous pensons tout justement à l’inverse de cet article que la lâcheté et la facilité sont du côté de ceux qui cognent tout autant que ceux qui se résignent à l’indifférence.

Stephan Hessel y est cité:

« Il faut donc acheter le petit pamphlet de Stéphane Hessel et s’indigner en bêlant. Ca ne mange pas de pain, mais toute indignation devrait déboucher sur des actes quelles que soient ses opinions et ses aspirations. »

C’est oublier que l’appel pacifique à l’indignation de Stephan Hessel a eu des effets importants dans le monde (impulsant certains mouvements) et continue encore à inspirer anciennes comme nouvelles générations. Ce que doit sans doute reprocher l’auteur à Hessel, c’est d’être un de ces bisounours qui se refuse aux révoltes violentes, ce qui est pour l’auteur de l’article un signe de « lâcheté ».

Le titre de l’article est d’ailleurs fort révélateur: « Le monde des bisounours ou le risque zéro ». Il suggère que les problèmes actuels sont dus à un excès de bisounours. Nous pensons à l’inverse que si les choses vont mal c’est justement parce que nous manquons de bisounours.

 

Empathie, respect, bonnes intentions et altruisme : les grandes maladies du siècle?

[attention, si ces prochaines lignes vous donnent envie de vomir pour raison de bons sentiments, vous souffrez sans doute de brutalisme aigu]

 Lempathiedusinge

«  Bisounours. Expression destinée à dénigrer l’angélisme supposé d’un adversaire. Utilisé par l’extrême-droite pour ridiculiser la droite « molle », par cette même droite face à la gauche, et par des socialistes contestataires en direction de leurs camarades. En 2002 et 2007, ils disaient « bobos ». »

Rue 89

Les bisounours dérangent, surtout les extrêmes. Le terme « bisounours » à dessein de discréditer une idée, un discours ou une action, est diversement utilisé dans les médias, de droite comme de gauche. Mais il faut tout de même garder à l’esprit que ce terme au sens péjoratif est d’abord un abus de langage de l’extrême droite. L’extrême droite est à la pointe des raccourcis de langage, de l’anti-intellectualisme, et ce simple mot « bisounours » de son cru a eu des répercussions incroyables: aujourd’hui tout le monde l’utilise, de droite comme de gauche, que ce soit un grand patron d’une entreprise côté en bourse ou un activiste anticapitaliste. Même les militants contre l’extrémisme se sont fait une joie de reprendre ce terme, en toute ignorance de ce qu’il renvoie. Un comble. On remarque d’ailleurs que la montée des extrêmes favorise l’usage de cette expression, ce qui n’est pas un hasard.

Mais qui sont ces bisounours? Sont-ils des naïfs, des gens manquant de sérieux souffrant d’un angélisme sans limites? Des lâches qui ne veulent prendre aucun risque?

Nous voulons bien croire que ce type de portrait puisse correspondre à certains, mais en général, le bisounours n’a rien à voir avec cette caricature de mauvaise foi.

Nous avons l’habitude de côtoyer ces gens bien intentionnés que les brutalistes nomment bisounours (ou expression équivalente), et il est nécessaire de proposer un nouveau portrait de ces « bisounours » qui dérangent.

Ceux qu’on traite de bisounours ne sont pas de lâches angélistes idéalistes la tête dans les nuages; ce ne sont pas des hommes ou des femmes passifs et inactifs; ce ne sont pas des naïfs aveugles manquant « cruellement » de sérieux ou incapables de s’adapter à la réalité.

Si les « bisounours » sont malmenés, c’est parce qu’ils ne collent absolument pas au paradigme dominant qu’est le brutalisme. Ils ne répondent pas aux conventions, à l’attitude généralement admise. Ils ne visent pas la « réussite », ne sont pas mus par l’ambition, ne s’intègrent pas nécessairement dans une lutte et ne cherchent pas à produire du spectaculaire. Pire, ils font tout pour ne jamais nuire à autrui, ils évitent au possible la pensée binaire, et ils ne considèrent pas que la fin justifie les moyens. En cela, ils sont une menace pour la majorité, car ils ne rentrent pas dans le moule. De tout côté, politique, travailleur, activiste, révolutionnaire, bancaire (…) les bisounours sont rejetés.

Le bisounours s’impose des limites. Il sait que le « pouvoir faire » ne légitime pas le « faire ». Le bisounours n’a pas une vision idéalisée de l’espèce humaine. Bien au contraire, il voit très nettement le monde tel qu’il est, mais contrairement au brutaliste il ne s’arrête pas à dire « c’est comme ça ». On lui reproche tout justement de dire « ça pourrait en être autrement », et le bisounours ajouterait sans doute « et sans user de violence, qu’elle soit physique ou morale ».

Le bisounours n’emprunte pas les sentiers les plus faciles. Il ne vise pas l’efficacité. Abandonnant toute activité belliciste, il doit faire preuve de patience et d’imagination pour arriver à ses fins. Le bisounours n’est pas ce type de révolutionnaire, le fusil à la main, prenant part à une révolte de masse. Il n’est pas nostalgique des conflits révolutionnaires. Le bisounours n’est pas violent, dans les actes comme dans la parole, car il sait que cette attitude est contreconstructive, qu’elle ne fait qu’envenimer la situation. La force morale requise pour cela est sans doute plus importante que celle du plus énergique des brutalistes. La véritable force est du côté de celui qui parviendra à ne jamais frapper. Car le bisounours garde toujours à l’esprit que les bonnes intentions et les nobles causes mènent parfois aux pires dérives. Le bisounours donnerait raison à la phrase de Jean Rochefort « Nous sommes tous possiblement des monstres. (..) Il faut faire gaffe à nous ! De grandes boucheries peuvent démarrer sur un rien… ».

pacifisme-fleurLe bisounours est un authentique pacifiste, le dernier des pacifistes d’ailleurs. On nous présente bien souvent dans les médias des « pseudopacifistes » que l’on nomme ainsi sous prétexte qu’ils n’ont en acte aucune violence physique. Or, bien souvent, leur violence n’est pas dans leurs poings mais dans leurs bouches. Un pacifique refuse toute violence, quelles qu’elles soient. Un individu qui n’usera jamais de violence physique mais qui ne cessera de cracher son venin ou qui sera mu par la colère ou la haine n’est pas un pacifiste, c’est un belliciste.

À noter que le brutaliste fera tout pour discréditer le pacifisme incitant à la confusion entre le pacifisme et la lâcheté (voire à la collaboration). Le brutaliste, dans ses arguments bellicistes, fait parfois référence à ces pacifistes irraisonnés de l’occupation qui prônaient la collaboration au nom de la paix. Cet anti-pacifiste primaire en oublie (volontairement sans doute) tous ces pacifistes qui se sont engagés dans la résistance bien conscients des périls et de la situation exceptionnelle. C’est là la différence entre un pacifisme idéologique, qui peut conduire à la dérive, et un pacifisme concret, jamais complètement acquis qui se construit chaque jour selon les opportunités et les périls et dont le but est de faire reculer les violences quelles qu’elles soient. Ne mélangeons pas les deux.

Pour le bisounours, il est nécessaire d’améliorer autant que possible son environnement, de le faire éventuellement à plusieurs et toujours à hauteur d’homme (et non selon un idéal inaccessible). Il vise son environnement immédiat, il sait qu’il n’a aucune prise sur le monde en son entier, mais qu’il peut toutefois changer des petites choses. Il y a donc une certaine modestie dans ses actions, et c’est notamment le reproche que certain lui font: « ce que tu fais ne sert à rien! » ou « ce que tu fais c’est du détail, tu cherches la petite bête ». Mais le bisounours est patient, et il s’appuie sur un principe tout simple aux proportions concrètes: « c’est en s’occupant d’abord des petites bêtes qu’on finira par atteindre les plus grosses ».

Avoir de l’empathie, être encore en capacité d’être choqué par des violences (physiques ou verbales) qui sont devenus banalités, voilà des sentiments qui sont de plus en plus difficiles à assumer, car perçu comme une forme de faiblesse, là où réside pourtant une véritable force morale.

Disons-le sans détour pour celui qui pratique cette empathie, ce refus de la brutalité, ces modestes contributions pour améliorer les choses, celui-là qui est étiqueté de bisounours n’est rien d’autre qu’un « être humain », ni plus ni moins (espèce semble-t-il en voie de disparition). Les tenants du brutalisme n’ont que faire de la dignité humaine, ou peu, ils font tout pour s’en séparer, et n’hésitent pas à coller cette étiquette de « bisounours » à ceux et celles qui ont encore la force de résister.

Discréditer un individu en invoquant l’argument du Bisounours, inculper l’autre de « crime de bonne volonté » ou de « crime de la non-violence » (=lâche pour les brutalistes), voilà dans un premier temps ce qu’il nous faut tous refuser.

Les révolutions à l’ancienne, c’est terminé!

Certains considèrent que lorsque l’on veut défendre des idées, lorsque l’on veut faire bouger les lignes, cela ne peut se faire sans violence. On voit de plus en plus resurgir le vieux spectre de la violence idéologique, les prêtres de l’anti-courtoisie, ceux qui prônent le droit à la soumission ou à l’écrasement au nom de la liberté, ceux qui prétendent qu’il faut se taper dans le pif pour défendre des convictions… Bref, on ne cesse de nous rappeler que des gens sont prêts à se battre, à se taper dessus. Mais pour quoi? Ont-ils véritablement un but, une visée à long terme? Ne veulent-ils pas tout simplement se taper dessus pour se taper dessus? Le brutaliste ne défend pas des causes ou des intérêts, il attaque, les causes et les intérêts lui servant de prétexte; il n’est pas homme de conviction, ses convictions ne sont que des motifs pour frapper et écraser; il n’est pas courageux, il est téméraire et impatient, avide qu’on lui donne toute l’importance qu’il croit mériter. Ce n’est pas un « fort » comme il ne cesse de le crier, c’est une brute qui se cache derrière ses apparats, un individu qui a peur du vide, qui ne cesse de se débattre dans une mer agitée qui le malmène de tous côtés.

C’est avec tristesse que nous constatons que de nobles causes dérivent trop souvent, tout justement selon ce principe brutaliste absurde que l’on n’arrive pas à ses fins sans s’imposer violemment: ceux-là mêmes qui au nom de l’humanité tuent l’humanité; qui au nom de la liberté de penser crachent sur les idées des autres; qui au nom de la paix font résonner le glaive; qui au nom de l’égalité écrasent les plus faibles; qui au nom de la prospérité, appauvrissent la majorité; qui au nom de la vie, condamnent à mort; qui au nom de quiétude ne cessent d’invoquer la peur…

La lutte acharnée est toujours la mauvaise solution, et lorsque la lutte reste la dernière solution, le dernier recours (car il y a évidemment des situations extrêmes où nous sommes contraints de lutter) c’est que nous avons auparavant manqué toutes les occasions qui nous auraient permis d’éviter cette impasse.

Ce ne sont pas de soldats ou de guerriers dont nous avons besoin, mais de bâtisseurs, de constructeurs, de créateurs, de docteurs…Bref,  on a besoin de bisounours.

fleurLorsqu’un bisounours cherche à améliorer les choses, les révolutions qu’il entreprend sont bien différentes de celles des brutalistes.

Les formes de révolutions sont en effet à réinventer, en prenant soin d’écarter toute inclination belliqueuse. On n’améliore pas les choses avec du ressentiment, de la colère, de la haine ou du mépris. On n’améliore pas les choses avec la nostalgie du passé. On ne peut plus, dans les pays occidentaux, se borner à cette naïveté d’un autre âge où il suffirait de renverser brutalement un pouvoir en place pour que tout s’arrange.

Les révolutions du bisounours ne peuvent pas être utopiques, car la tentative d’imposer une utopie est un projet qui, au mieux, ne peut aboutir complètement, et qui, au pire, instaure sa propre négation. De plus, les utopies sont globales et relèvent d’une idéologie qui cherche à s’imposer, ce qui nous ramène au brutalisme.

Les révolutions du bisounours se font par le bas, non en brandissant la fourche, mais en usant le langage, la ruse, la créativité, l’expérimentation. Les révolutions du bisounours sont parcellaires et modestes, nul besoin de changer le monde ou un pays, c’est son environnement immédiat que l’on doit d’abord toucher: ses voisins, sa famille, ses collègues au travail; sans oublier bien entendu de magnifiques outils tels qu’Internet qui peuvent créer une proximité où il y a éloignement, ce qui ouvre des perspectives infinies. Les bisounours ne s’incorporent pas dans des mouvements de masse, ils entreprennent des actions individuelles ou en petit groupe.

Cela paraît moins spectaculaire, plus lent dans les effets et les conséquences (d’où le désintéressement des médias qui retransmettent les grandes manifestations et autres accrochages, mais qui couvre trop peu (ou mal) les véritables concrétisations à l’échelle locale, et pourtant il n’en manque pas); cela demande plus d’efforts, une réflexion soutenue, des expérimentations qui n’aboutiront pas systématiquement…. Mais nul doute qu’à long terme les efforts portent leurs fruits, le brutaliste lui-même peut le constater, s’il daigne prendre lui-même le temps de l’observer et la bonne foi de le reconnaître.

Le bisounours ne se bat contre personne. Il ne lutte pas, il construit.

On ne peut pas demander ou impulser un changement au nom d’un contre, d’un anti, ou d’une opposition. Une opposition est la face d’une même pièce. Comment une opposition peut-elle prétendre à une véritable alternative alors qu’elle n’est que le versant opposé de ce qu’elle « combat »? La seule alternative possible ne peut être que hors cadre, en dehors de l’arène des conflits; non par réaction, mais par construction.

Nous avons besoin de concrétisation et de propositions plus que d’oppositions, car les oppositions sont condamnées au surplace, elle ne permettent pas d’avancer.

Le bisounours n’attend pas les politiques, il cherche des solutions concrètes applicables ici et maintenant.

Si les Bisounours sont minoritaires, qu’ils sont rejetés par le plus grand nombre, alors les bisounours incarnent la subversion par excellence.

Alors, amis subversifs, assumez-vous sans tabous et sans aucune honte. Assumez-vous bisounours.

Et le hacking social dans tout ça ? Est-ce un projet de bisounours ?

Au sens où nous venons de définir ce terme: oui, mon capitaine, sans aucun doute.

Il est commun de croire qu’il n’y a que deux voies possibles au changement:

Laisser faire

ou

Combattre

 

Nous suivons une troisième voie:

Expérimenter et construire

 

Cette troisième voie est celle du hacker social,

un authentique bisounours.

hacking social


[1] Ce que nous nommons « brutalisme » n’a aucun rapport avec le style architectural du même nom.

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105 commentaires sur “Qui veut la peau des bisounours?

  1. Lire la suite…10 600 mots de plus!!! A minuit???
    Désolé je vais attendre le lever du jour…
    En plus, mettre Bisounours et Zemmmmmour dans la même phrase est un crime de lèse majesté…
    Sûr, Vallsounet ne va pas être content. Vous allez avoir des ennuis…

    1. Désolé, j’ai appuyé sur la mauvaise touche, c’était prévu pour demain à des horaires plus convenables. hihihi ! (ceci était authentique rire de bisounours afin de m’excuser de mon zèle nocturne particulièrement audacieux voire « entreprenant » pour une stagiaire)

  2. Chers bisounours, bonsoir!

    C’est officiel, je viens de basculer du côté des bisounours! Argh! Dur! Comme ça, sans que je puisse me défendre. Au secours!

    Je rigole. Cela fait bien longtemps que je milite pour. Cela étant dit, je voudrai, votre honneur, apporter quelques petites astuces, afin de faciliter la vie de ses nounours en guimauve – dont le profil physique n’est pas sans rappeler le profil du présentateur d’Horizons.
    Il existe deux moyens simples et rapides pour lutter contre les brutalistes:

    1- L’humour! Il n’y a rien de plus jouissif que de voir la tête d’un brutaliste qui se fait rembarrer (mais avec gentillesse). Un exemple: Un jour que j’étais invité à un mariage, je suis tombé sur un homme qui a passé une heure à me décrire son travail, sa vie de famille, etc, etc. A la fin, il m’a dit: « En clair, je gagne très bien ma vie! ». Sur quoi, je lui répondis: « Moi, je ne perds pas la mienne à essayer de la gagner! »

    2- La culture, la vrai. Pas celle que vous avez appris à l’école. On m’objectera que la culture peut être chère, certes ce n’est pas faux. Mais si vous voulez lire, il existe des établissements dans quasiment toutes les villes, ils se nomment bibliothèque, ou médiathèque, où non seulement vous pourrez emprunter des livres pour pas cher, mais aussi échanger avec d’autres personnes; la discussion, l’échange, étant le premier pas – et le plus important – vers la liberté. Vous pouvez aussi profiter des journées portes ouvertes des musées pour aller les visiter. Je sais que certains (comme le Louvre) sont blindés ce jour là; mais il en existe d’autres. Car oui, le brutaliste est en règle général, complètement inculte. Qu’est-ce que la culture? Des graffitis réalisés par des post-soixantehuitards qui ont raté leur vie. Comme tous les artistes. Ces ahuris (les brutalistes) n’ont jamais du voir un tableau de maitre flamand de la grande époque; je dis ça, alors que la peinture n’est pas ma tasse de thé…
    En parlant de culture, la semaine dernière j’ai eu la joie incommensurable et surprenante de découvrir dans ma boite aux lettres, une enveloppe contenant un bulletin d’abonnement au plus grand magazine de culture de tous les temps……………….Télérama!!!! J’avoue avoir brûlé le tout, m’être lavé les mains à l’eau de javel et avoir fait la peau du facteur qui a osé mettre cette chose dans ma boite à factures!

    Voilà, c’est tout. Ah, si. Maintenant que j’y pense, le hacking social permet-il à un internaute, bô, ténébreux, bien fait et ayant la douceur d’un bisounours, de faire la cour à une stagiaire? Elle a l’air gentille Demoiselle Barbalala. Cependant, un doute s’installe en moi. Barbalala est-il une sorte de variation de Barbarella; la contraction de « la barbe, ah là là »; ou bien la petite dernière du clan des Barbe à Papa?
    En fait, laissez tomber. Cela va finir dans le graveleux. En plus Hollande a pris les stagiaires sous son aile. On a vu ce que cela a donné avec les chômeurs…

    Bonne…nuit?

    1. Hihihi !
      >>>> barbalala du clan des barpapapa bien evidemment ! Ce sont les cousins mous, flexibles et vaguement ecolo-hippies des bisounours, par contre ils ont un probléme de contraception.

    2. Beaucoup de vrai là dedans mais une catégorisation un peu fourre-tout.
      Un misanthrope est rationnel, mais pas brutal, c’est justement parce qu’il est lucide et fataliste sur la violence de ses congénères, MAIS qu’il ne se complaît pas là dedans, qu’il est misanthrope.
      Il n’est donc ni bisounours ni brutaliste, plutôt solitaire et résigné.

      Par ailleurs personnellement je n’aurais pas hésité à parler de virilisme, cette attitude est presque systématiquement celle d’hommes qui cherchent à (se) prouver qu’ils sont des hommes, des vrais. Lorsque ça viens de femmes, c’est bien moins assumé et accepté.

      1. C’est vrai que cela peut sembler « fourre-tout », toutefois nous n’avons pas cherché à catégoriser, ni à proposer de façon binaire deux points exclusifs que sont le brutalisme et ceux qu’on nomme « bisounours ». Si nous en donnons l’impression, c’est peut-être parce que nous n’avons pas encore nuancé. Il sera nécessaire d’affiner tout cela par la suite, mais il nous semblait essentiel de poser très tôt cette notion de « brutalisme » afin de montrer qu’il y a dans l’attitude et dans les conceptions plus de points communs qu’on le pense entre des individus qu’on oppose pourtant. Finalement, avec la notion de « brutalisme », nous ne cherchons pas à catégoriser, mais bien au contraire à sortir des catégories présentes (par exemple: les pro-systèmes/les anti-systèmes, réactionnaire/révolutionnaire…) afin de poser de nouvelles perspectives qui nous semblent essentielles. Et c’est peut-être pour cela que nos propos semblent « fourre-tout »: loin de séparer nous essayons de saisir les liens et les articulations.

        Vous avez raison pour le misanthrope, il ne s’articule pas nécessairement dans ce que nous évoquions, il s’agit parfois d’une forme de résignation. Mais le misanthrope est aussi celui qui vit non dans la résignation, mais dans le mépris, voire la haine de l’autre, justifiant par là même ses actions brutales. C’est à partir de ce sens étymologique du mot (haine du genre humain) que nous évoquons le misanthrope comme enclin à une brutalité qu’il justifie, mais vous faites bien de signaler tout justement cette nuance: la misanthrope résigné n’entre pas dans ce schéma.

        La virilité et ce qu’elle renvoie (en tout cas selon les conceptions contemporaines) s’accorde effectivement avec cette notion de brutalisme qui repose sur des préjugés et des stéréotypes du masculin. C’est en effet un point qu’il serait pertinent de développer par la suite.

        Merci pour ces remarques enrichissantes!

  3. Ah! J’ai failli oublier. La stagiaire c’est plantée, le lien [2] ne marche pas.
    Ah la la…oú va t-on nous?
    Encore une stagiaire bisounours.
    Mais que fait la police de la pensée dominante.
    J’vous l’dit, elle n’ira pas loin la petite… 😉

    1. ha c parce que je suis pas formée aux liens encore. Je sais que mettre en vert les titres pour l’instant. Je demande aux boss une formation sur le champ, le probléme sera résolu d’ici un bon mois (c’est dur wordpress).

      1. Et encore, ne vous plaignez pas. Lorsque j’ai été invité sur Strategika, on m’a dit: « Vas-y tu est libre ». Super, je me suis dit, mais lorsque j’ai vu le tableau de bord de wordpress – juste un peu moins complexe que celui d’un Boeing – j’avoue avoir eu l’envie de faire le coup de la panne.
        En plus, en cherchant un peu, je suis tombé sur les brouillons, cinq si ma mémoire est bonne. Y voyant là une possibilité pour apprendre, j’ai ouvert le premier, et, ô miracle, le texte était composé de trois mots: « ALORS, ON TRICHE? »
        Ils n’ont aucune pitié… À l’époque j’avais déjà du mal avec le premier paragraphe du premier chapitre de « L’informatique pour les nuls. »
        Mais Eureka, grace à un sens de la débrouillardise et une volonté de fer, je suis parvenu à la deuxième page…en trois mois! Alléluïa! Plus que 1237 pages!

        Je ne voudrai pas vous prendre votre place, mais ils n’ont pas besoin d’un stagiaire? Je fais le café, la cuisine, et aussi lé ménache…Eventuellement, je peux chasser les mouettes…

  4. Oui, oui, oui ! Comme il est bon de découvrir de tels articles 😀
    Voilà qui redonne courage et espoir, merci mille fois pour votre travail !

    Comme vous, chère Barbalala, chers amis hackers, j’ai toujours fait mon possible pour encourager l’écoute, l’empathie et le partage au sein de mon entourage, à ma petite échelle.
    Ces derniers temps cependant je me sentais de plus en plus cernée et accablée par cette mode du cynisme qui semble se développer à toute allure. Quel était donc ce monde où on n’entendait plus que ceux qui grognent et qui râlent ? Comment en était-on venu à utiliser partout les mots « bisounours » et « gentil » comme des insultes ?

    Et que faire alors ? Râler à mon tour ? Non, j’ai préféré plutôt chercher derrière les cris et le tapage, chercher d’autres personnes qui elles aussi font leur possible pour préserver notre humanité.
    J’avais d’abord trouvé cette vidéo, que je partage ici :

    François Jaffelin y propose une définition de la gentillesse et explique en quoi donner est une force dans un monde où tout le monde ne fait plus que prendre.
    Cette vidéo sur les bienfaits de la gratitude, bien que trop peu développée à mon goût, m’avait également apporté un peu de réconfort : http://www.ted.com/talks/david_steindl_rast_want_to_be_happy_be_grateful?language=fr

    Mais bien qu’intéressantes ces conférences me semblaient insuffisantes. Un philosophe et un religieux, voilà des discours qui seraient difficilement entendus par le plus grand nombre… Il fallait faire plus. Il fallait faire entendre la voix des « gentils » dans une langue que tout le monde puisse comprendre, avec simplicité, réalisme et humour.
    Et vous voilà !! (^.^)/

    Je n’ai pas encore lu la totalité des articles présents sur votre site, ce qui ne saurait tarder. Mais une chose est sûre, vous avez déjà toute mon attention !
    Vous avez renforcé ma foi en mes convictions et je vais me faire une joie de suivre et faire connaître votre travail 🙂
    Si toutefois vous aviez besoin de bras, les miens vous sont acquis. La listes de leurs compétences est à votre disposition, il suffit de me dire où vous la faire parvenir 😉

    Merci encore pour cette très belle initiative et au plaisir de vous lire !

    1. Merci beaucoup ! C’est un vrai plaisir de savoir que nos articles puissent avoir cet effet, en espérant que les autres articles vous parlent également.
      A noter que question « gentillesse », ils sont de plus en plus nombreux à faire la « guerre » au cynisme : les convivialistes ( http://lesconvivialistes.fr/ ) ; là on a lu « plaidoyer pour l’altruisme » qui est également un appel très argumenté, documenté sur notre capacité à (re)devenir altruiste ; beaucoup de décroissants appellent aussi aux personnes à se re-souder, en dehors de toute autorité, être solidaire hors du circuit du travail, de la consommation etc.
      Nous ne pouvons qu’applaudir votre démarche a chercher derrière les cris et le tapage 🙂
      Merci pour les liens que nous examinerons, merci pour votre proposition d’aide !

      1. J’ai fait un tour sur lesconvivialistes, le fond est certainement bon mais le primaire pas du tout convivial je lui trouve un petit goût de cravate – pas la viennoiserie pâtissière/pépites de chocolat, le cache sexe d’exhibitionniste !
        Je préfère la hacker’sauce 🙂 garantie pure peuple
        Certains lecteurs restent silencieux, c’est bon signe le hack fonctionne. D’autres réagissent simplement, on ne demande pas mieux.
        Avec un peu de chance on pourra vivre quelques années encore chez les Bisounours, pas seulement si les idées circulent mais surtout si JE, enfin tu ou il et elle appuient sur l’accélérateur de leur conscience pour tenter de vivre encore plus à fond cette expérience unique d’être.
        J’allais oublier l’article ; bonne piqûre de rappel. D’autant plus qu’il renvoie à d’autres, c’est curieux comme tout est lié ici, c’est plus addictif qu’un jeu vidéo.

    2. Bonsoir,

      Le cynisme…
      Ce n’est pas un trait de caractère, ni même un état d’esprit; c’est une maladie mentale.
      Enfin, d’après le DSM-IV (Manuel de diagnostic et statistiques des troubles mentaux) si cher au Doc Enclocq.

      « Listé comme une nouvelle maladie mentale : une créativité et un cynisme au-dessus de la moyenne. Le manuel identifie cette maladie mentale comme « ODD », « désordre oppositionnel défiant » [Ndt : « oppositional defiant disorder »].

      Défini comme « un comportement soutenu d’hostilité et de désobéissance », les symptômes incluent la remise en question de l’autorité, la négativité, la défiance, l’argumentaire et le fait d’être aisément irrité. »
      http://les-etats-d-anne.over-blog.com/article-comment-je-suis-devenue-folle-123165223.html

      Y’a plus qu’à prendre des médocs, par paquets de douze.

  5. Merci pour cet article très intéressant qui fait du bien.

    Quelques coquilles relevées ici ou là : « Cette liste de caractéristique est exhaustive » (=> « pas exhaustive » ?), « cuire épais », « où rien gratuit », « jusqu’au comportement, voir jusqu’à la tenue de travail » (=> « voire »), « Les techniques élaborés », « si les choses vont males » (=> jeu de mots ?).

    Sinon, vous utilisez la notion de populisme : « Le brutaliste considère généralement que la colère, la haine, le mépris, la peur, le stress, l’angoisse sont des forces sur lesquels on peut prendre élan (en politique, cela se traduit par le populisme). »

    Je pense qu’une réflexion commune sur cette notion serait salutaire. En effet, certains travaux (ceux d’Annie Collovald notamment) montrent le détournement récent de cette notion pour instaurer un mépris de classe, en associant « populaire » et vils instincts. Peut-être qu’en l’utilisant, nous participons à rappeler constamment cette association fictive. Je ne sais pas. Qu’en pensez-vous ?

    1. Bonjour Nielv

      Merci d’avoir relevé ces coquilles, on va corriger ça.

      Pour le terme « populisme », il est vrai que nous aurions du définir ce que nous entendions par là afin qu’il n’y ait pas d’amalgames ou de mauvaises associations. Tout d’abord, soyons clair, nous dissocions populisme et populaire. Nous allons même jusqu’à penser que ce qui est populaire ne peut être populiste, et inversement.

      Voilà donc la définition du populisme qu’est la nôtre, ou du moins tel que nous l’avons pensée dans ce présent article. On peut parler de populisme d’un discours qui vise à entraîner un grand nombre de la population stimulée par des « passions tristes » (pour reprendre l’expression spinoziste, c’est-à-dire par exemple le mépris, la colère, les émotions véhiculées sur des préjugés, des stéréotypes ou des raccourcis de pensée…). Par exemple le thème de l’immigration lié à l’insécurité et l’emploi. Nous dirions que ce type de discours est populiste en cela qu’il s’agit de lier fictivement une population (des immigrés) et un problème (la sécurité ou l’emploi) afin de galvaniser la masse autour du sentiment de la colère, du rejet (argument du bouc-émissaire).
      Donc, le discours populiste est un discours qui use de raccourcis dans le but d’assembler une partie de la population autour de passions négatives et de raccourcis tout autant intellectuels que factuels.

      Un discours ou un projet politique qui vise l’intérêt général, s’adressant au plus grand nombre, sans invoquer ces passions tristes, n’a rien de populiste (d’où notre dissociation de populiste et populaire). Et c’est là qu’il y a mésusage des politiques et des médias qui ne distinguent pas ces deux termes, ou qui devrait rappeler cette distinction (ce que nous aurions dû faire dans cet article, il est vrai).

      Là est le sens que nous avions à l’esprit de « populisme » en rédigeant cet article, terme corrélé donc aux raccourcis que font les brutalistes. Il faudrait bien sûr que nous prenions le temps de développer davantage, et surtout d’évoquer les autres définitions usitées dans les différents médias. Je vais consulter les travaux de Annie Collovald comme vous l’avez évoqué, travaux que je n’avais pas pris la peine de connaître jusqu’ici et vous avez bien fait de me le conseiller.

      Merci à vous 😉

  6. Petit commentaire que j’écris avant d’avoir fini l’article mais en ayant fini la vidéo de Zemmmmmmour…

    « Putain que ce mec est con »,

    furent les quelques mots sortis de ma bouche sans que je ne puisse les y retenir. Alors comme ils semblaient vouloir sortir, autant les partager ici. (Et désolé pour le langage…)

      1. @supertraducteur et @caligula ;
        J’avais oublié qu’on avait mis une vidéo de zemmour ici… Oui comme dis Caligula, on est des bisounours ici et « con » est un titre réducteur qui ne cible pas la totalité, l’ampleur du problème, mais je comprend tout à fait qu’on puisse avoir une réaction de la sorte, sur le vif. J’ai du en faire de même quand j’ai entendu ça… après j’ai offert mon attention et mon écoute à d’autres individus plus intéressants.
        Histoire de conclure avec cet individu, qui au vu de l’actualité et de l’effet streinsand va surement attirer encore de réactants (ce dont il rêvait certainement depuis un moment et qu’il planifiait de façon très peu subtile, autrement dit son plan pour être volontairement censuré était aussi discret qu’une montagne), je voudrais partager une vidéo qui semble assez représentative de ce personnage : (https://dailymotion.com/video/x27lxwh > si la vidéo s’affiche pas)

        https://dailymotion.com/video/x27lxwh

  7. A croire que les idées circulent (dans l’idéosphère !). Je me suis faite cette réflexion il y a peu : « et pourquoi ce serait « mal » de penser « bisounours » ?  » et je découvre que vous venez conforter ce point de vue ! Merci pour ce sujet que vous su si bien développer.

  8. J’ai beaucoup aimé cet article qui pointe bien l’atmosphère ambiante nauséabonde. Cet article résonne fort bien aux idées placardées en ce moment…je ressens une énorme violence symbolique…et des idées sommes toutes positives (comme « la liberté d’expression, la laïcité » sont transformées à des fins violentes, sournoises et dangereuses). Sans parler de la compétitivité, de ‘l’assimilation’, des « devoirs », de la « laïcité » (qui n’est pas à la base un mot péjoratif mais qui, dans la manière dont on l’utilise, peut l’être), « Je suis Charlie » : et si tu n’es pas, tu peux être accusé d’être un hors la loi ou un collabo djihadiste… »liberté d’expression »…. mais à sens unique » (et vous l’évoquiez dans votre article au sujet de la « liberté absolue » au dépend des autres…Merci beaucoup pour cet article. 🙂 Vives les bisounours (et encore heureux qu’il en existe encore : OUF ! ^^). Et j’ajouterai que les bisounours ne sont pas les seuls victimes des brutalistes : ceux qui s’informent, cherchent « la vérité », ceux qui posent des questions ou se cultivent…Tout ceux là. :-s

  9. Merci pour votre article. Je revendique être une bisounours et en lisant tout ceci je me sens normale!!!!je suis touchée par ce qui est dit, de sentir que l empathie n est pas un handicap social.merci

  10. Merci pour cet article… Et pour ma défense quant au commentaire de tout à l’heure : j’avais une bien mauvaise définition du mot  » Bisounours » … Je croyais que ça définissait le stéréotype des personnes qui croient en tout ce que racontent les médias, et qui sont totalement inconscients des grandes manipulations dont on est tous victimes, par ignorance ou par peur d’affronter une réalité qui dérange. J’ai un proche qui est comme ça, et qui considère qu’on va dans la bonne direction, que ça pourrait difficilement être mieux pour l’Humanité… Bref, il aime ce système, et jpensais que c’était ça, un Bisounours.
    Au temps pour moi donc, encore un article très détaillé, approfondissant bien le sujet et qui m’aura beaucoup appris.

    HS : Jcomprends pourquoi Gull a chaud sous sa cagoule, vu qu’il n’a pas même pas d’aérations au niveau des yeux… On devine qu’il n’y voit rien dans la vidéo « La soumission au costume  » ( Si jme trompe… au temps pour moi² )

  11. Je me retrouve à la fois dans vos définitions du bisounours et de la méchante brutaliste révolutionnaire… Les deux seraient-ils compatibles? Il me semble évidemment important de construire et/ou de participer à des alternatives et je le fais dès que possible, cependant, je ne pense pas que cela puisse changer le monde durablement et surtout de manière radicale (comprendre mettre fin au capitalisme, créer une société juste et égale, etc.). De plus, je pense que l’idée même d’État est incompatible avec l’égalité, puisqu’elle instaure une hiérarchie entre les individus. Et l’État ne détruira pas de lui-même avec le seul hacking social, qui est selon moi plus une solution sur le court terme…
    M’enfin bref, longue vie au club des bisounours, dont je suis une fière représentante, malgré tout 😉

  12. Bonjour,

    Je découvre chaque jour un ou plusieurs articles. Celui-ci est actuellement celui qui m’a le plus ému. Ce n’est pas que je pensais être seul comme ça, mais effectivement le rejet du bisounours, je l’ai connu. Toute la description du bisounours dans son intégralité me correspond. Ce n’est pas de la fierté de l’être que je ressens, mais simplement de la compréhension. Votre blog m’aide à mettre des mots sur des idées, à partager mes idées et bien sur à me goinfrer de vos idées (c’est fou, le partage ça marche dans les deux sens)!

    J’ai parfois, souvent, des difficultés à réagir face aux brutaliste. Car bien souvent, ils sont tellement dans leur idéologie du « le partage c’est pour les faibles, je survivrais mieux si j’étais seul, sauf si éventuellement la personne m’apporte quelque chose de concret », qu’il est très difficile de débattre ou simplement de leur proposer des idées « pacifique ».

    Alors je ne suis pas encore un hacker social, je ne sais pas si je vais le devenir. Mais de plus en plus je prends conscience de certaines choses et je sens que je peux être un peu plus actifs. Car si ce blog héberge des bisounours qui cherche la petite bête, il y a sans doute d’autres gens qui le font aussi, et à nous tous, patiemment, nous arriverons à changer (je ne voulais pas dire améliorer) les choses.

    Bien à vous!

  13. Je doit avouer que je penchais du coté des brutaliste un tout petit peu, pardonnez mon manque de reflexion sur ce sujet, je m’etais fait « contaminer » par ces idée que la société m’as imposé.

    C’est donc avec joie que je remercie l’equipe hacking social.

    1. Non. On a strictement rien à voir avec le lien que tu as donné.
      Ce blog m’a l’air sérieusement atteint… Cependant j’ai pas mal ri au titre  » le black metal cheval de troie du satanisme néolibéral » 😀 sérieusement, vous croyez pas à ces délires ??? On dirait une sorte de Gorafi version parano-nationaliste ; je cite « Quelle honte [le métal] pour la France, Nation Éternelle et Millénaire qui scintille de milles feux. » 😀 bon je pense vraiment que c’est une espéce de Gorafi, on peut pas écrire ça avec sérieux.

      1. Oh non pas le Métal 😮 !!!!!! pas encore c’est quand même dingue pourquoi le Heavy Métal est le plus moquée de tous les genres de musiques (www.acrimed.org/article4725.html). Fichez nous la paix quoi !!!! franchement une « menace pour la Nation, les traditions et la civilisation ».

        Tiens Satan, Cthulhu, Khorne et peut-être Bouddha réunit va punir ces hérétiques de ce blogue à la c***. 😉
        Prenez ça Fumiers : https://www.youtube.com/watch?v=9dqkmPI2JlM (C’est tout récent 🙂 ).

        Signez un fervent gentil admirateur de ce genre de musique.

  14. Très bon article qui résume bien la situation.

    Malgré tout, j’ai une petite remarque : j’ai l’impression en lisant que vous mettez les « brutalistes » dans une catégorie en en faisant presque des monstres, des personnes sans sentiments, sans émotions, sans tout ce qui caractérise un être humain. Or, à mon avis, ils restent des êtres humains comme les autres, même si leur trajectoire sociale les a conduit à avoir ce comportement, cette conception du monde, qui en effet est néfaste pour tous. Je pense que dans l’histoire ils sont aussi des victimes, et qu’il faut essayer de les comprendre sans les dénigrer, en ayant une discussion avec eux (même si je conçois que c’est difficile). C’est l’aspect compétitif de plus en plus présent dans notre société qui amène à ce type de comportement (ça vous l’avez très bien expliqué), et c’est ça qui est problématique.

    Cet article me semble un peu trop manichéen, mais je ne remets pas en doute son intention qui est sans très certainement positive. En fait, cela doit être la forme qui me dérange plus que le fond, donc ce n’est pas si grave.

  15. Si les bisounours étaient les jedis et les brutalistes les siths, alors je serais sûrement Dark Revan (ou en tout cas un révanite), comprenne qui pourra.

    Plus sérieusement, et pour reprendre des termes utilisés plus haut, votre propos n’est-il pas un peu trop  »fourre-tout » ?

    Je veux dire que personnellement, je défends certaines valeurs et conceptions, et je veux lutter (au sens d’imposer ma volonté à la réalité, pas au sens de détruire) pour que ce que j’estime être Juste et/ou Bon finisse par devenir vrai.
    La violence n’est pour moi qu’un recours comme un autre, à ceci près que, transgressant ma Morale, je ne pourrais l’employer en y étant indifférent ; si j’envisage les choses rationnellement, et c’est toujours ce que je tente de faire au maximum (d’ailleurs, il serait important, je pense, que vous corrigiez cela, il ne peut y avoir d’excès de rationalité, il n’y a que des raisonnements viciés, imparfaits), je ne peux que me rendre à l’évidence qu’un chantier menacé progressera d’autant plus vite et mieux qu’il est bien défendu, ou à l’inverse que si quelque chose a pris une mauvaise direction, il faut le contraindre à reprendre la/les bonne/s en recourant à des moyens idoines, un ongle incarné on se contente de le couper, mais une jambe gangrenée on la coupe.
    Je ne vois pas le monde comme un champs de bataille, je vois le monde comme ce qu’il est : la voie du changement n’est jamais délimitée par une seule conduite adéquate à toute situation (même s’il me semblerait vrai de dire qu’il n’y a absolument qu’un outil toujours adéquat, la raison), mais par pléthore, certaines faciles d’autres difficiles, certaines acceptables, certaines inacceptables… Mais nécessaires.

    Pour aller jusqu’au bout de mon propos, je dirais deux choses :

    Premièrement : il n’y a que peu de tâches qui soient irréductiblement au-dessus de la Volonté de l’Homme, en tout cas en ce qui le concerne. Ainsi la question n’est pas de savoir à quelle échelle nous pouvons appliquer nos volontés individuelles, mais quels outils et/ou associations nous faudra-t-il pour changer ce qui doit l’être. (a priori)

    Deuxièmement : Il existe, selon moi, une formule du changement :

    Ch=(ni/nc)*temps.

    L’accomplissement d’un changement est corrélée de manière directe à la quantité de gens « ni » (ou de moyens, ce qui revient au même) qui s’impliquent, à la quantité de gens nc (en l’occurrence) de gens à changer et ce en fonction du temps. Ce que, je pense, peu de personnes ici, ou ailleurs, me contesteront. (et si vous le pouvez, faites le, je vous en serais éternellement obligé)
    Ce qui nous permet de déduire une seconde chose :

    (ni/nc)grd*temps=(ni/nc)*tempsgrd

    Pour la même action, beaucoup de gens et peu de temps revient à beaucoup de temps et peu de gens.

    Ainsi, si le temps est faible et qu’il n’y a que peu de gens à disposition, on obtient :

    (ni/nc)*temps =>ce qui n’a pas de solution, car peu de temps pour peu de gens, c’est une absence de changement. Ainsi, pour rééquilibrer l’équation, il faut diviser par un facteur grd quelque part. Diviser le temps, de même que diviser le nombre de gens à disposition n’aurait aucun sens, ainsi, il faut diviser le nombre de personne à influencer pour que le changement soit effectif.

    Maintenant prenons cette logique à l’échelle mondiale et pour un problème comme l’écologie.
    Ceux qui disposent des moyens ne veulent pas les employer et n’auraient même pas forcément le temps de les employer, ceux qui disposent de la volonté n’ont ni le temps ni les moyens nécessaires.
    Nous nous retrouvons donc dans le cas théorique précédemment énoncé.
    Pour éviter la mort de tous (chose que d’aucuns savants semblent annoncer)
    il nous faut donc diviser la population à laquelle imposer la volonté. Ce qui ne peut se faire que d’une seule manière, tant il n’est pas question de sauver que la part influençable puisque c’est impossible (ou alors en sacrifiant tout notre écosystème).
    Ainsi, on se rend à l’évidence qu’il faut réduire la population, et ce à l’échelle planétaire. Ce qui est parfaitement possible pour un faible nombre d’individus, et permettrait à une population suffisamment grande de subsister sans détruire notre planète.

    Cela n’est pas exactement vrai, je l’espère, l’autre possibilité mise (en partie) sur le fait que les estimations des savants  »les plus alarmistes » (c’est-à-dire ceux qui pensent que les deux degrés décisifs on les aura dans le baba bien avant la fin du demi centenaire) soient assez erronées pour qu’un ou des groupes engagés puissent manipuler le groupe avec les moyens (donc les politicards qui peuvent prendre des décisions politiques et les entreprises qui peuvent prendre des décisions tout court) pour faire quelque chose.

    Donc en somme, pour généraliser au sujet de cette article (car oui, il y a un lien), un changement doit se faire en prenant en compte les impératifs de temps, de moyens et d’importance dudit changement, les bisounours radioactifs doivent mordre les moins forts des plus forts brutalistes selon le temps dont ils disposent, donc tout le monde lorsqu’ils en ont plein, le haut de la pyramide sociale lorsqu’ils n’en ont pas beaucoup, et directement le sommet lorsqu’ils n’en ont pas, en terme de moyens… Ils doivent êtres près à lutter sans armes jusqu’au bout, tout en n’oubliant pas de les fourbir au cas où.

  16. Y´a juste un p´tit truc qui me gêne, c´est qu´à un moment vous décrivez le brutalisme comme un excès de rationnalité.
    Or, parce que des individus peuvent se montrer froids et calculateurs ne veut pas dire qu´ils sont rationnels, et on peut être bisounours et rationnel. Je pense même qu´il faut faire preuve dún maximum de rationnalité pour ne pas se laisser influencer par les manipulations, les intimidations et les conventions sociales irrationnelles justement. Enfin, être rationnel peut aussi inclure l´altruisme, l´éthique, et si cela implique de ne pas se laisser emporter par les émotions, ça ne veut pas dire qu´on ne les prend pas en considération dans l´équation.

    Je rejoins en partie aussi le pavé de texte (avec Revan et tout) pas sur toute la ligne, parce que je considère que vous avez abordé l´idée du pacifisme et de son absolutisme ou non en parlant de la Résistance. Mais effectivement, au même titre que le brutalisme n´est pas une solution universelle, loin de là, on peut se demander si la « douceur » peut fonctionner dans tous les cas. Où est la limite ? Quelle est la dose saine de méfiance et de protection ? (En tous cas, heureux de voir que Kotor fait toujours réflechir les gens)

    Je me fais un peu l´avocat du diable, mais en vrai je suis assez dáccord avec l´article.

  17. Cet article doit être excellent, il est en top des articles les plus lus !!

    Manipulation? Complot? Reptiliens franc-maçonniques?


    Exploitation de preuve sociale ?????!!!

  18. Alors vous, je vous aime ! Si, si, étant également une bisounours, je n’ai pas peur de le dire !
    Et j’aime les synchronicités de la vie vu que j’ai écrit hier, un très court article sur ce même thème mais avec une autre approche (https://etsisite.wordpress.com/2016/02/27/et-si-nous-vivions-dans-le-monde-des-bisounours/) et que je tombe sur vous via le projet On Vaut Mieux que ça…
    Je vous aime d’autant plus que je réfléchis beaucoup beaucoup ces temps-ci aux alternatives à la révolution, à l’opposition (puisqu’en étant contre qqun ou qqchose, on le fait exister et on lui donne du pouvoir –> on perd de notre pouvoir) et du coup, « ni laisser faire, ni combattre mais expérimenter et construire », ça me parle !
    J’ai envie de rajouter « expérimenter, construire, se réunir et se célébrer (entre bisounours bien entendu ;-)) »

  19. Bonjour à tous et toutes,

    Je tenais simplement à vous remercier pour le travail fourni.

    Votre blog et vos vidéos sont un outil formidable et salutaire à partager sans vergogne.

    Bravo à vous tous les hackers sociaux et (re)merci.

    CherieBB

    (ce commentaire n’est absolument pas constructif j’en ai conscience mais un petit merci ça ne mange pas de pain)

  20. Salut,
    Vous me voyez dans une position difficile… Comment réagir lorsqu’en lisant les critères du brutaliste, à mon corps défendant je me reconnais dans une majorité de ces critères ?

    Je ressens ce que vous dites ici avec beaucoup d’intensité, car je me trouve dans beaucoup de situations où je suis en position de faiblesse, de minorité, avec des idées et des idéaux divergents, et de fait mis à l’écart. Je ressentais, jusqu’à présent sans savoir mettre de mots précis dessus, les phénomènes que vous décrivez ici et dans le reste du blog (société brutaliste, manipulations, etc.).
    Je serais donc plutôt à ranger facilement dans la catégorie des victimes du brutalisme.

    Seulement voilà… D’un côté, je me considère comme marginal, différent, pas d’accord avec le système et sa façon de traiter les individus, et tout à fait d’accord avec les points de vue exposés ici.

    Mais d’un autre côté… Et pour reprendre les « qualités » énoncées dans la liste, une par une :
    — / Attention : gros pavé de texte /–
    – La gentillesse est une bonne chose, mais je ne veux pas être gentil avec « n’importe qui », de peur de me faire exploiter.
    – Ceux qui pensent différemment de moi (les ultralib’, les patrons violents, les curés, les pollueurs, et surtout les homophobes et les racistes), je les vois comme des ennemis, et je me sens comme forcé de leur sauter à la gorge.
    – Je pense que certains stress sont bons pour l’efficacité intellectuelle.
    – J’ai une sainte horreur de la compétition, et en résistance face à elle, je peux devenir violent.
    – J’use parfois moi aussi (par conformisme ?) de ces viles expressions telles que « pas de couilles », etc.
    – Pour les expressions de la guerre, même chose (conformisme, encore ?).
    – J’aime avoir le contrôle sur les évènements de ma vie, et manquer de ce contrôle me fait paniquer. Je n’ai aucun désir de contrôler les autres, mais par ma maladresse langagière, ils le croient pourtant souvent.
    – La fin ne justifie pas les moyens. Et je ne crois pas en la colère, la haine, le mépris, tout ça. Mais en face de ceux que je qualifie d’ennemis (les religieux, surtout, mais aussi les fachos), j’estime que ne pas les haïr ni les mépriser serait totalement stupide.
    – A force de me faire défoncer dans les débats, à cause de mon manque de confiance / mémoire / Expression orale / force de persuasion (etc.), j’en viens souvent à haïr le débat, et à tout faire pour en sortir, lorsqu’il tourne en ma défaveur (lorsque je me prends des « on est pas chez les bisounours », ou encore des « oui, mais tous les gens de la manif pour tous ne sont pas des homophobes » – alors que pour moi, si – ou ce genre de choses). En l’occurrence, je pars dans l’outrancier verbal…
    – J’en viens à détester les gens, alors que j’aime les gens… P*tain de paradoxe !!!
    – J’ai enfin réussi à dépasser l’idée de réussite matérielle (quoique…), mais ce fut dur (conformisme ?)
    – Je dis souvent « à quoi bon », « de toute façon le monde est comme ça, et on ne le changera pas »…
    – Même si je respecte l’engagement dans les grandes causes, je les vois souvent, à mon corps défendant, comme une perte de temps, car « à quoi bon ? »
    – J’aimerais changer les choses, évidemment, mais à chaque fois que je veux débattre avec une personne d’un autre avis que le mien, ça finit en pugilat… Pourquoi, comment ? … J’sais pas…
    Je ne peux m’empêcher d’être agressif envers ceux que je crois anti-humanistes, envers ceux qui proposent les mauvaises solutions, envers ceux qui ne réfléchissent pas plus loin que ce que leur dit la TV, envers ceux qui croient que la Terre est plate, ceux qui « ont un ami homo et donc ne sont pas homophobes », etc…
    – Et j’ai une aversion maladive pour les croyants. Tous les croyants, de tout âge/sexe/religion/origine.


    Du coup. Et c’est paradoxal. Je suis moi même un brutaliste !
    Je me crois meilleur qu’eux, mais, en fait, non ? En fait non.

    Je crois que c’est là un point important, parce que je suis à la fois d’accord avec vos idées, qui sont aussi profondément les miennes, en fait, mais à la fois en incohérence sur le plan concret, avec celles-ci. En fait, je pense qu’on est nombreux dans mon cas, sans même le savoir !

    C’est un gros WTF !!??!!

    Après ce p’tit pavé indigeste que je viens d’écrire, je me pose des questions, ce qui est une bonne chose, je crois. Mais des p*tain, de grosses questions, en fait :

    Comment changer ? Comment mettre en cohérence mes idéaux, qui sont les vôtres, et que je juge bons, et ma personnalité dans le monde réel ?

    1. Merci pour ton commentaire qui est très intéressant, cela m’éclaire sur pas mal de points !
      « Comment changer ? Comment mettre en cohérence mes idéaux, qui sont les vôtres, et que je juge bons, et ma personnalité dans le monde réel ? »
      Alors ce n’est pas ta personnalité que tu décris là, mais une attitude, une mentalité. Je fais la distinction parce qu’autant la personnalité est très difficile à changer (par exemple, impossible de rendre un extraverti introverti et inversement), autant la mentalité et les attitudes, cela change, cela peut se travailler.
      Je n’aurais qu’une idée a te proposer : teste:)
      Teste de nouveaux comportements et tu sera surpris du résultat.
      Il ne s’agit pas d’être gentil, de se soumettre aux idées de l’autre, mais d’y opposer un comportement inattendu.
      Un être dans la haine projette sa haine sur autrui, lui renvoyer de l’agressivité le renforce dans sa position. C’est lui donner des points, raisons, qu’importe les arguments:) En cela, ne serait que s’étonner de sa position avec un vrai étonnement (pas sarcastique) peut le « hacker ».

      Je te donne juste une anecdote de ma vie. J’ai eu très souvent la malchance, en milieu professionnel, d’être face à des clients qui me hurlaient dessus injustement, étaient insultants, méprisants voire me menaçaient de mort. Soit j’étais tétanisée, soit je répliquais sur le même ton. Il m’ait arrivé de péter des plombs. Dans tout les cas, cela me pourrissait ma journée. Et rien n’était résolu…

      J’ai décidé un jour que la prochaine fois que cela m’arriverait, je prendrais un comportement radicalment différent, je n’absorberais pas ces émotions négatives, je m’opposerait de façon franche… en étant parfaitement amicale et bienveillante, sans pour autant me soumettre à l’injustice ou a des comportements intolérables.
      Un vrai défi.
      Un jour, un client arrive rouge de haine, criant et crachant parce que il y avait tel détail dans son produit qui était là et qu’il n’en voulait (je n’avais strictement aucune responsabilité là-dessus, c’était parce que, étant légèrement ivre, il n’avait strictement rien compris à la nature des produits). Il est violent, me balance tout sa haine au visage. Je me suis arrêtée, je me suis étonnée avec lui de cette incompréhension du produit, comme s’il avait eu un comportement normal avec moi. J’ai essayé d’être la plus franche possible quant à ma volonté de faire cesser cet énervement, sans pour autant lui céder le fait que j’étais responsable. J’ai été bienveillante au sujet de la solution envisageable et la compréhension de ses émotions, mais très ferme. Mon comportement était à l’opposé du sien, je n’ai pas joué son jeu de colère.
      Il est resté figé, un vrai point d’interrogation.
      Il n’a pas su quoi répondre, alors j’ai enchainé en lui proposant d’échanger le produit, avec détermination, décidée à en finir avec ce problème (et non lui).
      Il est parti en bégayant et marmonnant je ne sais quoi. Il a gardé son produit. En tout cas, la colère était finie et il n’a pas embêté mes collègues non plus.
      Il ne s’agit pas d’être gentil. Mais d’être fermement bienveillant et bloquer la haine avec détermination, pour l’interlocuteur comme pour soi.

      Cette anecdote n’en est qu’une, dans certaines situations je n’arrive pas à réagir comme je l’aurais voulu, je suis pris au dépourvue par des choses que je n’aurais pas imaginé entendre, par exemple.

      Mais teste des comportements (petits d’abord, même un sourire à un moment peut changer radicalement une situation) en fonction de ton quotidien, tu verras:)

      1. Merci beaucoup pour ta réponse.
        C’est très gentil tes conseils.
        J’allais dire « tu peux pas savoir » mais en fait je pense que si, donc « tu peux pas savoir » à quel point c’est effrayant de se savoir ainsi, à la fois brutalisé et brutaliste.
        C’est une prise de conscience pas évidente. J’ai beau avoir l’habitude de vivre avec ma personnalité paradoxale parfois parfait gentil, souvent connard énervé, toujours passionné et idéaliste…) , je n’avais jamais été capable de vraiment mettre des mots concrets dessus. Et tu sais ce qu’on dit : les mots créent la pensée, d’une certaine façon.

        Bref, Merci beaucoup pour tous ces articles. Et pour moi, C’est pas gagné 😉
        J’ai le sentiment qu’on est beaucoup de Bisounours potentiels écrasés par la vie.
        Ouep, désolé pour le ton légèrement dépressif :-/

        1. Alors te dévalorise pas, là tu as eu une sacré prise de conscience, c’est un acte énorme en soi déjà d’être capable d’avoir du recul sur son attitude !Tu as fait le plus dur à mon sens. Là il est n’est plus question de mots, vu que tu les as déjà trouvé par toi-même.

          Maintenant, il faut juste que tu donnes des preuves concrètes d’être capable d’avoir des comportements tel que tu souhaites en avoir. Faut commencer par de toutes petites choses, comme dire un mot sympa au caissier en partant (rien qu’un bon courage sincère, yeux dans les yeux, ça peut faire du bien au caissier). Petit à petit, ces comportements se cumulent et te prouvent que tu peux changer tel que tu le souhaites. Et là, tu peux faire augmenter les « défis », tester des nouveaux comportements dans des situations plus délicates 🙂

          ça va marcher, soit patient et compatissant avec toi, et ça ira 🙂

        2. J’aimerais insister sur un point évoqué plus haut : si tu réponds par l’énervement, tu te décrédibilise, toi, mais aussi ta cause. Du coup, non seulement ça ne fait pas avancer les choses, mais ça peut même les faire reculer. Tu parles de tes débats sur le mariage pour tous : imagine tes interlocuteurs, te voyant enrager, se mettant à penser que tous les LGBT et leurs défenseurs sont de hystériques, et se confortant dans l’idée que eux sont des gens stables, par opposition, et qu’ils ont raison de dénigrer les premiers. Et en gros si tu leur donne une raison de te détester, par association, ils vont surement détester tes idées aussi.
          Par exemple, pour ces raisons, je trouve que les Femens sont un obstacle au féminisme. Il arrive qu’elles fassent des actions pertinentes, mais dans la majorité des cas, elles ne font que provoquer des extrémistes avec leur propre extrémisme, et au final, font passer le féminisme en général pour un mouvement irréfléchi de femmes en manque de considération. Mais dans tous les mouvements, c’est comme ça, y’a une frange d’absolutistes qui ruinent le boulot des autres, de ceux qui pensent et argumentent calmement.
          Je veux pas te culpabiliser, simplement te donner une piste, quelque chose qui peut te motiver à changer ton approche, sans changer tes idées.
          De mon côté, je travaille dans une PME où on a tous plus ou moins un cursus ingénieur. Il y a quelques « anciens » qui sont les gérants et propriétaires de l’entreprise, ils ont des idées très néo-libérales, anti-étatiques, climato-sceptiques qui sont assez à l’opposé de mes propres convictions. Ce sont des gens très intelligents, et s’ils ne me convainquent pas, il n’est pas moins difficile pour moi de leur opposer de bons arguments. Et ils ont 30 ans de plus que moi, et de l’expérience de conduite d’entreprise. Ça ne veut pas dire qu’ils ont raison, mais leurs arguments sont bien plus difficiles à contrer. Et parfois je n’ai tout simplement rien à répondre, mais je préfère ne pas insister, en rester-là, et je constate que je n’ai jamais perdu leur respect. On sait qu’on n’est pas d’accord, mais on peut toujours discuter d’égal à égal (on m’a reproché une fois d’être « trop social » mais je l’ai pris comme un compliment). Et oui c’est frustrant parfois, mais je ne vais pas changer à moi seul la pensée de 4 gars bien aguerris et qui ont eu le temps de rationaliser leur pensée. Si ça les fait juste un peu plus réfléchir, ouvrir leur perspective , je me dit que c’est déjà pas mal. En plus, je suis pas le seul à faire ça.
          Après, ce n’est pas parce qu’on est pas énervé, qu’on peut pas exprimer ses émotions, mais il faut canaliser çà, utiliser des expressions du style « ça me révolte, je trouve ça inacceptable/indigne etc… » surtout éviter de prendre les personnes à parti, de les accuser. Dénoncer les phénomène et pas les gens. Même s’ils ont une responsabilité dans le phénomènes, les culpabiliser ne fera que les braquer contre toi. Ne pas hésiter à dire « je sais bien que ce n’est pas ton objectif, mais quand tu participes à tel phénomène (manif’ pour tous), ça à telles conséquences néfastes (renforcement de l’homophobie – je dis ça au pif hein, juste pour l’exemple) ».

          1. Nicolas, tu m’as faite hurler de rire. Parce que t’es pile-poil dans tout ce que le site prône, version manipulation-pour-voir-si-ça-marche ! Ah j’ai marché, ça oui. Maintenant, il en est hors de question. Vous n’avez pas encore compris que tout ça c’est une expérience ? A échelle humaine, et vous en êtes les cobayes ? Sérieux.

          2. @nicolas : Je plussoie tout à fait ce que tu dis, tout particulièrement l’expression des émotions, très importante, merci d’avoir préciser ce point.

            @garbala : c’est quoi cette expérience ? Elle porte sur quoi, est menée par qui ? Je n’ai pas compris tes sous-entendus, merci d’expliciter pour tout le monde.

    2. Juste une question (enfin plusieurs) en posant ces questions ici pour changer, toi, tu veux te changer toi. Erreur fondamentale, si je puis me permettre, sans vouloir offenser personne. Justement le but est de vivre en tant que toi, mais sans doute avec moins de réactions « brutalistes » comme décrites, tu retrouveras exactement la même chose dans bien des philosophies et religions, pourquoi vouloir te modeler ?

      « Cela peut se travailler » je suis navrée, je m’interpose, cela revient à de la manipulation. « Vous êtes économe, vous allez devenir généreux ! » (pour vraiment généraliser l’idée)

      Jamais de la vie. Nous sommes des choses. Bien des choses. Et j’ose le dire, on dirait de plus en plus qu’ils s’amusent ici, ou alors qu’ils sont manipulés eux-mêmes, tellement c’est contradictoire. Le côté « pas de costumes » « ne soyez pas manipulés » etc etc alors qu’ils font l’inverse ? Allo la Terre ?

      1. Alors je te rappelle une définition « La manipulation mentale est l’ensemble des tentatives utilisées pour fausser ou orienter la perception de la réalité d’un interlocuteur en usant d’un rapport de séduction, de suggestion, de persuasion, de soumission non volontaire ou consentie. Quand ce pouvoir ne s’exerce pas sur un objet, mais se rapporte au contrôle psychique d’une personne, on parle de manipulation mentale »
        Donc, en quoi quelqu’un qui décide lui-même d’être moins agressif parce que cela lui pose problème est de la manipulation ? C’est sa décision, c’est lui qui la mettras en œuvre ou non selon ce qu’il décide, et cela dans le but de vivre de la façon dont il a décidé.
        Je pense que c’est un problème de définition. Si tu considère que manipulation c’est « changer de comportement » alors tout est manipulation, même décider de manger un citron qui nous fera faire la moue serait de la manipulation (bah oui, on change de comportement passant du neutre au dégout). Mais si tout changement est manipulation et que c’est mal, alors il faut se reconvertir en pierre (et encore ça évolue au gré du vent).
        Bref, je t’invite, selon la définition de wikipédia (ou d’une autre source), à nous dire en quoi tu considères que c’est de la manipulation et qu’est ce que les costumes ont à faire dans cette histoire. Comme ça on pourra se comprendre et débattre constructive-ment.

  21. Purée…. merci pour cet article!!! J’ai eu l’impression de lire ma description, bisounours forever!!!!

    Merci, des centaines de fois!!!! çà m’a redonné espoir!!!!

  22. Question benoîte : Aux prises avec un brutaliste par un débat, quels serait les ressorts potentiels permettant de faire évoluer son mode de discours ?

    Autrement dit, le brutalisme génère et créé un point de vue, mais ce point de vue n’est plus en dehors du brutalisme – quels mots sont utilisable pour éviter de renforcer le brutalisme lors d’un échange ?!

    1. Sortir du débat 🙂 La forme du débat d’arguments augmente les opinions du brutaliste, c’est une forme d’arène, donc généralement il peut vraiment beaucoup aimer écraser l’autre de ces arguments et ne pas écouter, ou s’appuyer sur les autres arguments pour renforcer les siens.
      Donc le débat, c’est vraiment pas la circonstance pour l’aider à sortir du brutaliste. Pour le calmer, cela se fait hors débat, dans des situations loin de l’argumentation. Si ton brutaliste est sur le net, ça va être difficile de faire quoique ce soit. Par contre si c’est un collègue de travail, il y a plus d’occasion de lui faire vivre des situations qui l’aident. En étant sincèrement bienveillant avec lui (oui ça peut être un sacré défi selon les individus), en lui montrant des scènes d’altruisme à l’œuvre dans l’environnement… J’ai travaillé avec une brutaliste pleine de préjugés (anti-chomeur par exemple), et par hasard j’ai compris aussi qu’en racontant juste des anecdotes hors de temps de débat, elle se calmait. Parce que cette violence, dans son cas, était due à une méconnaissance et qu’elle n’aurait jamais avoué qu’elle était ignorante de tel sujet. Par exemple, je parlais juste d’un ami diplômé qui voguait entre chômâge et métiers sans qualification, comme on parle du beau ou mauvais temps, j’expliquais son parcours. Elle m’a écouté attentivement, étonnée (d’ailleurs j’ai eu du mal à interpréter cet étonnement au début). Et quelque jours après, au beau milieu de tout, elle m’a dit qu’elle avait peur de l’administration, des papiers, du pole emploi parce qu’elle savait pas du tout comment cela se passait. Peur de pas savoir quoi faire du temps qu’elle aurait, car elle même allait se retrouver en situation de chômage. Je lui ai expliqué tranquillement, j’ai parlé de la vie active de chômeur. Je sais pas si ces préjugés sont partis, mais la vie au travail était plus cool aprés, elle a été super sympa globalement et on a passé de bon moments.
      Tout dépend de la situation dans laquelle tu rencontres le brutalisme, parfois on a pas tout ce temps de vie disponible avec les personnes pour les aider à être plus détendu.

  23. Article intéressant, notamment sur la partie décrivant les brutalistes (que je cotoie très certainement au quotidien, et je suppose que dans certains cas j’adopte certaines de leurs pratiques sans le réaliser…).
    Un point qui m’a beaucoup surpris est cette définition particulière du « bisounours », assez différente de son emploi dans mes cercles d’amis/collègues/fréquentations. J’ai eu l’impression que dans votre description le bisounours est plutôt éclairé sur la réalité de la société, son entourage, son entreprise, mais reste par conviction dans une attitude positive et constructive. Dans mes cercles, le terme est plutôt employé pour des personnes manifestant un déni de réalité, ignorant les difficultés rencontrées par les gens autour d’eux (subsistence, oppression sociale ou manageriale, discriminations), et souvent défendant aveuglément les discours des managers/dirigeants/divers « dominants » en rajoutant eux mêmes une forme de discrimination e.g. « tu ne mets pas de bonne volonté » ou autre « je ne te comprends pas, c’est pourtant super cette idée, pourquoi t’es négatif comme ca? ». Ou autrement dit, on est très loin du hacker social, les « bisounours » (tels que le terme est utilisé dans mon entourage) sont plutôt des avocats inconscients du conformisme. Je suppose que la définition va vraiment déprendre de l’environnement, dans un milieu plutôt brutaliste le terme sera sans doute plus proche de ce que vous décrivez, dans un milieu qui rejette (au moins dans les propos) le brutalisme il tendra à décrire ceux qui par leur déni supportent indirectement le brutalisme.
    Pour donner une analogie, en regardant le film « Lego », j’avais associé la chanson du début (« Everything is awesome ») aux « bisounours », ceux qui vont s’exalter du sentiment d’appartenir à un groupe et exclure/ostraciser tous ceux qui n’adhèrent pas pleinement à ses valeurs, sans se poser de questions.
    Je pense qu’il y’a un intermédiaire entre considérer systématiquement que « l’homme est un loup pour l’homme » et accepter toute action d’un groupe (encore plus si la décision émane d’un qualifié de « supérieur » hiérarchique ou sociétal…) comme noble et bien fondée.
    Comment dénommeriez vous ceux qui acceptent et renforcent cette (op)pression sans aucune arrière pensée, sans aucun calcul, simplement parce qu’ils y trouvent du bonheur/contentement et estiment normal que tout le monde soit comme eux? (autre exemple: les « beta » dans le Meilleur des Mondes)

  24. Superbe article très intéressant. On peut s’amuser à détecter les brutalistes autour de nous grâce à sa lecture. 😀

    Petit conseil : quand vous faites des citations, on peut remarquer que le texte est noir (ou marron très foncé ?) sur un fond bleu foncé. Le texte gagnerait en lisibilité en étant en blanc (comme quand vous citez Rue89). En fait, d’une manière générale, pour la lisibilité, un texte foncé doit être sur un fond clair et inversement.

    1. Merci !
      Alors oui, pour la mise en page des citations, tu verras que sur les derniers articles publiés le texte est blanc et le fond bleu ; nous avons souvent déménagé et réaménagé le site depuis cette article, je n’ai pas forcément eu le temps de vérifier tous les articles et leur bonne conformité avec la template actuelle, je vais modifier cela sous peu 🙂 Merci d’avoir prévenu ce bug !

  25. Cet article me rappelle fortement l’ouvrage de Christopher Lasch, La culture du narcissisme. Ce que vous appelez brutalisme, il l’appelle narcissisme.

  26. Bien le bonjour,
    Je voulais juste vous faire remarquer les quelques fautes d’orthographe et tout petits problèmes de typo que j’ai vu en passant afin que vous puissiez les corriger si vous voulez.

    Dans « Comment identifier les brutalistes ?  »
    est pour Ces raisons considérÉ : « […] quelqu’un qui semble « tranquille », jamais « stressé » est pour ses raisons considérer comme un feignant, un mauvais bosseur. »
    guillemet inversé : « Le brutaliste est partisan de » la fin justifie les moyens ». »
    sont des forces sur lesquelLEs : « Le brutaliste considère généralement que la colère, la haine, le mépris, la peur, le stress, l’angoisse sont des forces sur lesquels […] »
    guerre perpétuelLE : « Il vit dans un monde en guerre perpétuel, […] »

    Dans « le brutalisme dans les articles de journalistes »
    Guillemet inversé : « La journaliste accuse ce reportage de faire de la propagande socialiste mièvre, tronquée de sa réalité. Donc forcément un documentaire »bisounours ». »

    Dans « Le brutalisme des activistes et du militantisme »
    Guillemet inversé : » Il n’est pas question de prôner la guerre civile en France, mais tout simplement de fustiger la lâcheté. »

    Voilà voilà, merci beaucoup pour cet article qui brosse en passant le grammar nazi que je suis dans le sens du poil, et désolé pour ce long commentaire.
    Bonne journée :3

  27. C’est marrant de voir à quel point cette conception du monde anti-bisounouriste implique qu’un bisounours a une combativité contredisant exactement le manque de force d’âme qui lui est attribué. Dans un monde de brutes le bisounours est de fait le guerrier le plus intrépide qui soit 🙂

  28. Un superbe article, qui fait un super pense-bête à se coller sur le front chaque fois qu’on se balade sur internet. J’ai souvent envie de le glisser (avec le dernier publié) sous le coude des internautes les plus jeunes, ou même ceux qui sacrifient sur l’autel de l’humour pas mal de savoirs-vivre élémentaires. C’est dommage d’avoir à constater que ces comportements sont entrés dans les moeurs. :-T C’est pas pour rien que beaucoup (trop) de personnes sortent du collège pour allez en hôpital pédopsychiatrique: il y a un fossé énorme entre ce que l’enfant et l’adolescent se voient rappelé au niveau moral et l’application qu’on lui laisse en faire IRL, sur le terrain. Et l’intolérance après coup vis-à-vis des phobies sociales en découlant fait peur (avec les injonctions qui vont bien avec: allez dire « t’as qu’à manger » à l’anorexique, « relativise » au dépressif, « arrête de boire » à l’alcoolique), en oubliant que ces maladies s’attrapent rarement comme un rhume ou en faisant des crêpes (sauf si les crêpes en question sont particulièrement agressives… Ou avec une dose de rhum qui transformerait lesdites crêpes en cocktails Molotov). L’empathie se perd, elle se retrouve opposée à toutes les libertés. Et la défendre, c’est difficile. Plus encore quand on ne sait pas quand on peut ou doit se faire violence dans cette défense, quand peut-on dire que toutes les autres alternatives ont été épuisées. Ou quand on est spectateur d’une dispute violente: quand et comment intervenir ?

    Être un bisounours, un vrai, courageux, c’est dur. C’est dur de ne balancer ni dans la résignation, ni dans le brutalisme. Surtout quand la première diapo qui s’affiche à ton entrée en infocom (communication des organisations), c’est « on n’est pas des bisounours » (CQFD ? ;-P).

    Merci pour cet article, il met du baume au coeur, on a moins l’impression horrible d’être seul à regarder le monde à travers un miroir déformant. 🙂

  29. Je me considere comme une bisounours seulement pour moi l’etre humain est assez complexe pour le diviser dans ce schema binaire . J’ai personnellement l’impression d’etre un’imposteur et qu’on est jamais assez bisounours . J’ai l’impression que mes sentiments  » nobles » ne sont que mensonge et qu’une facon de me donner une bonne image de moi . Peux etre suis je trop dur avec moi meme . Mais par exemple j’ai un defaut j’aime avoir raison pourtant je ne me considere absolument pas comme une brutaliste . Votre article m’a fait pas mal culpabiliser et meme psychoter sans doute est ce une forme du syndrome du bisounours. On m’a souvent dit que j’etais naive et idealiste . Et faible car trop gentil trop tolerante . Mais je n’aime pas me prendre pour je ne sais pas qui et pour moi ce complaire dans cette noblesse d’ame c’est prendre le risque de basculer. J’ai du mal a etre heureuse car je trouve que je suis tout le temps hypocrite ou dans le deni sans doute votre reponse m’eclaiera . Bien a vous 🙂

  30. Bonsoir ou bonjour à celui à celle qui va lire ce commentaire destiné à l’auteur de l’article.
    J’espère pour commencer que le commentaire ne sera pas banni, il est respectueux mais subversif d’une certaine façon et je préviens qu’il parle de religion et de dieu qui sont des sujets tabous en général mais je pense que je suis respectueux même si mes opinions ne sont pas sympathiques.
    Nous somme le 5 janvier 2017. Depuis longtemps, je regarde les vidéos intelligentes de la chaîne horizon-gull, je découvre aujourd’hui aux alentours de minuit son blog, j’ai lu le début de l’article et je me suis dit :  » il faut que je lui écrive ». Alors merci, merci d’être sincère et de faire avancer des idées que peu de gens ont pensées, (moi compris).
    Merci de prouver que aussi bas où sombrera ce monde, il y aura toujours des gens qui chercheront plus la qualité, la franchise, la vérité envers eux-même.
    Je pense que nous sommes tous sincères plus ou moins mais jusqu’à un certain point. (et là je pense vraiment tout le monde sauf les prophètes mais ça c’est une croyance pas une opinion)
    Certains se mentent vis-à-vis de leurs actions, d’autres se mentent à travers leurs propos et à mon avis beaucoup se mentent sur le but, je veux dire le but de leur vie, oui, je suis croyant et je donnerais tout pour faire comprendre ou ressentir la vérité que je ressens à travers ma religion (je ne dirais pas laquelle car je pense que la vérité mène à la vérité et que celui qui cherche sincèrement sans s’arrêter trouvera) mais je ne peux pas, je me suis amusé à penser, que je pourrais prouver à une personne que ma religion est plus proche de la vrai vérité absolue (et je crois qu’il y a une, c’est un dieu unique omniscient et omnipotent, bon et juste qui nous connaît mieux qu’on se connaît) en faisant un jeu, je suis son mode de vie pendant un temps, je vis chez elle je suis sa religion et puis réciproquement cette personne viendra chez moi et vivra ma spiritualité ou du moins assiste et observe et à la fin de l’expérience, chacun pourra repartir avec la connaissance d’une autre religion (ou au moins comme elle a été pratiqué et se faire un avis plus ou moins éclairé).
    Les gens sincères à mon sens ne jugent pas directement mais expérimentent puis jugent et choisissent ensuite alors pourquoi les gens jugent les religions sans les avoir « testées » ?
    Oui, là, je déballe des idées :
    on ne sait jamais, qui sait si cela servira,
    comme je suis croyant je suis touché par le débat pour prouver l’existence de dieu et là je me dis qu’on part sur des mauvaises bases car en toute fin, est-ce le coeur ou la raison qui choisit ? Les études le montrent et vous aussi, quand vous avez un choix à faire, vous avez beau rationaliser votre choix et vous dire explicitement pour quelles raisons vous voulez le faire, il y a toujours une émotion qui est à la base de telle ou telle choix.
    Donc si on est d’accord, dans la vie de tous les jours, c’est moins le cerveau qui prend des choix mais plus le coeur, je dis le coeur, mais vous comprenez : les émotions, les sentiments, les ressentis, le feeling, « je le sens comme ça », vous voyez n’est-ce pas ? Bien, très bien, continuons, alors pourquoi pour une question aussi fondamentale que de savoir si dieu existe ou pas si telle religion est véridique ou pas on bloque notre moi profond ?
    Je pense que Dieu peut se trouver avec le raisonnement et les émotions, la foi, etc, je mélange tout et c’est conscient, vous êtes prévenus.
    Je pense et désolé d’être cru, mais je ne pense pas être meilleure que vous (partie douce) si vous ne croyez pas mais je pense que les gens qui ne croient pas en dieu se mentent à eux-même (partie amer) et que la seule façon de prouver que dieu existe et d’avoir la certitude qu’il existe pour vous déjà en écoutant votre coeur ou ça aussi c’est bisounours (et là j’entends des voix me dire tu confonds tout c’est plus compliqué que ça, suivons les sciences, ça c’est sûr, tu crois qu’il suffit d’écouter son coeur et hop tu connais le but de ta vie, que tu es naïf) et si oui ce n’était que ça finalement que chacun sur terre pouvait trouver dieu et le reconnaître mais par orgueil ou je ne sais quoi on a préférer éteindre la foi qui était présente à notre naissance. (scientifiquement les enfants sont plus aptes à croire en dieu que les adultes pensez ce que vous voulez et je n’ai pas les sources celui qui cherche … et je mens pas pour cette info je sais que c’est absurde de le dire car qui dit je mens )
    Je pense que certains croyants se mentent en ne choisissant pas la bonne religion et oui logiquement si dieu existe et qu’on fait l’hypothèse qu’une des religions existantes est celle de dieu il ne peut y avoir deux religieux véridiques car elles se contredisent toutes les unes aux autres, une religion peut être cohérente en elle-même en suivant ses règles, mais il ne peut y avoir deux religions véridiques à la fois sinon elle ne font en réalité qu’une.

    (schématiquement vérité +vérité =vérité et vérité+mensonge =mensonge)
    En gros et je pense que parmi les croyant ayant la bonne religion certains se mentent à eux même car n’applique que ce qui les arrange et pas le reste (j’en fais parti jusqu’à un certain point).
    Voilà c’est une réflexion qui vaut ce quelle vaut, sur le coup elle m’a parue intéressante.
    Je voulais finir en m’excusant quand j’écris vite, je raisonne moins et mes émotions s’expriment plus du coup si vous avez l’impression que je vous attaque personnellement, il n’en est rien c’est juste ma façon de m’exprimer ;
    donc je ne veux pas te froisser cher lecteur ou chère lectrice bon et bien, bonne vie ^^ (ici et là-bas si tu y crois).

    Cordialement,
    un étranger comme toi qui te veut du bien et qui ne peut pas te le prouver
    mais qui ne peut que l’écrire en prenant le risque de passer soit pour un hypocrite
    ou un homme qui souhaite du bien à une personne qui ne connaît pas car il sait que c’est bien, à toi de choisir .^^.

    1. Un très joli commentaire qui aborde des thèmes qui me touchent. Je préfère néanmoins me dire que si une religion originelle a pu exister, elle s’est perdue dans les traductions, les échanges, les retouches qui y ont été amenées à des fins diverses. Aussi, si les autres se trompent selon nous, nous sommes possiblement tout autant dans l’erreur. Si vérité il y a, elle doit être cherchée à la jonction de ce que nous avons en commun, et tenter de créer ou découvrir ce commun. Nous devons chercher à nous comprendre nous humains dans ce que nous avons de plus faillible avant même de chercher ce que pourrait être la perfection. On ne peut pas se réécrire totalement (évidemment, ce serait de l’orgueil) mais en comprenant ce qui pèse sur nous, on sera capable d’agir en conséquence, en communion. C’est là qu’on peut dire que religion et société traitent de la même chose, peu différemment. Et parce que nous sommes tous un peu dans l’erreur, c’est dans l’échange et la compréhension mutuels que nous nous approcheront de ce qu’il y a de mieux. Bien entendu, accepter l’inacceptable, qu’il soit aussi bien chez l’autre que chez nous, est à proscrire. Mais il faut savoir le traquer, le définir, et enfin le bannir ; et comment mettre le doigt dessus si on n’essaie pas de se frotter à autant de points de vue que possible (d’où ta bonne inspiration de partager ses cultures et religions respectives) ? Ces points de vue sont autant de manières différentes d’aborder une seule et même vérité, et qui ont chacun leur justesse dans le contexte où on les trouve. On a tous fini par s’adapter en suivant nos points faibles, on s’est merveilleusement construit des mondes complexes pour y pallier. Nous sommes tous forts de cette ingéniosité et avons tout à gagner à la cultiver pour qu’elle serve peu importe le contexte. C’est bien dans ce but qu’interviennent les sciences: si elles veulent se débarrasser de tout a priori, de toute croyance (dans son sens religieux), de tout paradigme qui ne s’est pas construit suivant une méthodologie précise et qui pourraient influencer ceux qui les pratiquent, ce n’est pas pour simplement nier ce en quoi on croit, mais pour montrer que malgré tous les efforts déployés à tenter de démonter pièce par pièce un raisonnement, une idée, il restera toujours quelque chose, et quelque chose qui ne contredit pas nécessairement ce qui aurait pu les influencer à l’origine. On n’est pas nécessairement toujours dans l’erreur, en croyant, les sciences l’ont compris. Il faut par contre toujours garder à l’esprit que nous ne sommes jamais à l’abri d’une erreur. Il faut toujours questionner notre environnement, et plus encore celui qui nous est le plus proche.

      Je pense qu’une bonne partie de la foi religieuse, de son expression et de sa conservation vient, déjà et bien sûr, de notre environnement; mais surtout de la manière dont se comporte l’autorité avec l’individu. Si l’autorité respecte ce qu’elle inculque, est bonne avec l’individu, celui-ci aura plus facile à croire en une autorité supérieure bonne et généreuse. Il faut nourrir sa foi, lui permettre l’espoir. Dans le cas contraire, il ne pourrait que suivre un raisonnement « brutaliste »: ce serait son paradigme, son point de vue sur le monde, les lunettes qu’il s’est élaboré en fonction de son vécu et qui lui auront permis d’accumuler plus de gratifications ou de mieux survivre dans son environnement. Un enfant sera lui plus en contact qu’un adulte avec la matière suffisante pour entretenir son espoir, sa foi en quelque chose de bon. Mais si les Happy endings auxquels il a été habitué ne se vérifient pas, si l’autorité ne lui permet pas d’y croire, sa foi va s’étioler. Un exemple qui est revenu sur les tapis rouges de l’actualité: le harcèlement scolaire. Si l’instigateur de celui-ci n’est pas puni, voire même au contraire récompensé; s’il y a un laisser-faire; si aucune autorité n’aide l’enfant dans cet environnement à donner raison à ses principes, il cherchera à se faire aussi malléable que possible pour prendre la forme qui sera la moins contraignante dans l’environnement où il évolue, y adaptant ses principes. Il n’y a pas eu échanges et compréhension mutuels: on a forcé cette adaptation. Mais le contact va être associé à de la douleur, et il sera plus difficile alors d’échanger vers l’extérieur et de sortir de ce mode de pensée. Il se construira autour et lui donnera une valeur émotionnelle forte, que renforcera chaque gratification reçue en le suivant (notamment celles qu’on peut retrouver dans la pyramide des besoins de Maslow: l’Homme Formaté que tu peux télécharger sur ce site revient dessus en nourrissant ses derniers étages avec des exemples qui sont comparés au religieux, dans une sorte de travestissement de l’identité de l’entreprise à des fins commerciales: ce qui n’influence pas moins le point de vue de l’individu qui y est confronté si certains de ses besoins ne sont pas satisfaits).

      Je suis désolée de m’être permise de répondre à ton message, sachant celui-ci adressé au staff de ce blog. Je tenais juste à dire que même en dehors de toute pratique religieuse, je veux croire. Je suis en colère, toujours, mais je veux croire. Croire qu’il y a du bon et qu’il peut se trouver partout, que où qu’il soit il est bon à prendre et à comprendre. Je veux croire.

      1. Comme si la croyance était autre chose que la cause profonde de tout ce qui rend l’humain minable et pathétique. Je ne vais pas être très sympa ici, mais je vous le dis tout de go : vous me faites pitié, vous les croyants, à « croire » en vos chimères, à croire que vos belles intentions et vos prières vont changer le monde, alors qu’elles ne font que le rendre encore plus mauvais et plus soumis. Non, vous ne me faites pas pitié, vous me faites vomir, vous représentez tout ce qui ne va pas dans ce monde. Et pas que les croyants religieux, mais Tous les croyants, de quelque croyance que ce soit : religions, astrologie, chimères, conspirations, magie, idéologies économiques et politiques, new age, etc. Vous perpétuez ce qui rend l’humain moins que ce qu’il devrait être. Vous faites plier votre intelligence devant les réponses faciles, celles qui nous enchaînent, celles qui nous mettent en esclavage. Vous êtes à la fois les premières victimes – inconscientes de l’être – de vos croyances, et les vecteurs de celles-ci.
        Et si, je le répète, ce que je dis s’applique à toute croyance, celle religieuse est à mon avis la plus infâme, la plus immonde, la plus abjecte, la plus incroyablement misérable de toutes. Elle est à ce point méprisable que je n’ai pas de mot assez dur pour la qualifier. Un seul mot suffit à décrire les dégâts qu’elle cause chaque jour : « Créationnisme ». Ce mot résume à lui seul ce que sont toutes les religions, mêmes celles dont les adeptes prétendent ne pas soutenir ce créationnisme. Il représente ce que sont les religions au niveau le plus intrinsèque. On pourrait y adjoindre plusieurs autres mots, « homophobes », « sexistes », « anti-humanistes », et j’en passe, mais ces mots ne sont que des facettes de celui qui les résume en totalité. Les religions impliquent ce mythe fondateur, devant lequel toute réalité se doit de s’aplatir, toute raison de laisser place, ce mythe à l’aune duquel toute compassion, toute idée, doit être modelée. Ce n’est pas seulement le créationnisme des imbéciles adeptes de la théorie de la Terre Plate, ou de ceux qui veulent enseigner l’arche de Noé dans les écoles, mais un créationnisme complet, qui crée une réalité à partir d’un récit, d’un « storytelling », qui décrit la réalité non pas comme ce qu’elle est mais comme ce que le récit décide quelle est.
        Mais j’ai déjà écrit trop de lignes et je ne serai pas forcément lu jusqu’au bout.
        Peut-être une suite à ceci, une autre fois.
        TL/DR : Au risque de passer pour un brutaliste, je vous le dis, vous autres croyants et surtout croyants religieux : M.E.R.D.E. Vous m’emmerdez et je vous considère comme un fléau. Mais je vous pardonne parce que vous n’êtes après tout que des victimes… A condition que vous ne dépassiez pas les bornes en venant dégueuler votre prosélytisme comme vous l’avez fait ici.

        1. CQFD ? Je trouvais superflu de signaler que je m’exprimais en tant qu’athée (ou du moins, agnostique) et que j’étais très heureuse de constater l’ouverture d’esprit d’un croyant. J’apprécie de pouvoir constater et contraster les réponses qui suivent dans le contexte de cet article. J’aimerais au passage souligner que nous nous bâtissons tous sur des croyances. Tu as su montrer un talent certain pour nous communiquer la tienne.

          1. L’ouverture d’esprit d’un croyant ? On parle de celui qui prétend détenir la « Vraie » religions ? Franchement, on n’a pas lu le même texte. Toi tu vois de l’ouverture d’esprit, là où moi je lis un dégueulis débordant de violence, posé là par un prosélyte nous déversant à la figure sa « pitié » et sa « bienveillance » envers nos pauvres âmes dégénérées devant être « sauvées » par son dieu tout puissant et bienveillant. Ça me fait vomir, presque littéralement, tant de condescendance. Bon sang, mais comment peut-on ne pas voir la violence inouïe de la condescendance religieuse ? (c’est une question rhétorique)

            Et alors, non, désolé, mon attitude n’a rien, mais alors rien, d’une croyance. Je m’attendais à cette réflexion, je dois dire, j’en ai malheureusement l’habitude. L’antithéisme est vu par la plupart des gens comme une croyance (souvent vue comme extrémiste, alors qu’elle n’est qu’un humanisme sans borne). L’idée réfléchie et intellectuellement construite selon laquelle la croyance – et particulièrement religieuse – est la plus néfaste des immondices, est souvent paradoxalement considérée comme une croyance. C’est le résultat de l’endoctrinement millénaire que les multiples couches de croyances accumulées depuis le début de notre Histoire ont exercé sur nos esprits, les modelant bien plus que nous voulons bien l’admettre.
            Non, l’idée que je défends n’est pas une croyance, elle en est même tout l’inverse !
            Ou alors toute réflexion philosophique est une croyance… Mais là, il y a une guerre sémantique sur la signification des mots, dans laquelle je ne souhaite pas me lancer ;-).
            Je suis navré, mais il n’y a aucune excuse possible pour le prosélytisme déversé par ce type. Je suis désolé de ma virulence, mais elle n’est rien en comparaison avec la violence immonde de son texte.
            Alors oui, j’avoue développer une haine (et le mot est faible) sans aucune limite envers la religion (la religion, pas les croyants, la nuance est hyper importante). Je n’en suis pas particulièrement fier, et je conviens que la violence de mes propos puisse être choquante pour certains, mais j’ai mes raisons, et elles me semblent plutôt bonnes, vu le mal insoutenable que les religions ont infligé et continuent d’infliger à l’humanité. Je ne parle pas des croisades, ni des attentats, qui ne sont que des manifestations politiques ponctuelles des effets de la croyance – notamment religieuse. Je parle de ses effets insidieux, sur nos vies, sur nos manières de penser, au jour le jour. Ce que je regroupe sous le terme « créationnisme ».

            Et si tu penses que ceci est ma « croyance », libre à toi de le croire.

          2. Un prosélyte assez maladroit sûrement qui oublie de nous communiquer la mouvance religieuse précise à laquelle il appartient et qui prône une certaine forme de partage et de découverte mutuels un peu à l’aveugle. C’est dommage de se fermer à la discussion quand vous partagez vous-même un point commun fort: vous vous revendiquez tous les deux comme appartenant à un groupe, si ce n’est minoritaire, qui ne ferait pas l’unanimité. Vos univers de références sont néanmoins très éloignés, ça crève les yeux, et ont tendance à s’exclure mutuellement. Tu as toi-même reconnu plus tôt sur ce site que tu avais un fort rapport émotionnel avec le monde des croyances et des religions, qui transparaît fortement dans ton champ lexical (une haine littéralement viscérale). Pour réfléchir plus loin sur ces sujets et t’aider à parler d’autres sujets parfois délicats dans d’autres contextes, tu devrais essayer de te couper plus de ce ressentiment violent (la seule logique amenant rarement à ce genre de réaction). Réussir à approcher un monde qui t’es à ce point incompréhensible t’aiderait à partager avec d’autres groupes d’une manière plus posée et moins « brutaliste », selon le constat que tu dresses toi-même de ton comportement. On retrouve un rapport émotionnel similaire et tout aussi avoué chez notre croyant, bien que communiqué par des émotions plus positives, laissant connoter une réelle ouverture à l’altérité et un désir de contact avec celle-ci (au-delà de son attachement fort pour sa croyance comme Vérité, point de vue, paradigme).

            J’ai conscience que ce genre de réflexion un peu trop analytique pourrait s’avérer vexante (d’autant plus que je serais bien incapable de m’analyser moi alors même que je suis l’une des voix à s’exprimer le plus ici: le rapport est assez asymétrique). Ce n’est pas mon but. J’aurais juste souhaité conseiller deux documents qui me sont venus à l’esprit (et que nous avons peut-être en commun déjà puisque nous nous retrouvons sur ce blog): la chaîne YouTube de Hygiène Mentale et le livre Structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn.

            J’espère que tu ne verras rien de mal intentionné dans ce petit partage de références et t’encourage à essayer de jouer avec les différents points de vue auxquels tu pourrais être amené à être confronté, qu’ils soient neutres ou contraires au tien.

          3. Aucun souci avec l’analyse. Je connais Hygiène mentale, pas l’autre référence.
            Par contre, je ne revendique pas une appartenance à un groupe, seulement ma non-appartenance à un tas de groupes.
            Et je n’ai pas envie de connaître mieux le groupe des religieux, pour 2 raisons : 1/ je le connais très, très bien, en ayant moi même fait partie et m’en étant extirpé à la force de mon seul intellect ; et 2/ ce groupe ne mérite pas qu’on s’y intéresse pour le comprendre, il mérite qu’on aide ses membres à s’en échapper comme je l’ai fait, et à terme, il mérite de complètement disparaître dans l’oubli.
            Il faut savoir être bienveillant envers les autres, c’est une chose établie. Mais la bienveillance n’est pas l’acceptation aveugle de toute idéologie, sinon elle mène à l’acceptation de l’intolérance et du récit créationniste.
            Mon idée est que, bien que je pense qu’aucune vérité n’est fondamentalement absolue, certaines idées sont fondamentalement fausses, notamment les idées religieuses. L’acceptation de leur récit, par une bienveillance et une tolérance mal placée, mène au déversement de celui-ci dans la mentalité collective.
            Je ne vais pas faire de redite, mes arguments sont bien développés plus haut, et je pourrais passer des heures à les reformuler sans intérêt.
            Simplement, pour moi, les croyants (de tous bords) sont des victimes de leur croyance. Ce qui en soi n’est pas grave, après tout, chacun est libre d’être une victime consentante. Ce qui est grave est justement l’absence de consentement formel et réel, avec en lieu et place un consentement tacite non réfléchi, et teinté d’un fort pathos. Ce qui est encore plus grave est le déversement de cette mentalité dans l’espace mental public, menant d’une part à un prosélytisme passif de par la norme sociale qui prétend (à tort !!!) que Croire est nécessaire et naturel, et d’autre part à une infection généralisée des processus de pensée de la Société. Ca va bien plus loin que la simple religion, en fait ça implique toute croyance qui crée la réalité à partir du dogme. On peut citer le capitalisme de marché, par exemple, qui est une vraie croyance infectieuse, basée sur aucun fait réel, mais générant une réalité dans l’esprit de ses croyants, basant ainsi leur comportement sur cette réalité créée.

            Bref, je ne veux pas te saouler, donc je m’arrête là. Mais tu vois peut-être mieux où je veux en venir.

        2. https://m.youtube.com/watch?v=yGL_LJosToY

          Une petite vidéo qui fait une belle ouverture à Kuhn (son essai sur les révolutions des structures scientifiques), que tu as peut etre déjà pu lire, vu le temps que j’ai mis à te répondre (j’espère d’ailleurs qu’une réponse aussi tardive ne te dérangeras pas). Pour des ouvres plus « humaines », tu as aussi des sociologues comme Hoftede et E. T. Hall, qui devraient etre plus faciles à trouver.

          Tout ca pour dire que tout le monde se construit ses grandes lignes de conduite en fonction de son vécu et de ce qu’il peut imaginer du monde, quelle image cohérente du monde il est capable de construire grace à son expérience de celui-ci. Personne ne vit le monde de la meme manière, que ce soit par son corps ou sa culture. Il ne s’agit pas d’excuser l’inexcusable, mais de comprendre pourquoi il a obtenu ce statut et essayer de s’entendre ensemble sur ce statut. C’est un travail d’échange et de déconstruction : une chose qui sera valable dans un environnement peut tout à fait ne pas l’etre dans un autre. Il y a effectivement des valeurs différentes ; trouver pourquoi elles sont différentes et pourquoi « ca coince » n’est pas une mauvaise chose. C’est, théoriquement (seulement), ce qui a guidé la construction de notre système pénal actuel, ainsi que de nos hopitaux psychiatriques (en théorie toujours) : comprendre le fonctionnement de l’individu et faire en sorte que celui-ci puisse aller de concert avec le fonctionnement dominant (celui contenu dans les lois). On n’excuse pas un crime, mais on doit éduquer à voir l’acte problématique comme un crime. Et pour ca, il faut etre capable de comprendre soi-meme en quoi nous qualifions cet acte de criminel et non l’individu remis en question (ca, ca vient moins de soi). Il faut donc que les hommes se reconnaissent comme autonomes, ce qu’effectivement beaucoup de chefs religieux / de maitres à penser / de dirigeants ne font pas, ce qui ne va pas de soi.

          Ça ne va pas de soi, parce que le tiers impartial censé promulguer les lois doit etre massivement reconnu et accepté, et que c’est de base beaucoup plus facile à obtenir quand on invoque la volonté toute-puissante d’une seule et meme figure, des ancetres ou d’un héros à craindre ou honorer. Ce n’est pas pour ca que ces religions ou idéologies ne reposent pas sur une logique qui pourrait avoir un bon fond : le maintien de l’ordre, quel qu’il soit, est d’abord un moyen de ne pas s’entre-tuer, et de permettre d’évoluer sur une certaine base plus ou moins partagée. En cercle fermé et en stase parfaite, ca pourrait marcher. Mais les relations sont dynamiques, c’est donc impossible. Pour faire un parallèle avec les sciences dures, les grandes lois qui ont servi à définir au mieux le fonctionnement du monde à un instant T voire en lieu précis ici (parmi beaucoup d’autres lois possibles), deviennent de plus en plus obsolètes au fur et à mesure que les observations et les outils s’affinent et que les anomalies s’amoncellent.

          Ici, les observations s’affinent majoritairement par un contact diversifié, qui permet une comparaison voire une réflexion.

          Ainsi, meme si tu peux avoir affaire à des personnes qui restent campées sur des positions que tu ne partages pas, dès lors qu’elles permettent un débat ouvert et calme, tu peux etre sur d’etre au moins entendu et considéré (au contraire des stratégies d’évitement). Les différents partis peuvent de cette manière se concentrer pleinement sur le contenu de l’argumentation, et moins sur les relations possiblement houleuses qui pourraient leur servir de contexte.

          La recherche d’arguments permet un retour sur soi ; la discussion le permet toujours. C’est ce que je trouve dommage dans le contact que tu entretiens avec les groupes concernés : en t’étant extrait d’un tel groupe, tu as pu obtenir une place de choix à l’intersection de plusieurs courants de pensées radicalement opposés (?) et qui pourrait apporter beaucoup dans une situation de partage. Mais je peux comprendre que te confronter à nouveau à ces groupes ne doit effectivement pas te mettre dans une position confortable, d’autant plus si, au moment de ton départ de ceux-ci, tu as pu rencontrer des difficultés plus ou moins graves. Personne n’a à te demander de repasser par une expérience désagréable ; néanmoins, controler ces élans de dégout pourrait t’apporter beaucoup.

          (encore une fois navrée de cette réponse tardive : je saurai que les téléphones ne nagent pas, maintenant)

          1. C’est gentil de prendre le temps de développer. J’apprécie.
            J’ai néanmoins la nette impression que tu cherches à me convaincre de changer mes positions. Ce qui n’est pas parmi les attitudes qui sont le plus pour me plaire.
            Que ceci soit noté. Moi, je ne fais rien d’autre qu’exposer mon opinion. Convaincre ne m’intéresse pas. Chacun, tant qu’il n’empiète pas sur ma liberté, pense ce qu’il veut. Je me permets de préciser que chercher à me convaincre que j’ai tort est un exercice qui flirte avec la limite de ce que j’estime attenter à ma liberté. Prudence donc.
            La religion n’a pas mes amours. C’est peu de le dire. Mais, et je l’ai peut-être dit, ce n’est pas seulement à cause de ses conséquences (obscurantisme, terrorisme, pédophilie – les 2 derniers littéraux ou métaphoriques), mais c’est aussi, et surtout, à cause du créationnisme. Rien, et sur ce point je reste ancré, rien ne me fera changer d’avis sur le créationnisme, sur le fait que ce courant de pensée, inhérent à toute religion ou idéologie, est néfaste, et même nuisible. Rien ne me convaincra d’autre chose que de sa perversité et de l’aberration de sa simple existence. Rien ne me persuadera qu’il n’est pas nécessaire, et même vital pour notre civilisation, de se débarrasser à tout jamais de ce courant de pensée qui, non content de vouloir nous insérer dans une morale artificielle, et simplement et objectivement… Faux.
            La religion, et la croyance qui y est associée, est basée sur le faux. Sur la négation absolue et irrémédiable du vrai, pour le remplacer par la construction mentale qu’est le dogme.
            Peu importe la tolérance, peu importe de se mettre à la place de l’autre. Au final, une seule chose compte : la religion se base sur la glorification du faux.
            Et ça, c’est le pire des crimes contre l’humanité. Désolé si je choque.
            Pour revenir sur un point évoqué plus haut, la simple existence de religions – et oui, je mets ici de côté toute tolérance à cet égard – outrepasse les limites de la liberté de chacun, et ME nuit personnellement, en ce qu’elle a un impact réel sur la pensée de toute la société, impactant mécaniquement Ma Liberté. Je ne m’étendrai pas ici, mais + de droits ou de tolérance pour les religieux, c’est moins de droits et de possibilités de vie pour les non croyants, pour les « déviants », et pour les originaux. Et donc pour moi, en l’occurrence. Donc non, je ne me considère pas outrepasser quelque limite, je ne trouve pas dommage mon attitude à leur égard, et je trouve même que me contenter de cracher par terre en présence de témoins de jéovah est plutôt gentil, comme attitude de ma part. Les croyants méritent bien pire que mon simple mépris : ils sont un cancer, ils sont une nuisance, ils sont ce que notre civilisation a fait de pire, ils sont OBJECTIVEMENT nos ennemis. La tolérance n’a pas sa place quand on est menacé ! Et eux, on leur donne des droits. Eux ils ont le droit de manifester contre les homosexuels dans la rue, à visage découvert, ils ont le droit de cracher médiatiquement sur les intellectuels, ils ont le droit d’agresser des profs qui enseignent contre les stéréotypes genrés. Alors que c’est eux, qu’on devrait mépriser publiquement. C’est eux, qui devraient se cacher de honte, c’est eux qui devraient moisir sous les verrous, pour le crime contre l’humanité qu’est la religion.
            Sauf que là, c’est moi, qui suis traité d’intolérant, pas eux. Et moi je trouve ça immoral et incroyablement injustifié.
            Pour faire honneur à Godwin, je comparerai les religieux aux nazis qui ont envahi l’Europe, et les médias complaisant, aux collabos. A l’époque les médias traitaient les résistants de terroristes, mais quand on a été débarrassés de la vermine nazie, force a été de reconnaitre que c’étaient les résistants, envers et contre les forces dominantes, et quelques violentes qu’aient été leurs méthodes, qui avaient raison.

            Bref, Merde, je ne vois pas pourquoi je devrai me justifier. La croyance religieuse est objectivement et sans conteste possible un mal injustifiable, une nuisance absolue, un fléau bénéficiant d’une tolérance injustifiable que je ne peux m’expliquer autrement que par la tendance du pouvoir à chercher à se maintenir ; et toute personne s’élevant contre cette aberration est ostracisée, insultée, on essaie de la faire devenir « tolérante ». Je m’élève contre ça. Bon sang, mais vous sentez-vous obligés de faire preuve de tolérance face à la syphilis, au choléra, à la polio ? Vous sentez-vous obligés de faire preuve d’empathie envers un esclavagiste ? Voudriez-vous plaider la clémence et les circonstances atténuantes envers un khmer rouge ? Car c’est exactement ce qu’est la religion. Toutes les religions.
            Et en toute amitié, si vous n’êtes pas d’accord, je vous emmerde. Poliment, mais fermement. J’ai raison, vous le savez. Vous ne voulez simplement pas l’admettre car ce n’est pas « sympa ». La religion est l’ennemie absolue de l’Humanité. Elle l’a toujours été, et le sera toujours. Elle cherchera toujours à nous asservir, à nous mater, à nous mettre sous son joug.
            Et vous, « nan mais faut être tolérant, bla bla bla ». Foutaises !
            Il n’y a pas de position intermédiaire. Il y a les résistants, et les collabos.
            Auriez-vous plaidé la tolérance envers les nazis ? C’est la seule question qui ait le moindre sens.

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