[PE1] Pourquoi le Pôle emploi nous déprime et comment y remédier ?

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Je vous mets au défi de trouver quelqu’un de véritablement satisfait par Pôle emploi.

Quelqu’un qui en parle avec enthousiasme, joie, reconnaissance et admiration. Quelqu’un qui trépigne de hâte à l’idée de ses rendez-vous avec le Pôle, qui passe même volontairement beaucoup de temps dans l’institution parce que cela lui est profitable. Quelqu’un qui, ayant trouvé un emploi, serait triste de quitter la communauté Pôle Emploi, mais néanmoins super content de ce que cette aventure du chômage lui aurait apporté. Quelqu’un qui aurait senti au fond de lui l’utilité de cette institution, et pourrait exprimer cette utilité par mille souvenirs joyeux.

Un peu comme ce doctorant, un jour, qui m’a rapporté toute la bienveillance, l’aide, le respect et l’intelligence de son secrétariat dans son université, qui, bien que totalement démuni, était un véritable partenaire face à l’adversité. Ce service administratif sans moyens, il se démenait pour les étudiants, leur accordait un profond respect, marchait à leurs côtés. C’est ce genre de lieu où l’on ressort grandi, apaisé, non pas parce qu’on nous y a fait la leçon, mais parce que l’humanité et la solidarité de ses acteurs, leurs actions à nos côtés, ont été si exemplaires qu’on ne peut que les avoir en modèle.

Bon.

Avec le Pôle, on est loin d’un tel résultat.

Et ce n’est pas un problème d’employé. Si la secrétaire de ce service doctoral était si exceptionnelle, c’est parce qu’on lui laissait la latitude de l’être, que le cadre d’exercice encourageait à cette efficacité bienveillante, que la politique du lieu était de considérer les doctorants. Tous les services de secrétariats d’université ne sont pas ainsi, la recette de la positivité de ce lieu, malgré d’énormes difficultés matérielles, était une somme de politiques, d’orientations et de considérations particulières. Mais cet exemple nous montre que c’est possible, la bienveillance et la positivité, même face à l’adversité et tout cela dans un service administratif.
C’est donc de cela dont on va parler aujourd’hui et demain pour un bon moment. Des recettes politiques, des considérations et des orientations particulières, des principes et « valeurs » qui sous-tendent le fonctionnement de Pôle emploi, des recettes qu’on trouve également dans d’autres institutions d’insertion, de réinsertion, dans des services sociaux, mais aussi dans des lieux d’éducation, de rééducation. Ces considérations on va les retrouver aussi à l’école, dans le milieu professionnel, chez les dominants… et même déjà en germe dans les processus mentaux des enfants.

Ces considérations ont créé des lieux, les guident, leur forment logiquement des règles, des stratégies, des procédures. Ces considérations sont le résultat d’un point de vue, et ils éliminent d’autres points de vue qui auraient pu nourrir d’autres stratégies, d’autres règles, d’autres procédures…

On ne les voit plus, ces considérations. À force d’habitude, à force de baigner dedans depuis l’enfance, à force de les vivre, à force d’être obligé de considérer les autres points de vue comme faux, utopiques, mauvais, etc.

On sait que le Pôle emploi a été créé pour lutter contre le chômage. On sait que, comme tout service qui donne des allocations, y faire appel nous transforme en « cas soc’ », en « parasite » selon les croyances d’une certaine partie de la société. Même si on sait qu’on n’est pas un parasite, qu’on fait des efforts pour ne pas être démoli mentalement, une visite à Pôle emploi sera déprimante avec plus ou moins d’intensité. On sait qu’on va en sortir désespéré, enragé, démoli ou aberré par les situations absurdes qu’on y aura vécues. On sait aussi qu’à part quelques psychopathes comme partout, les agents aussi en souffrent. Ils sont frustrés de ne rien pouvoir faire, énervés des politiques à l’œuvre, eux aussi sont déprimés. Certains, pas résignés, en viennent à fréquenter les forums de chômeurs, pour vraiment pouvoir aider, parce que cela leur est impossible au travail. Un comble.

Pourquoi est-ce si catastrophique ?

Qu’est-ce qui fait que cette institution est un désastre ?

 


Pôle emploi et ses problèmes


 

Pour comprendre et trouver des solutions, on peut lister les problèmes, c’est un peu ce que j’ai fait dans l’article « le chômage, la solution à la crise », mais l’angle n’était pas le Pôle emploi, il s’agissait de chercher un quotidien alternatif, vivre malgré cette institution défaillante, ne pas se laisser détruire par elle et ce que la société associe de négatif au chômeur.
J’avais une fois listé tous les problèmes que j’avais personnellement rencontrés avec cette institution, comme cette fois où ils avaient refusé de me renseigner car j’étais encore en congé maternité, ou cette autre fois où l’on m’a accusée de ne pas avoir fait des démarches alors qu’ils avaient perdu mon énorme dossier de photocopies (conséquence, plusieurs mois sans avoir la moindre piécette pour manger ni pour chercher du travail). Je vous épargne cette liste totalement déprimante.
Après avoir lu beaucoup de livres-témoignages tant sur le quotidien des agents que des chômeurs, après avoir vu des dizaines de témoignages sur OnVautMieuxQueCa au sujet du Pôle emploi, tant de l’intérieur qu’en tant qu’usager face à dizaines de situations différentes, après avoir entendu tous mes amis et toutes mes connaissances me rapporter encore et toujours les mêmes problèmes, je pense que je peux faire une petite synthèse sans perdre en réalisme.

 

⇒ Pôle emploi échoue concernant le fait de trouver des emplois dignes aux personnes, alors que ce serait en principe sa finalité.

pole emploi fail
Les statistiques plus précises sont disponibles ici http://rue89.nouvelobs.com/2015/07/01/13-gens-retrouvent-boulot-grace-a-pole-emploi-flippant-260053 ; nous avons aussi inclus la réussite des contrats aidés par le Pôle, cependant rappelons que ces contrats peuvent être mal payés voire pas du tout (le recruté est « rémunéré » par ses allocations, comme ici par exemple : http://rue89.nouvelobs.com/2013/10/05/travailler-six-semaines-gratos-leclerc-jai-craque-246275 ) et que cela se passe mal ; exemple : http://www.onvautmieux.fr/2016/04/26/contrats-aides-fausse-bonne-idee

On arrive mieux à trouver des emplois par soi-même ou avec le piston. Et quand Pôle emploi arrive à nous caser, c’est parfois de l’exploitation pure et simple où la personne ne reçoit pas de salaire (cf drive Leclerc), dans des emplois à turn-over énorme (donc des conditions terribles), voire, cela m’est arrivé, dans des entreprises qui m’ont payée au black.

 

⇒ Pôle emploi échoue à orienter ou aider à joindre des formations utiles

Sauf dans des situations très précises, où la personne sait exactement ce qu’elle veut et que la formation a la chance d’être accessible en elle-même. Et encore :

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Non seulement une formation en création de site web ou d’infographie est cohérente avec un métier de correcteur – la personne pourra créer son site pour vendre ses services de correcteur sur le web ; ou encore peut-être devenir rédacteur web polyvalent, pouvant aussi gérer le site sur lequel il travaille, produire des infographies qui alimentent des articles – mais c’est également signe d’une méconnaissance absolue de ce monde. En effet, il n’y aura pas d’annonce sur pôle emploi pour ces métiers, cela se trouve directement sur le Net, les entreprises sont parfois basées dans des pays étrangers, etc. On a là un mépris total de l’usager, sans doute parce que l’agent n’est même pas conscient de son ignorance ou la dénie pour garder son estime de lui ; vous pouvez consulter le témoignage entier ici : http://www.onvautmieux.fr/2016/05/10/des-conseils-sans-respect

Le Pôle Emploi refuse les demandes légitimes de formation parfois même en se moquant de l’usager (voir l’image au-dessus et son témoignage associé), pousse dans des formations aberrantes, où l’on prend les gens pour des enfants de maternelle avec activité collage/découpage (voir ici : http://www.onvautmieux.fr/2016/06/28/lettre-dun-putain-dassiste), où l’on prend les personnes pour des handicapés mentaux en prenant trois jours entiers pour leur expliquer comment se laver les mains (vécu), où il n’y a aucune consistance entre l’usager, ses compétences, ses connaissances et ses envies (un stage de voile alors que la personne veut travailler dans le bâtiment…WTF !).

Alors le problème ne vient pas que de Pôle emploi, il y a un gros problème concernant la législation des formations (je dirais même de certaines écoles également, où avoir le diplôme ne tient qu’à verser une énorme somme d’argent), tout est à repenser, parce qu’on en vient à laisser des quasi-sectes enrôler les personnes (attention il y a des scènes très choquantes dans ce reportage, de transes à base d’hyperventilation) :

 

⇒Pôle emploi échoue à conseiller et informer, voire même est lieu d’ignorance

L’usager réfléchit, il connaît sa situation, son milieu pro, ce dont il a besoin pour être recruté à nouveau, alors vient le moment où il en parle au conseiller, afin d’avoir un feed-back sur ses stratégies et de l’aide. C’est légitime, cette « proactivité », c’est plutôt un excellent point, non ? Et voilà que le pôle lui dit qu’il n’a pas le métier dont il parle dans leur code ROME et lui demande d’expliquer. Ça, c’est la version de l’agent sympa et sincère. Mais parfois, l’usager se fait carrément envoyer bouler, il est moqué alors que son projet est très intelligent (voir ici : http://www.onvautmieux.fr/2016/06/26/les-cases-du-monde-du-travail ). Le Pôle emploi refuse aussi de comprendre qu’on est prêt à accepter n’importe quel emploi parce qu’on a besoin d’argent pour manger et se loger (c’est récurrent dans bon nombre de témoignages pôle emploi : http://www.onvautmieux.fr/tag/pole-emploi ), la raison : un logiciel qui veut vous rentrer dans une case et auquel les agents se soumettent, une politique qui ignore aussi totalement vos diplômes et ce qu’ils signifient en terme de compétences/connaissances.

 

⇒ Pôle emploi a une gestion bureaucratique catastrophique qui crée des situations dramatiques

Les dossiers/papiers sont régulièrement perdus (et on vous accuse de ce fait), les démarches sont longues et s’il y a le moindre papier manquant, cela peut repousser les dates (et en attendant, la personne vit avec zéro euro, or sans argent on ne peut pas se déplacer pour chercher du travail). Coupler allocation chômage + travail irrégulier est une galère administrative sans nom qui vous fait perdre de l’argent, tout en étant mis sous pression administrative continuelle pour fournir des papiers que vous n’avez pas pu recevoir encore. C’est tellement mal fait que des agents sincères et sympas à Pôle emploi vous avouent qu’il vaut mieux être au chômage total que d’accepter des petites missions de travail. Un exemple ici : http://www.onvautmieux.fr/2016/08/28/jai-ose-travaille-2-jours-le-mois-dernier-donc-jai-chamboule-ce-tres-cher-pole-emploi ; et ici également : http://www.onvautmieux.fr/2016/08/29/tu-voulais-faire-quoi-quand-tu-seras-grand

 

⇒ Pôle emploi méprise les demandeurs d’emploi

 

« Posture du conseiller : Synonyme d’« indifférence ». Les managers et formateurs [formant les agents pôle emploi] nous recommandent fortement d’éviter toute forme de sentiment ou d’empathie. De l’efficacité, pas d’émotion. »

Confessions d’une taupe à Pôle Emploi, Gaël Guiselin

Qu’on soit clair, quitte à ce que je me répète : je ne vise pas les agents, mais bien l’institution, ce qu’elle impose et ce qu’elle dénie. Les agents sont eux aussi victimes du système Pôle emploi, et même s’ils résistent avec beaucoup de courage pour certains à tenter d’être bienveillant, c’est la conception de l’institution et tout ce qu’elle impose qui est méprisante. L’usager est pris pour un imbécile, on envoie des informaticiens faire des ateliers pour se servir du site web de Pôle emploi (vous imaginez la violence d’une telle dévalorisation), des créatifs à des ateliers pour faire des CV, les projets les plus finement élaborés par les usagers sont dédaignés (toujours la même histoire). Ce mépris, il est le résultat de l’ignorance, mais aussi de la gestion catastrophique où l’usager paye pour des erreurs administratives qui ne sont pas de son fait.

Le mépris, on le trouve dans la radiation :

 

« « Évitez le mot “radiation”. Parlez plutôt de “désinscription”, ça sonne moins négatif. » Nous aussi [les conseillers pôle emploi], nous avons notre politiquement correct. Lors de notre formation, nous avons été briefés. Et les consignes sont assez claires : il faut radier, mais en douce. […]

Pour éviter les états d’âme, l’agent ne radie pas personnellement. Pas bourreau, juste assistant. Il met en place les démarches qui peuvent entraîner une radiation. Comment ? En multipliant les mesures « radiogènes ». La panoplie à disposition est variée. On peut convoquer davantage en espérant que le demandeur ne viendra pas (et paf : avis de radiation) ; lui proposer plus d’offres d’emploi, de préférence hors champ de compétence ou d’intérêt de façon à ce qu’il les refuse (et vlan : avis de radiation) ; ou encore l’inscrire à des formations ou à des ateliers qui le feront habilement sortir de la liste A et basculer dans une catégorie de demandeurs moins visible et moins sensible (et pouf : évaporé).

Le chômeur est collé au mur et mis en joue. Ce ne sont pas les munitions qui manquent. Le suivi mensuel personnalisé, en place depuis 2006 et censé aider le demandeur paumé, fournit douze occasions de radiation par an. Un vrai bonheur. Douze convocations, douze rendez-vous obligatoires fixés par Pôle emploi. Six fois plus qu’avant. Celui qui sèche reçoit un avis de radiation. C’est automatique. […]

Personne n’emploiera le terme de « prime à la radiation » – pas de gros mots surtout –, mais nous savons tous que les mesures que nous mettons en place peuvent se traduire par des radiations. Et nous savons que c’est la bonne application de ces mesures qui détermine le montant de la prime.

Et gare à tous ceux, nombreux, qui ne jouent pas le jeu. Le conseiller rebelle ou sentimental risque admonestations, remontrances ou avertissements. Montré du doigt par ses responsables, il voit peu à peu les dossiers intéressants lui échapper, et ses possibilités de gravir les échelons s’éloigner. Sa place dans l’équipe devient moins confortable. Honte au bras cassé, celui qui plombe les chiffres et dévalue la prime collective d’intéressement sur les résultats de prescriptions ! Et, au fond, qui peut reprocher à un agent de compter sur ses 800 € bruts (maximum) de prime en fin de semestre ? D’autant que rien n’est plus facile que d’évaluer la cadence de radiation des petits camarades : un logiciel mis à notre disposition photographie en temps réel le travail de chacun de nous. On peut donc fliquer le portefeuille de demandeurs d’emploi de son voisin, et rappeler ce dernier à ses devoirs. […]
« On n’est pas bons sur les radiations ! Maintenant, on n’excuse plus rien et on radie… quitte ensuite à revenir dessus via une inscription rétroactive. » La directrice de ce site [pole emploi] parisien où j’ai travaillé quelques mois le nierait la tête sur le billot, mais elle a bien des objectifs de « désinscription ».

Confessions d’une taupe à Pôle Emploi, Gaël Guiselin

Cet ouvrage date de 2010, avant les immolations (à Nantes, et en Seine-Saint-Denis). Il semblerait qu’après ces suicides la politique des radiations a du être un peu calmée (les délais de pointage sont plus longs, il y a des rappels téléphoniques permettant d’éviter la radiation), mais ce n’est juste qu’une hypothèse de ma part, je n’ai pas de donnée solide à ce sujet.
La violence symbolique, elle est également dans les annonces qui ne semblent pas avoir été vérifiées par le Pôle, où les employeurs demandent parfois plus de 10 ans d’expérience, des diplômes insensés comme ce CAP d’entretien alors que chacun est capable de faire le ménage sans avoir de diplôme ni d’expérience pro à ce sujet.

Tout, au Pôle emploi, cri à l’usager qu’il est nul, qu’il n’est pas autonome, qu’il ne sait rien, qu’il n’a rien de bon pour la société.

C’est faux évidemment !

Chômeurs, je vous en supplie n’acceptez pas cette considération, c’est totalement faux. Vous valez quelque chose, vous êtes utile, vous savez des choses, vous faites des choses, vous êtes autonome, et vous brillez d’une lueur ou d’une autre sur quelqu’un d’autre, sur votre famille peut-être, pour vos amis, pour les voisins, des personnes sur le net, le quartier, les connaissances que sais-je ! Ce mépris de pôle emploi, parfois véhiculé encore plus violemment par l’entourage (voir ce témoignage : http://www.onvautmieux.fr/2016/06/07/lui-dans-deux-ans-il-se-suicide-non-je-ne-suis-pas-mort-mais-ce-nest-pas-passe-loin) personne ne le mérite, car il est totalement injustifié.

En conséquence de tous ces problèmes, il y a plusieurs profils (liste non exhaustive) :

  • les chômeurs dépriment. Après avoir fait tout ce que le Pôle attendait d’eux, après avoir essayé ce « jeu » et ne pas en avoir vu l’issue favorable tout en se faisant démolir mentalement via toute cette violence symbolique, ils finissent donc par ressembler aux stéréotypes qu’on fait d’eux, qui est en fait la dépression. Cercle vicieux. Un témoignage qui exprime bien cette spirale infernale du chômage : http://www.onvautmieux.fr/2016/05/10/les-reveils-sonnent-aussi-chez-les-chomeurs
  • Les personnes ont peur des démarches administratives, parce que les institutions leur montrent du mépris ou à cause des préjugés sur « les parasites » et « les cas soc’ ». Une assistance sociale m’a raconté que la grande majorité des situations dramatiques qu’elle a vu sont issues de cette peur, cette honte de faire appel à la CAF pour des aides au logement, un sentiment d’être incompétent face à ces administrations. Les personnes se laissent crever de faim plutôt que de côtoyer cette violence symbolique.
  • Les personnes quittent volontairement Pôle emploi et ne veulent plus avoir affaire avec eux. Elles se débrouillent sans eux, quitte à en pâtir.
  • Les personnes font semblant de jouer le jeu, mais mentent. C’est mon cas par exemple, quand je dois rencontrer ma conseillère, je joue le personnage qui rentre bien dans les cases de son logiciel et opte l’attitude qui la rassure, mais je mens par omission sur les 3/4 de ma vie. Attention, il ne s’agit pas là de mensonges illégaux, je ne fraude pas. Ainsi, les RDV sont courts, elle est contente, j’ai la paix.
  • Certains agents résistants trichent le plus légalement possible et aident les chômeurs à tricher le plus légalement possible. Le résultat est moins de souffrance pour tout le monde (et c’est très honorable de la part des agents au vu des risques qu’ils peuvent prendre à cette résistance), cependant en arriver là montre que la machine est totalement défaillante, bonne à jeter, pour que la seule bonne solution soit la désobéissance discrète.

Globalement, la façon dont est géré le chômage par les institutions et les considérations qui règnent sur l’ensemble de la société, créent de la souffrance, une souffrance terrible qui n’aident ni les chômeurs, ni les travailleurs, ni les agents, ni les institutions, ni la société. Cela n’aide que les exploiteurs qui peuvent ainsi mettre plus de pression sur les salariés, entre autres.
Par quel bout prendre les problèmes ?
On pourrait opter pour une stratégie qui consisterait à regarder les problèmes un à un, et tenter de trouver une solution à chacun. On pourrait imaginer des agents plus spécialisés dans des domaines professionnels, mieux les former à la bienveillance ; les informer davantage sur les formations ; leur donner plus de pouvoir sur le contrôle des annonces ; faire des brainstormings pour mieux concevoir la machine administrative et la rendre moins dramatique, etc.

Autrement dit, on pourrait opter pour une stratégie de politicien qui se contente de coller des petits pansements sur les plaies ouvertes, tout en tailladant une autre partie du corps social ; et s’il ne le fait pas, c’est la partie adverse qui se chargera d’arracher les pansements, ré-ouvrir les plaies et mettre des bandages ailleurs.

Mettre des pansements, ou de bons bandages oui, pourquoi pas, mais est-ce que franchement cela peut venir à bout de ces problématiques graves ? Ces problématiques sont tellement profondes, tellement ancrées dans la conception même de Pôle emploi que la population se demande parfois si cette politique de mépris n’est pas volontaire pour décourager toute demande d’aide, même non monétaire. Parce qu’en dégoûtant ainsi les gens, on les fait sortir des statistiques, on fait des économies de personnel entre autres. Et le politicien peut se vanter de ses exploits d’inversion de la courbe du chômage, l’argument absolu (aussi efficace que les dragons de Daenerys Targaryen), qui réussit à emporter les faveurs des citoyens, même lorsque cela sert à détruire des zones vertes essentielles pour des aéroports parfaitement inutiles.

Soit.

Comme je le disais en introduction, il y a des politiques, des considérations qui ont créé cet état de fait. Sans aller jusqu’à la stratégie « on va les mépriser tellement ces chômeurs, qu’ils ne viendront plus demander d’aide et nos chiffres seront beaux » qui est improuvable et dont, en connaître la vérité ou non est peu utile pour résoudre les choses, remontons aux considérations qui forment ces institutions. Ces considérations nous font comprendre les mécaniques à l’œuvre, et comment les contrer.

Au-delà du fait de comprendre les mécaniques qui mènent à la catastrophe Pôle emploi, il s’agit non seulement de les contrer quel que soit son statut d’agent, d’usager ou de travailleur mais aussi de les virer de soi-même. On ne peut pas construire un nouveau monde ou même en imaginer un autre si ces considérations nous les portons et les inculquons à autrui, parce que ce sont de véritables œillères.

Or, elles sont sacrément ancrées ces considérations, elles sont comme des tiques sur nos neurones, elles s’attaquent à nos processus mentaux, en pompent suffisamment d’énergie pour nous obscurcir notre champ de vision.

Au point même où les recherches, qui font état de ces « tiques » en ont été biaisé longtemps.

Ce dont on va parler demain est complexe, si complexe que bien que j’ai fait mes recherches il y a quelques années, je ne savais comment les présenter pour bien en rendre compte. Elles couplent de nombreuses notions de psychologie, pas toujours évidentes à saisir, et pire encore, certaines sont biaisées sans pour autant être à jeter car leur biais comme leurs résultats sont d’une très grande aide pour comprendre ces « tiques ». Je vais donc prendre mon temps, et si c’est long, c’est parce que je veux expliquer du mieux que je peux afin de vous rendre ces connaissances les plus utiles possible. Et peut-être qu’ensemble, on va pouvoir essayer de s’enlever ces tiques et trouver des moyens de les enlever aux autres. On va essayer, en tout cas, parce qu’il est intolérable que des institutions d’aide aux personnes servent au formatage de celles-ci, le tout dans la souffrance et la violence symbolique.

SUITE : [PE2] Une politique d’accusation cachée sous des allures bienveillantes

 

 

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39 commentaires sur “[PE1] Pourquoi le Pôle emploi nous déprime et comment y remédier ?

  1. Ha chouette ! enfin la longue série d’articles tant attendu =) Merci beaucoup, c’est pile le moment en plus car, je fait parti des chiffres du chômage depuis 2 semaines maintenant. Pour rajouter un rapide témoignage, je suis HSE (Hygiène Sécurité Environnement) globalement je forme des gens à la sécurité, voire je forme des gens à former des gens. Mais arriver à pôle emploi je décide de changer pour un secteur où il y a moins de requins : l’humanitaire. Et même avec tout un plan de carrière où je termine formateur en beauté, la réponse, de face et par mail : « je ne crois pas en votre projet professionnel » -_-
    L’article est très bien même si je trouve qu’il manque quelques éléments de ponctuation de ci de là, mais rien de bien méchant. C’est super de se servir de On vaut mieux que ça, on donne de la visibilité à cette initiative et elle le mérite.
    Par contre, je ne vois pas où tu veux en venir avec les considérations et les tiques qu’on a sur les neurones, est ce que tu peux clarifier s’il te plait ?
    Merci =D

    1. Merci !
      Alors les considérations, on en parlera dans l’article suivant que je publierais lundi prochain si tout se passe bien 🙂 C’est un sujet complexe, ces « considérations », donc tous les articles suivants les décortiqueront via plein d’expériences et études en psychologie sociale.

  2. Le reportage vidéo n’est pas très terre à terre, on est pas sûr si son sujet est de traiter les  »dérives sectaires » ou finalement les défauts d’une institution. Il insiste plus sur le premier et s’éloigne de son sujet principal. D’ailleurs il n’y a même plus de section commentaire en bas de la vidéo…
    Sinon c’est dommage du coup d’avoir traiter le sujet des soit-disant sectes de cette manière parce qu’après tout les reporters se sont engagés dans un milieu qu’il ne connaissaient pas le moins du monde et ils le caractérisent directement sans chercher à en savoir plus. Autant ne pas en parler si c’est pour ne pas être complet du tout ! Sinon si ça peut en rassurer certains sur les images du groupe en cercle devant les bougies, les séances de respirations holotropiques ne commencent jamais par un petit debrief sur les énergies sexuelles libérée xD Ça ne se passe jamais comme ça quand on est entouré de professionnels sérieux. Que voulez-vous il y a des dérives partout… Haha 😀

    1. Alors le doc de cash investigation sur la formation professionnelle est là à titre d’illustration dans mon article, notamment la séquence sectaire où il y a hyperventilation ; je l’ai mis pour montrer les dérives qu’on constate bien, là. C’est un exemple parmi d’autres possible.
      La scientologie a essayé (et réussit parfois) a infiltrer le milieu des formations (cf https://www.anonymousvideo.eu/IMG/pdf/anonymous_vox_magazine_scientologie.pdf ) via l’ANPE (l’ex pole emploi) et les entreprises directement. Dans le « Malaise Dans Le Travail  » de Marie Hirigoyen, et aussi « Le coût de l’excellence » de Gaulejac, y a un pêle-mêle d’exemple de « formations » ou séminaires qui emploient des méthodes sectaires ; le reportage d’Arte  » Au travail, corps et âme  » (j’ai un doute, c’est peut être dans « la mise à mort du travail » ) montre aussi des séquences assez terrifiantes de conditionnement comme en emploie les sectes. Alors oui, heureusement que toutes les formations ne sont pas ainsi 😀 Cependant c’est un vrai problème qui en dit sur le manque de régulation dans ces domaines ; comment ça peut être possible ? Surtout que les formations aux accents sectaires ne sont pas toujours aussi explicitement ésotérique, cela se passe en costume cravate avec un vocabulaire très corporate, on voit certaines personnes s’y faire prendre totalement. Gull avait aussi pris des extraits de formations à base de conditionnement dans sa vidéo sur le travail pour OnVautMieuxQueCa (carglass…) : https://www.youtube.com/watch?v=ffAZcktrh9c

  3. Bonjour,
    «  » » » »J’ai peut être trouvé «  »une » » solution pour contrecarrer ce cercle vicieux » » » », du moins pour moi (d’où les multiples guillemets).
    Quand je vais à Pôle Emploi, je prend sur moi, mais j’y vais avec le sourire, la pêche et la bonne humeur. Elle est assez communicative ;). Résultats – j’ai toujours eu des personnes bienveillantes qui m’ont conseillé avec leur cœur 🙂 (dans deux PE différents et au téléphone).
    Tellement « sympathique » que j’ai même eu une conseillère qui m’a avoué être spécialisée dans la métallurgie/bâtiment (je suis dans le tourisme)… Et vu que j’avais l’air de pas avoir besoin d’eux (PE), elle ne m’a pas demandé de venir au RDV mensuel, sans radiation.
    Bon après, vu que je prépare une expatriation, ils ont tous été d’accords sur une chose « Quittez la France » (leur service d’expat est top ! Chômeur en moins en France, le bonheur !). ^^ » » » » » »

    Je conseille cette posture de « bonne humeur » pour toutes les autres administrations (testé à la CAF, le CROUS et SECU) et les vendeurs d’Orange/SFR. Une personne à l’apparence sympa et concernée sera traitée « sympathiquement » et « sérieusement ».

    Après je suis d’accord, quand on va à PE ça serait super d’avoir directement des personnes qui nous mettent à l’aise plutôt que nous les mettre à l’aise pour être conseillé correctement ^^’!

    1. Je suis d’accord avec votre astuce. C’est celle que j’emploie. De plus, je possède la caractéristique « je suis belge » et ça m’attire tout de suite la sympathie des gens. Toutefois, il faut rester vigilant(.e) et s’assurer de mener la barque (enfin, ça ne marche pas bien à la préfecture de mon département, ils sont vraiment blindés).
      Mon ancienne conseillère a quand même réussi à me refourguer un atelier CV alors que je lui parlais de réorientation. A me parler de tout un tas de métiers qui auraient été utiles dans le coin où j’habite, c’est vrai, mais inaccessibles pour moi (entamer des études de médecine pour ensuite continuer en radiologie, vraiment ? Entamer un cursus hyper éliminatoire en kinésithérapie ? Tout ça était risqué, sachant que j’avais 30 ans quand la discussion a eu lieu) ou alors à faire des petits jobs en attendant de trouver un CDI dans mon domaine. Je me suis donc retrouvée à cet atelier, avec la personne qui m’avait fait mon bilan de compétences et qui m’a dit « Mais qu’est-ce que vous faites ici? Vous n’avez pas besoin de ça ».
      « Ma conseillère voudrait que je fasse un CV-compétences pour l’envoyer chez Carrefour. »
      « Vous chez Carrefour? C’est une blague? » Je me suis finalement retrouvée à aider les autres à faire leur CV.
      Cette année, après avoir trouvé deux CDD dans mon domaine, je me décide à me réorienter, trouve la formation qui me convient et prends rendez-vous avec ma nouvelle conseillère.
      Même technique à base de politesses et de sourires.
      Hé bien, heureusement que j’étais auto-convaincue par mon projet et que je le ai présenté sans lui laisser de choix, parce que depuis le mois de mars, je cherche à avoir une subvention. Ce n’est que le 29/08 que j’ai appris que j’étais bénéficiaire d’un chèque formation. Mais pendant tout ce temps, elle n’a fait que me réclamer, au compte-goutte, divers renseignements et documents. Comment monter mon dossier? Ce n’est pas elle qui m’a fourni les explications mais Internet. J’ai dû chercher toutes les infos alors que j’étais encore en CDD et que j’avais des exercices à préparer pour me qualifier pour la formation.
      Pendant ce temps, une de mes connaissances, qui voulait faire le même genre de formation que moi, m’a appris que son conseiller avait purement et simplement refusé de monter son dossier. Il est infographiste et voudrait suivre une formation de développeur web. Il a déjà acquis pas mal de connaissances en autodidacte et construisait même une application qui aurait pu être utile aux demandeurs d’emploi. Son conseiller était au courant de son projet et l’approuvait. Mais il lui a refusé quand même la formation.

      Donc pour compléter ce que vous dîtes, oui, sympathie et sourire vous ouvrent des portes mais ayez une idée derrière la tête et soyez convaincu que c’est ça que vous voulez, par tous les moyens. Ne laissez pas Pôle Emploi le temps de vous proposer autre chose ou de vous dire « non ». Et prenez les devants, renseignez-vous un maximum, ayez les chiffres et les arguments sous le coude (on m’a aussi fait le coup des annonces en informatique sur le site de Pôle Emploi, on m’a demandé si le secteur recrutait…), cherchez et préparez tous les documents utiles.

  4. Excellent article, nécessaire, vital ! Merci!
    Le passage sur le fait que les chômeurs finissent par devenir le negatif qu’on leur administre méthodiquement me fait penser à l’effet Pygmalion dans l’éducation et dans les entreprises.

    En vrac des références complementaires :
    – les travaux de l’excellent Christophe Dejours
    http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/semaine-speciale-travail-45-le-devenir-managerial-de-nos
    http://lci.tf1.fr/france/societe/toulouse-des-salaries-obliges-de-demander-leurs-pauses-toilette-8727150.html
    http://www.za-gay.org/forum/viewtopic/47143/la-langue-de-bois-traitee-avec-humour/0/
    http://www.sante-et-travail.fr/dans-l-actu—des-victimes-du-travail-temoignent-dans—les-sentinelles–_fr_art_641_76105.html

    Hop, je partagerai si j’en ai d’autres 🙂

  5. Une bonne intro, hâte de voir la suite ^^
    Je n’ai eu qu’une fois affaire au pôle emploi, et comme beaucoup, je n’en garde pas un très bon souvenir. Un dossier perdu à refaire, une pseudo-formation à « faire des cv et trouver des stages » (sachant que le PE ne peux pas fournir de convention de stage supérieure à deux semaines, ce qui est un peu inutile), une méconnaissance totale chez les conseillers à l’agence des métiers de l’informatique…
    Coup de pot, je savais ce que je voulais faire, et j’avais déjà les compétences, juste besoin d’une formation pour avoir accès à des ressources, un vrai stage et un titre professionnel. Encore plus coup de pot, j’avais encore moins de 25ans. Du coup j’ai pu m’appuyer sur la mission locale qui m’a sauvé la mise sur ce coup là. Entretien de 15 minutes, j’ai présenté mon cas, dit à la conseillère « j’ai trouvé telle formation qui fait exactement ce qu’il me faut, je veux la faire ». Elle m’a répondu « vous êtes sûr » ? J’ai hoché la tête, elle a fait 2 clics « vous êtes inscrits, présentez-vous au centre la semaine prochaine ». Emballé, c’est pesé.
    Après, je pourrais en dire pas mal sur la formation en elle-même (matériel hors d’âge, formateurs dépassés au point que j’aie dû m’occuper moi-même d’initier mes « camarades de promo » à certains pans de la programmation (notamment le web), etc. ), mais au moins j’ai pu avoir du temps pour me préparer sans avoir à me demander où dormir/comment manger, une connection internet, un stage, un pseudo-diplôme, et derrière très vite un boulot.
    Après ce dossier là, pourquoi pas un autre sur les formations justement ? Il y aurait pas mal à dire niveau psycho/socio justement sur la façon dont c’est fait, notamment en informatique où c’est la ruée vers l’or des charlatans.

    1. Ah, ces fameuses formations où l’on se retrouve à former ses camarades parce que le formateur ne sait pas comment faire !:D j’ai connu cette posture au lycée – en pseudo-informatique aussi, pour des trucs ultra simple sur word – et la prof que je palliais m’engueulait/me certifiait que j’échouerais parce que j’avais fini par ne plus aller à certains de ces cours (forcément, quand on a rien à apprendre d’un cours , difficile de se motiver d’y aller…). Bref, y a un problème quand même.

      Alors oui, pour la question de faire un papier sur les formations, je me la suis posée lorsque j’écrivais « l’homme formaté », cela manquait un bon gros chapitre sur ces questions, incluant aussi les écoles.
      Certaines sont particulièrement injuste, il suffit de verser une grosse somme d’argent pour avoir le diplôme…
      Le problème de cette question, c’est que pour faire un travail sérieux on ne peut pas s’en tenir aux plaquettes de présentation, il faut savoir ce qui se passe très concrètement à l’intérieur, avoir tous les détails. Et ce monde est très opaque, excepté quelques rares mémoires « d’infiltré » qui permettent de ce rendre compte du quotidien du formé (je pense à un mémoire génial sur Decathlon, « pisser bleu » où le stagiaire décrivait la façon dont l’entreprise l’avait form(at)é) ; mais je suis encore jamais tombée sur des rapports aussi précis de formations par les formés tel que PE en propose. Ou alors faudrait que je m’infiltre moi-même:D

  6. Je pense que, le gros problème de pole emploie, c’est qu’il suit la logique du siècle dernier, caser les gens dans des grosses structures, regarder l’étiquette sur chacun et les mettre dans la case qui correspond.

    Ce qu’il faudrait c’est mettre les gens en relation, mais pas forcement avec des entreprises, des gens avec des connaissances ou formations complémentaire, par exemple:
    Correctrice webdesigner informaticien électronicien mécanicien
    Les réunir et voir ce qu’il en sort, en fonction des envies de chacun, et si un projet se cré le tour et joué, un petit coup de pouce du pole ou d’une entreprise et la boite est monté.

    J’ai vraiment l’impression qu’on reste ancré dans les schémas classiques, on fait comme ça puisqu’on a toujours fait comme ça (bon la révolution industriel a l’échelle de l’humanité c’était hier, donc on a pas toujours fait comme ça, mais bon…)

    Idem pour l’autoformation, qui n’est actuellement pas du tout valorisable, alors qu’avec internet, tout le monde peut former tout le monde, et les compétences peuvent naître chez n’importe qui.

    Si on ajoute a sa le fait que tout le monde peu être taxi, restaurateur, livreur, loueur etc… sans engagement sur la duré, uniquement basé sur du volontariat (chercher a extraire un quelconque turn-over n’a aucun sens si il n’y a pas d’engagement).

    HS: Le tas de lien sur les mauvaise expérience pole-emp m’a fait penser a un reportage sur des goélands vandale en Bretagne ;), personnellement mon expérience au pole c’est très bien passé, ils ne m’ont pas trouvé de job mais m’ont encouragé et ils ont toujours été très amicale. Mon bon, rien qui mérite un article non plus 😀

    HS2: « et si c’est long, c’est parce que je veux expliquer du mieux que je peux afin de vous rendre ces connaissances les plus utiles possible. »
    C’est surtout plus difficile de faire plus court sans perdre d’information :D. C’est la tout l’art de la rédaction scientifique 😉

  7. Bonjour,
    Pour ma part j’ai eu à faire une fois à Pôle Emploi. je suis arrivé « préparé » du mieux que je pouvais à ma réunion. le mec était tellement content de voir qu’il allait enfin pouvoir, pour une fois, finir à midi voir un peu en avance que la séance c’est très bien passé. Il m’a même donné un conseil pour profiter au mieux de mes allocs. Bon après, Pôle Emploi ne m’a servi qu’à toucher de l’argent pendant ma formation, ils ne m’ont aidé en rien à trouver un job ou une formation, j’ai agi de moi même et j’ai réussi. Donc pour le coup, l’employé, oui, le Pôle Emploi, je ne peux pas juger.

    Voilà je suis content d’avoir eu l’occasion de partager cette aventure extraordinaire! Je vais pouvoir lire l’article maintenant!

    1. Je m’auto-répond suite à la lecture de cet article et à une reflexion personnelle que j’ai eu suite à cette lecture. Est-ce que le problème n’est pas, plutot que l’institution PE le chômage en lui même? Je m’explique.
      Pour moi, le chômage n’est pas un problème, mais un atout. Le chômage permet de prendre le temps de se poser les bonnes questions :
      – Pourquoi je suis au chomage? La boite ne me convenait pas? Ou je ne convenait pas à la boite?
      – Est-ce que je pourrais faire autre chose? Formation, autre métier, « pause » (tour du monde, milieu associatif – humanitaire, élever mes enfants plutot que de payer une nounou à le faire, etc.)?

      On nous répete au quotidien la peur du travail, la précarité, le chomage c’est mal tu deviens un parasite, etc. Moi je vois les choses comme ça :
      – J’aime mon travail actuellement et la société qui m’emploie. Je ne suis pas casseur de chou mais j’apprécie la politique de gestion des casseur de choux de mon entreprise. (Pour l’exemple, le changement des casseur de chou par une machine est bloqué par les casseur de chou eux-même qui ont peur de perdre leur emploi, donc il y a un gros boulot à faire pour pouvoir les remplacer par des machines qui existent). J’essaie de changer en interne ce qui me déplait (principalement niveau écologie car j’aime bien ça).
      – Comment j’en suis arrivé là? Je n’aimais pas mon emploi, je me suis renseigné, trouvé une formation qui me correspondait, trouvé un job pour suivre cette formation en alternance (je me suis auto-pistoné). Suite à cela la société dans la quelle ne me convenait pas (changement de politique entrainant suicides et burn-out (ou bore-out), j’ai donc de nouveau réfléchi, trouvé une formation et hop.
      – Je suis en CDD et ça ne me déplait pas spécialement par rapport au CDI. La limite du CDI que je vois au quotidien : Un trouble-fête, souvent baratiné par les médias et politiques, ne veut pas prendre de risque, ne rien suggérer, faire uniquement ce qu’on lui dit de faire point barre (mais quand même raler sur ce qu’on lui demande pour le principe). Cette personne là, quoi qu’on dise, ne commettra jamais de faute légalement parlant. Elle sera toujours à l’heure au travail, fera toujours le stricte nécessaire et ne sera donc pas licenciable. Et pourtant, elle va créer un climat non propice à la bonne humeur, peut-être embêté ses collègues, voir pire, au bout de 10ans on se rendra compte que rien n’a évolué dans son service et l’investissement pour rattraper cette erreur, s’il est possible, coutera un bras à l’entreprise.

      Alors j’espere que les autres articles seront tout aussi intéressant, car je suis quand même d’accord avec vous ayant d’autres retour d’expérience que le mien (ma conjointe qui avait un beau projet s’est vu dire : ah désolé je ne peux pas vous aider on ne sait pas faire ça). Continuez de nous enrichir et de nous ouvrir l’esprit! Et n’hésitez pas à me dire les points faibles de ma pensée, ça m’aidera à mieux dormir :p

      1. Alors pour répondre à ta reflexion, si j’ai bien compris, à ton avis ce sont plus les représentations du chômage qui sont problématiques (chômage terrifiant, être chômeur = parasite etc…)plutôt que l’institution pôle emploi. Si je comprends bien, oui je suis d’accord, il est urgent de se représenter le chômage autrement – y compris pour les salariés – car ça entraîne une cascade de conséquences négatives comme tu le décris (par exemple des employés qui veulent maintenir un travail pénible et insensé de cassage de chou-fleur par peur du chômage). Ce sont de ces représentations que j’ai parlé dans cet article : http://www.hacking-social.com/2014/01/30/chomage-solution-crise/
        Dans le dossier que nous commençons tout juste, il s’agit de voir d’où viennent ces représentations et considérations. Et on verra dès la semaine prochaine que les institutions telles que pole emploi (mais pas que) ont été conçues, ont des structures et des finalités qui ont diffusé ces représentations négatives du chômage (je rappelle que je ne parle pas des agents encore une fois, mais bien de la structure à laquelle ils sont assujettis).
        Mais c’est une question type « qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier » ( d’où la longueur du dossier, c’est complexe), si les structures sociales d’insertion/réinsertion ont diffusé ces représentations du chômage négatif, ce n’est pas par malveillance, mais parce qu’on vit dans le néo-libéralisme. Bref, je vais couper là, sans quoi je vais réécrire tout le dossier, on n’en a pas fini 😀

  8. Bonjour, je suis extrêmement surpris voire déçu par votre article et déjà par le parti pris dès la première phrase : ce n’est pas un bon début pour un article objectif. Ma seule expérience et celle d’un ami prouvent son inexactitude.
    Je vis avec quelqu’un qui travaille depuis 11 ans à P E et comparer ses dires et vos mots relève du grand n’importe quoi. Je ne connais pas vos sources mais je veux penser que si l’on imagine une alternative progressiste à notre monde , il faut cesser de voir la vie en noir ou blanc. Votre article vu d’ici est une caricature. Désolé pour vous.

    1. Bonjour,
      Tout d’abord je rappelle un extrait de l’article :

      « Qu’on soit clair, quitte à ce que je me répète : je ne vise pas les agents, mais bien l’institution, ce qu’elle impose et ce qu’elle dénie. Les agents sont eux aussi victimes du système Pôle emploi, et même s’ils résistent avec beaucoup de courage pour certains à tenter d’être bienveillant, c’est la conception de l’institution et tout ce qu’elle impose qui est méprisante. »

      Rassurez-vous, nous ne remettons pas le moins du monde en cause votre conjoint-e ni votre expérience ; c’est de l’institution qu’ici nous parlons, et l’institution n’est pas votre expérience, ni votre conjoint-e. Tout comme on peut être un excellent prof dans une institution qu’on critique voir dans laquelle on s’oppose (comme dans « le cercle des poètes disparus »). Ne confondons pas les gens avec ce à quoi il sont assujettis, ils ne sont ni entreprise ni institution (heureusement sinon les câlins serait rares 😀 ) .
      Que pôle emploi soit une institution inefficace, ce n’est pas uniquement ma propre expérience et toute celle de tout mon entourage qui le dit, mais par exemple la cour des comptes.

      Merci de me poser la question des sources ! Je l’attendais afin de faire les délivrer.
      Pour les sources de cette article d’introduction, elles sont incluses dans l’article lui-même (voir les hyperliens en bleu) . Cet article fait parti d’un dossier de 80 pages encore non publié dans son intégralité, voici donc les sources majeures (donc liste non-exhaustive) de tout le dossier  :

      Témoignages OnVautMieuxQueCa : http://www.onvautmieux.fr/
      tout la catégorie regroupant les témoignages – négatif- sur pôle emploi  : http://www.onvautmieux.fr/tag/pole-emploi

      Le rapport de la cour des comptes sur pôle emploi (qu’elle juge inefficace) : https://www.ccomptes.fr/Actualites/Archives/Pole-emploi-a-l-epreuve-du-chomage-de-masse

      Confessions d’une taupe à Pôle Emploi, Gaël Guiselin

      La norme d’internalité et le libéralisme, Nicole Dubois

      Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social. Petit traité des grandes illusions, Jean-Léon Beauvois

      La soumission librement consentie, Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois

      Psychologie du travail et des organisations, Claude Lemoine

      La psychologie du pouvoir en 60 questions, Laurent Auzoult Chagnault

      Des attitudes aux attributions, sur la construction de la réalité sociale J.C Deschamps et J.L Beauvois

      Pourquoi le travail nous emmerde… et comment faire pour que ça change ? Cali Ressler

      Rework, Jason Fried et Jason Heinemeier-Hansson

      L’internalité et l’allégeance considérées comme des normes sociales : une revue Bernard Gangloff http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1630

      De quelques variables modulatrices des relations entre croyance en un monde juste, internalité et allégeance : une étude sur des chômeurs, B. Gangloff, S. Abdellaoui et B. Personnaz http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=559

      L’allégeance : un principe des logiques d’aide à l’insertion professionnelle, Lionel Dagot and Denis Castra https://osp.revues.org/3362

      La norme d’internalité, un concept de psychologie sociale libérale ? Odile Camus http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1662#tocto1n3

      Les cahiers psychologie politique. L’internalité et l’allégeance considérées comme des normes sociales : une revue

  9. Bonjour

    je voudrais vous parler de mon expérience dans ce domaine. J’ai quitté l’ile de france pour rapprochement de conjoint en charente maritime (donc démission de mon ex poste qui me donne droit au chomage).
    Arrivé dans le 17, je suis reçu pour l’inscription par une conseillère qui me dit qu’ici « c’est tous des cons, dès ma retraite je me casse… » bon welcome dans le 17. je parle de mon souhait qui est de me former en écoconstruction alors que je suis dans le médico social depuis 15 ans et que j’en ai marre. Elle ne trouve aucun équivalent sur son logiciel et me met dans la case menuiserie… en rentrant chez moi et aprés 15 mins de surf sur le net je tombe sur 2 vidéos de P.E qui parle de formation en isolateur membraniste et en énergie renouvelable…
    On m’envoye voir une « psychologue P.E» qui ne m’oriente pas, ne réfléchit pas à orienter mon projet, mais me démonte…
    Bon je réfléchis à une formation d’approche pour rentrer dans le BTP puis me spécialiser : un CAP en éléctricité. Alors je fais le stage en immersion pro dans une entreprise de 15 jours parrainé par P.E (ravi de mon stage ils m’ont payé alors que c’est un stage d’observation), je reviens pour lancer la formation et là je suis trop vieux (43 ans) trop diplomé (bac+3), le stage est réservé pour les personnes en rupture avec le travail et sans diplôme (en gros les cas sociaux), je m’énerve (contenu) en disant que moi qui est au moins un bac scientifique et un projet je suis boulé… pas de réponse.
    Je reviens quelque mois plus tard avec un formation en écoconstruction qui me paraissait idéale, meme la « conseillère » trouvait que ce n’était pas cher, elle m’a quand meme glissé que c’était pour moi, pour construire ma propre maison, je lui ai répondu que j’étais locataire « Bon revenez dans un mois car c’est les vacances » (début juillet), un mois plus tard « c’est encore les vacances revenez dans 15 jours », 15 + tard (le stage commence mi octobre) « ben c’est un peu tard et puis on peut pas financer sauf si vous faites un stage de 2 mois (jusqu’à début novembre).
    Et c’est sans parler des offres d’emplois envoyé par courrier pour des lieux se trouvant jusqu’a 600 kms de mon domicile (véridique), de toutes les tentatives de découragement « débuter un nouveau job à votre age personne ne vous acceptera » ou « dans votre domaine il y a des débouchés pourquoi changer ? » auquel j’ai répondu un peu provoc « et le ras le bol de la filière qui pousse à la dépression et au suicide, c’est où dans votre logiciel ? » bref j’ai repris un job dans mon ancien domaine à 80 % puis à 50 % et récemment je me suis fais licencier (je n’en peux vraiment plus de ce secteur) et pendant tout ce temps (3 ans ) P.E a completé mon salaire, je n’ai été convoqué que 4 fois au début, les autres fois j’y suis allé spontanément. Et je repars pour environ 1 an et demi de chomage et si je pouvais je continuerai 10, 20 ans sans honte en comparaison des multinationales et banques qui ne payent quasi plus l’impot.
    Un conseil présentez vous bien comme pour un entretien d’embauche, prenez les devants pour le moindre souci ou pour proposer quelque chose en vous déplaçant, faites semblant de les prendre pour des conseillers incontournables cela les flattent tellement, jouez un peu l’idiot mais pas trop, montrez vous très à cheval sur l’administratif cela montre qu’on ne vous la fait pas et renseignez vous avant d’y aller. Et surtout montrez dans votre regard le mépris que vous avez à leur égard tout en ayant un discours diamétralement opposé ça les déstabilisent et ça fait du bien.
    Voilà Courage à tous.

  10. Bonjour,
    Comme dit plus haut, il n’y a pas de code rome pour mon métier et je suis devenue auxiliaire de vie….six mois de formation pour ce métier alors que pour le mien c’est deux ans. De plus, je n’ai aucune connaissance de l’aide à domicile puisque je suis spécialisée dans l’autisme, le pôle emploi me propose du travail à domicile, des toilettes couchées ( je n’en ai jamais fait), bref, aucune de mes compétences n’est reconnue et le pire, depuis peu sont des offres pour un travail partiel qui vont de 12h30/semaine à 24h/semaine à …..plus de 500km de chez moi. Je suis trop diplômée, j’ai trop d’expérience et je coûte trop cher sont les réponses invariables à mes candidatures. deux ans de chômage et quand je vais en rdv (deux en deux ans) avec mes recherches d’emploi, ils ne les regardent même pas…..Aucune valorisation de mes recherches, pas de conseil mais ceci ‘ vous allez devoir accepter un travail payé au smic » ce qui implique que je doive changer de région car dans ma région, les loyers sont très élevés, mais pour pôle emploi, il n’y a aucun problème, s’éloigner de ses proches semble tout à fait naturel….

  11. J’ai toujours beaucoup de mal avec l’idée que l’on nous donne selon laquelle le plus grand taux d’embauche est celui des candidatures spontanées. Je trouve que cela n’a aucun sens. Même si c’est le cas, il y a un gros malaise…

  12. bonjour,
    je passe ici après la guerre 😉
    je voudrais savoir si il est prévu que cet article soit converti en PDF, n’ayant plus le temps de lire sur l’ordi, il m’est plus pratique d’avoir un fichier sur mon portable et de le sortir dès que j’ai le temps.

    merci

    1. Oui, le PDF est prévu, il est d’ailleurs en cours de construction ; je met plus de temps que d’habitude à le livrer parce qu’il fait la taille d’un petit livre 🙂
      Ce qui est sûr, c’est que je le livrerais à la fin de la série (dans 2 semaines) et peut être avant si je trouves suffisamment de temps.

  13. Le problème de Pôle emploi, c’est de prétendre pouvoir tout régler. Si un entretien commençait par « De quoi auriez-vous besoin en ce moment ? » on règlerait une bonne partie du problème. La plupart des demandeurs d’emploi n’ont besoin de personne pour retrouver un job parce que suffisamment autonomes. Au mieux, ils pourraient demander un regard critique sur leurs méthodes et voir si elles peuvent encore être optimisées. D’autres n’ont besoin que de suppléments d’outils et de conseils pour booster leurs recherches. Malheureusement, il y a pléthore de gens qui ne correspondent pas aux canons des entreprises. Ce sont ceux-là qu’il faut aider et cela prend du temps et de l’argent. Or, Pôle emploi paye mal, préférant faire du low cost pour un plus grand nombre que de concentrer les moyens là où ils sont absolument nécessaires. Or, il est tout à fait à fait possible de proposer une offre de service en bouquet, chacun pouvant choisir avec son conseiller le bouquet est le plus adapté à la situation. J’ai vu hier cash investigation sur pôle emploi. la méthode m’a mis mal à l’aise…Il est tellement facile de trouver un chômeur déçu et un conseiller défaillant. Quand la journaliste de cash investigation tape « journaliste » sur le moteur de recherche proposé par le prestataire privé et ne trouve que des stages, c’est couru d’avance. Se servir de ça pour critiquer le moteur de recherche et le prestataire, je dis que c’est stupide et hypocrite car trouver un emploi de journaliste de presse écrite aujourd’hui relève du défi quand on connait l’état de décomposition de la presse écrite. La journaliste devrait aussi savoir cela. Si elle avait tapé chaudronnier, le moteur de recherche aurait proposé un millier d’emplois. Preuve que l’on peut présenter les choses autrement si l’on se pique d’être objectif.

  14. Bonjour.
    Je découvre votre article au hasard d’un partage Facebook…
    Vous voulez des témoignages de demandeurs d’emploi satisfaits de leur accompagnement ? Merci de me contacter, j’en ai des dizaines à vous fournir….
    Une fois de plus, c’est comme partout dans toutes les administrations. Il y aura toujours des mécontents, et ce sont ceux-là qu’on entend le plus. Et bien sûr, vu le nombre de demandeurs d’emploi inscrits, le ratio est d’autant plus important, non ?
    Je ne suis pas certaine que tous les doctorants ou étudiants en fac soient tous aussi contents de la gestion de leur dossier que l’exemple que vous citez.

    Donc voilà, si vous voulez vraiment un article constructif avec des témoignages positifs, contactez-moi !
    Sinon, vous resterez encore un énième article à charge…

    Angélique, conseillère PE en Gironde

    1. Je vous invite cordialement à lire la suite de cette introduction, car je suis intéressé d’avoir votre opinion sur les recherches présentées par la suite, tout particulièrement la norme d’internalité. Comme je l’ai répété à travers tout le dossier je n’attaque pas les agents, mais les considérations des institutions qui sont biaisées. Je ne doute pas le moins du monde qu’il y est des avis positifs sur pole emploi et je sais pertinemment que les doctorants souffrent de leur institutions (l’exemple donné était exceptionnel et je n’ai pas caché à quel point cette institution manquait cruellement de moyens par exemple). J’aimerais sincèrement avoir votre avis sur les chapitres suivants cette introduction, tout particulièrement sur la question de l’internalité allégeante et l’étude menée auprès de la mission locale pour avoir confirmation ou infirmation de ce biais. Merci d’avoir lu cette introduction d’ors et déjà, et bon courage pour votre travail.

    2. Bonjour Angélique,
      Je pense que des témoignages positifs seraient effectivement intéressant. Par contre, à mon avis, ce n’est pas parce qu’il y a toujours des mécontents dans une administration, que celle-ci ne doit pas évoluer pour changer cela. De plus, quelques témoignages positifs ne doivent pas être l’argument principale pour éviter le changement.
      Ensuite, pour l’exemple des étudiants de Fac, je crois que la comparaison avec Pôle emploi est bonne, les 2 rassemblent des éléments qui nuisent à son fonctionnement MAIS il existe certains endroits où les acteurs trouvent des solutions pour « Hacker » ces éléments et améliorer le système. (L’exemple de la Fac, c’était juste pour dire que les exceptions positives existes, pas que la Fac est mieux gérée que Pôle emploi).
      Je vous invite à lire le reste du dossier où vous trouverez plusieurs exemples qui vont dans ce sens. Vous trouverez aussi des preuves tangibles des dysfonctionnements de Pôle emploi. Ce ne sont pas des tares, mais des problèmes qui doivent trouver une solution, et la première étape c’est de les accepter.

  15. Bonjour, je me permet également de témoigner ici de ma propre expérience avec pôle emploi et le monde du travail.
    Même si il est vrai qu’ici on parle plus du problème général de l’institution, plutôt que du personnel, pour ma part j’ai souffert du manque d’humanité de certains conseillers.
    Au bout d’un moment quand personne ne vous écoute, vous pétez un plomb !
    J’ai un parcours plutôt atypique, j’ai commencé très jeune à travaillé en temps que vendeuse, ça n’a jamais été mon domaine mais étant sans diplômes et sans moyen de locomotion, vivant dans la région Parisienne à l’époque je n’ai pas eut trop le choix. Ma première expérience en temps que pointeuse chez pôle emploi à très mal commencé. J’ai été licencié après un CDI par une grosse entreprise d’un secteur privé. Du coup je ne touchais pas le chômage via pôle emploi mais j’avais besoin d’eux car si je ne m’actualisais pas, je n’avais le droit à rien.
    Le premier mois mon dossier à trainé, je ne connaissais pas les rouages, il manquait toujours un papier de pôle emploi ou du service privé.
    Je n’avais aucune information de personne et pas d’entourage pour m’aider ni d’amies, donc j’étais plutôt seule et en dépression, livré à moi-même dans un système qui m’étais totalement inconnu.
    Pendant 3 semaines je me suis peu nourris, interdit bancaire etc… parce que je ne recevais rien en temps et en heure.
    Dans ces moments là, jeune et seule on attend un peu de soutiens de quelqu’un.
    Ou un miracle je ne sais pas ?
    Chaque mois il y avait un soucis avec mon dossier, je me suis retrouvé plusieurs fois avec rien en début de mois parce que l’un ou l’autre organisme se renvoyais la balle. C’est jamais de la faute de personne si un pauvre papier n’est pas faxer ! ou même si il disparait ! et là il faut tout reprendre à zéro.
    J’ai été obligé plusieurs fois de me déplacer et de faire le boulot de pôle emploi à leur place. (normalement ce n’était pas mon job de faire ça, je n’avais qu’à pointé et le papier devait être envoyé automatiquement au service privé)
    Ensuite j’ai commencé à chercher une formation rémunéré à l’afpa en restant dans le secteur de la vente, j’ai été voir le conseillé avec toutes les informations en mains : téléphone, adresse etc. Il n’était pas trop d’accord pour prendre le téléphone pour tenté d’avoir une place ou un rendez-vous au moins. Alors que moi je n’avais pas les moyens de le faire (téléphone coupé, et oui quand l’argent ne viens plus on ne nous attend pas)
    Il les as appelé sous mon nez une seule fois, ils n’ont pas décroché me voilà de nouveau à la case départ. Même pas faire l’effort de rappelé, pour tenté d’avoir quelqu’un, il à raccroché sous mon nez. Et oui on à 20 minutes à vous accordez c’est pas plus.
    Il me propose ensuite une autre formation, j’ai été obligé de me déplacer en train, sans argent (donc pas très légale puisque j’ai du fraudé pour ça)
    Sur le coup je me suis dis, je prend le risque si ça peu m’apporter quelque chose. j’arrive sur place et j’apprends qu’il faut que je paye cette formation de ma poche. Alors que le conseillé connaissait pleinement ma situation (sans revenus, en train de se batailler pour avoir le chômage) là j’ai commencé à être en colère.
    Quelques années plus tard j’ai déménagé, j’ai décidé de faire une nouvelle formation, ayant encore des soucis avec ce satané chômage je voulais quelque chose d’un peu plus stable, enfin durant quelques mois.
    La conseillère voulait me faire signer un papier qui disait clairement que je n’aurais le droit à plus rien donc 0 euro (un truc assez compliqué qui ne me faisais plus rien percevoir ni par la formation, ni par le chômage) bien sûr je fût encore en colère, surtout que cette personne ne comprenait même pas elle même ce qu’elle voulait me faire signer. Obligé d’aller demandé à ses chefs pour être sûr de ne pas faire une connerie. Non mais sérieusement, qui va accepter de signer un papier pour dire « oui oui j’accepte de ne plus me nourrir ».
    Et l’humain dans tout ça ?
    Bref, je me suis dis, merde alors. Je n’ai plus remis les pieds à cette endroit et vu que j’avais déménagé je suis aller à un autre.
    Au bout d’un moment j’en avais tellement assez de me battre que je me suis assise durant plus d’un an sur deux mois qu’ils me restait à percevoir de mon chômage. J’aurai donc perdu plus de 1200€ juste à cause de mon ras le bol avec tout ça. J’avais envie qu’on me foute la paix.
    C’est pôle emploi au final qui m’ont rappelé qu’il me restait deux mois, plus d’un an après. Comme quoi au final se batailler ça sert pas à grand chose quand personne n’est décidé à vous aider.
    Au nouveau pôle emploi, j’avoue que je ne partais déjà pas très sereine vu la superbe expérience avec eux. J’arrive donc pour une nouvelle inscription, et après m’être coltiné 30km (juste pour l’aller) on me dit « mais madame, on ne peu pas vous recevoir, il faut s’inscrire par téléphone et ensuite vous aurez un rendez-vous qu’on vous enverra par la poste ».
    Ah non me dis-je ! Je n’ai pas un rond, je me tape pas ses kilomètres sans avoir mon rendez-vous, j’avais tout mon dossier avec moi, je ne voulais pas venir pour rien ! J’ai du hurler pour que quelqu’un prenne pitié de moi et qu’on me prenne enfin en rendez-vous, sinon je serais repartie 60km de gâché pour rien.
    Quand on compte l’argent, l’essence est primordiale presque autant que la nourriture.
    Une autre fois j’avais travaillé en contrat vacataire toujours avec cette même agence, ils ne connaissent pas ce contrat (décidément, ils ne connaissent pas grand chose quand ils s’agit de mon cas) obligé d’expliqué comment ça fonctionne. La dame qui m’a reçus m’a carrément humiliée devant mon enfant.
    Mais madame, il va falloir songé à trouvé un VRAI travail, quelque chose qui vous donnera plus d’argent, un 35h par exemple.
    Je veux bien, je ne demande que ça, mais après toutes ses années je n’ai rien trouvé de mieux. Après tout c’est pour ça que je suis inscrite.
    La seule chose qu’elle à trouvé à me proposer c’est un stage dans une entreprise.
    Sauf qu’on est d’accord c’était pas du tout mon but…
    Je suis rentrée chez moi dépitée, avec rien dans les mains.
    Plusieurs semaines après j’ai reçus quelque chose qui m’a fait me dire « c’est définitivement terminé avec eux, je ne veux plus entendre parler de pôle emploi »
    J’ai eut deux contrats de proposer à plus de 200km de mon domicile pour faire un mi temps pour un mois.
    Alors que là bas surement quelqu’un se bataille pour trouvé un job, ils on osé me proposer ça en sachant que je n’ai pas le permis et en m’ayant humilier sur mon job qui n’est pas un 35h. C’est du foutage de gueule ou quoi ?
    L’autre contrat était du même genre 12h/semaine pour 3 mois. Bah excusez moi mais je préfère mon contrat vacataire à 30 minutes de chez moi que j’ai pendant un an… Je vais pas signer un cdd pour un mois à 200km de mon domicile, je me nourris comment je vie ou en attendant ? Elle est ou la logique ?
    Et j’y vais comment aussi ? Je me lève à 2h du matin pour commencer à 9h ? Aucune logique et personne ne prend en compte ma situation malgré que nous en avons longuement parler. Je me suis aussi faite engueulé parce qu’ils n’avaient pas mon cv (cv que j’avais déjà amené et qui n’avait pas changé vu que j’étais toujours sous contrat) A quoi ça sert de faire un dossier dans ces cas là ? Ils en fond quoi une fois qu’ils nous ont eut en entretiens ? ça fini à la poubelle ? C’est brûler ? On m’a aussi proposé un truc collectif atelier cv comme ils disent que j’ai refusé. Mon CV va très bien merci, je suis en contrat vacataire j’ai un job, j’ai pas besoin qu’on me parle de mon CV… C’est juste pour nous faire rentrer dans une case et nous faire perdre du temps encore et encore.
    Je trouve que les rendez-vous sont inutile aussi inutile que ce qu’on nous propose. Parfois on nous cache des informations que j’aurai été ravie de connaître quand j’étais plus jeune. Le permis pouvait être financer mais pour moi c’est trop tard. Aider par personne à partir d’un certains âge on est laissé pour compte. C’est pas les banques qui vont nous aider et le permis à 1€ par jours c’est valable jusqu’au 25 ans j’en ai 28… J’ai pas 1200€ balles à claquer d’un coup.

    Quand j’ai souhaité passé mon permis, il y à pas longtemps avec pôle emploi, on m’a carrément dit que je ne suis pas prioritaire, (avec un enfant, en travaillant en contrat vacataire et être à 25km de son boulot c’est pas être prioritaire, a bon ?)
    Bref, je suis toujours sans permis à l’heure actuel. je crois que je suis en train de laisser tombé comme tout le reste.
    Vous devez surement le ressentir à travers mes écrits que je suis plutôt en colère et aussi blasé de la situation. Chaque fois que j’ai tenté des choses ça c’est soldé par un échec. Ils sont plutôt déconnecté de la réalité et du marché du travail.
    Sur mon CV c’est écrit vendeuse mais je ne veux pas faire ça.

    L’année dernière j’ai été motivée par une formation qui me faisait envie dans la couture. Je pratique ça chez moi régulièrement et c’est quelque chose qui me passionne. Je suis partie assez loin de mon domicile pour me présenter à un entretiens pour une formation. Que j’ai échouée … évidemment.
    Bien sur c’est de moi que viens le problème.
    Quand nous sommes arrivés une bonne trentaines de personnes assis à écouter directeur et professeurs parler de la formation.
    Dès les premières minutes la phrase que j’ai retenus ;
    « Vous savez, vous êtes trente pour seulement une dizaine de places, mais souvent nous avons les mêmes profils qui se présentent. Donc on prend parfois au hasard dans la pile. » Super c’est vrai que c’est rassurant de se taper des kilomètres pour entendre ça. J’étais venu pour apprendre à maitriser les bases de la couture, mais je me suis vite rendus compte que pour un BEP la majorité des personnes savaient déjà parfaitement coudre, et maitrisé bien plus que les bases. Certaines savaient déjà faire des poches de pantalon ?!
    Je n’avais donc aucune chance ! Moi je viens pour apprendre ! Encore une fois où est la logique si tu connais déjà tout du métier ?
    J’en suis sortie effondrée avant même de connaître la réponse.
    Ce n’est pas un truc qu’il se dit aux gens qui attendent de sortir de cette merde, on cherche un peu d’espoir aussi vite perdu par des gens qui en joue, ça à été dis avec le sourire. Ils ont des milliers de profils et peu de place, on vous démonte le peu de morale qu’il vous reste.
    Même si j’ai un parcours pour le moins difficile, je pensais avoir des gens honnête en face de moi, des parents, père, mère, enfant, des gens qui essaye de comprendre ! Qui on une famille et qui, même si ils n’ont pas vécut ma situation qu’ils fassent preuve d’empathie au moins ? Et d’humanité ! J’ai cherché du soutiens que je n’ai trouvé nulle part.
    Même si je sais parfaitement que j’ai un caractère bien trempé, je sais m’adapter à la situation, je ne suis pas méchante, mais quand on meurt de faim ou qu’on à plus rien pour faire vivre sa famille, à un moment on perd vraiment patience avec tous le monde. J’ai l’impression qu’on se fout littéralement de ma gueule.
    J’ai vu parfois des choses aberrantes même à la caf par exemple ou on me devait une sacré somme, j’ai passé tout l’été à vendre des objets pour faire vivre ma famille. Adieu la belle guitare que j’avais depuis mes 19 ans. Parce qu’ils leur à fallut 3 mois pour faire le calcul ! On à du demander qu’on nous prête de l’argent par nos proches qui eux même n’ont pas des situations facile. C’est complètement n’importe quoi. Un système de merde, on cherche à tuer les gens à petit feu ou à faire en sorte qu’ils disparaissent totalement de la circulation.
    Rien à foutre que tu es des enfants, rien à foutre que tu dois manger ou payer tes factures. Tu n’es rien d’autre qu’un sac de viande avec des chiffres au dessus de ta tête parmi tant d’autres, à prier pour espéré avoir quelque chose pourvu qu’on te laisse les restes.
    Vous trouvez ça normal vous ? Il à fallut une fois parce qu’apparemment c’était de ma faute, je n’avais pas bien remplis les cases de pôle emploi parce que chaque mois je ne touchais pas le même salaire (c’est ça le contrat vacataire) soit disant que la caf et pôle emploi n’avait pas les même chiffres, pourtant ma fiche de paye il les avaient sous les yeux et même si j’avais pas bien remplis ils savent lire….
    J’ai été encore une fois obligé de me déplacer a pôle emploi pour qu’ils rectifie l’erreur, parce que par téléphone ce n’était pas possible !!
    En sachant que la caf et pôle emploi sont à l’opposé, j’habite au milieu des deux, l’un à 30km et l’autre à 25 vous imaginez un petit peu le ressentis qu’on peu avoir à se taper des kilomètres pour des conneries pareil ??
    Vous allez pas me faire croire qu’avec tout les papiers qu’on nous demande, les numéro d’allocataire ou identifiant ils n’étaient pas capable de nous retrouver devant leur ordinateur ? Je perd patience avec eux depuis longtemps.
    A l’air d’internet on est pas foutus de faire les choses correctement.
    A la caf je suis resté debout car il n’y à pas de sièges, pendant 2h, (faut pas être enceinte ou être malade dis donc ?! )
    pas de toilettes ! obligé d’aller pissé dehors comme un chien alors que mon fils de 3 ans avait une envie pressante !
    Tout est fait pour que vous en ayez marre et que vous partez sans réglé votre problème.
    Moi j’aimerais que les choses changent, mais cela ne peu se faire sans le consentement du personnel. Ils le voient bien les situations aberrantes, je ne blâme pas tout le monde mais oui j’en ai plus qu’assez.
    Maintenant je suis suivis par un monsieur « emploi et formation » j’ai évité pôle emploi grâce à lui, mais malheureusement il est aussi démuni que moi par rapport à ma situation.
    On ne trouve rien, il faut déménager mais quand on à pas de situation stable c’est complètement impossible. Je ne crois plus au cdi depuis longtemps. Pour moi c’est un mirage.
    j’aimerais avoir de la reconnaissance même dans des métiers qui n’en sont pas vraiment. J’ai été modèle photo mais ce n’est pas un métier, malgré que tous les autres acteurs dans le monde de la photo eux, aient le droit à un statut légale, nous NON ! (a part être dans une agence chose qui est impossible mais ça encore, on ne le sait que quand on est dedans.
    Maintenant je suis passé de l’autre côté, je suis photographe !
    Pas encore professionnel car je connais les fourberies du rsi et de l’auto-entreprise.
    (oui j’ai aussi tenté de monté ma boite mais j’ai vite abandonné l’idée quand j’ai vu que ça ne fonctionnait pas)
    Je suis perdue, j’aime la photo, mais je sais que ce ne sera considéré nullement comme un métier, même si j’aimerais en vivre !
    J’espère qu’un jour il y aura plus de reconnaissance pour les gens comme moi qui se battent avec leur situation compliqué et qui relèvent la tête après chaque combats.
    Il y à eut d’autres situations toutes plus grotesques les unes que les autres a la caf une fois, une jeune asiatique qui peinait à parlé le français, elle demandait simplement qu’on lui photocopie un papier. La conseillère lui à répondus « On ne peu pas madame, si ce n’est pas pour les papiers de la caf c’est NON » c’est quoi le soucis ? Ils sont facturés à la feuille ? Faut faire des économies de papier ?
    La pauvre dame en avait besoin elle s’était tapé des kilomètres sans argent pour une réponse aussi écœurante qu’humiliante.
    j’ai aussi vu devant moi une famille qui venait d’emménager dans la région et qui attendait leur argent, mais vous comprenez « l’agence n’a pas fait le relais du dossier » 6 mois qu’ils attendant parce que l’autre caf n’a pas fais le relais.
    Je leur es souhaité bonne chance en espérant que leur situation s’arrangerait avec un bébé dans les bras.
    Voilà ou nous en sommes aujourd’hui, et ce n’est pas près de s’arranger.
    Je n’ai pas parlé non plus de mon entourage et de ceux qui on la « chance » d’avoir un travail traité comme de la merde, tentative de suicide, ou encore une personne qui enchaine les cae 20h/ semaine à 50 ans et qui voit une de ses collègues fraichement en cdi ne rien glander, s’absenter tout le temps etc…
    Je suis vraiment énervée de ce monde de merde, j’ai songé plusieurs fois à me casser dans un autre pays. Mais pour aller où ? le paradis sur terre n’existe pas.
    A part me terrer dans une forêt et construire une cabane je ne vois pas trop ce que je peu faire.

  16. Sans compter un gros bordel dans leurs annonces! Des annonces classées comme de la vente et en faite c’est pour faire du secrétariat ou bien les titres qui n’ont rien à voir avec les taches ex; Vendeur/ vendeuse en informatique et en faite c’est pour vendre de la nourriture dans un snack… Je suis dégoûtée par pole emploi, déjà ils te laisse galérer et en plus ils te complique la tache!!!! Ras le bol!

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