[interview] Horizon Gull, par Nil Sanyas

Nil Sanyas est un journaliste citoyen et indépendant, il a interviewé Gull ; nous retranscrivons ici l’interview :

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Un grand merci à tous mes généreux mécènes.


Comme désormais toutes les semaines, une interview d’un YouTubeur francophone est publiée sur ce blog, ceci peu importe le niveau de sa notoriété et son domaine. Le concept ne change pas : 30 questions, toujours les mêmes, sont posées à un ou une vidéaste. L’objectif est à la fois d’en connaitre plus sur l’interviewé(e), et en même temps de lui permettre de parler de sujets de fond qu’il ou elle n’a pas l’occasion d’aborder dans ses vidéos ou même ailleurs. Notez que le terme de YouTubeur ne limite pas les interviews aux utilisateurs de la plateforme de Google, néanmoins, cette dernière captant la plupart des créateurs de vidéos, on peut aujourd’hui aisément prendre ce raccourci.

Aujourd’hui, l’interviewé de Votre Journaliste n’est autre que le créateur de la chaîne Horizon Gull. Ce YouTubeur, qui se fait appeler Gull Hackso, dénote dans le web francophone en proposant des vidéos voulant aider la population à ne pas se faire manipuler, ceci au sens large. Des manipulations médiatiques à l’obsolescence programmée, en passant par les odeurs artificielles dans les magasins, Horizon a pour principale objectif de faire du « hacking social« , comme Gull l’explique très bien dans cette interview.

Mes précédentes interviews de YouTubeurs francophones : Pouhiou Noénaute, Nota BeneCode MUTimothée Hochet, Le StagiriteScilabus, Florence PorcelMr Pianitza, Dirty Biology, Ginger Force, Un Drop Dans La Mare, Les Revues du MondeDavid Chabant (Ganesh), Albert de Terre, Epic Teaching of the History, Tyllou, Superflame, Riog (Pour La Petite Histoire et La Minute Science), Histoire Brève, PuNkY et Vled Tapas.


1. Comment t’appelles-tu et où vis-tu ?

Je m’appelle Gull Hackso (c’est mon pseudo). Eh oui, j’aime l’anonymat, je vais jusqu’à porter la cagoule, non pas par paranoïa, mais tout simplement parce que je préfère cloisonner mes activités sur la toile par rapport à ma vie loin de l’écran.

Où est-ce que j’habite? En France, dans l’ouest, pas loin des côtes, d’où les paysages récurrents de l’océan atlantique en toile de fond dans certaines vidéos.

C’est une véritable chance d’habiter dans un décor de carte postale, alors autant que ça serve !

2. Quelles études as-tu faites et ont-elles eu une influence sur tes vidéos ?

En ce qui me concerne, j’ai fait philo jusqu’à l’obtention d’un master de recherche. Pourquoi un master de philosophie ? Pour les débouchés bien sûr ! Parce que les débouchés avec un tel diplôme sont…. Euh…. Bon ok, je n’ai pas fait philosophie pour avoir du boulot ! Et je déconseille d’ailleurs à tout étudiant de faire philosophie en ce but (sauf s’il veut devenir enseignant, mais là c’est le parcours du combattant pour y arriver, croyez-moi !).La philosophie n’est pas un simple cursus universitaire que l’on suit pendant quelques années, ça va au-delà, en tout cas pour moi. Je n’ai pas choisi de suivre des études en philosophie mue par un projet professionnel, mais plutôt selon un projet existentiel. Ce projet, quel est-il ? Trouver l’harmonie entre l’esprit et le corps, ou pour le dire autrement, harmoniser la pensée et l’action ; que la pensée mène à l’action, que l’action mène à la pensée. Les deux sont trop souvent dissociées. Je crois qu’il faut autant que possible vivre ses idées, les respirer, les expérimenter. Il est aisé et à la portée de tous de penser et d’adhérer à la « non-violence ». Mais être concrètement « non violent », renoncer à toute forme de violence, complètement dans ses actes, ses paroles, ses attitudes, peu s’y essayent vraiment. Comment la non-violence peut-elle se vivre concrètement ? Par la douceur, c’est-à-dire l’attitude bienveillante vis-à-vis d’autrui, la prise de conscience qu’un rien peut détruire, faire mal, rabaisser, écraser l’autre ; mais inversement, peu de choses peuvent beaucoup, des petits gestes, un peu d’attention… Mais comment éviter d’écraser l’autre ? Et comment désamorcer les violences symboliques que l’on peut soi-même propager sans s’en rendre compte? C’est là qu’il est de nouveau nécessaire de penser, toujours à l’aune de la situation. On doit toujours s’adapter aux circonstances, ce qui nécessite une remise en cause permanente.Ma maxime est la suivante : n’adhérer à aucune idée que vous ne pouvez vivre ou qui ne constitue un apport à vos actions ou relations avec autrui, ne faites aucune action que vous ne pouvez penser ; il faut penser et agir comme un roseau, non comme un bloc de marbre. Je n’hésite pas à dire en ce sens, et en ce sens uniquement (de l’association entre la pensée et l’acte, des idées et des conséquences sur le réel, de l’adaptabilité à la situation, et du fait de ne rien considérer comme acquis) que je suis un pragmatique.Alors oui, cette vie philosophique qui dépasse le simple cadre de mes études influence mes vidéos. Ensuite, pour être plus précis, je dirais qu’Horizon est une émission sémiologique au sens de Roland Barthes : nous cherchons décrypter, à déchiffrer, ce qui se cache derrière l’apparent (la publicité, les comportements, les habitudes, le monde du travail, le management, les faits de société…). Je pourrais citer diverses influences philosophiques ou sociologiques qui impulsent notre démarche, comme Épicure, Spinoza, Nietzsche, Bourdieu, Roland Barthes, André Gorz, Albert Camus, Edgar Morin… Je ne pourrais faire le tour et en faire un « listing » complet, ce qui d’ailleurs aurait peu d’intérêt.Quant à Viciss, ma partenaire dans cette aventure (et qui s’occupe principalement des articles du blog) elle a une licence de psychologie. C’est elle qui met le doigt sur les bonnes références quand on veut illustrer nos propos avec des expériences en psychologie sociale par exemple.C’est ce mariage entre philosophie et psychologie sociale qui est à l’origine du hacking social et des vidéos Horizon.

3. Quelle est ta démarche ?

Une question qui implique une vaste réponse. Je vais essayer d’aller à l’essentiel.

Je crois que le déclic a été mon premier contact avec le monde professionnel. Durant mes études, j’ai enchainé les petits boulots. C’est là que j’ai rencontré Viciss, que notre aventure a commencé. On se rendait bien compte que les choses ne tournaient pas rond dans le monde du travail : harcèlement moral, préjugés, discrimination, stress, burn-out… Forcément, un étudiant en philosophie et une étudiante en psychologie ne peuvent qu’être interpellés, ou choisir le déni (comme beaucoup de monde malheureusement). Nous avons refusé le déni, mais dès lors il ne nous était plus possible de rester là les bras croisés. Nous voulions agir, faire quelque chose. Mais comment ? Et surtout pourquoi ? À débuter une longue réflexion avec diverses actions. Nous avons essayé pas mal de choses : le dialogue, la confrontation, le juridique, le syndicalisme, la confrontation… On a remarqué qu’on tombait toujours dans les mêmes dérives, envenimant la situation. On s’est rendu compte que réflexion et action n’étaient pas suffisantes. Il fallait penser, au-delà de l’agir, la forme même de l’agir. Nous avons rencontré le monde de l’hacktivisme, épisode que je ne vais pas décrire en détail, mais par cette rencontre nous avons commencé à explorer le hacking social et on a voulu partager tout cela via un blog.

Et c’est dans cette optique de partage que nous ne voulions pas nous contenter de simples articles sur un blog : quel serait le meilleur média pour présenter avec toute simplicité des concepts et idées complexes accessibles à tous ? Réponse : la vidéo.

La vidéo est un excellent support pour expliquer ou décrire la complexité, éventuellement en vulgarisant (sans pour autant déformer), et c’est, selon moi, un excellent média pour parler de psychologie sociale.

Par vulgariser, je n’entends pas déformer, mais plutôt rendre accessible des connaissances, des idées, des débats, qui sont généralement complexes à saisir.

Il y a deux postures de celui qui souhaite partager des informations ou des savoirs : la posture aristocratique; et la posture populaire ou démocratique. Ceux et celles qui ont une posture aristocratique considèrent que l’information ou la connaissance se mérite, que c’est à l’individu de faire tout le travail et non à celui qui se propose de partager une information, une réflexion ou une connaissance. Quand on arrive à des études de haut niveau, je veux bien comprendre une telle posture; mais quand on est sur Internet, qu’on veut partager avec le plus grand nombre, cette posture selon moi n’a aucun sens. La posture populaire ou démocratique, qu’est la mienne (du moins c’est ce que je vise, je ne dis pas que j’y arrive tout le temps), consiste à faire en sorte de donner à chacun les outils et les éléments qui lui permettront par lui-même de comprendre et d’analyser l’objet d’étude. Pour le coup, celui qui partage fait plus d’efforts que celui qui y accède, pour la simple raison que nous ne sommes plus dans un rapport hiérarchique de celui lui qui sait ou qui possède les outils et de celui qui ne sait pas ou qui ne possède pas ces outils. J’aime à penser que celui qui souhaite partager des connaissances, une culture, une réflexion doit tout faire pour qu’on se passe de lui, car c’est avant tout un médiateur; non un transmetteur, mais un relai.

On a la chance aujourd’hui d’avoir des plateformes libres (sous certaines limites, on voit bien qu’il y a tout de même des restrictions) qui permettent aujourd’hui un tel partage, ce qui était impossible autrefois : il s’agit d’Internet. Et sur Internet, quand on vise l’accessibilité au plus grand nombre, ce n’est pas en passant par les articles (ce qui est dommage), mais par la vidéo (d’autant que par la vidéo, cela peut être un bon moyen d’intéresser les individus à lire davantage).

Dans nos vidéos, nous essayons de nous faire relai d’expériences sociologiques ou psychologiques, de certaines thèses, de certains outils. Mais le plus important pour nous, avec ces vidéos, c’est d’impulser des questionnements, c’est d’inviter à la prise de conscience. Par exemple, prendre conscience des violences symboliques dans nos sociétés, comme la violence vestimentaire entre le salarié au plus bas de l’échelle qui doit se déguiser en une tenue ridicule, une coupe de cheveux imposée, pas de poches sur son pantalon (on lui signifie qu’on ne lui fait pas confiance) avec un badge nominatif sur son torse ; et son supérieur, lui, en costume, sans badge nominatif… C’est là une violence très forte, en cela que l’individu est non seulement dépossédé de son propre corps, de son apparaître, mais qu’il est symboliquement écrasé dans les rapports qu’il entretiendra avec ses supérieurs. C’est ce genre de violence que l’on ne voit jamais, ou rarement, dans les médias traditionnels, mais qui pourtant sont le quotidien de milliers de salariés en France et ailleurs. 

À la critique verticale de celui qui crie le plus fort et qui cherche à écraser, nous préférons la critique horizontale, sans passion triste, sans hiérarchisation des positions, en dehors du cadre classique du dominant et du dominé.

Il ne s’agit pas de se contenter d’une simple critique, de faire la morale ou de crier « on n’est pas content », ou pire « c’est nous qui avons raison ». On se refuse à prendre une posture accusatrice, ce qui revient à regarder les choses de haut, s’élever en écrasant. À la critique verticale de celui qui crie le plus fort et qui cherche à écraser, nous préférons la critique horizontale, sans passion triste, sans hiérarchisation des positions, en dehors du cadre classique du dominant et du dominé. Nous voulons aussi éviter de tomber dans le « le tout va mal », « tous pourris », « monde de merde ». Nous nous refusons à la critique qui engendre la colère et le repli, car cela mène vers un radicalisme, voire un extrémisme. Les vidéastes sur Internet qui évoquent les questions de société ont un devoir : celui d’éviter toute dérive, car les sujets de société sont souvent des sujets sensibles. Même si leurs positions sont saines et claires, ils doivent poser des gardes fous. C’est ce que nous essayons de faire dans nos vidéos en essayant de partager quelque de chose de positif dans le ton, dans les ouvertures…. En gros nous montrons l’absurde, ce qui effectivement est préjudiciable à l’individu, mais nous le faisons sans colère, avec sourire, parfois avec humour pour adoucir notre discours. Et surtout, in fine, nous essayons d’ouvrir des perspectives positives, douces, sereines, ludiques, altruistes. Pour cela, nous cherchons à proposer des astuces concrètes, autant d’occasions d’améliorer son environnement en évitant toute dérive.

Cependant, nous ne prétendons aucunement avoir des réponses ou proposer des solutions miracles à ces problèmes. On pourrait même dire à l’inverse que nous cherchons finalement essentiellement à poser des questions, inviter à la réflexion. Nous souhaitons que nos vidéos soient ouvertes : il ne s’agit pas d’imposer un discours, mais de proposer des perspectives, de poser des questions, d’ouvrir en quelque sorte un débat, afin que chacun, à partir de là, puisse investir par lui-même le sujet.

Comment limiter les déterminants sociaux pouvant nous nuire en cela qu’ils limitent nos possibilités de penser et d’agir ? Dans un premier temps, en prendre conscience, c’est déjà un pas de géant. Aider à ces prises de conscience là est la visée de nos articles et de nos vidéos.

4. Es-tu relié à un Network ?

Non, je ne suis relié à aucun Network, et je n’ai été contacté par aucun. Nos vidéos étant quelque peu « engagées », sans pour autant être partisanes politiquement (car encore une fois il ne s’agit surtout pas d’imposer un type de discours), je suppose qu’on ne rentre pas dans le cahier des charges de la plupart des networks. De plus, qui dit Network dit publicité, ce qui serait difficilement compatible avec notre démarche, car nous et la pub ce n’est pas le grand amour. Vraiment pas…. Vous comprendrez dans les futurs épisodes 😉

5. Vis-tu de tes vidéos et combien gagnes-tu par mois ?

Non, mais j’aimerai bien!

Je ne reçois pas un sou, c’est même le contraire, car à chaque vidéo je dépense toujours un peu d’argent, ne serait-ce que pour les costumes, quand ce n’est pas du nouveau matériel.

J’exerce en parallèle une activité professionnelle qui me permet d’avoir un salaire à peu près stable, mais qui dit activité professionnelle dit moins de temps à consacrer à la vidéo.

Faire des vidéos sur Internet relève de deux principaux investissements : un investissement financier, et un investissement de temps. Gagner sa vie par les vidéos, c’est pouvoir y consacrer tout son temps. Pouvoir consacrer tout mon temps à la vidéo, ce serait mon vœu le plus cher, mais parce que j’aime me compliquer la vie je me refuse à être financé par la publicité, je tiens à mon indépendance.

J’ai donc une autre activité professionnelle, le problème étant que je ne peux pas consacrer tout mon temps à la vidéo, ce qui explique d’ailleurs pourquoi il m’est impossible de publier des vidéos avec régularité. J’en suis peiné, mais cela a aussi ses avantages. Je peux me passer des publicités, j’évite la pression de produire sans arrêt, et ça nous permet de prendre du recul.

J’essaye toutefois d’être le plus régulier possible, tout simplement vis-à-vis de ceux et celles qui suivent la chaîne ou qui nous soutiennent.

Petite précision toutefois : ma position vis-à-vis du financement par la publicité est une position strictement personnelle, pour la simple raison que je ne trouverai pas cohérent d’avoir d’un côté un discours anti-pub dans mes vidéos tout en me finançant par la publicité. Je précise cela, car je ne reproche absolument rien à mes amis vidéastes qui se financent par la publicité, au contraire s’ils peuvent vivre ainsi de leur vidéo (et qu’ils sont clairs vis-à-vis de cela, c’est-à-dire qu’ils marquent bien une frontière et qu’il n’y a pas de mélange des genres) je trouve ça cool pour eux 😉

6. Quel matériel utilises-tu ?

Je n’ai rien de professionnel. Pour filmer, j’utilise un caméscope HD, ce qu’il y a de plus basique. Je possède un trépied, nécessaire pour les incrustations en fond vert, mais aussi parce que j’aime bien les plans fixes, même en extérieur. C’est quand même plus propre.

Pour le fond vert, j’ai commencé (jusqu’à l’épisode 2) avec les moyens du bord, comme la plupart des vidéastes, je suppose. J’ai acheté un gros tissu bleu que je faisais tendre sur ma bibliothèque. Et pour la lumière, rien de tel que des projecteurs de chantier : trois, à gauche, à droite et au centre. Problème, la taille de mon tissu n’était pas suffisante pour filmer tout un corps. Si vous regardez l’épisode 1 (sur l’uniforme des salariés) on a l’impression que je suis tout serré, les bras tout bloqués…. Ce n’est pas qu’une impression 😀

Dès que j’ai pu, j’ai investi pour un meilleur fond vert. Ce n’est pas le top, mais on a déjà un plus grand confort, on peut filmer un personnage des pieds à la tête! C’est d’ailleurs grâce à cela qu’on a pu s’adonner à certains délires. Horizon By Night et XP sont entièrement tournés sur fond vert (sauf quelques plans, mais c’est exceptionnel).

En extérieur, c’est lumière naturelle, ce qui signifie qu’on dépend de la météo. Parfois ça nous fait retarder une vidéo. L’année dernière par exemple, on a du à plusieurs reprises décaler un tournage à cause de la météo déplorable…

J’ai la chance de ne pas avoir à enregistrer les voix durant le tournage, puisque je le fais à part en raison des masques que l’on porte et qui empêcheraient un enregistrement live correct. Ne pas se préoccuper du son en tournage, c’est un sacré gain de temps. En cela le masque n’est pas seulement esthétique : techniquement c’est bien pratique.

Pour les voix justement, j’utilise un bon micro de voix, branché à un préampli, lui-même branché à ma carte son. Cela me permet d’avoir une voix chaude, sans trop de parasites. Ces voix je les monte ensuite sur un logiciel audio, je nettoie tout ça, je mets quelques filtres et je balance cela en wav pour le montage.

Niveau logiciel de montage, de retouches, j’utilise Adobe premiere, photoshop, after effects.

Quant à mon PC, ce n’est pas du tout une bête de course. Je dirais que c’est un bon PC moyen de gamme, une tour que j’ai fait monter il y a un peu plus d’un an avec un budget de 600 euros. J’ai sélectionné ce qu’il faut pour faire de la vidéo en HD, mais sur certains traitements c’est parfois limite et je perds souvent du temps sur le rendu. Mais qu’importe la puissance, j’arrive à faire à peu près ce que je veux avec pour l’instant, c’est le plus important.

En parlant d’importance, l’engin indispensable si vous voulez vous mettre à la vidéo : une bonne cafetière!

7. Combien de temps te prend chaque vidéo ? (écriture, réalisation, montage, effets spéciaux, etc.)

Tout dépend de la vidéo. Par exemple, pour l’épisode 3 d’Horizon (La France a peur, le syndrome du grand méchant monde), nous avons commencé l’écriture en juillet 2014 pour une diffusion en novembre 2014, cela nous a donc pris plus de 4 mois. Mais cette vidéo était spéciale, elle a demandé une masse de travail qui n’est pas représentative des autres épisodes. Enfin, je dis ça, mais me connaissant je vais sans doute encore trouver le moyen de me compliquer la tâche à l’avenir.

Pour faire simple, un épisode d’Horizon me prend en moyenne 3 mois, un épisode d’Horizon by Night entre 1 et 2 mois et un épisode d’XP deux à trois semaines.

Si je pouvais consacrer tout mon temps libre aux vidéos, ce serait plus rapide. Je pense qu’à « plein temps » un épisode d’XP demanderait au moins une semaine, un épisode d’Horizon By Night moins d’un mois et un épisode d’Horizon moins de deux mois.

Voilà en gros comment ça se déroule : on commence par une recherche sur un thème, puis l’écriture. Une fois qu’on a un script, je commence à faire une nouvelle recherche pour les illustrations, et en fonction des trouvailles, le script peut changer. Une fois le script validé, on débute directement l’enregistrement des voix. Eh oui, la bande-son est réalisée avant le tournage. Vient ensuite le tournage donc, où l’on joue en synchro avec les voix déjà enregistrées qu’on entend via des écouteurs. Le tournage se fait en deux phases : les extérieurs ou les lives, et les plans sous fond vert.

Le plus long est la phase de post-production : montage, effets spéciaux, peaufinage… Ça me prend plusieurs semaines. Parfois il s’agit de retouches, pour gommer des défauts, pour changer un peu la couleur.

Les incrustations sont longues à traiter, sans compter les petits détails que je rajoute comme les retouches des lunettes qui me prennent du temps. Mais ces retouches ne sont pas accessoires, j’essaye de soigner tout autant la forme que le fond.

Je perds aussi beaucoup de temps sur le son, essayant d’avoir un rendu agréable, qu’on entende bien les voix. N’ayant pas de connaissances techniques poussées au niveau de l’audio, je tâtonne pas mal…

8. As-tu assez d’idées pour continuer tes concepts actuels ou vas-tu faire évoluer tes vidéos d’ici peu ?

Oh que oui, les idées ne manquent pas. Là-dessus, il n’y a aucun problème. Je dirais que ce qui peut me freiner ce n’est pas le manque de matière, mais le trop-plein de matière. Car quand on a multitude de directions possibles, le risque c’est de se perdre, de se disperser. J’ai souvent pris, et je vais sans doute encore, prendre du retard sur la production d’une vidéo ne sachant pas justement que choisir, quel thème développer, étant attiré par l’un ou par l’autre. Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, je viens tout justement de changer le thème du prochain épisode d’Horizon. Cela ne signifie pas que j’ai « perdu » du temps, d’autant que cet épisode sera sans doute celui d’après, mais ça freine souvent l’organisation.

Est-ce vraiment problématique ? Non, car j’aime me perdre, et je crois même que c’est en se perdant, en tombant sur des impasses, qu’on avance.

Donc, tant que les idées sont là, qu’elles nous mènent à des impasses, qu’elles freinent parfois la production d’un épisode, je ne m’inquiète pas pour la suite.

Quant à l’évolution des vidéos, j’essaye de les faire évoluer, épisode par épisode, par petite touche. Hormis XP qui a un format très défini, j’ai vraiment envie que chaque épisode soit différent des autres. Je ne sais pas si j’y arrive tout le temps, mais c’est ce que je vise, j’essaye de me renouveler à chaque fois, au moins un peu.

9. As-tu peur de te lasser de faire des vidéos ?

Peur de me lasser de faire un certain type de vidéo, oui. Peur de me lasser de faire des vidéos, non. Si je devais me lasser d’Horizon, soit je changerai le concept, soit je passerai à autre chose (ce qui n’est pas du tout d’actualité, je préfère le préciser). Mais je ne quitterai jamais l’univers de la vidéo, quand bien même je pourrais faire des pauses, j’y reviendrais toujours. Je parle d’expérience, j’ai souvent fait des breaks dans le passé entre deux projets, pensant souvent : « c’est pas mon truc, ça prend trop de temps, l’investissement est trop lourd, j’arrête… ». Pourtant, j’y suis toujours revenu 😉

Pour éviter de me lasser, j’essaye de ne pas avoir une routine trop quadrillée. J’essaye toujours de prévoir, de me projeter dans l’avenir, mais pas trop loin. Quand on se projette trop loin, on n’avance plus, et on risque d’être frustré. Il faut garder l’élément de surprise, afin de se donner la possibilité de changer de direction à la dernière minute (ce que je fais souvent, et c’est la régularité qui en pâtit encore une fois, mais c’est ça qui me stimule).

Pour éviter la lassitude, il faut trouver le juste milieu entre l’attitude qui consiste à bien organiser les choses, à prévoir, et l’attitude qui consiste à accepter de se laisser surprendre, à ne pas se projeter trop loin, à accepter les impasses, les demi-tours… Contre la lassitude, rien de mieux que la « prudence » : être prévoyant, organisé, mais prêt à s’adapter, à changer de direction.

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10. As-tu un objectif ultime en matière de vidéos ? (court métrage, long métrage, etc.)

Un objectif ultime, non, pas vraiment. Encore une fois, je n’ai pas envie de me projeter trop loin. Par contre, il y a effectivement des choses que je souhaiterai faire et que je ferais sans doute à un moment ou un autre.

On a déjà failli en décembre dernier mettre en ligne une sorte de pilote d’une petite série spin-off d’Horizon sur la CAT : cellule des actualités télévisuelles, que l’on voit dans l’épisode sur le syndrome du grand méchant monde. L’idée était de mélanger réalité et fiction, de montrer de manière humoristique, sous forme de scénette, comment certaines actualités sont complètement déformées, généralement dans le but de faire de l’audimat, de faire du buzz. On a été assez loin : l’épisode a été écrit, enregistré, presque tourné. Pourquoi on a abandonné? Toujours pour la même raison : le temps. L’idée nous plaisait, mais faire cela aurait court-circuité tout le reste. On prend déjà beaucoup de temps à faire un épisode d’Horizon, on ne va pas en rajouter une couche. Il fallait choisir, et finalement la décision n’était pas difficile à prendre, bien que décevante, car on avait pleins d’idées.

Quant à l’avenir, les idées et les projets ne manquent pas. J’aimerai par exemple faire un long épisode qui présenterait le « Hacking social », car jusqu’ici nous n’en parlons dans les vidéos qu’indirectement (vous trouverez une présentation de ce qu’est le hacking social dans l’à-propos de notre blog). La logique aurait voulu que l’on commence par cela, mais je vois plutôt un épisode sur ce sujet vers la fin de notre aventure. Ce sera peut-être notre épisode final (le plus tard possible alors, espérons-le).

J’aimerai aussi revenir à mes amours passés, les vidéos parodiques, les détournements. J’ai pas mal d’idées pour proposer des détournements originaux, mais c’est un travail de Titan et je n’en ai pas le temps malheureusement.

Enfin, j’adorerai pouvoir réaliser des courts-métrages qui viendraient illustrer ce que nous présentons déjà dans Horizon. Rien de tel que la fiction pour interroger la réalité.

11. Hors vidéo, as-tu des projets ? (monter un spectacle, écrire un livre, faire un jeu vidéo, devenir dictateur)

Hum… Il y a des gros projets en cours du côté de Viciss, des livres. Sur quoi, quand, comment ? Ah, ça, c’est trop tôt. En ce qui me concerne, non je n’ai pas de projets en vue, mais j’ai quelques projets fantasmés qui ne verront sans doute jamais le jour.Si j’avais le temps, et surtout les compétences, j’aimerais m’adonner à l’aventure vidéoludique. Viciss et moi nous amusons à imaginer des concepts de jeu ludiques et pédagogiques, comme « Secte-Tycoon », un jeu de gestion où vous devez créer votre secte, manipuler les individus pour leur ôter tout esprit critique, vous fabriquer une belle vitrine… Fun non ?Par ce type de jeu, il s’agit de mettre le joueur dans la peau d’un gourou pour qu’il puisse ainsi s’immuniser aux diverses manipulations sectaires. Un vaccin vidéoludique anti-secte en quelque sorte. Mais pas que, car les techniques sectaires sont souvent employées dans d’autres sphères, comme dans le monde du travail ou en politique.Donc, je lance une annonce à tout programmeur, informaticien, développeur : si vous êtes intéressés par un tel concept, contactez-nous ! Please !

Internet n’est pas le lieu de la publicité, de la vente, de la consommation, mais du partage.

12. Être dépendant de YouTube et de la publicité n’est-il pas problématique ?

Pas pour nous, puisque nous ne nous finançons pas par la publicité. Mais pour les autres Youtubeurs, oui c’est bien problématique puisque l’audience qui s’agrège autour d’un vidéaste sera exposée à la publicité, sans que les internautes aient leur mot à dire. S’ils contournent la publicité, c’est le YouTubeur qu’ils soutiennent qui en pâtit. C’est un drôle de chantage.Internet n’est pas le lieu de la publicité, de la vente, de la consommation, mais du partage. Or, sur YouTube, quand on veut partager avec les meilleures intentions du monde, qu’on veut vivre de ses vidéos, qu’on veut avoir de quoi manger à la fin du mois, on doit passer par la publicité. Pas le choix.J’élargirai cette question au Net dans son ensemble. Cela ne vaut pas seulement pour YouTube mais sur toutes les grandes plateformes, que ce soit des plateformes vidéo, de blogs, réseaux sociaux et autres… La publicité a envahi le web, la logique de l’audience est revenue, sauf que sur le Net ça porte un autre nom : le buzz. Le vidéaste qui veut vivre de ses vidéos a la pression du chiffre, de l’audience, du résultat. Ce qui est problématique avec la publicité, c’est que le quantitatif prime sur le qualitatif, ce qui a pour effet d’uniformiser le contenu d’une plateforme avec les mêmes sujets, avec les mêmes titres racoleurs.

13. Que penses-tu de Tipeee ? (ou des plateformes équivalentes)

Je ne parlerai pas du concept de Tipeee, car je ne connais pas spécifiquement les modalités de la plateforme, je ne me suis pas encore véritablement renseigné.

Le don, le financement participatif, tout cela constitue une excellente alternative au financement par la publicité. Alors, bien sûr, je sais très bien que ce type de soutien, de financement, est davantage une aide, un complètement, que cela ne permet pas au YouTubeur de vivre pleinement (à ma connaissance). Mais on a là quelque chose de sain, car c’est l’internaute directement qui participe, en toute connaissance de cause, au projet d’un vidéaste (ou autre). Pour le coup, on quitte le quantitatif, car c’est bien sur la qualité d’un programme que l’on est soutenu. Et de petites audiences peuvent donner beaucoup. Je crois aussi que l’internaute se sent davantage concerné. Il sait qu’il peut apporter beaucoup avec peu.

Autant je me refuse à être financé par la publicité (encore une fois, c’est un choix personnel), autant j’envisage sérieusement de m’inscrire sur ce type de plateforme afin d’envisager un renouvèlement de mon matériel par exemple, ce qui me ferait gagner beaucoup de temps pour la post-prod.

Alors oui, un jour, je pense que je serais amené à essayer cela.

14. As-tu eu des problèmes de droits d’auteurs depuis que tu fais des vidéos ?

Pour Horizon non, je n’ai jamais eu de problèmes de droit d’auteur. Mais par le passé, sur d’autres projets, oui. Une fois j’avais parodié le générique d’Harry Potter. J’ai découvert du jour au lendemain que la piste audio avait été supprimée, car on entendait le thème du sorcier à la cicatrice.

Sympa!

Je me ferais de l’argent là-dessus, je veux bien, mais là pour le coup il s’agissait d’une parodie, d’un thème qu’on entend quelques secondes, rien de nuisible pour l’auteur.

Sur ma chaîne, j’utilise beaucoup d’illustrations (audio et vidéo), parfois je parodie certains programmes comme 24, je ne suis donc pas l’abri d’avoir une vidéo ou une piste audio supprimée. Cela n’est pas encore arrivé, mais j’ai toujours une petite boule au ventre au moment de la publication. Renoncer à ces matériaux, c’est tout simplement abandonner ce que je fais : je me vois mal par exemple évoquer des émissions télé, des JTs, des reportages, sans diffuser des extraits. On retrouve le même problème avec les vidéastes traitant des films ou des jeux vidéo : on ne peut pas ne pas diffuser d’extraits.

Le droit d’auteur doit être assoupli sur Internet : tant qu’on cite les sources, qu’on ne se fait pas de l’argent sur une œuvre qui ne nous appartient pas, tant que ce qu’on utilise sert notre discours ou notre démarche, les vidéastes ne devraient pas être inquiétés.

À notre époque, à l’heure d’Internet et du partage, le droit d’auteur tel qu’il est conçu dans les textes, est anachronique. Oui, il faut protéger les auteurs, mais protéger n’est pas verrouiller. On voit de plus en plus d’artistes de haut vol proposer leur contenu gratuitement et/ou avec la possibilité de les utiliser, voire même de les modifier. Et pour financer les artistes, il existe toute une série d’alternatives (la licence globale par exemple).

En attendant, on peut invoquer le Fair Use (principalement aux États-Unis) ou l’exception culturelle, mais parfois ça ne suffit pas.

Pour l’instant en ce qui me concerne, tout se passe bien, je croise les doigts pour que ça continue.

15. Comment gères-tu pour le moment les commentaires sur YouTube et les réseaux sociaux, et ta notoriété plus globalement ?

Pour les commentaires sur YouTube, j’essaye de répondre autant que possible lorsqu’on me pose des questions, ou qu’on me signale des erreurs. C’est important de pouvoir dialoguer, je n’ai pas envie de balancer la vidéo sur YouTube puis me dire : « voilà, le boulot est fini, on passe à autre chose ». Souvent, les internautes ont besoin de précisions, ont besoin d’apporter eux aussi leur pierre à l’édifice, ont besoin de débattre sur des points de désaccord.

Jusqu’ici, je suis agréablement surpris par les commentaires, qui sont très positifs, même les critiques « négatives » sont plutôt bienveillantes.

Bien sûr, de temps en temps, j’ai des commentaires un peu étranges, que j’ai du mal à saisir, mais ce n’est jamais (ou rarement) agressif.

J’en profite d’ailleurs pour signaler l’importance des commentaires bienveillants pour un vidéaste, car ça joue beaucoup dans le moral. Quand on publie une vidéo, on est toujours (je parle pour moi, mais je pense que cela concerne la plupart des vidéastes) un peu dans le doute, parfois on est bien fatigué, surtout quand on a passé plusieurs semaines voire plusieurs mois sur un épisode. Alors quand on reçoit un petit message d’encouragement, même s’il s’agit d’une critique, d’un signalement d’erreurs, de désaccord, quand cela est énoncé sans volonté de nuire ou d’écraser, ça apporte beaucoup pour la suite.

Sinon que dire de la gestion des commentaires… Pas grand-chose, je m’assure que chacun puisse s’exprimer et encore une fois j’essaye de répondre.

Par contre, il m’est arrivé quelquefois de supprimer des messages, j’ai horreur de faire ça, d’autant que je sais que c’est souvent contre-productif, mais il y a des discours qui ne sont pas tolérables. Quels messages ai-je supprimés ? Les messages racistes, car malheureusement j’en reçois.

Quant à la notoriété et aux réseaux sociaux, disons que Viciss et moi on ne fait pas grand-chose. On a une page Facebook, un Twitter en quasi mode automatique, qu’on utilise davantage en fait pour aller voir d’autres pages, parfois relayer. Et là encore, bien sûr, quand on vient nous parler, on essaye de répondre, mais ça ne va plus loin. Je crois que Viciss et moi sommes des vieux 1.0 à l’époque du Web 2.0.

16. Quel est ton YouTubeur préféré ?

Ouch, il y en a beaucoup ! Que répondre ? Mais pour proposer une réponse précise, je me permets de reformuler la question : « quels YouTubeurs nous ont le plus motivés à nous essayer à la vidéo ? ». Sans aucun doute le Joueur du Grenier.

Je suis admiratif du taff de cette équipe, leur régularité, de l’incroyable qualité technique ou encore à l’écriture. C’est un véritable univers, un ton qui leur est propre, qu’ils ont construit. Et surtout, on sent une véritable générosité dans ce qu’ils font : ils aiment ce qu’ils font, ils le partagent et ça se ressent.

Je crois que c’est ce goût à partager qui m’a marqué.

Alors, bien sûr, il y a d’autres YouTubeurs que j’apprécie particulièrement, comme Usul, ou Dorian… Là encore je pourrais faire une liste, à commencer par mes dernières rencontres avec la Vidéastes de la Vidéothèque d’Alexandrie… C’était là une transition vers la prochaine question 😉

17. As-tu des relations avec d’autres YouTubeurs ?

Oui, grâce au collectif de la « la vidéothèque d’Alexandrie ».

Tout est parti de commentaires sur une vidéo en novembre dernier, lors de la publication de l’épisode du syndrome du grand méchant monde. Certains m’ont parlé de la « vidéothèque d’Alexandrie », d’aller y faire un tour, qu’ils étaient dans le partage de vidéos culturelles. Je suis allé sur Facebook, j’ai pu échanger avec Ben (Nota Bene) qui m’a expliqué le fonctionnement et surtout la philosophie de la vidéothèque. Je ne savais pas au départ si ma chaîne allait être acceptée en raison des thèmes abordés où le discours est parfois quelque peu engagé, mais ça n’a posé aucun problème et l’accueil des vidéastes a été formidable. Cela m’a surtout permis de découvrir de nouvelles chaînes, et surtout de pouvoir échanger avec les créateurs.

C’est vraiment stimulant, je crois que chacun booste l’autre, un véritable cercle vertueux.

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression que les plateformes vidéos se transforment en chaînes de télé : ce sont toujours les mêmes programmes qui sont mis en valeur par l’audience.

18. Y a-t-il des choses qui te déplaisent sur les plateformes de vidéos ? 

Il y a bien sûr des choses qui me déplaisent, dans le fond et dans la forme, mais après tout : vive la diversité ! Là-dessus, je n’ai finalement rien à dire.

Ce qui me déplaît par contre, c’est la visibilité de certains types de vidéos sur YouTube où il y a, avec le contenu mis en avant, une homogénéité qui s’installe et qui pour le coup est perte de la diversité. Plus le temps passe, plus j’ai l’impression que les plateformes vidéos se transforment en chaînes de télé : ce sont toujours les mêmes programmes qui sont mis en valeur par l’audience. J’ai l’impression parfois que les grandes plateformes sont « téléformés », et cela me préoccupe vraiment, car Internet est à l’origine l’alternative médiatique par excellence, un média populaire et démocratique, hétérogène, divers et paradoxal.

Il faut donc cherche à garantir cette diversité de programme, via des initiatives multiples pour promouvoir des vidéos, les mettre en valeur, créer des collectifs pour échanger ; c’est ce qui se passe par exemple avec la vidéothèque d’Alexandrie.

19. As-tu déjà été sollicité par la télévision et si oui, quelle a été ta réaction ?

Sollicité directement par la télévision, non. Mais des chaînes de télé ont parfois diffusé des extraits de mes anciennes vidéos. Ça fait partie de mon ancienne vie.

Par exemple une vidéo qui n’a rien à voir avec ma chaîne présente. Il s’agissait d’un zapping sur des vidéos du Net lié de prêt ou de loin à l’actualité politique, et l’une de mes vidéos, qui était une parodie politique, a été diffusée. Je ne suis pas fan de la télévision, mais je ne cacherai pas que ça fait toujours plaisir!

Je sais aussi, toujours dans mon ancienne vie (une autre ancienne vie) que quelques une de mes vidéos seraient passées à la télé, mais dans d’autres pays. En Allemagne notamment, je crois. Mais ce sont des propos qu’on m’a rapportés, je n’ai jamais vraiment pu le vérifier.

Pour cette présente chaîne, non je n’ai jamais été contacté par la télévision. Quel dommage, je parle d’eux si souvent, ils pourraient me rendre la pareille 😀

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20. Que penses-tu des chaînes de télévision ? Ne manquent-elles pas d’audace ?

Il y a presque deux ans, j’ai acheté un nouveau téléviseur, non pour regarder la télé mais pour les films, les jeux et comme extension pour un second affichage… Lorsque j’ai allumé cet écran pour la première fois, un menu s’est ouvert pour configurer les chaînes… Deux ans plus tard, je n’ai toujours pas validé cette requête. Je n’ai plus branché mon antenne télé sur mon écran, car je n’en pouvais plus. J’étouffe devant la télé, physiquement. Les programmes sont toujours les mêmes, les émissions tournent en bouclent, les JT aussi. Et les coupures pubs…

Non vraiment, si avant Internet c’était le passage obligé (quand on aime les séries notamment), désormais je m’en passe très bien.

Ce n’est que très récemment que j’ai fait l’effort de regarder à nouveau la petite lucarne… Pour travailler le dernier épisode d’Horizon. Je serais emmené à nouveau à la regarder pour ces mêmes motifs, puisque je prévois de futurs épisodes où je poursuivrai mes petites analyses critiques du monde télévisuelles.

Il n’y a pas plus vicieux que la publicité cachée.

21. Certains YouTubeurs réalisent des vidéos sponsorisées. Que penses-tu de ce phénomène ?

Je crois que chacun est libre de faire ce qu’il souhaite, tant qu’il est au clair avec les gens qui le suivent.

Ne pas mentionner des affiliations, des sponsors ou autres, ne pas le dire clairement, là il y a de toute évidence un problème de clarté, pour ne pas dire de la malhonnêteté. On ne peut pas comme ça prendre les internautes en otage, et je remarque que généralement, quand les internautes s’en aperçoivent, ce n’est pas vraiment bien pris.

Il n’y a pas plus vicieux que la publicité cachée, ou que des relations masquées avec une grande marque ou autre.

Encore une fois, si on est sponsorisé, si on accepte les publicités, il faut bien marquer une ligne de démarcation, qu’il n’y ait pas de confusion. Si la ligne est bien démarquée, entre le contenu du youtubers et le contenu publicitaire et ses affiliations, pas de problèmes; si la ligne est ténue et confuse, là non !

22. Que manque-t-il à YouTube selon toi ?

De la visibilité….

On trouve de tout sur YouTube, mais c’est toujours le même type de contenu qui est mis en avant. C’est bien dommage.

Ce qui manque surtout à YouTube, c’est un plus grand soutien à la création, plus concrètement une plus grande clarté et un véritable soutien aux vidéastes, notamment sur l’épineuse question des droits d’auteurs qui peuvent nuire à la création. Mais là on en revient à ce que j’ai déjà exprimé précédemment.

23. Si Facebook affichait des publicités dans ses vidéos et partageait ses revenus publicitaires, diffuserais-tu directement tes vidéos sur le réseau social ?

Non, là encore ne souhaitant pas être financée par la publicité, pour moi la question ne se poserait même pas. Si je publie sur Youtube, c’est tout simplement parce que c’est la plateforme la plus utilisée. Après qu’importe la plateforme. Par exemple, quelqu’un a uploadé l’épisode sur le syndrome du grand méchant monde sur un site Torrent, je trouve ça super, ça fait plaisir.

C’est surtout cela qui m’importe, que la vidéo puisse être partagée facilement. Le problème de Facebook, c’est que la diffusion d’une vidéo se partage moins facilement en dehors du réseau Facebook, alors qu’une vidéo YouTube vous pouvez la coller un peu partout avec une simple URL.

YouTube est tout simplement plus démocratisé que les autres plateformes, à tel point que l’on parle davantage de Youtubeurs que de vidéastes au sens neutre. Je publie là où c’est le plus simple et le plus accessible, ça ne va pas plus loin.

24. As-tu été soutenu financièrement, techniquement ou médiatiquement par ta ville, des organismes locaux, etc. ?

Non, et ce serait difficile ma ville ne sait même pas que j’existe 😀

25. Que pensent tes proches (familles, amis) de tes vidéos ? Te soutiennent-ils d’une manière ou d’une autre ?

Qu’on est fou !

Ma famille proche baigne dedans. On est tous dans la même barque, et on se soutient mutuellement. Alors oui, famille proche et amis, il y a un soutien moral, et parfois davantage en participant à un épisode par exemple.

Par contre, dans ma sphère professionnelle, je n’en ai jamais touché un mot. L’avantage de porter le masque, c’est que je ne risque pas d’être reconnu par un collègue. Cette cloison entre mes activités de vidéastes et mes activités professionnelles et extra-professionnelles me va parfaitement, en tout cas pour le moment.

Le plus important, c’est surtout d’avoir quelques proches, avec qui parler, et surtout avoir un avis, du recul. Sans ce recul-là, qui ne peut pas venir de soi tout seul dans son coin, on ne peut pas avancer.

26. Quels sont tes livres de chevet et/ou tes livres préférés ?

Je n’ai pas de livre de chevet. J’ai bien sûr des livres qui m’ont marqué, mais je ne crois pas pouvoir préciser UN livre en particulier. Après il y a des auteurs que j’aime beaucoup lire : j’aime par exemple la fraicheur incisive de Nietzsche.

Mes lectures sont diverses, il y a les livres spécifiques à mon parcours et à mes recherches (philosophie, sociologie, histoire…). Sinon, je lis des romans, du fantastique, de la Science-Fiction ou des thrillers.

Pour répondre plus précisément à la question, je vais plutôt évoquer les livres qui m’ont marqué.

À l’adolescence, je dirais que c’est le Seigneur des Anneaux de Tolkien. Je précise que ma lecture date d’avant les films, précision importante, car le souci avec les films, quand on a vu la trilogie de Peter Jackson avant de découvrir Tolkien, c’est que la lecture des livres peut être moins propice à l’imaginaire, enclin que nous sommes à coller les images du film sur le texte.

Par la suite, j’ai bien été marqué par l’écriture d’Amélie Nothomb, à lire sans modération. Le dernier livre en date qui m’a marqué, ou plutôt l’auteur que j’ai découvert très récemment est Haruki Murakami (Kafka sur le Rivage, un livre magique).

27. Ton ou tes film(s) préféré(s) ?

Là encore difficile de se prononcer….

Je vais plutôt répondre par les réalisateurs dont je peux aller voir leurs films les yeux fermés, ce sera plus simple : Christopher Nolan (J’ai adoré Interstellar, il a été pas mal critiqué entre ceux qui disaient d’un côté qu’il est trop simplet et niannian, d’autres au contraire qu’il était trop tarabiscoté, mais Nolan a selon moi trouvé le juste milieu), David Fincher (Gone Girl excellent! Millenium, Seven, Fight club, The Game, et, même si ce n’est pas un film, House of cards), Tarantino….

Elle est horrible cette question, là encore une fois j’aurais presque envie de faire une liste. Bon, je vais me contenter de ça, sinon je ne vais réussir à me décider.

28. Ta ou tes série(s) préférée(s) ?

En ce qui concerne les séries récentes, de cette décennie, parmi les séries qui m’ont marqué, il y a Breaking Bad, True Detective, Broardchurch, Sherlock (version Moffat), Les Revenants, House of cards, Game of Thrones… Et j’en passe. Viciss et moi on est assez sérievore. Je peux ajouter à cette liste Doctor Who, mais là il ne s’agit plus seulement de cette dernière décennie 😉 

Mais ma série ultime, celle qui m’a le plus marquée, celle pour laquelle je garde une affection toujours aussi forte au fil des années, celles que j’emmènerai sans doute avec moi sur une île (ce qui serait d’une grande absurdité puisque je n’aurais alors aucun moyen de la regarder, sauf si on accepte que je prenne avec moi un écran, un lecteur, et qu’on envisage aussi que l’île ait bien l’électricité, ce qui suppose qu’il faut bien que je paye une facture, ce qui….)

C’est Battlestar Galactica, la version 2003, de Ronald D. Moore.

Alors pourquoi je suis un gros taré devant cette série.

Ben justement parce que je l’ai découverte sur une île, en quelque sorte. Les circonstances de cette rencontre avec la série sont particulières. Disons que j’étais isolé loin de la civilisation, dans une maison vide, dans une campagne sans âme qui vive aux alentours, sans connexion Internet, mais avec juste un PC contenant, par le plus heureux des hasards, trois ou quatre épisodes de Battlestar (pas de bol, même pas le pilote, juste quelques épisodes de la première saison). Forcément, n’ayant que ça sous la main, j’ai commencé à regarder sans plus de conviction. J’ai vu un épisode, sympa, sans plus. Puis ne trouvant toujours rien à faire, j’en regarde un autre, vraiment sympa. Puis un troisième : très très sympa. Puis un quatrième, et là trop tard, j’étais accro. Problème, je n’avais plus d’épisode sous la main!! Horreur!! Laissez-moi vous dire que la première chose que j’ai faite quand je suis revenu chez moi, ça a été de me procurer toute la saison. Puis après j’ai suivi la série selon le rythme des diffusions américaine. Et que dire?

Non vraiment, je trouve que cette série est très puissante, les personnages sont forts, le scénario tient la route, malgré un manque de budget certain on y croit. Philosophiquement, il y a matière à réflexion. À la fin de la série, un grand débat a même été organisé dans les locaux des Nations-Unis à New-York, avec des discussions autour des thèmes forts de la série (politique, social, morale….). Un incroyable hommage !

D’ailleurs, on retrouve un symbole de Battlestar dans Horizon : les lunettes rouges de Gull…. 

Eh oui, « I’m a Cylon! »

29. Ton ou tes artiste(s) préféré(s) ?

Alors, celui qui me vient immédiatement à l’esprit, c’est Alexandre Astier. Peut-être parce que je suis allé voir son dernier spectacle récemment (L’exoconférence, à aller voir ou à regarder dès qu’il sort dans les bacs !). C’est un artiste complet, il écrit, il met en scène, il joue, il compose…. Cet artiste est…. que dire ? Incroyable, hors-norme !

30. Ton ou tes jeu(x) vidéo préféré(s) ?

Niveau jeu, je joue à pas mal de genres. Ça va de jeux comme Civilization, à des RPG comme The Witcher, Dragon Age, Mass Effect, à des jeux d’aventures comme Uncharted… Bref, je suis plutôt bon public (ou plutôt bon joueur, mais l’expression peut être interprétée différemment).Depuis l’adolescence, je suis un fanatique de la saga Metal Gear Solid. Ou pour le dire autrement, j’adore la patte Kojima. C’est l’un des derniers gros Game designer triple A qui a gardé une grande liberté dans ses créations. Après, on aime ou n’aime pas, mais on reconnait tout de suite l’un de ses jeux par sa profondeur. Par profondeur, je ne parle ni des graphismes, ni même des possibilités de gameplay (quoique, mais si les précédents opus sont linéaire, les possibilités sont énormes, et davantage avec le prochain Phantom Pain qui lui sera en monde ouvert), mais de la profondeur de l’univers : chaque épisode fourmille de détails, de contenus, parfois cachés, des easter-eggs en voici en voilà, des pans du scénario et des réponses qu’il faut retrouver en écoutant des sessions de codecs souvent facultatifs. C’est le genre de jeu qu’on peut refaire 36 fois et découvrir à chaque partie de nouveaux éléments. Par exemple, vous êtes face à un boss (dans MGS3), plutôt que l’affronter vous sauvegardez et éteignez la console. Vous attendez quelques jours (ou tout simplement vous changez la date sur votre console), et lorsque vous chargez votre partie, le boss est mort…. de vieillesse. Vous avez alors droit à une nouvelle cut-scène. Ou encore, dans MGS1 sur PSone, vous êtes face à un boss, Psycho-mantis, qui a le pouvoir de lire dans vos pensées. Il s’amuse par exemple à lire votre carte mémoire, commentant vos précédentes parties, et parfois même commentant vos autres jeux (comme Silent Hill). Puis quand vous essayez de le vaincre, il évite toute vos attaques. Solution : changer le port de sa manette, il se plaint alors de ne pouvoir lire dans votre esprit 😉 Voilà ce que j’entends par profondeur, il y a toujours des éléments, des idées, des concepts, des choses à fouiller, à découvrir. C’est parfois con, de l’ordre de la blague, si ce n’est du WTF, mais cela fait tout son charme.L’univers et les scénarios sont aussi excellents. Vu de l’extérieur, si on regardait quelque passage du jeu sorti de son contexte, comme un singe qui fume une cigarette, un soldat d’élite qui se cache dans un carton, un autre qui a des problèmes de digestion, des ninjas cyborg, des télépathes, une sorte de vampire…. Ben on se dirait que c’est du gros n’importe quoi! Et pourtant, une fois dedans, c’est tout simplement magnifique, et derrière le grotesque et le too much il y a une véritable finesse que l’on rencontre peu dans ce style de jeu. Les thèmes sont très sérieux, avec des essais d’anticipation monumentaux comme dans MGS2 qui a été très mal compris à l’époque (2001), et c’est aujourd’hui qu’on se rend compte en jouant de l’anticipation scénaristique (je pense principalement à la circulation de l’information à l’ère d’internet, des problématiques qui en découlent, notamment sur la transmission, la culture, et sur les libertés individuelles réduites par la rétention d’informations). Le nucléaire, la bioéthique, les crimes de guerre (…) sont autant de thèmes centraux que l’on retrouve dans chaque épisode, et cela ne manque pas de références bien concrètes comme la référence au camp de Guantanamo dans Ground Zeroes.Je crois qu’on devine à ces quelques lignes mon amour pour la saga.Quant à Viciss, c’est une fanatique des Elders Scrolls. Je n’ai pas osé aller voir le nombre d’heures qu’elle a passé jusqu’ici sur Skyrim, Oblivion, Morrowind, etc., mais ça doit faire mal.

Bonus : la question (et la réponse) que tu te poserais à toi-même ?

– Y-a-t-il des Easters Eggs cachés dans les vidéos ?

– Eh, oui, certains visibles facilement, d’autres moins.

Ce n’est généralement pas grand-chose, des petits détails, des petites blagues cachées dans le décor, des clins d’œil à d’autres épisodes. Là encore, Kojima m’influence beaucoup, ou plus généralement le jeu vidéo. Quand vous êtes limité à une certaine linéarité, ce qui est le cas quand vous faites une vidéo, le seul moyen de donner de la profondeur, ou du moins une impression de profondeur, c’est d’aller dans le détail et d’ajouter d’autres lectures possibles.

Je ne sais pas si je peux parler à proprement parler d’easters eggs, bien qu’il y en ait quelques-uns comme la photo de Pernaut qui est cachée dans un décor (la retrouverez-vous?), disons plutôt que j’aime bien cacher des petits gags, ou des choses WTF. Par exemple, dans l’épisode 2 d’Horizon, sur le costume d’autorité, il y a une scène (vers 12 min 45) où on voit plusieurs Gull dans l’antiquité, en toge. Si vous prenez le temps d’observer ce que font les Gull en arrière-plan, vous verrez que c’est du gros n’importe quoi : tout au fond, un homme parle à une plante, un autre joue de la guitare devant un autre homme hystérique; un autre s’amuse à faire « coucou » alors qu’il est tout seul; un autre Gull danse avec son chat….

Soyez vigilant, plus le temps passe, plus je prends un malin plaisir à cacher des bêtises, à vous de les trouver 😉

Merci Gull !

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Merci Nil Sanyas !

News HS : des articles vont bientôt être publiés, un vidéo est en cours de tournage. Le pavé est quasi-prêt pour la publication.

Equipehackingsocial Écrit par :

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6 Commentaires sur "[interview] Horizon Gull, par Nil Sanyas"

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caligula63
Invité

Moi quand j’serai grand, j’veux être Gull Hackso!
Sinon, l’utilisation d’un pseudo (même pas déposé) dans une vidéo, peut-elle amener ledit utilisateur du pseudo à exiger des droits d’auteur?

Ah, attendez… MedefMan me dit que oui.
J’ai quand même des doutes…

Un master de recherche en philo? Ben mazette! J’savais même pas que ça existais…
Chapeau bas…

Zarlocks
Invité

Une tres forte ressemblance avec Aienkei 😉

venez sur le blog
Invité

Compliment, c’est un regale de vous suivre

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[…] Interview par Nil Sanyas […]

Anthony B
Invité

Bonjour,
J’ai voulu relire un article important sur le site de Nil Sanyas, mais le site ne me parait plus accessible, sauriez vous ce qu’il en est ? Si Nil a stoppé l’activité de son site?
Sinon j’adore les travaux que vous effectuez chez Hacking social et sur la chaine Youtube, c’est plus qu’essentiel, c’est fondamental à l’heure des « armes de manipulation massives ».
Merci en tout cas, vous m’apportez beaucoup.

Viciss Hackso
Admin

Merci <3 Alors le site de Nil Sanyas est en migration, ce sera " http://www.votrejournaliste.com/  » apparemment, mais j’ai pas encore le lien exact vers l’article

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