Qui veut la peau des bisounours?

« Le terme [bisounours] est passé dans le langage courant pour désigner un individu aux idées exagérément naïves ou candides. De même, l’expression « pays des bisounours », utilisée de manière négative, désigne toute situation caractérisée par une exagération de bons sentiments (exemple d’emploi : « on n’est pas au pays des bisounours ! »). En politique, bisounours s’emploie surtout dans la forme négative. « Ce n’est pas les bisounours » signifie « c’est tout de même sérieux » ou « cela ne relève pas du monde merveilleux de l’enfance où tout est gratuit » Wikipedia

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 Connaissez-vous les Bisounours ? Vous savez, ces petites créatures multicolores plus douces que de la guimauve ? Eh bien sachez que ces petits ours incarnent le grand fléau de notre société. Oui vraiment. Pour preuve, c’en est devenu une véritable insulte. Se faire traiter de « connard », de « salaud », d’« enflure », pourquoi pas, ce sont des insultes tout à fait supportables, constituant même une preuve concrète de notre force, de notre puissance. Mais se faire incendier de « bisounours », non! Ce serait tomber bien bas! Quelle honte!

« Bisounours », l’étiquette que l’on accole à la racaille de notre siècle : ceux qui ont de bonnes intentions, ceux qui se refusent à la banalité de la violence et à l’indifférence généralisée, ceux qui cherchent à faire bouger les lignes pacifiquement en respect des opinions contraires, ceux qui se refusent à écraser autrui… Si vous êtes un tant soit peu attentif à votre environnement social, ou à ce que diffusent les médias, vous remarquerez qu’il n’y a plus aucune place à ces « faiblesses » que sont l’altruisme et l’empathie.

Altruisme, empathie… Comment ! Cela existe encore ? J’en ai bien peur. Mais ne vous en faites pas, tout est fait pour éradiquer ce fléau.

Tout ceci est certes ironique de notre part, mais cela est loin d’être le cas dans la bouche d’une majorité d’individus. La société actuelle nous formate à donner des coups, et à en recevoir; à accepter la brutalité comme moyen de parvenir à ses fins; à vanter les violences symboliques; à récompenser les dominateurs; à rabaisser les bien intentionnés… Cela n’a rien de récent, cependant cette sourde violence est devenue bien vicieuse et davantage pernicieuse. Pire, elle est banalisée au point que les minoritaires bien intentionnés sont désormais de véritables marginaux à qui l’on rétorquera devant leur embarras : « si tu n’es pas content, va voir ailleurs », « de toute façon y’a pire ailleurs », « le monde réel, ce n’est pas le pays des bisounours ».

Pourquoi les Bisounours ont mauvaise presse? Pourquoi les bonnes actions et les bonnes intentions donnent l’impression d’être criminalisés? Ceux qu’on nomme Bisounours sont-ils des idéalistes naïfs, bien loin des réalités?

À ces quelques questions, il faut en ajouter une autre, et ce sera d’ailleurs le premier point que nous devrons développer: pour qui les bisounours sont-ils un problème? De toute évidence, il semble qu’il y ait derrière cette insulte une certaine mentalité, une certaine conception des individus et de la société qui condamne les bien intentionnés. Cette conception qui constitue le nouveau paradigme dominant, nous le nommerons  « brutalisme »[1].

Le Bisounours est une espèce en voie de disparition, forcée à l’exil par ce paradigme dominant, le brutalisme étant l’émanation rationnelle et sophistique de la banalisation de la brutalité dans les rapports humains, plus particulièrement dans la sphère du travail.

Le brutalisme : banalité de la brutalité au quotidien

Qu’est-ce qu’une « brute » dans le contexte du brutalisme?

Par « brute », on entend un individu sans finesse, violent, grossier. Ce que nous nommons brutalisme est une nouvelle forme de brutalité faisant figure de paradigme dans nos sociétés. Le brutalisme comme mode d’être accentue la violence, l’emportement, la quête de domination, l’écrasement d’autrui.

Par violence, nous n’entendons pas uniquement cette violence directe qui transite par les muscles et les armes, mais une violence plus lourde, plus sourde, plus sournoise, difficile à identifier. Il s’agit des violences dans les rapports humains, ou de la violence symbolique en général.

Par manque de finesse, nous n’entendons pas un manque d’intelligence. Bien au contraire, nous verrons que le brutalisme n’est pas en déficit de raison, mais bien au contraire, il est en excès de raison. Le brutalisme prend racine sur une ultra-rationalisation dans tous les domaines: politique, travail, santé, éducation, culture… Par manque de finesse et par grossièreté, nous entendons une difficulté à la nuance et à l’acceptation de la différence, mais aussi une inclination à enfoncer les portes, à ne se donner aucune limite (ou en tout cas aucune limite morale).

Les quatre principales caractéristiques du brutalisme

La guerre perpétuelle: le monde est un vaste champ de bataille. Ses guerres se font par des stratégies de communication et par diverses manipulations sur les individus et les groupes. Le brutalisme est une nouvelle forme d’un machiavélisme vulgaire et difforme dans toutes les sphères de la société, ce qui a pour conséquence des violences concrètes ou symboliques.

La société du spectacle: exister consiste à se faire voir et entendre avec force, mais tout est dans l’apparence et dans les jeux des représentations. Il s’agit de faire du bruit, faire du buzz qu’importe le fond.

La réussite: la seule visée est la réussite, qui n’est rien de moins qu’une course au privilège et qui repose sur la chimère de la croissance infinie. La réussite est une victoire sur l’ennemi, une prise de pouvoir ou de territoire envers et contre tous.

L’ambition: la valeur pour viser cette réussite est l’ambition, l’ambition est devenue la plus haute qualité de notre société. L’ambition n’est rien d’autre que la témérité du soldat à la conquête d’un territoire qu’on lui ordonne implicitement d’envahir.

Achille ou Ulysse?

Il y a deux grandes figures à ce brutalisme, deux grandes figures que nous empruntons à l’épopée homérique:

Le brutalisme d’Achille: c’est la force, la violence à l’état brut. Le combat se fait par le muscle. On pourrait y retrouver certains politiques, activistes ou militants violents.

Le brutalisme d’Ulysse: c’est la ruse. La violence est toujours présente, mais elle est plus insidieuse, vicieuse, invisible. L’arme n’est pas le muscle, mais les aptitudes à la manipulation et à l’éloquence (on y trouve par exemple tout ce qui touche l’organisation des groupes et des individus, dont le management anglo-saxon).

De ces deux types de brutalisme, le dernier est sans doute le plus important. La manipulation est devenue simple banalité dans nos sociétés actuelles. Peu s’interroge par exemple de trouver une littérature chaque jour plus abondante sur l’apprentissage des techniques de manipulation dans les entreprises ou dans la société pour parvenir à la « réussite ».

« Se faire manipuler » n’inquiète plus personne. Quoi de plus normal! C’en est même devenu une compétence incontournable pour évoluer dans la société.

Comment identifier les brutalistes?

On peut citer différentes qualités que l’on rencontre souvent chez les brutalistes. Cette liste de caractéristique est exhaustive, et nous ne disons pas qu’un brutaliste correspond à tous ces paramètres sans exception (tout dépend notamment de la vie qu’il mène en société ainsi que ses convictions, les caractéristiques ne seront pas identiques entre un PDG et un activiste par exemple). Il n’empêche que le brutaliste pourrait lui-même se reconnaître sur plusieurs de ces points.

  • Le brutaliste considère que la gentillesse, sous toutes ses formes, est une faiblesse, qu’elle n’est pas « efficace ».
  • Le brutaliste considère que la courtoisie ne vaut que pour ses égaux ou ses supérieurs, à des fins utilitaires ou pour l’apparence (les politiques par exemple sont doués pour la courtoisie d’apparence).
  • Le brutaliste considère que ceux qui ne pensent pas comme lui sont des ennemis, ou une menace potentielle.
  • Le brutaliste considère le stress généralement comme une bonne chose, une nécessité parfois, notamment dans le monde du travail. Il parle souvent de « bon stress ». Dans le monde du travail, quelqu’un qui semble « tranquille », jamais « stressé » est pour ses raisons considéré comme un feignant, un mauvais bosseur.
  • Le brutaliste évolue par concurrence, compétition et comparaison. Il évalue sa réussite en regardant l’échec des autres. Ainsi, la dictature du « chiffre » encourage le brutalisme tout en étant sa conséquence.
  • Le brutaliste use souvent d’un vocabulaire misogyne et homophobe: « on n’est pas des PD », « on n’est pas des femmelettes », « tu n’as pas de couilles »… La virilité est de mise, même pour les femmes.
  • Le brutaliste use souvent d’un vocabulaire belliciste: « killer », « anéantir », « cible », « opération », « opérationnel », « attaquer », « lutter », « serrer les rangs », « allié », « adversaire », « putsch », « ennemi », « hostile »… mais aussi d’un vocabulaire de la drogue: « doper », « accro », « shooter », « came »…
  • Le brutaliste est en quête de contrôle de lui-même, mais surtout des autres.
  • Le brutaliste est partisan de « la fin justifie les moyens ».
  • Le brutaliste considère généralement que la colère, la haine, le mépris, la peur, le stress, l’angoisse sont des forces sur lesquelles on peut prendre élan (en politique, cela se traduit par le populisme).
  • Le brutaliste use toujours des mêmes arguments pour contrer une idée ou un adversaire qui lui déplaît: « has been », « ça ne sert à rien », « c’est dépassé », « on ne vit pas dans le monde des bisounours », « ici c’est le monde réel », « il y a pire ailleurs », « tu réfléchis trop »… Il se contente de petites phrases, ou de quelques mots cinglants, car il ne veut pas mener de véritables débats, encore moins de réflexions (non pas qu’il n’en soit pas capable, mais cela lui prendrait top de temps, il n’en voit pas l’intérêt: réfléchir ne sert à rien, si ce n’est se compliquer la vie). Il vit dans un monde en guerre perpétuelle, alors il tire à vue, qu’importe la façon pourvu que ce soit efficace et que ça ne lui porte pas atteinte à long terme.
  • Le brutaliste est en général misanthrope, il peut cependant se prêter à de nobles causes libertaires et humanitaires; cela revient bien souvent à se donner une bonne image, ou à se trouver une bonne excuse pour justifier sa violence et son mépris.
  • Le brutaliste vise la réussite (souvent en quête de promotion), ce qui passe généralement par la sphère professionnelle et par la volonté de se conformer à un modèle matériel et familial parfait (marié ou en couple, avec enfants, propriétaire d’une maison, au moins deux voitures, des voyages dans d’autres pays au moins une fois par an, le dernier portable à la mode…).  Il considère une vie réussie selon les biens en sa possession ou les pouvoirs qu’il a obtenus sur les autres.
  • Le brutaliste est en quelque sorte fataliste, il considère bien souvent que le monde est comme il est, qu’on ne peut rien faire contre ça. Ce qui est un grand paradoxe de sa part, car il se considère lui-même comme absolument libre et comme ayant un pouvoir sur son environnement.
  • Les brutalistes ont souvent du mépris pour les gens engagés dans des causes. Quant aux brutalistes eux-mêmes engagés dans des causes, les plus nobles soient-elles (car oui, malheureusement il y en a, et ils sont souvent d’ailleurs responsables des dérives dans leur mouvement), ils ont du mépris pour ceux qui ne sont pas engagés comme eux. Le schéma étant le suivant: « tu n’as pas les mêmes convictions que moi, alors tu es l’ennemi ». En cela, le brutaliste qui se bat pour sa réussite professionnelle et le brutaliste qui se bat pour une cause obéissent à la même mécanique quant aux actions et aux comportements.
  • Lorsque le brutaliste cherche à faire bouger les choses, il n’envisage de le faire qu’en tapant du poing, qu’en écrasant ceux qu’il considère comme des adversaires. Il considère qu’on ne peut changer les choses sans conflits, sans dommages collatéraux. Ce n’est pas faire bouger les choses pour le meilleur qu’il veut, ce qu’il souhaite c’est créer le conflit ou s’intégrer dans le conflit. Les brutalistes ne se battent pas pour des objectifs, même s’ils le présentent ainsi (allant jusqu’à se mentir à eux-mêmes): ils aiment se battre, voilà tout. La société est pour eux un vaste champ de bataille. Ils ne peuvent concevoir d’autres façons de fonctionner.
  • Il n’y a pas de structures sociales particulières qui correspondent aux brutalistes, ni d’âges, de sexes, de convictions politiques ou religieuses. On trouve des brutalistes de droite comme de gauche, athée ou croyant, conservateur ou révolutionnaire, travailleur ou chômeur, riche ou pauvre… Le brutalisme est un état d’esprit global, consécutif de diverses influences et paramètres (que nous verrons plus tard).
  • En général, le brutaliste a une aversion maladive pour certaines personnalités, comme Stephan Hessel par exemple qu’il considère souvent comme un Bisounours ou un oui-oui (exemple d’Eric Zemmour)

  • Le brutaliste aime à dire que les bons sentiments le font vomir.
  • Les brutalistes donneraient sans hésitation raison à Hobbes « l’homme est un loup pour l’homme », et ils s’appliquent avec beaucoup de zèle à transformer les groupes humains en de véritables meutes. Soit ils visent à devenir le loup alpha, soit ils cherchent à ne pas se faire dévorer par le loup alpha en pactisant explicitement ou implicitement avec lui. Et parce que les groupes humains deviennent des meutes, le souci d’appartenance à un groupe identifié est d’autant plus important: en guerre, il faut choisir son camp.

Les arguments brutalistes

Le brutalisme fonctionne selon des arguments non valides que nous formulons sous la forme de syllogisme (=argument en trois temps).

Voici donc quelques exemples de la logique déviante du brutaliste.

▪ L’argument  du clan

« –Les gens qui ne sont pas et ne pensent pas comme nous sont nos ennemis

-Or, nous devons combattre violemment nos ennemis

-Donc ceux qui ne sont pas et ne pensent pas comme nous, nous devons les  combattre violemment »

On touche là un point très sensible, car c’est un argument qui fonctionne très bien auprès des activistes et des militants (quelle que soit la cause): au nom d’une cause, on peut casser, détruire, nuire, violenter, insulter, écraser… Ce type de logique a pour conséquence de créer des clans, ce qui favorise l’effet de meute, le souci d’appartenance et le rejet de l’extérieur ou de la différence.

▪ L’argument de la loi du plus fort

« –Pour réussir, il faut être le plus fort

-Or, le plus fort c’est celui qui mange les plus faibles

-Donc, pour réussir, nous devons manger les plus faibles. »

C’est une logique vieille comme le monde, si ce n’est qu’elle prend une tout autre forme aujourd’hui. Manger les plus faibles ne consiste plus à les violenter physiquement ou à les tuer; manger les plus faibles consiste à les écraser, à les dominer symboliquement, à les détruire psychologiquement. La souffrance au travail par exemple n’est généralement pas accidentelle, les travailleurs souffrants se font véritablement manger par ceux qui veulent réussir.

▪ L’argument de la réussite (ou pour le dire autrement: la compétitivité)

« -La réussite des uns suppose l’échec des autres

-Or je veux réussir

-Donc, pour réussir, je dois précipiter l’échec des autres »

C’est une conception plus répandue qu’on le pense. Encore une fois, il suffit d’observer le monde du travail. C’est la base même du capitalisme libéral: une entreprise en échec favorisera l’entreprise concurrente, et inversement, une entreprise qui réussit fera de l’ombre à l’entreprise concurrente. On appelle cela la compétitivité, et à notre époque la compétitivité, c’est « chouette »! On veut que tout soit compétitif jusqu’aux hôpitaux, aux écoles, aux universités, aux différents bureaux Pôle emploi, aux infractions, aux compétences artistiques… Le monde est devenu un vaste champ de compétition, du tous contre tous, sans limites ni modérations.

Quand on entend parler « compétitivité » à longueur de journée, pas étonnant qu’on en vienne à des pratiques qui visent à écraser l’autre au nom de sa propre réussite (voir l’argument précédent).

▪ L’argument du buzz

« -L’efficacité et l’influence ne se mesurent qu’à l’attention engendrée (=le buzz)

-Or, c’est la forme (l’apparence) qui fait le buzz, non le fond (le contenu)

-Donc, si nous voulons être influents et tendre à l’efficacité, c’est la forme qui prime et non le fond, afin de faire le plus de bruit »

 

            Nos sociétés, les médias en particulier, obéissent à l’attentionalisme: ce qui compte c’est de faire du bruit afin d’obtenir le plus d’attention. Ce n’est plus la qualité d’une information ou d’un produit qui compte, c’est son audience ou son impact sur les consommateurs.

D’un point de vue individuel, l’important est de se faire voir, entendre, connaître, notamment à partir des NTIC – Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication – (réseaux sociaux par exemple).

Dans le monde du travail, on n’embauche plus les gens selon leurs compétences, mais à partir de leurs réseaux, de leurs connaissances (cela s’appelle du piston, mais aujourd’hui on nomme cela « réseau », cela fait moins péjoratif).

Ainsi, pour s’imposer dans la société, il faut faire du bruit, qu’importent les moyens. Compétences, professionnalisme, dialogue n’ont plus leur place, remplacés par l’influence, les réseaux et les techniques de Com.

Enfin, et on en revient à l’argument de la compétitivité, il s’agit de faire du bruit par rapport à ses concurrents ou adversaires, et faire du bruit consiste bien souvent à faire taire autrui. Quant à ceux qui veulent dialoguer et débattre, ils n’ont plus du tout leur place dans cette nouvelle société.

L’antinomie du brutalisme

Une antinomie est une contradiction entre deux principes ou idées qui semblent pourtant coexister dans un même système de pensée.

L’antinomie du brutalisme est la suivante:

Idée 1: Nous n’avons aucun pouvoir sur le monde, sur notre environnement. Le monde est comme il est, on ne peut rien faire contre cela, si ce n’est avec violence. Tout changement nécessiterait donc une révolution violente, des conflits, des luttes…

Idée 2: L’individu est entièrement libre. Tout n’est que question de volonté et de force. Il a le pouvoir de devenir et de faire ce qu’il souhaite.

Vous comprendrez que ces deux thèses sont contradictoires. Comment l’individu peut-il être absolument libre s’il n’a aucune liberté dans la société? Comment peut-il être maître de sa « réussite » sociale tout en n’ayant aucun pouvoir sur cette même sphère sociale? Comment peut-il prétendre à une liberté absolue dans un monde qui n’autorise aucune liberté individuelle?

Pour les brutalistes, ces deux idées sont d’abord pratiques. La première idée permet au brutaliste de se désintéresser de tout ce qui ne le concerne pas ou ne l’intéresse pas. Par exemple, un brutaliste, face à ceux qui veulent changer les choses, dira: « C’est comme ça », « il y a pire ailleurs », « C’est comme ça que le monde fonctionne », « si tu n’es pas content, dégage! ». En cela, le brutaliste est le garant du monde tel qu’il est. La plupart de ces brutalistes ne s’engageront pas dans des causes sociales, humanitaires ou écologiques, sauf s’ils considèrent que ces causes sont dans leur intérêt propre, qu’ils vont y gagner (en image par exemple).

La seconde idée est le ciment de la compétition, de la concurrence, de la loi du plus fort. Le brutaliste considère que celui qui ne réussit pas ne peut s’en prendre qu’à lui-même, cela est preuve de sa faiblesse. Le brutaliste réitère les vieilles chimères religieuses, instaurant une nouvelle forme de culpabilité et de remords du passé, de l’angoisse du futur, tout en instaurant une nouvelle douleur: le stress du présent.

Affirmer une liberté absolue, penser que tout est possible tant qu’on y met sa force, et au contraire penser qu’on ne peut rien sur rien, voilà la double naïveté du brutalisme.

Cette antinomie conduit donc à une certaine logique absurde propre aux sociétés actuelles: nous ne sommes pas maîtres du jeu, mais on doit tout faire pour gagner le jeu.

C’est à travers cette logique que l’on trouvera deux pôles opposés qui sont deux modes du brutalisme:

L’indifférence : ceux qui ne pensent qu’à leur propre réussite, et qui sont indifférents à tout le reste. Ils ne se préoccupent que très peu des autres, uniquement de leur ambition. Ils pensent qu’on ne peut changer la société, il faut s’y soumettre (idée 1). Mais on peut gravir les échelons pour réussir, car l’individu est absolument libre (idée 2), quitte à écraser l’autre. Par exemple: les soldats du travail, cadres, politiques…

Le fanatisme: ceux qui ne pensent qu’à la réussite de leur cause, et qui sont indifférents à tout le reste. Ils ne se préoccupent pas des autres, même s’ils se présentent parfois comme des altruistes et des pacifistes. Ils pensent qu’on ne peut changer la société (idée 1), sauf à travers la violence ou l’éclat des actions individuelles, car l’individu est absolument libre (idée 2). Par exemple: certains syndicalistes, religieux, certains activistes et révolutionnaires…

Pas plus que l’indifférent ne remettra pas en cause son ambition et les moyens qu’il met en œuvre, le fanatique ne remettra pas en cause ses ambitions et les moyens qu’il met en œuvre au nom de sa cause.

Dans les deux cas, il y a violence dans la mise en place des projets ou objectifs, ainsi qu’un rejet de la différence. L’indifférent est dans le déni des autres, le fanatique est dans le rejet de ceux qui ne pensent pas comme lui.

L’indifférence et le fanatisme brutaliste sont deux pôles opposés, mais ils reposent sur une même antinomie: nous n’avons aucun pouvoir/nous sommes absolument libre. En cela, fanatisme et indifférence sont deux faces d’une même pièce.

Le mal-être et les actions du brutaliste reposent sur la confrontation de deux positions inconciliables.

Bien sûr, il faudrait nuancer, il y a différents degrés entre ces deux pôles, mais ces degrés s’organisent autour de ces deux idées paradoxales.

Il y a une origine à cette antinomie. Pour comprendre cela, il nous faut désormais proposer quelques pistes sur l’origine du brutalisme.

Pourquoi cette montée progressive du brutalisme?

La question qu’il faut désormais poser est « pourquoi »? Pourquoi ce brutalisme dominant contre des bisounours agonisants? Depuis quand est-ce devenu un mal de vouloir bien faire les choses, d’éviter le conflit violent, de respecter son interlocuteur?

Cela mériterait une très large réflexion, mais voici quelques arguments que nous pourrions avancer.

Le brutalisme: émanation de l’idéologie du travail

« La société est présentée sur le modèle des sports de combat, avec vocabulaire et images guerrières. Celles et ceux qui ne sont ni gagnants, ni gagneurs se trouvent rejetés vers les marges de la société dont ils n’ont rien à attendre. La violence de celle-ci suscite des contre-violences, des désaffections, des nostalgies agressivement régressives ou réactionnaires »

André Gorz, Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets?

 

Nous ne jurons que par le travail. La société s’organise autour du travail. Les individus construisent leur vie selon leur travail ou leur projet professionnel. L’idéologie du travail repose sur l’idée que le travail c’est la vie. Comme si la vie se « méritait », l’expression « gagner sa vie » est signifiante à plus d’un titre. Tout autant que l’expression « entrer dans la vie active »: les actifs étant ceux qui travaillent. Comment devrions-nous nommer les sans-emplois? Des passifs?

La course à l’emploi, la course à la promotion, à la meilleure retraite, aux meilleurs avantages, font de la compétition ou de la concurrence les principaux modes d’être de ce monde dominé par l’idéologie du travail. Il suffit de penser à ces repas de famille interminables où chacun vante son propre nombril sur ses dernières péripéties au travail, faisant la promotion d’une vie qu’il juge meilleure que celle des autres sous le prétexte qu’il « gagne plus » ou qu’il a plus d’avantages.

Ceux qui ont un emploi feront tout pour le préserver ou évoluer vers les plus hauts sommets. Ceux qui n’ont pas d’emploi seront plongés dans la honte et l’angoisse, transformant la quête de l’emploi comme la plus importante des quêtes de leur existence.

Aujourd’hui, la plupart des individus n’envisagent plus de donner un sens à leur vie qu’à travers leur vie professionnelle. Et parce que le monde professionnel repose sur la compétition des uns et des autres, cela autorise diverses violences symboliques ou réelles. De plus, pour résister soi-même aux coups, il est nécessaire de se forger une « carapace », cuir épais qui ne laisse plus passer une once de sensibilité. Et les insensibles peuvent à leur tour donner des coups, c’est un cercle vicieux.

Le travail aujourd’hui ne se définit ni par l’effort ni par la production, mais par le salaire. Ceux qui travaillent dur dans des projets non professionnels (entendez par là ceux qui ne touchent pas de salaire, comme les bénévoles) ne seront pas considérés comme des travailleurs. Pire, un individu qui use son temps à aider autrui, à lui rendre service, à l’accompagner bénévolement, à participer à des projets non lucratifs, ne sera pas considéré comme actif si celui-ci est sans emploi. Il n’aura peu, voire aucune reconnaissance, quant à sa contribution à la société, alors que l’impact de ses actions est bien plus important qu’un simple employé de bureau.

Travailler, c’est aussi rentrer dans les clous, rentrer dans le moule. Et pour rentrer dans les clous, il faut se faire violence, ce qui se traduit souvent par faire violence sur les autres.

Le brutalisme ou le règne de la logique à outrance et d’un rationalisme sans limites

Il faut mettre en évidence deux attitudes propres à notre société:

  • La rationalisation de toutes les activités humaines,
  • La rationalité excessive comme mode de pensée.

Commençons par le premier point.

Aujourd’hui, tout se mesure. Rien de tel qu’un sondage pour déterminer l’opinion ou l’attitude d’un groupe. Tout devient nombre, quantifiable à l’excès. Le qualitatif est lui-même dépendant du quantitatif.

L’un des critères semble-t-il indubitable est celui du chiffre: chiffre en terme de temps de travail, en terme de production, en terme de vente, en terme de client ou de patient, en terme de bénéfice, en terme de chômage, en terme de prévision… Le pourquoi et le comment ne se posent qu’après la plus importante des questions à laquelle aucune autre ne peut se substituer: combien?

Le chiffre appliqué à toute activité humaine déshumanise l’activité elle-même en la rendant abstraite. Il en est de même quand le chiffre se substitue complètement aux faits comme le chômage, l’insécurité, le bonheur. C’est une nouvelle forme d’aliénation, non plus seulement de la sphère professionnelle, mais de l’ensemble de la société.

Quelles en sont les conséquences? La course à la rentabilité, la légitimation de la concurrence et de la compétition, l’accélération des rythmes de vie, la banalisation de l’évaluation constante, le stress, la perte de repères, la surenchère d’effort et l’absence véritable de la reconnaissance de ses efforts (si ce n’est en terme de courbe)… Tout cela est propice au stress, à la brutalité, à l’instauration de rapports violents, au conflit.

L’autre attitude, qui complète la précédente (qui en est même à l’origine et qui s’en nourrit en retour) est la rationalité excessive: tout doit se justifier dans la visée d’un but précis pour la plus grande efficacité. Tout le reste doit être éjecté sans sommation. C’est ainsi que la « fin justifie les moyens », que les questions éthiques sont mises au placard. Là-dessus repose l’économisme, où rien n’est gratuit: tout est pensé, quadrillé, de l’activité jusqu’au comportement, voir jusqu’à la tenue de travail (pour exemple, vous pouvez découvrir cet épisode d’Horizon qui traite du sujet, ci-dessous).

C’est dans cette optique que s’instaure le management anglo-saxon. Le naturel, la sincérité n’ont plus leurs places. L’individu doit devenir un fin calculateur, sans quoi il se fera dévorer par les plus forts. Il ne s’agit pas d’une loi de la jungle, dont le paradigme est l’animal, mais plutôt d’une loi déshumanisée, dont le paradigme est… la robotique. Car là est finalement la destination fatale de la rationalisation excessive : la transformation de l’humain en machine, programmé pour la plus grande efficacité. Et les machines qui ne fonctionnent pas iront directement à la casse (cela s’appelle « pôle emploi »).

C’est sur ce socle que repose le brutalisme contemporain.

Expérimentation, créativité, sensibilité, spontanéité, sincérité, repos, quiétude… Tout cela n’a plus sa place dans un cadre rationnel.

Le brutalisme, conséquence d’une société de spectacle

             Selon Guy Debord, « le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisées par des images » (dans La Société du spectacle). La violence se fait désormais par l’image et le paraître, violence symbolique qui organise les rapports sociaux. Le dialogue devient communication, l’être devient l’avoir, l’apparaître devient paraître.

Les individus ne vivent plus qu’à travers des images qui les formatent, obéissant à des archétypes préfabriqués imposés par les médias (eux-mêmes vecteur du paradigme dominant). Là encore, l’aliénation est constante, les individus souffrent de ne plus se reconnaitre eux-mêmes. L’image préfabriquée décale le réel, alourdit les rapports, empêche toute sincérité. Être est devenu un faire-semblant.

De plus, les médias et les réseaux sociaux ne nous rapprochent pas, ils nous éloignent les uns des autres, car tout devient spectacle, représentation. Nous devenons spectateurs de notre propre vie.

Les médias actuels (quels qu’ils soient) ne cessent de nous proposer un catalogue de modèle de vie, sans cesse renouvelé. Les existences ne sont plus que des prêts-à-porter. Les individus choisissent des existences préfabriquées, aussi solides et originales qu’un meuble Ikea. Et si nous meublons aussi facilement notre vie selon ces modèles préfabriqués et aseptisés, c’est bien pour combler un vide.

Le brutalisme ou le déni d’une crise existentielle

Depuis le XVIII-XIXème siècle, les idoles ne cessent de tomber: religions, figures d’autorité…. Cela est une bonne chose, si ce n’est qu’au lieu de construire sur des bases saines, nous avons préféré combler les vides avec tout et n’importe quoi sous la mouvance d’angoisses existentielles.

Car c’est peut-être là la principale définition du brutalisme: le brutaliste a peur du vide. Il est un boulimique existentiel, qui croit combler des vides et des angoisses en consommant ou en débattant sans cesse.

L’indifférent qui ne pense qu’à sa réussite personnelle, ou le fanatique qui se réfugie aveuglément dans des causes qu’il ne médite pas ont ceci en commun: ils se débattent pour maintenir la tête hors de l’eau.

Face à la peur du vide ou la peur de sombrer en eaux profondes, il y a plusieurs attitudes:

  • Se maintenir à la première planche. Ces gens-là trouvent une bouée de fortune à laquelle s’accrocher, et ils n’en démordent pas. C’est ainsi que certains vouent leur existence à leur travail, le travail étant leur planche de Salut.
  • Nager dans le vide (c’est là qu’on retrouve davantage les brutalistes). Quand on ne maîtrise plus rien, quand on est soumis à l’inévitable, on préfère bien souvent se débattre. Se débattre consiste à agir sans cesse et sans fin, faire du bruit, crier le plus fort.

Nous sommes en effet comme des naufragés en eaux troubles et les brutalistes épuisent toutes leurs forces à bouger chaque muscle dans tous les sens afin d’éviter la noyade.

Les brutalistes se débattent sans cesse dans un monde qui leur échappe ou les dépasse, ou ils tentent de se raccrocher à la première planche.

S’ils veulent sans cesse faire du bruit, c’est pour crier leur mal-être, un dernier cri agonisant avant une fin inévitable. Leur volonté n’est pas celle d’un constructeur, mais plutôt celle d’un kamikaze. Le brutaliste est un condamné à la peine capitale qui dans le couloir de la mort croit qu’il a le droit de tout s’accorder comme dernière volonté. De là découle une situation d’urgence: le brutaliste est un homme pressé. Il faut éviter ce qui prend trop de temps, ne pas hésiter à user de raccourcis. Les techniques élaborés depuis un demi-siècle répondent à cette urgence, et nous ne parlons pas de l’évolution des transports, mais des différents dispositifs mis en œuvre, que ce soit dans le monde du travail, dans les usages de la communication, ou de la vie de tous les jours.

Le brutaliste n’a pas forcément peur de la mort, il a surtout peur de l’oubli, il a peur qu’on l’oublie. Il mène alors une vie à triple vitesse, dont le but est de laisser sa marque, son empreinte, ou au moins de se donner l’impression que sa vie a eu une certaine valeur, valeur qui se mesure à la richesse, aux privilèges ou aux actions accumulées.

Le brutalisme par naïveté, manque de créativité et d’enthousiasme

Les tenants du brutalisme, ceux qui considèrent que la révolte passe par la violence, que la liberté des uns ne peut qu’empiéter sur celle des autres, que la seule façon de ne pas se faire manger, c’est de bouffer l’autre, que les bonnes intentions sont vouées à l’échec, que la politesse et la courtoisie sont dépassées (sauf s’ils sont utiles)… ceux-là font preuve d’une grande naïveté, se laissant enchaîner par leurs inclinations les plus viles et les plus égocentrées. Ils ont la naïveté de voir le monde comme une jungle ou comme une grande machinerie, ils ont la naïveté d’imaginer que la liberté est absolue, synonyme de « je fais ce que je veux », et qu’au nom de cette prétendue liberté, on peut porter atteinte à celle des autres. Ils visent à dominer un environnement qu’ils ne maitrisent pas, ou tout de moins visent à ne pas se laisser détruire par cet environnement dont ils ne sont pas maîtres. Les brutalistes alternent entre coup d’éclat spectaculaire et indifférence générale. Ce sont leurs deux principaux modes d’être. Ils n’entrevoient pas d’autres possibilités ou formes d’actions.

Dans l’urgence de l’existence qu’ils mènent, il n’y a plus de place pour la créativité, l’expérimentation, la réflexion. Tout ce qui échappe aux « modèles » prédéfinis est à proscrire. Ce qui n’est pas ambitieux, ce qui ne vise la réussite, ce qui n’est pas lutte ou spectaculaire,  n’intéresse pas le brutaliste.

 

Quelques exemples du brutalisme dans divers contextes

 

→ le brutalisme dans les commentaires des articles sur le net :

Ils sont extrêmement nombreux, très faciles à repérer :

http://reseauinternational.net/2013/12/19/liste-des-arnaques-repertoriees-sur-facebook-comment-y-echapper/  ; l’article décrit les arnaques afin de prémunir les utilisateurs Facebook. Voici un des commentaires en bas de l’article  :

« carla ghiglieri 19 décembre 2013 à 15:38 Si on n’a pas encore compris que Facebook c’est l’ennemi, on merite tout ça et pire. »

Pour le brutaliste, si on fait un mauvais choix, on mérite d’être la victime d’arnaques. Donc, l’article informant desdites arnaques n’aurait aucune utilité. Autrement dit, et pour poursuivre cette logique brutaliste, si vous prenez une route déconseillée par vos proches, vous méritez d’avoir un grave accident…

Géraaaaard :Quel bordel dans certaines familles. On s’étonne que des gamins soient à côté de la plaque.

Benoît Brisefer répond à Géraaaaard : Encore un adolescent qui croit à la famille idéale. Misère des bisounours…

Donc, selon le brutaliste, il faut abandonner l’idée que ce ne soit pas le gros bordel dans certaines familles (la famille idéale est selon lui la famille banale, sans trop d’histoire). Le brutaliste est extrêmement fataliste au point d’en rejeter l’idée même de famille « normale » : pour lui tout est chaos sur le champ de bataille. Il est misérable de penser qu’il puisse exister des familles banales, il faut de l’action!

→ le brutalisme dans les articles de journalistes :

L’article critique un documentaire sur deux hommes adoptant des jumeaux. Le film est émouvant, tendre comme souvent bon nombre de documentaires sur la maternité/paternité, qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle. L’inverse n’existe pour ainsi dire pas, tout simplement parce il doit être assez difficile de trouver de mauvais parents attendant avec haine leur enfant prêt à être filmé en train de le secouer.

La journaliste critique abondamment le documentaire, car il est trop « tendre », or un documentaire se doit d’être réaliste, et tant de tendresse n’est pas réaliste selon son opinion.

Jugez par vous-même:

« Prière de s’attendrir

Le style nouveau est arrivé: c’est une forme de réalisme-socialiste adaptée au despotisme doux d’aujourd’hui. Au lieu des ouvrières au sourire éclatant sur fond de kolkhoze et de moissons blondes, on a un couple gay au sourire ému sur fond de pouponnière. Mais c’est la même imagerie naïve, le même triomphalisme porteur des lendemains qui chantent. François, Jérôme, Colleen, la mère porteuse, et tout leur entourage existent vraiment. Ils sont les modèles et les héros de ce chromo radieux. Radieux, comme le sourire du médecin. Radieux, comme le sourire du juge qui délivre les passeports.

Pas de pensée dans le film, pas de pulsions non plus, pas d’instincts (à peine une larme furtive de la mère). Uniquement des affects, très doux, très bons, très tendres. Vous qui découvrirez ce documentaire, abandonnez tout esprit critique. On est prié de s’attendrir. « 

La journaliste accuse ce reportage de faire de la propagande socialiste mièvre, tronquée de sa réalité. Donc forcément un documentaire « bisounours » dans lequel on serait prié de couper tout esprit critique à cause de la tendresse mise en avant. Cette journaliste aurait-elle peur de ressentir des émotions positives devant ce documentaire ? Ne peut-on trouver quelque chose de tendre tout en faisant usage de sa raison ? L’esprit critique est entre les mains de chacun, depuis quand des images lentes (si elles avaient été subliminales, ok)  aurait le pouvoir de nous en priver ? Le bonheur et la tendresse seraient selon elle irréalistes et propagandistes (surtout chez les gays apparemment). Voilà ce qu’on aura « appris  » de cet article décrié aussi par les lecteurs du figaro.

Le brutalisme des activistes et du militantisme

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-monde-des-bisounours-et-du-102494

Article très intéressant, dont nous pourrions être en accord sur certains points. Il n’empêche que les conceptions intrinsèques sont brutalistes, l’auteur défendant la violence au nom de la liberté et des idées:

 » Hélas ce n’est pas demain la veille que nos députés feront le coup de poing à la Chambre comme les Russes l’osent encore à la Douma pour défendre leurs idées même quand ils ne sont pas bourrés. La liberté de penser, la vrai, ce n’est pas la soupe de Florent Pagny pour échapper au fisc, c’est celle de Valmy, c’est celle des viticulteurs contre lesquels l’armée refusa de tirer au début du siècle dernier. Qui est encore capable de prendre des coups pour défendre ses idées, la veuve et l’orphelin, ou ses droits fondamentaux dont celui de faire chier ceux que l’on n’aime pas. Non, il faut désormais être consensuel, aspirer à une démocratie castratrice à la suédoise où il n’y a plus officiellement ni putes ni fessée. »

L’article se termine ainsi:

« Il n’est pas question de prôner la guerre civile en France, mais tout simplement de fustiger la lâcheté. »

Nous pensons tout justement à l’inverse de cet article que la lâcheté et la facilité sont du côté de ceux qui cognent tout autant que ceux qui se résignent à l’indifférence.

Stephan Hessel y est cité:

« Il faut donc acheter le petit pamphlet de Stéphane Hessel et s’indigner en bêlant. Ça ne mange pas de pain, mais toute indignation devrait déboucher sur des actes quelles que soient ses opinions et ses aspirations. »

C’est oublier que l’appel pacifique à l’indignation de Stephan Hessel a eu des effets importants dans le monde (impulsant certains mouvements) et continue encore à inspirer anciennes comme nouvelles générations. Ce que doit sans doute reprocher l’auteur à Hessel, c’est d’être un de ces bisounours qui se refuse aux révoltes violentes, ce qui est pour l’auteur de l’article un signe de « lâcheté ».

Le titre de l’article est d’ailleurs fort révélateur: « Le monde des bisounours ou le risque zéro ». Il suggère que les problèmes actuels sont dus à un excès de bisounours. Nous pensons à l’inverse que si les choses vont mal c’est justement parce que nous manquons de bisounours.

 

Empathie, respect, bonnes intentions et altruisme : les grandes maladies du siècle?

[attention, si ces prochaines lignes vous donnent envie de vomir pour raison de bons sentiments, vous souffrez sans doute de brutalisme aigu]

 

«  Bisounours. Expression destinée à dénigrer l’angélisme supposé d’un adversaire. Utilisé par l’extrême-droite pour ridiculiser la droite « molle », par cette même droite face à la gauche, et par des socialistes contestataires en direction de leurs camarades. En 2002 et 2007, ils disaient « bobos ». »

Rue 89

Les bisounours dérangent, surtout les extrêmes. Le terme « bisounours » à dessein de discréditer une idée, un discours ou une action, est diversement utilisé dans les médias, de droite comme de gauche. Mais il faut tout de même garder à l’esprit que ce terme au sens péjoratif est d’abord un abus de langage de l’extrême droite. L’extrême droite est à la pointe des raccourcis de langage, de l’anti-intellectualisme, et ce simple mot « bisounours » de son cru a eu des répercussions incroyables: aujourd’hui tout le monde l’utilise, de droite comme de gauche, que ce soit un grand patron d’une entreprise côté en bourse ou un activiste anticapitaliste. Même les militants contre l’extrémisme se sont fait une joie de reprendre ce terme, en toute ignorance de ce qu’il renvoie. Un comble. On remarque d’ailleurs que la montée des extrêmes favorise l’usage de cette expression, ce qui n’est pas un hasard.

Mais qui sont ces bisounours? Sont-ils des naïfs, des gens manquant de sérieux souffrant d’un angélisme sans limites? Des lâches qui ne veulent prendre aucun risque?

Nous voulons bien croire que ce type de portrait puisse correspondre à certains, mais en général, le bisounours n’a rien à voir avec cette caricature de mauvaise foi.

Nous avons l’habitude de côtoyer ces gens bien intentionnés que les brutalistes nomment bisounours (ou expression équivalente), et il est nécessaire de proposer un nouveau portrait de ces « bisounours » qui dérangent.

Ceux qu’on traite de bisounours ne sont pas de lâches angélistes idéalistes la tête dans les nuages; ce ne sont pas des hommes ou des femmes passifs et inactifs; ce ne sont pas des naïfs aveugles manquant « cruellement » de sérieux ou incapables de s’adapter à la réalité.

Si les « bisounours » sont malmenés, c’est parce qu’ils ne collent absolument pas au paradigme dominant qu’est le brutalisme. Ils ne répondent pas aux conventions, à l’attitude généralement admise. Ils ne visent pas la « réussite », ne sont pas mus par l’ambition, ne s’intègrent pas nécessairement dans une lutte et ne cherchent pas à produire du spectaculaire. Pire, ils font tout pour ne jamais nuire à autrui, ils évitent au possible la pensée binaire, et ils ne considèrent pas que la fin justifie les moyens. En cela, ils sont une menace pour la majorité, car ils ne rentrent pas dans le moule. De tout côté, politique, travailleur, activiste, révolutionnaire, bancaire (…) les bisounours sont rejetés.

Le bisounours s’impose des limites. Il sait que le « pouvoir faire » ne légitime pas le « faire ». Le bisounours n’a pas une vision idéalisée de l’espèce humaine. Bien au contraire, il voit très nettement le monde tel qu’il est, mais contrairement au brutaliste il ne s’arrête pas à dire « c’est comme ça ». On lui reproche tout justement de dire « ça pourrait en être autrement », et le bisounours ajouterait sans doute « et sans user de violence, qu’elle soit physique ou morale ».

Le bisounours n’emprunte pas les sentiers les plus faciles. Il ne vise pas l’efficacité. Abandonnant toute activité belliciste, il doit faire preuve de patience et d’imagination pour arriver à ses fins. Le bisounours n’est pas ce type de révolutionnaire, le fusil à la main, prenant part à une révolte de masse. Il n’est pas nostalgique des conflits révolutionnaires. Le bisounours n’est pas violent, dans les actes comme dans la parole, car il sait que cette attitude est contreconstructive, qu’elle ne fait qu’envenimer la situation. La force morale requise pour cela est sans doute plus importante que celle du plus énergique des brutalistes. La véritable force est du côté de celui qui parviendra à ne jamais frapper. Car le bisounours garde toujours à l’esprit que les bonnes intentions et les nobles causes mènent parfois aux pires dérives. Le bisounours donnerait raison à la phrase de Jean Rochefort « Nous sommes tous possiblement des monstres. (..) Il faut faire gaffe à nous ! De grandes boucheries peuvent démarrer sur un rien… ».

Le bisounours est un authentique pacifiste, le dernier des pacifistes d’ailleurs. On nous présente bien souvent dans les médias des « pseudopacifistes » que l’on nomme ainsi sous prétexte qu’ils n’ont en acte aucune violence physique. Or, bien souvent, leur violence n’est pas dans leurs poings mais dans leurs bouches. Un pacifique refuse toute violence, quelles qu’elles soient. Un individu qui n’usera jamais de violence physique mais qui ne cessera de cracher son venin ou qui sera mu par la colère ou la haine n’est pas un pacifiste, c’est un belliciste.

À noter que le brutaliste fera tout pour discréditer le pacifisme incitant à la confusion entre le pacifisme et la lâcheté (voire à la collaboration). Le brutaliste, dans ses arguments bellicistes, fait parfois référence à ces pacifistes irraisonnés de l’occupation qui prônaient la collaboration au nom de la paix. Cet anti-pacifiste primaire en oublie (volontairement sans doute) tous ces pacifistes qui se sont engagés dans la résistance bien conscients des périls et de la situation exceptionnelle. C’est là la différence entre un pacifisme idéologique, qui peut conduire à la dérive, et un pacifisme concret, jamais complètement acquis qui se construit chaque jour selon les opportunités et les périls et dont le but est de faire reculer les violences quelles qu’elles soient. Ne mélangeons pas les deux.

Pour le bisounours, il est nécessaire d’améliorer autant que possible son environnement, de le faire éventuellement à plusieurs et toujours à hauteur d’homme (et non selon un idéal inaccessible). Il vise son environnement immédiat, il sait qu’il n’a aucune prise sur le monde en son entier, mais qu’il peut toutefois changer des petites choses. Il y a donc une certaine modestie dans ses actions, et c’est notamment le reproche que certain lui font: « ce que tu fais ne sert à rien! » ou « ce que tu fais c’est du détail, tu cherches la petite bête ». Mais le bisounours est patient, et il s’appuie sur un principe tout simple aux proportions concrètes: « c’est en s’occupant d’abord des petites bêtes qu’on finira par atteindre les plus grosses ».

Avoir de l’empathie, être encore en capacité d’être choqué par des violences (physiques ou verbales) qui sont devenus banalités, voilà des sentiments qui sont de plus en plus difficiles à assumer, car perçu comme une forme de faiblesse, là où réside pourtant une véritable force morale.

Disons-le sans détour pour celui qui pratique cette empathie, ce refus de la brutalité, ces modestes contributions pour améliorer les choses, celui-là qui est étiqueté de bisounours n’est rien d’autre qu’un « être humain », ni plus ni moins (espèce semble-t-il en voie de disparition). Les tenants du brutalisme n’ont que faire de la dignité humaine, ou peu, ils font tout pour s’en séparer, et n’hésitent pas à coller cette étiquette de « bisounours » à ceux et celles qui ont encore la force de résister.

Discréditer un individu en invoquant l’argument du Bisounours, inculper l’autre de « crime de bonne volonté » ou de « crime de la non-violence » (=lâche pour les brutalistes), voilà dans un premier temps ce qu’il nous faut tous refuser.

Les révolutions à l’ancienne, c’est terminé!

Certains considèrent que lorsque l’on veut défendre des idées, lorsque l’on veut faire bouger les lignes, cela ne peut se faire sans violence. On voit de plus en plus resurgir le vieux spectre de la violence idéologique, les prêtres de l’anti-courtoisie, ceux qui prônent le droit à la soumission ou à l’écrasement au nom de la liberté, ceux qui prétendent qu’il faut se taper dans le pif pour défendre des convictions… Bref, on ne cesse de nous rappeler que des gens sont prêts à se battre, à se taper dessus. Mais pour quoi? Ont-ils véritablement un but, une visée à long terme? Ne veulent-ils pas tout simplement se taper dessus pour se taper dessus? Le brutaliste ne défend pas des causes ou des intérêts, il attaque, les causes et les intérêts lui servant de prétexte; il n’est pas homme de conviction, ses convictions ne sont que des motifs pour frapper et écraser; il n’est pas courageux, il est téméraire et impatient, avide qu’on lui donne toute l’importance qu’il croit mériter. Ce n’est pas un « fort » comme il ne cesse de le crier, c’est une brute qui se cache derrière ses apparats, un individu qui a peur du vide, qui ne cesse de se débattre dans une mer agitée qui le malmène de tous côtés.

C’est avec tristesse que nous constatons que de nobles causes dérivent trop souvent, tout justement selon ce principe brutaliste absurde que l’on n’arrive pas à ses fins sans s’imposer violemment: ceux-là mêmes qui au nom de l’humanité tuent l’humanité; qui au nom de la liberté de penser crachent sur les idées des autres; qui au nom de la paix font résonner le glaive; qui au nom de l’égalité écrasent les plus faibles; qui au nom de la prospérité, appauvrissent la majorité; qui au nom de la vie, condamnent à mort; qui au nom de quiétude ne cessent d’invoquer la peur…

La lutte acharnée est toujours la mauvaise solution, et lorsque la lutte reste la dernière solution, le dernier recours (car il y a évidemment des situations extrêmes où nous sommes contraints de lutter) c’est que nous avons auparavant manqué toutes les occasions qui nous auraient permis d’éviter cette impasse.

Ce ne sont pas de soldats ou de guerriers dont nous avons besoin, mais de bâtisseurs, de constructeurs, de créateurs, de docteurs…Bref,  on a besoin de bisounours.

Lorsqu’un bisounours cherche à améliorer les choses, les révolutions qu’il entreprend sont bien différentes de celles des brutalistes.

Les formes de révolutions sont en effet à réinventer, en prenant soin d’écarter toute inclination belliqueuse. On n’améliore pas les choses avec du ressentiment, de la colère, de la haine ou du mépris. On n’améliore pas les choses avec la nostalgie du passé. On ne peut plus, dans les pays occidentaux, se borner à cette naïveté d’un autre âge où il suffirait de renverser brutalement un pouvoir en place pour que tout s’arrange.

Les révolutions du bisounours ne peuvent pas être utopiques, car la tentative d’imposer une utopie est un projet qui, au mieux, ne peut aboutir complètement, et qui, au pire, instaure sa propre négation. De plus, les utopies sont globales et relèvent d’une idéologie qui cherche à s’imposer, ce qui nous ramène au brutalisme.

Les révolutions du bisounours se font par le bas, non en brandissant la fourche, mais en usant le langage, la ruse, la créativité, l’expérimentation. Les révolutions du bisounours sont parcellaires et modestes, nul besoin de changer le monde ou un pays, c’est son environnement immédiat que l’on doit d’abord toucher: ses voisins, sa famille, ses collègues au travail; sans oublier bien entendu de magnifiques outils tels qu’Internet qui peuvent créer une proximité où il y a éloignement, ce qui ouvre des perspectives infinies. Les bisounours ne s’incorporent pas dans des mouvements de masse, ils entreprennent des actions individuelles ou en petit groupe.

Cela paraît moins spectaculaire, plus lent dans les effets et les conséquences (d’où le désintéressement des médias qui retransmettent les grandes manifestations et autres accrochages, mais qui couvre trop peu (ou mal) les véritables concrétisations à l’échelle locale, et pourtant il n’en manque pas); cela demande plus d’efforts, une réflexion soutenue, des expérimentations qui n’aboutiront pas systématiquement…. Mais nul doute qu’à long terme les efforts portent leurs fruits, le brutaliste lui-même peut le constater, s’il daigne prendre lui-même le temps de l’observer et la bonne foi de le reconnaître.

Le bisounours ne se bat contre personne. Il ne lutte pas, il construit.

On ne peut pas demander ou impulser un changement au nom d’un contre, d’un anti, ou d’une opposition. Une opposition est la face d’une même pièce. Comment une opposition peut-elle prétendre à une véritable alternative alors qu’elle n’est que le versant opposé de ce qu’elle « combat »? La seule alternative possible ne peut être que hors cadre, en dehors de l’arène des conflits; non par réaction, mais par construction.

Nous avons besoin de concrétisation et de propositions plus que d’oppositions, car les oppositions sont condamnées au surplace, elle ne permettent pas d’avancer.

Le bisounours n’attend pas les politiques, il cherche des solutions concrètes applicables ici et maintenant.

Si les Bisounours sont minoritaires, qu’ils sont rejetés par le plus grand nombre, alors les bisounours incarnent la subversion par excellence.

Alors, amis subversifs, assumez-vous sans tabous et sans aucune honte. Assumez-vous bisounours.

Et le hacking social dans tout ça ? Est-ce un projet de bisounours ?

Au sens où nous venons de définir ce terme: oui, mon capitaine, sans aucun doute.

Il est commun de croire qu’il n’y a que deux voies possibles au changement:

Laisser faire

ou

Combattre

 

Nous suivons une troisième voie:

Expérimenter et construire

 

Cette troisième voie est celle du hacker social,

un authentique bisounours.

 


[1] Ce que nous nommons « brutalisme » n’a aucun rapport avec le style architectural du même nom.

Gull Hackso Écrit par :

Gardien de l’île d’Horizon, grand amateur de ricochet nocturne.

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81 Commentaires sur "Qui veut la peau des bisounours?"

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caligula63
Invité

Lire la suite…10 600 mots de plus!!! A minuit???
Désolé je vais attendre le lever du jour…
En plus, mettre Bisounours et Zemmmmmour dans la même phrase est un crime de lèse majesté…
Sûr, Vallsounet ne va pas être content. Vous allez avoir des ennuis…

stagiaire barbalala
Invité

Désolé, j’ai appuyé sur la mauvaise touche, c’était prévu pour demain à des horaires plus convenables. hihihi ! (ceci était authentique rire de bisounours afin de m’excuser de mon zèle nocturne particulièrement audacieux voire « entreprenant » pour une stagiaire)

caligula63
Invité

Tant qu’il ne s’agit pas d’un rire de mouette rieuse, tout va bien.
J’aime pas les mouettes rieuses.
Sales bêtes…

Véronique A.A.
Invité

Fantastique! Mille mercis!

Véronique

Equipehackingsocial
Membre

Merci, bienvenue sur le blog !

caligula63
Invité
Chers bisounours, bonsoir! C’est officiel, je viens de basculer du côté des bisounours! Argh! Dur! Comme ça, sans que je puisse me défendre. Au secours! Je rigole. Cela fait bien longtemps que je milite pour. Cela étant dit, je voudrai, votre honneur, apporter quelques petites astuces, afin de faciliter la vie de ses nounours en guimauve – dont le profil physique n’est pas sans rappeler le profil du présentateur d’Horizons. Il existe deux moyens simples et rapides pour lutter contre les brutalistes: 1- L’humour! Il n’y a rien de plus jouissif que de voir la tête d’un brutaliste qui se… Lire la suite »
Equipehackingsocial
Membre

Merci, excellent conseils comme toujours !

stagiaire barbalala
Invité

Hihihi !
>>>> barbalala du clan des barpapapa bien evidemment ! Ce sont les cousins mous, flexibles et vaguement ecolo-hippies des bisounours, par contre ils ont un probléme de contraception.

Equipehackingsocial
Membre

C’est plutôt « la barbe, ah là là » en réalité, comme le confirme son dernier message.

Karamazov
Invité

Beaucoup de vrai là dedans mais une catégorisation un peu fourre-tout.
Un misanthrope est rationnel, mais pas brutal, c’est justement parce qu’il est lucide et fataliste sur la violence de ses congénères, MAIS qu’il ne se complaît pas là dedans, qu’il est misanthrope.
Il n’est donc ni bisounours ni brutaliste, plutôt solitaire et résigné.

Par ailleurs personnellement je n’aurais pas hésité à parler de virilisme, cette attitude est presque systématiquement celle d’hommes qui cherchent à (se) prouver qu’ils sont des hommes, des vrais. Lorsque ça viens de femmes, c’est bien moins assumé et accepté.

Equipehackingsocial
Membre
C’est vrai que cela peut sembler « fourre-tout », toutefois nous n’avons pas cherché à catégoriser, ni à proposer de façon binaire deux points exclusifs que sont le brutalisme et ceux qu’on nomme « bisounours ». Si nous en donnons l’impression, c’est peut-être parce que nous n’avons pas encore nuancé. Il sera nécessaire d’affiner tout cela par la suite, mais il nous semblait essentiel de poser très tôt cette notion de « brutalisme » afin de montrer qu’il y a dans l’attitude et dans les conceptions plus de points communs qu’on le pense entre des individus qu’on oppose pourtant. Finalement, avec la notion de « brutalisme », nous… Lire la suite »
caligula63
Invité

Ah! J’ai failli oublier. La stagiaire c’est plantée, le lien [2] ne marche pas.
Ah la la…oú va t-on nous?
Encore une stagiaire bisounours.
Mais que fait la police de la pensée dominante.
J’vous l’dit, elle n’ira pas loin la petite… 😉

stagiaire barbalala
Invité

ha c parce que je suis pas formée aux liens encore. Je sais que mettre en vert les titres pour l’instant. Je demande aux boss une formation sur le champ, le probléme sera résolu d’ici un bon mois (c’est dur wordpress).

caligula63
Invité
Et encore, ne vous plaignez pas. Lorsque j’ai été invité sur Strategika, on m’a dit: « Vas-y tu est libre ». Super, je me suis dit, mais lorsque j’ai vu le tableau de bord de wordpress – juste un peu moins complexe que celui d’un Boeing – j’avoue avoir eu l’envie de faire le coup de la panne. En plus, en cherchant un peu, je suis tombé sur les brouillons, cinq si ma mémoire est bonne. Y voyant là une possibilité pour apprendre, j’ai ouvert le premier, et, ô miracle, le texte était composé de trois mots: « ALORS, ON TRICHE? » Ils n’ont… Lire la suite »
Alexandra Mathy
Invité
Oui, oui, oui ! Comme il est bon de découvrir de tels articles 😀 Voilà qui redonne courage et espoir, merci mille fois pour votre travail ! Comme vous, chère Barbalala, chers amis hackers, j’ai toujours fait mon possible pour encourager l’écoute, l’empathie et le partage au sein de mon entourage, à ma petite échelle. Ces derniers temps cependant je me sentais de plus en plus cernée et accablée par cette mode du cynisme qui semble se développer à toute allure. Quel était donc ce monde où on n’entendait plus que ceux qui grognent et qui râlent ? Comment en… Lire la suite »
Equipehackingsocial
Membre
Merci beaucoup ! C’est un vrai plaisir de savoir que nos articles puissent avoir cet effet, en espérant que les autres articles vous parlent également. A noter que question « gentillesse », ils sont de plus en plus nombreux à faire la « guerre » au cynisme : les convivialistes ( http://lesconvivialistes.fr/ ) ; là on a lu « plaidoyer pour l’altruisme » qui est également un appel très argumenté, documenté sur notre capacité à (re)devenir altruiste ; beaucoup de décroissants appellent aussi aux personnes à se re-souder, en dehors de toute autorité, être solidaire hors du circuit du travail, de la consommation etc. Nous ne… Lire la suite »
grumeau.couillasse
Invité
J’ai fait un tour sur lesconvivialistes, le fond est certainement bon mais le primaire pas du tout convivial je lui trouve un petit goût de cravate – pas la viennoiserie pâtissière/pépites de chocolat, le cache sexe d’exhibitionniste ! Je préfère la hacker’sauce 🙂 garantie pure peuple Certains lecteurs restent silencieux, c’est bon signe le hack fonctionne. D’autres réagissent simplement, on ne demande pas mieux. Avec un peu de chance on pourra vivre quelques années encore chez les Bisounours, pas seulement si les idées circulent mais surtout si JE, enfin tu ou il et elle appuient sur l’accélérateur de leur conscience… Lire la suite »
caligula63
Invité
Bonsoir, Le cynisme… Ce n’est pas un trait de caractère, ni même un état d’esprit; c’est une maladie mentale. Enfin, d’après le DSM-IV (Manuel de diagnostic et statistiques des troubles mentaux) si cher au Doc Enclocq. « Listé comme une nouvelle maladie mentale : une créativité et un cynisme au-dessus de la moyenne. Le manuel identifie cette maladie mentale comme « ODD », « désordre oppositionnel défiant » [Ndt : « oppositional defiant disorder »]. Défini comme « un comportement soutenu d’hostilité et de désobéissance », les symptômes incluent la remise en question de l’autorité, la négativité, la défiance, l’argumentaire et… Lire la suite »
lÃ
Invité

Un grand merci pour ce post, cela semble cohérent

Nielv.
Invité
Merci pour cet article très intéressant qui fait du bien. Quelques coquilles relevées ici ou là : « Cette liste de caractéristique est exhaustive » (=> « pas exhaustive » ?), « cuire épais », « où rien gratuit », « jusqu’au comportement, voir jusqu’à la tenue de travail » (=> « voire »), « Les techniques élaborés », « si les choses vont males » (=> jeu de mots ?). Sinon, vous utilisez la notion de populisme : « Le brutaliste considère généralement que la colère, la haine, le mépris, la peur, le stress, l’angoisse sont des forces sur lesquels on peut prendre élan (en politique, cela se traduit par le populisme). » Je pense qu’une réflexion commune sur cette… Lire la suite »
Equipehackingsocial
Membre
Bonjour Nielv Merci d’avoir relevé ces coquilles, on va corriger ça. Pour le terme « populisme », il est vrai que nous aurions du définir ce que nous entendions par là afin qu’il n’y ait pas d’amalgames ou de mauvaises associations. Tout d’abord, soyons clair, nous dissocions populisme et populaire. Nous allons même jusqu’à penser que ce qui est populaire ne peut être populiste, et inversement. Voilà donc la définition du populisme qu’est la nôtre, ou du moins tel que nous l’avons pensée dans ce présent article. On peut parler de populisme d’un discours qui vise à entraîner un grand… Lire la suite »
Supertraducteur
Invité

Petit commentaire que j’écris avant d’avoir fini l’article mais en ayant fini la vidéo de Zemmmmmmour…

« Putain que ce mec est con »,

furent les quelques mots sortis de ma bouche sans que je ne puisse les y retenir. Alors comme ils semblaient vouloir sortir, autant les partager ici. (Et désolé pour le langage…)

caligula63
Invité

« Putain que ce mec est con »,

Je trouve ça un peu réducteur, non?
Sinon, bienvenu au pays des Bisounours!

Viciss Hackso
Admin
@supertraducteur et @caligula ; J’avais oublié qu’on avait mis une vidéo de zemmour ici… Oui comme dis Caligula, on est des bisounours ici et « con » est un titre réducteur qui ne cible pas la totalité, l’ampleur du problème, mais je comprend tout à fait qu’on puisse avoir une réaction de la sorte, sur le vif. J’ai du en faire de même quand j’ai entendu ça… après j’ai offert mon attention et mon écoute à d’autres individus plus intéressants. Histoire de conclure avec cet individu, qui au vu de l’actualité et de l’effet streinsand va surement attirer encore de réactants (ce… Lire la suite »
LIETARD
Invité

A croire que les idées circulent (dans l’idéosphère !). Je me suis faite cette réflexion il y a peu : « et pourquoi ce serait « mal » de penser « bisounours » ?  » et je découvre que vous venez conforter ce point de vue ! Merci pour ce sujet que vous su si bien développer.

Sam
Invité
J’ai beaucoup aimé cet article qui pointe bien l’atmosphère ambiante nauséabonde. Cet article résonne fort bien aux idées placardées en ce moment…je ressens une énorme violence symbolique…et des idées sommes toutes positives (comme « la liberté d’expression, la laïcité » sont transformées à des fins violentes, sournoises et dangereuses). Sans parler de la compétitivité, de ‘l’assimilation’, des « devoirs », de la « laïcité » (qui n’est pas à la base un mot péjoratif mais qui, dans la manière dont on l’utilise, peut l’être), « Je suis Charlie » : et si tu n’es pas, tu peux être accusé d’être un hors la loi ou un collabo djihadiste… »liberté… Lire la suite »
barchland
Invité

Merci

trackback

[…] monde qui n’est pas celui des bisounours ». Comme l’a parfaitement souligné le très bon blog Hacking-Social, un monde qui considère désormais la bienveillance comme le comble de la ringardise est un monde […]

Carillo
Invité

Merci pour votre article. Je revendique être une bisounours et en lisant tout ceci je me sens normale!!!!je suis touchée par ce qui est dit, de sentir que l empathie n est pas un handicap social.merci

deepnofin
Invité
Merci pour cet article… Et pour ma défense quant au commentaire de tout à l’heure : j’avais une bien mauvaise définition du mot  » Bisounours » … Je croyais que ça définissait le stéréotype des personnes qui croient en tout ce que racontent les médias, et qui sont totalement inconscients des grandes manipulations dont on est tous victimes, par ignorance ou par peur d’affronter une réalité qui dérange. J’ai un proche qui est comme ça, et qui considère qu’on va dans la bonne direction, que ça pourrait difficilement être mieux pour l’Humanité… Bref, il aime ce système, et jpensais que c’était… Lire la suite »
TchipTchip
Invité
Je me retrouve à la fois dans vos définitions du bisounours et de la méchante brutaliste révolutionnaire… Les deux seraient-ils compatibles? Il me semble évidemment important de construire et/ou de participer à des alternatives et je le fais dès que possible, cependant, je ne pense pas que cela puisse changer le monde durablement et surtout de manière radicale (comprendre mettre fin au capitalisme, créer une société juste et égale, etc.). De plus, je pense que l’idée même d’État est incompatible avec l’égalité, puisqu’elle instaure une hiérarchie entre les individus. Et l’État ne détruira pas de lui-même avec le seul hacking… Lire la suite »
Geo Sao
Invité
Bonjour, Je découvre chaque jour un ou plusieurs articles. Celui-ci est actuellement celui qui m’a le plus ému. Ce n’est pas que je pensais être seul comme ça, mais effectivement le rejet du bisounours, je l’ai connu. Toute la description du bisounours dans son intégralité me correspond. Ce n’est pas de la fierté de l’être que je ressens, mais simplement de la compréhension. Votre blog m’aide à mettre des mots sur des idées, à partager mes idées et bien sur à me goinfrer de vos idées (c’est fou, le partage ça marche dans les deux sens)! J’ai parfois, souvent, des… Lire la suite »
Equipehackingsocial
Membre

On est très content que notre contenu puisse être ainsi partagé ! Merci pour tous tes commentaires 🙂

ApprentisAnonyme
Invité

Je doit avouer que je penchais du coté des brutaliste un tout petit peu, pardonnez mon manque de reflexion sur ce sujet, je m’etais fait « contaminer » par ces idée que la société m’as imposé.

C’est donc avec joie que je remercie l’equipe hacking social.

[liberalisme|jean michel|auras|rienavoir|nekfeu le petit|gurwan bruno|cactuz}
Invité

quelle chance pour nous autres « ultralibéraux »… j’imagine que vous 67967 cautionnez ça aussi http://stopliberalisme.wordpress.com/2015/08/24/la-propagande-mondialiste-defend-la-liberte-sur-le-net/

Viciss Hackso
Admin

Non. On a strictement rien à voir avec le lien que tu as donné.
Ce blog m’a l’air sérieusement atteint… Cependant j’ai pas mal ri au titre  » le black metal cheval de troie du satanisme néolibéral » 😀 sérieusement, vous croyez pas à ces délires ??? On dirait une sorte de Gorafi version parano-nationaliste ; je cite « Quelle honte [le métal] pour la France, Nation Éternelle et Millénaire qui scintille de milles feux. » 😀 bon je pense vraiment que c’est une espéce de Gorafi, on peut pas écrire ça avec sérieux.

Le Polybe
Invité

Oh non pas le Métal 😮 !!!!!! pas encore c’est quand même dingue pourquoi le Heavy Métal est le plus moquée de tous les genres de musiques (www.acrimed.org/article4725.html). Fichez nous la paix quoi !!!! franchement une « menace pour la Nation, les traditions et la civilisation ».

Tiens Satan, Cthulhu, Khorne et peut-être Bouddha réunit va punir ces hérétiques de ce blogue à la c***. 😉
Prenez ça Fumiers : https://www.youtube.com/watch?v=9dqkmPI2JlM (C’est tout récent 🙂 ).

Signez un fervent gentil admirateur de ce genre de musique.

Naïs
Invité
Très bon article qui résume bien la situation. Malgré tout, j’ai une petite remarque : j’ai l’impression en lisant que vous mettez les « brutalistes » dans une catégorie en en faisant presque des monstres, des personnes sans sentiments, sans émotions, sans tout ce qui caractérise un être humain. Or, à mon avis, ils restent des êtres humains comme les autres, même si leur trajectoire sociale les a conduit à avoir ce comportement, cette conception du monde, qui en effet est néfaste pour tous. Je pense que dans l’histoire ils sont aussi des victimes, et qu’il faut essayer de les comprendre sans… Lire la suite »
Orphée
Invité
Si les bisounours étaient les jedis et les brutalistes les siths, alors je serais sûrement Dark Revan (ou en tout cas un révanite), comprenne qui pourra. Plus sérieusement, et pour reprendre des termes utilisés plus haut, votre propos n’est-il pas un peu trop  »fourre-tout » ? Je veux dire que personnellement, je défends certaines valeurs et conceptions, et je veux lutter (au sens d’imposer ma volonté à la réalité, pas au sens de détruire) pour que ce que j’estime être Juste et/ou Bon finisse par devenir vrai. La violence n’est pour moi qu’un recours comme un autre, à ceci près que,… Lire la suite »
Zayanne
Invité

Merci ça me fait un bien fou de lire cet article !

Nicklaus
Invité
Y´a juste un p´tit truc qui me gêne, c´est qu´à un moment vous décrivez le brutalisme comme un excès de rationnalité. Or, parce que des individus peuvent se montrer froids et calculateurs ne veut pas dire qu´ils sont rationnels, et on peut être bisounours et rationnel. Je pense même qu´il faut faire preuve dún maximum de rationnalité pour ne pas se laisser influencer par les manipulations, les intimidations et les conventions sociales irrationnelles justement. Enfin, être rationnel peut aussi inclure l´altruisme, l´éthique, et si cela implique de ne pas se laisser emporter par les émotions, ça ne veut pas dire… Lire la suite »
Kinemu
Invité

Cet article me rappelle vraiment ce beau court métrage : https://www.youtube.com/watch?v=mPZBTfX3vqU
Il ne dure pas longtemps et vaut vraiment le coup 🙂

Viciss Hackso
Admin

Oui en effet ! Merci pour le lien, c’est un beau court métrage.

Lolorenzo
Invité

Combien de fois avez-vous lu « buraliste » et pas « brutaliste » ?

LOL

Ellamira
Invité

Cet article doit être excellent, il est en top des articles les plus lus !!

Manipulation? Complot? Reptiliens franc-maçonniques?


Exploitation de preuve sociale ?????!!!

Alix
Invité
Alors vous, je vous aime ! Si, si, étant également une bisounours, je n’ai pas peur de le dire ! Et j’aime les synchronicités de la vie vu que j’ai écrit hier, un très court article sur ce même thème mais avec une autre approche (https://etsisite.wordpress.com/2016/02/27/et-si-nous-vivions-dans-le-monde-des-bisounours/) et que je tombe sur vous via le projet On Vaut Mieux que ça… Je vous aime d’autant plus que je réfléchis beaucoup beaucoup ces temps-ci aux alternatives à la révolution, à l’opposition (puisqu’en étant contre qqun ou qqchose, on le fait exister et on lui donne du pouvoir –> on perd de notre… Lire la suite »
trackback

[…] NB2 (oui, j’aime les notes) : je viens de trouver cette article très complet sur les bisounours pour qui souhaite poursuivre la réflexion : http://hacking-social.com/2014/01/15/qui-veut-la-peau-des-bisounours/#comment-3006 […]

trackback

[…] Hacking Social – Qui veut la peau des bisounours ? […]

CherieBB
Invité

Bonjour à tous et toutes,

Je tenais simplement à vous remercier pour le travail fourni.

Votre blog et vos vidéos sont un outil formidable et salutaire à partager sans vergogne.

Bravo à vous tous les hackers sociaux et (re)merci.

CherieBB

(ce commentaire n’est absolument pas constructif j’en ai conscience mais un petit merci ça ne mange pas de pain)

John Arktor
Invité
Salut, Vous me voyez dans une position difficile… Comment réagir lorsqu’en lisant les critères du brutaliste, à mon corps défendant je me reconnais dans une majorité de ces critères ? Je ressens ce que vous dites ici avec beaucoup d’intensité, car je me trouve dans beaucoup de situations où je suis en position de faiblesse, de minorité, avec des idées et des idéaux divergents, et de fait mis à l’écart. Je ressentais, jusqu’à présent sans savoir mettre de mots précis dessus, les phénomènes que vous décrivez ici et dans le reste du blog (société brutaliste, manipulations, etc.). Je serais donc… Lire la suite »
Viciss Hackso
Admin
Merci pour ton commentaire qui est très intéressant, cela m’éclaire sur pas mal de points ! « Comment changer ? Comment mettre en cohérence mes idéaux, qui sont les vôtres, et que je juge bons, et ma personnalité dans le monde réel ? » Alors ce n’est pas ta personnalité que tu décris là, mais une attitude, une mentalité. Je fais la distinction parce qu’autant la personnalité est très difficile à changer (par exemple, impossible de rendre un extraverti introverti et inversement), autant la mentalité et les attitudes, cela change, cela peut se travailler. Je n’aurais qu’une idée a te proposer : teste:) Teste… Lire la suite »
John Arktor
Invité
Merci beaucoup pour ta réponse. C’est très gentil tes conseils. J’allais dire « tu peux pas savoir » mais en fait je pense que si, donc « tu peux pas savoir » à quel point c’est effrayant de se savoir ainsi, à la fois brutalisé et brutaliste. C’est une prise de conscience pas évidente. J’ai beau avoir l’habitude de vivre avec ma personnalité paradoxale parfois parfait gentil, souvent connard énervé, toujours passionné et idéaliste…) , je n’avais jamais été capable de vraiment mettre des mots concrets dessus. Et tu sais ce qu’on dit : les mots créent la pensée, d’une certaine façon. Bref, Merci… Lire la suite »
Viciss Hackso
Admin
Alors te dévalorise pas, là tu as eu une sacré prise de conscience, c’est un acte énorme en soi déjà d’être capable d’avoir du recul sur son attitude !Tu as fait le plus dur à mon sens. Là il est n’est plus question de mots, vu que tu les as déjà trouvé par toi-même. Maintenant, il faut juste que tu donnes des preuves concrètes d’être capable d’avoir des comportements tel que tu souhaites en avoir. Faut commencer par de toutes petites choses, comme dire un mot sympa au caissier en partant (rien qu’un bon courage sincère, yeux dans les yeux, ça… Lire la suite »
Nicolas
Invité
J’aimerais insister sur un point évoqué plus haut : si tu réponds par l’énervement, tu te décrédibilise, toi, mais aussi ta cause. Du coup, non seulement ça ne fait pas avancer les choses, mais ça peut même les faire reculer. Tu parles de tes débats sur le mariage pour tous : imagine tes interlocuteurs, te voyant enrager, se mettant à penser que tous les LGBT et leurs défenseurs sont de hystériques, et se confortant dans l’idée que eux sont des gens stables, par opposition, et qu’ils ont raison de dénigrer les premiers. Et en gros si tu leur donne une… Lire la suite »
garbala
Invité

Nicolas, tu m’as faite hurler de rire. Parce que t’es pile-poil dans tout ce que le site prône, version manipulation-pour-voir-si-ça-marche ! Ah j’ai marché, ça oui. Maintenant, il en est hors de question. Vous n’avez pas encore compris que tout ça c’est une expérience ? A échelle humaine, et vous en êtes les cobayes ? Sérieux.

Equipehackingsocial
Membre

@nicolas : Je plussoie tout à fait ce que tu dis, tout particulièrement l’expression des émotions, très importante, merci d’avoir préciser ce point.

@garbala : c’est quoi cette expérience ? Elle porte sur quoi, est menée par qui ? Je n’ai pas compris tes sous-entendus, merci d’expliciter pour tout le monde.

terranova
Invité
Juste une question (enfin plusieurs) en posant ces questions ici pour changer, toi, tu veux te changer toi. Erreur fondamentale, si je puis me permettre, sans vouloir offenser personne. Justement le but est de vivre en tant que toi, mais sans doute avec moins de réactions « brutalistes » comme décrites, tu retrouveras exactement la même chose dans bien des philosophies et religions, pourquoi vouloir te modeler ? « Cela peut se travailler » je suis navrée, je m’interpose, cela revient à de la manipulation. « Vous êtes économe, vous allez devenir généreux ! » (pour vraiment généraliser l’idée) Jamais de la vie. Nous sommes des… Lire la suite »
Equipehackingsocial
Membre
Alors je te rappelle une définition « La manipulation mentale est l’ensemble des tentatives utilisées pour fausser ou orienter la perception de la réalité d’un interlocuteur en usant d’un rapport de séduction, de suggestion, de persuasion, de soumission non volontaire ou consentie. Quand ce pouvoir ne s’exerce pas sur un objet, mais se rapporte au contrôle psychique d’une personne, on parle de manipulation mentale » Donc, en quoi quelqu’un qui décide lui-même d’être moins agressif parce que cela lui pose problème est de la manipulation ? C’est sa décision, c’est lui qui la mettras en œuvre ou non selon ce qu’il décide,… Lire la suite »
charlie
Invité

Purée…. merci pour cet article!!! J’ai eu l’impression de lire ma description, bisounours forever!!!!

Merci, des centaines de fois!!!! çà m’a redonné espoir!!!!

Tunkasina
Invité

Question benoîte : Aux prises avec un brutaliste par un débat, quels serait les ressorts potentiels permettant de faire évoluer son mode de discours ?

Autrement dit, le brutalisme génère et créé un point de vue, mais ce point de vue n’est plus en dehors du brutalisme – quels mots sont utilisable pour éviter de renforcer le brutalisme lors d’un échange ?!

Viciss Hackso
Admin
Sortir du débat 🙂 La forme du débat d’arguments augmente les opinions du brutaliste, c’est une forme d’arène, donc généralement il peut vraiment beaucoup aimer écraser l’autre de ces arguments et ne pas écouter, ou s’appuyer sur les autres arguments pour renforcer les siens. Donc le débat, c’est vraiment pas la circonstance pour l’aider à sortir du brutaliste. Pour le calmer, cela se fait hors débat, dans des situations loin de l’argumentation. Si ton brutaliste est sur le net, ça va être difficile de faire quoique ce soit. Par contre si c’est un collègue de travail, il y a plus… Lire la suite »
Zarathoustra
Invité
Article intéressant, notamment sur la partie décrivant les brutalistes (que je cotoie très certainement au quotidien, et je suppose que dans certains cas j’adopte certaines de leurs pratiques sans le réaliser…). Un point qui m’a beaucoup surpris est cette définition particulière du « bisounours », assez différente de son emploi dans mes cercles d’amis/collègues/fréquentations. J’ai eu l’impression que dans votre description le bisounours est plutôt éclairé sur la réalité de la société, son entourage, son entreprise, mais reste par conviction dans une attitude positive et constructive. Dans mes cercles, le terme est plutôt employé pour des personnes manifestant un déni de réalité,… Lire la suite »
Mangatd
Invité

Superbe article très intéressant. On peut s’amuser à détecter les brutalistes autour de nous grâce à sa lecture. 😀

Petit conseil : quand vous faites des citations, on peut remarquer que le texte est noir (ou marron très foncé ?) sur un fond bleu foncé. Le texte gagnerait en lisibilité en étant en blanc (comme quand vous citez Rue89). En fait, d’une manière générale, pour la lisibilité, un texte foncé doit être sur un fond clair et inversement.

Viciss Hackso
Admin

Merci !
Alors oui, pour la mise en page des citations, tu verras que sur les derniers articles publiés le texte est blanc et le fond bleu ; nous avons souvent déménagé et réaménagé le site depuis cette article, je n’ai pas forcément eu le temps de vérifier tous les articles et leur bonne conformité avec la template actuelle, je vais modifier cela sous peu 🙂 Merci d’avoir prévenu ce bug !

Furet
Invité

En même temps, les Bisounours, c’est un peu sur-évalué : https://www.youtube.com/watch?v=ITX3eDUWdlg

Aurore Bdt
Invité

Cet article me rappelle fortement l’ouvrage de Christopher Lasch, La culture du narcissisme. Ce que vous appelez brutalisme, il l’appelle narcissisme.

Punkinpie
Invité
Bien le bonjour, Je voulais juste vous faire remarquer les quelques fautes d’orthographe et tout petits problèmes de typo que j’ai vu en passant afin que vous puissiez les corriger si vous voulez. Dans « Comment identifier les brutalistes ?  » est pour Ces raisons considérÉ : « […] quelqu’un qui semble « tranquille », jamais « stressé » est pour ses raisons considérer comme un feignant, un mauvais bosseur. » guillemet inversé : « Le brutaliste est partisan de » la fin justifie les moyens ». » sont des forces sur lesquelLEs : « Le brutaliste considère généralement que la colère, la haine, le mépris,… Lire la suite »
ARg
Invité

C’est marrant de voir à quel point cette conception du monde anti-bisounouriste implique qu’un bisounours a une combativité contredisant exactement le manque de force d’âme qui lui est attribué. Dans un monde de brutes le bisounours est de fait le guerrier le plus intrépide qui soit 🙂

Cageot
Invité
Un superbe article, qui fait un super pense-bête à se coller sur le front chaque fois qu’on se balade sur internet. J’ai souvent envie de le glisser (avec le dernier publié) sous le coude des internautes les plus jeunes, ou même ceux qui sacrifient sur l’autel de l’humour pas mal de savoirs-vivre élémentaires. C’est dommage d’avoir à constater que ces comportements sont entrés dans les moeurs. :-T C’est pas pour rien que beaucoup (trop) de personnes sortent du collège pour allez en hôpital pédopsychiatrique: il y a un fossé énorme entre ce que l’enfant et l’adolescent se voient rappelé au… Lire la suite »
Lemona23
Invité
Je me considere comme une bisounours seulement pour moi l’etre humain est assez complexe pour le diviser dans ce schema binaire . J’ai personnellement l’impression d’etre un’imposteur et qu’on est jamais assez bisounours . J’ai l’impression que mes sentiments  » nobles » ne sont que mensonge et qu’une facon de me donner une bonne image de moi . Peux etre suis je trop dur avec moi meme . Mais par exemple j’ai un defaut j’aime avoir raison pourtant je ne me considere absolument pas comme une brutaliste . Votre article m’a fait pas mal culpabiliser et meme psychoter sans doute est… Lire la suite »
il cherche à s'améliorer
Invité
il cherche à s'améliorer
Bonsoir ou bonjour à celui à celle qui va lire ce commentaire destiné à l’auteur de l’article. J’espère pour commencer que le commentaire ne sera pas banni, il est respectueux mais subversif d’une certaine façon et je préviens qu’il parle de religion et de dieu qui sont des sujets tabous en général mais je pense que je suis respectueux même si mes opinions ne sont pas sympathiques. Nous somme le 5 janvier 2017. Depuis longtemps, je regarde les vidéos intelligentes de la chaîne horizon-gull, je découvre aujourd’hui aux alentours de minuit son blog, j’ai lu le début de l’article et… Lire la suite »
Cageot
Invité
Un très joli commentaire qui aborde des thèmes qui me touchent. Je préfère néanmoins me dire que si une religion originelle a pu exister, elle s’est perdue dans les traductions, les échanges, les retouches qui y ont été amenées à des fins diverses. Aussi, si les autres se trompent selon nous, nous sommes possiblement tout autant dans l’erreur. Si vérité il y a, elle doit être cherchée à la jonction de ce que nous avons en commun, et tenter de créer ou découvrir ce commun. Nous devons chercher à nous comprendre nous humains dans ce que nous avons de plus… Lire la suite »
John Arktor
Invité
Comme si la croyance était autre chose que la cause profonde de tout ce qui rend l’humain minable et pathétique. Je ne vais pas être très sympa ici, mais je vous le dis tout de go : vous me faites pitié, vous les croyants, à « croire » en vos chimères, à croire que vos belles intentions et vos prières vont changer le monde, alors qu’elles ne font que le rendre encore plus mauvais et plus soumis. Non, vous ne me faites pas pitié, vous me faites vomir, vous représentez tout ce qui ne va pas dans ce monde. Et pas que… Lire la suite »
Cageot
Invité
https://m.youtube.com/watch?v=yGL_LJosToY Une petite vidéo qui fait une belle ouverture à Kuhn (son essai sur les révolutions des structures scientifiques), que tu as peut etre déjà pu lire, vu le temps que j’ai mis à te répondre (j’espère d’ailleurs qu’une réponse aussi tardive ne te dérangeras pas). Pour des ouvres plus « humaines », tu as aussi des sociologues comme Hoftede et E. T. Hall, qui devraient etre plus faciles à trouver. Tout ca pour dire que tout le monde se construit ses grandes lignes de conduite en fonction de son vécu et de ce qu’il peut imaginer du monde, quelle image cohérente… Lire la suite »
John Arktor
Invité
C’est gentil de prendre le temps de développer. J’apprécie. J’ai néanmoins la nette impression que tu cherches à me convaincre de changer mes positions. Ce qui n’est pas parmi les attitudes qui sont le plus pour me plaire. Que ceci soit noté. Moi, je ne fais rien d’autre qu’exposer mon opinion. Convaincre ne m’intéresse pas. Chacun, tant qu’il n’empiète pas sur ma liberté, pense ce qu’il veut. Je me permets de préciser que chercher à me convaincre que j’ai tort est un exercice qui flirte avec la limite de ce que j’estime attenter à ma liberté. Prudence donc. La religion… Lire la suite »
trackback

[…] de notre interlocuteur, c’est la peur. La méfiance. Comme si on croyait, au fond de nous, que « les autres » nous veulent forcément du mal (de base et par principe). Mais si je ne suis pas « malveillant par réflexe », et que je fais […]

natacha
Invité

Bonsoir!

Je n’ai pas encore lu la totalité de l’article. mais je me suis aperçue qu’il me manque du vocabulaire pour tout comprendre…. « introjection » par exemple, même après recherche j’ai l’impression de passer à côté d’une notion clé pour tilter le truc. On pourrait pas mettre en place sur le site un glossaire des termes techniques scientifiques des sciences sociales. Un truc collaboratif ou on peut participer…une sorte de wikipédia plus précis et centré sur les sciences sociales….. ou peut etre que ca existe déjà?…
Ah oui si quelqu’un peut éclairer ma lanterne sur « introjection », aussi…
merci

Viciss Hackso
Admin
Alors je ne sais pas où tu as vu ce terme dans l’article (peut être dans un autre?), en fait je ne vois ton commentaire que dans mon interface admin c’est très mystérieux (edit : non en fait c’est bon, je le vois 🙂 ) 😀 Quoiqu’il en soit le terme « introjection » peut être issu de la psychanalyse (mais c’est rare que nous l’employons sous cette forme), c’est un mécanisme de défense où pour le dire rapidement, on incorpore des choses extérieures comme soi ; en psychologie sociale et positive, notamment dans la théorie de l’autodétermination, des introjections sont des… Lire la suite »
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