Revue du web #4 : agression, joker, procrastination, gamification

Aujourd’hui, nous partageons des liens qui nous ont marqués, sur des thèmes hautement variés comme les agressions, le film Joker, la méritocratie, la procrastination, la gamification, le jeu et l’éducation.

News site : vous avez peut être vu sur les réseaux sociaux que nous avons subi un incident sur notre site ; en principe nous avons rétabli l’essentiel du contenu, tous les ebooks sont sur cette page, et tous les contenus en général sont accessibles via le sommaire remis à jour. Merci de votre énorme soutien pour cette épreuve <3 !


Des vidéos


On commence par des contenus de Marinette que je partage souvent en privé, lors de discussions, car ils sont très pertinents pour comprendre des événements difficiles, et mieux encore, savoir que faire face à ces problématiques. Elle explique vraiment bien les choses, investigue, fait un contenu très solide sur ces thèmes et les amène d’une façon qui, malgré la difficulté émotionnelle qui leur est associée, les rend appréhendables, écoutables. Toute sa chaîne est intéressante, mais il y a 4 vidéos en particulier que je suis souvent amenée à partager.

Violences conjugales

Tout d’abord celle sur les violences conjugales, une vidéo essentielle, même si l’on n’est pas directement touché par ces thèmes, car on a parfois un rôle de tiers quant à la question des violences (être ce voisin qui entend des coups, être le proche d’un couple où l’on suspecte de la violence, être l’ami d’une personne qui semble être piégée dans une relation malsaine…), et il s’agit de ne pas tomber dans l’effet spectateur ; ainsi cette vidéo permet d’avoir les informations qu’il faut pour éviter cet effet malsain pour les victimes (et qui cautionne les auteurs de violences), et de bien comprendre ce phénomène :

Sidération

Il s’agit aussi de comprendre des phénomènes psychologiques inhérents à ces violences qui sont très mal jugés par la société : j’appelais cela « le réflexe du lapin », c’est-à-dire que lorsque l’on est la cible d’un comportement d’agression, on n’arrive pas du tout à réagir, on est figé. Il s’agit plus exactement de l’effet de sidération ; Marinette explique ce phénomène et la deuxième vidéo est une interview absolument passionnante d’une psychiatre spécialiste des traumatismes, qui explique aussi comment les agresseurs ont besoin de se dissocier pour passer à l’acte.

La « zone grise » du consentement

Cette dernière vidéo est une formidable enquête, extrêmement bien menée notamment sur la question de la « zone grise » du viol, des rapports sexuels pas si consentis qu’ils n’en ont l’air :


Joker

On change totalement de sujet avec la critique de Dany Caligula sur le Joker, dans laquelle on a aussi retrouvé notre propre avis sur ce chef d’œuvre bouleversant :


Et là encore un vidéaste, Linguisticae, dont on aime tous les contenus, mais dont 3 l’année dernière nous ont particulièrement marqués :

Astrologie et orthographe

Une enquête brillante sur une news très médiocre, qui amène à une étude encore plus bidon, jusqu’à l’usage hallucinant de statistiques comportant… des corrélations entre signes astrologiques et orthographe, WTF !! :

Méritocratie

Académie française

La vérité sur l’Académie française, qui est un voyage dans les sphères éthérées de la société, nous révélant le visage sans fard de l’immortalité (lol):


Des articles et des livres en libre accès


Procrastination

Et voici un article de Korben que je trouve très pertinent sur la procrastination au vu de mes dernières recherches sur la motivation : https://korben.info/les-raisons-de-la-procrastination.html . Il évoque l’idée qu’on procrastine aussi parce que ces choses-là n’ont peut-être pas de sens pour nous, et effectivement, la théorie de l’autodétermination lui donne raison. Je cautionne totalement l’idée que plutôt que de s’accuser de ne rien faire à temps, il y a peut-être là au contraire un message important à décoder, une réflexion à lancer sur le sens profond de ces activités pour lesquels on rechigne (une fois que sont écartés des défauts dans notre propre organisation en général). Autrement dit, la non-motivation en dit long sur nous ainsi que sur ce qu’on souhaite ou non dans notre existence.

Gamification

Si vous avez lu mon dossier sur la gamification (transférer des mécaniques de jeu dans des domaines qui n’en sont pas) ou que le sujet vous intéresse, vous savez qu’il y a un débat houleux entre ceux qui ont décrété la gamification comme définitivement pourrie parce qu’elle n’est utilisée que pour exploiter et manipuler les gens (et ils n’ont pas tord) et ceux qui utilisent encore le terme pour de la gamification plus éthique, par exemple dans le domaine de l’éducation. Je pense que Scott Nicholson a trouvé une troisième voie : il a classé la « mauvaise » gamification dans celle qui se contente de faire du gameplay à base de points et récompenses extrinsèques, VS la « bonne », qui respecte la théorie de l’autodétermination (donc qui va désintéresser totalement les milieux manipulateurs comme le marketing ou le management, étant donné que cette gamification exige la liberté, l’autonomie de ses joueurs). Voici donc tous ses articles de recherches, en plus en libre accès !!! http://scottnicholson.com/pubs/index.html

Jeu

Toujours dans le domaine du jeu, j’étais en pleine recherche sur le game design quand j’ai croisé par hasard la définition de jeu par Colas Duflo « le jeu est l’invention d’une liberté par et dans une légalité » définition que j’adore tant elle résout tant de dilemmes sur la réflexion autour du jeu. Je cherchais à lire son livre « jouer et philosopher », impossible de le trouver à moins de débourser des centaines d’euros, ce qui me semblait aberrant. Et quand soudain, j’ai découvert qu’en fait, il était en libre accès : D Donc si vous voulez en profiter, c’est un excellent livre sur la question du jeu au travers d’une réflexion philosophique, cela ouvre vraiment des horizons : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01628001

Pédagogie

Et toujours dans la catégorie bouquin impossible à trouver, je chercher à lire « la pédagogie des opprimés » de Paulo Freire qui est un pédagogue qui conçu des méthodes d’éducation libératrices des oppressions et dont la réflexion est passionnante. Là encore c’était difficile à trouver en français et à prix raisonnable ; c’est avec une joie énorme que j’ai trouvé ce lien qui le propose traduit et gratuit : http://mai68.org/spip2/spip.php?article2646

Viciss Hackso Écrit par :

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2 Comments

  1. lily
    14 janvier 2020
    Reply

    Je vous conseille aussi la chaine « Psychocouac » sur la psychologie et psychiatrie aussi sauf qu’il traite plus des troubles psy comme dépression, phobie sociale etc, il vulgarise aussi très bien. Je vous conseille aussi « la psy qui parle » aussi une psychologue avec des vidéos courtes dessus mais elle a aussi fait des vidéos analyses psycho sur des personnages comme GOT.
    – Je recommande aussi la chaine « 911 avocat » une avocate qui parle du droit notamment sur youtube. Il y a aussi la chaine du « roi des rats » que j’adore!
    – En un peu moins connu, je conseille la chaine de Thomas Cyrix qui parle des différentes arnaques. Lui n’a pas subi un problème avec son site mais a subi du harcèlement et de la diffamation. Je soutiens sa chaine qui est très bien. Ensuite en plus connu il y a aussi Hugodécrypte lui c’est beaucoup plus actu alors que Thomas Cyrix poste plus quand il veut. Et sur la technologie, il y a aussi Léo tech et Julien Chièze pour la tech et les jeux vidéos.

    D’ailleurs, Thomas Cyrix a fait une vidéo sur la thématique « est-ce que les jeux vidéo rendent violent » c’est très bien traité https://www.youtube.com/watch?v=eNKGUp0I0eY
    – Et julien Chièze a fait aussi une vidéo récemment ce mois-ci par rapport à ça et àà une étude faussée qui stigmatise les jeux vidéos au même niveau que la drogue et l’alcool t il a poussé un coup de gueule https://www.youtube.com/watch?v=OoaKzt0a3Pw

  2. way
    15 février 2021
    Reply

    Bonjour et merci beaucoup pour votre travail que je trouve incroyable.

    J’ai était particulièrement dérangé par le film Joker et une connaissance à moi a bien résumé mon malaise. Que je vous partage ici :

    « Attention spoiler. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, Joker n’échappe pas à la veine réactionnaire des batmans, même s’il introduit des justifications à la folie destructrice du peuple. D’ailleurs, c’était déjà le cas dans le très réactionnaire The dark knight rises.
    À aucun moment, le réalisateur ne fait l’apologie de quoique ce soit. Tous les meurtres sont dérangeants, y compris le meurtre initial dans le métro, puisque le Joker poursuit un homme déjà blessé pour l’abattre et ne s’en tient pas à une forme de légitime défense. Le film en reste à une genèse descriptive de la violence, qu’il fait remonter à l’enfance du personnage principal. Il montre certes que c’est le fonctionnement du système en place qui génère cette violence, mais toute la contestation de celui-ci est réduite à une hubris destructrice dépolitisée, sans débouché.
    Ici, on s’inscrit dans les lectures réactionnaires sur « ceux d’en bas » et la psychologie des foules à la Gustave le Bon. De fait, les marges sont psychiatrisées. Si la violence du Joker se déchaîne, c’est parce qu’on aura interrompu son traitement et qu’il aura essuyé une série d’obstacles à ses élans libidinaux : en matière d’accomplissement professionnel, en matière sexuelle et dans sa recherche du père. Le chaos général joue le rôle de déplacement libidinal pour tous les frustrés de la société. Certes, la raison en est l’arrogance des riches et le fonctionnement d’un système qui produit des oubliés, mais que nous dit le réalisateur hormis que les riches arrogants produisent des pauvres fous ?
    À défaut de voir un propos prescriptif dans ce film, on est beaucoup plus tenté d’y déceler du cynisme et une justification de l’ordre en définitive. Car celui-ci a beau être injuste, sa contestation ne peut déboucher sur quelque chose de positif. Elle aboutit nécessairement à une folie destructrice sans lendemain et à des meurtres injustifiables, comme celui de parents sous les yeux de leur enfant. En définitive, que peut-on conclure de ce film sinon qu’il faut donner un peu de reconnaissance aux pauvres fous et s’occuper d’eux si on ne veut pas assister au chaos généralisé ? »

    Qu’en pensez vous ?

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