BIEN FAIT !!! La croyance en un monde juste

« Bien fait », « tu l’as bien cherché »,  » Tu n’as que ce que tu mérites !  » Nous sommes tout·es fréquemment exposés à des injustices, des drames, des accidents, des maladies, qui surviennent de manière contingente et indépendante des actions des victimes. Etrangement, on peut observer que ces victimes sont parfois blâmées, comme si au fond, elles étaient d’une manière ou d’une autre responsable de leur sort. Comme si au fond , « chacun obtenait ce qu’il mérite ». Cette conférence explore ce qui permet de mieux saisir ce type d’attitude via une théorie inaugurée par le psychologue Melvin Lerner : la théorie de la croyance en un monde juste. Cette conférence a été enregistrée initialement au REC 2022 ( https://rec-toulouse.fr ).

Vous pouvez retrouver la version originale de cette conférence ici: https://www.youtube.com/watch?v=vhhpk…

D’ailleurs, sur leur chaîne, vous trouverez peut-être d’autres contenus qui pourront vous intéresser : https://www.youtube.com/c/RECTOULOUSE

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Chayka Hackso Écrit par :

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2 Comments

  1. A.V.
    26 octobre 2022
    Reply

    Salutations et merci pour les informations !

    Cette sortie coïncide avec l’écriture d’un petit paragraphe de ma « philo de comptoir » sur. le fait de blâmer la victime. Je me demande cependant une chose, qui peut paraître étrange. J’ai l’impression que le blâme de la victime a pu exister à gauche, sous la forme d’une responsabilité de classe. La particularité de ce blâme est qu’il n’empêche pas de vouloir aider la victime, au contraire. On l’incite à se défendre, et en même temps on l’aide. Cela dit, ce doit être nuancé par le fait que les textes auxquels je pense sont tous anciens pour ne pas dire classiques.

    Le premier est le Discours de la Servitude Volontaire (La Boétie), que j’ai lu il y a deux ans. Les principales thèses sont la condamnation de la tyrannie mais également de la soumission du peuple, qui l’accepte.

    Je pense aussi au Droit à la Paresse de Lafargue, lorsqu’il s’exclame : Honte aux prolétaires ! (à propos des revendications prolétariennes de plus de travail, d’une vive condamnation de l’oisiveté, en reprenant par exemple la phrase de St Paul « si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus). Bien sûr, son texte est un pamphlet qui se place contre la morale et par conséquent je conçois qu’il ait parfois envie de choquer.

    Le troisième texte auquel je pense est moins connu, il s’agit de L’éducation féministe des filles de Madeleine Pelletier. Il commence ainsi :

    « On a dit avec raison que les peuples n’ont jamais que le gouvernement qu’ils méritent. Un peuple opprimé qui ne mériterait pas de l’être s’insurgerait contre ses oppresseurs et les mettraient hors d’état de le tyranniser. Cette vérité s’applique non seulement aux peuples, mais à toutes les collectivités. Le prolétariat mérite certainement le sort qui lui est fait dans la société présente ; s’il ne le méritait pas, étant donné qu’il forme la majorité de la nation, il y a longtemps qu’il aurait dépossédé la bourgeoisie de son pouvoir.

    Même vérité pour les sexes. Mise en marge de la société, la femme, en tant que collectivité, mérite la situation servile qui lui est départie. Elle ne sait que gémir lorsque le joug du mâle est trop dur. Si elle montrait plus de dignité, si elle savait mieux s’organiser, si elle revendiquait avec plus d’énergie, elle aurait depuis longtemps, conquis l’égalité politique et sociale.

    Mais il n’y a pas à vitupérer les opprimés de leur peu de ressort moral, ils sont ce qu’ils sont ; l’homme fait la condition et la condition fait l’homme ; le psychologique et le social interdépendant l’un de l’autre. Seules de rares individualités supérieures ont été capables de se rebeller contre la situation à elles faite et d’inciter à la rébellion leurs frères de servitude. Les masses subissent leur condition, ne comprenant même pas qu’elle puisse changer. »

    Autrement dit : c’est la « faute » des victimes, elles l’ont « mérité », mais rien ne sert de les blâmer (le livre lui-même ne servirait à rien sinon. D’ailleurs Pelletier elle même remet en doute l’utilité de son essai.)

    Je ne pense pas que ces trois personnes croient en un monde juste. Comment, alors, analyser leur « blame the victim » ?

    (Je vous remercie beaucoup pour tout votre travail, je vous suis depuis 2019).

  2. Catherine
    29 octobre 2022
    Reply

    Merci pour toute cette information. Je me demandais, est-ce que ces biais cognitifs sont présent chez l’humain en général? Ou c’est typiquement occidental?

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