[PE4] Accuser l’autre d’être la cause des malheurs qu’il subit est une norme sociale…

Ce présent article fait parti d’un dossier, il est la suite de ces articles :

Dans la partie précédente nous nous sommes attelés à chercher les origines de ce qu’on nomme internalité dans la psychologie, nous avons vu les attributions causales, l’erreur fondamentale d’attribution, et le LOC. Il semble y avoir un fossé entre une internalité qui serait un jugement erroné et de l’autre une internalité qui est considérée comme caractéristique de la personnalité de winner. Aujourd’hui, nous avançons un peu plus dans la recherche à ce sujet.

***

D’un côté les recherches sur l’attribution nous montrent que les gens ont tendance – a posteriori – à choisir des attributions dispositionnelles (internes) contre les attributions situationnelles, ce qui est nommé « erreur fondamentale d’attribution », notamment lorsque les personnes ont accès à toutes les données pour juger. De l’autre côté, les recherches sur les anticipations et renforcements nous montrent que l’individu qui croit en son contrôle interne des événements ou des comportements, donc l’interne, est une personne qui réussit dans la vie, qui a beaucoup de qualités, et celui-ci est généralement un homme occidental qui a du pouvoir selon les statistiques du LOC.
Ces deux champs de recherche ont été rapprochés, voire confondus, mais c’est une nouvelle considération qui put permettre – à mon sens – de faire un pont très riche de perspectives entre ces deux points de vue au sujet de l’internalité.
Choisir des explications internes, tant pour chercher des causes aux événements que pour anticiper sa vie, serait une norme. Ce ne serait pas affaire de personnalité comme le dit Rotter, pas plus qu’un raisonnement erroné du psychologue naïf tel qu’imaginait Heider des individus, mais une norme sociale – occidentale – à suivre.
Alors comment on en arrive à savoir que tel type d’explication vient d’une norme sociale et pas de la personnalité ?
Suivre une norme sociale, c’est en langage courant « se faire bien voir » d’autrui, se valoriser ; donc pour tester cette hypothèse que l’internalité serait une norme, Jellison et Green en 1981 vont procéder ainsi :

  • À certains sujets, ils vont demander de juger des échelles de LOC déjà remplies. C’est ce qu’on nomme « paradigme des juges ».
  • D’autres vont remplir l’échelle en leur nom propre ou comme s’ils étaient un « étudiant moyen ». C’est ce qu’on appelle la consigne standard.
  • Et enfin, on va demander à d’autres de remplir l’échelle du LOC en se donnant une très bonne image (consigne normative ou surnormative) ou une image très négative (consigne contrenormative) .

Résultats :

  • Dans le paradigme des juges, les questionnaires internes sont mieux jugés, et les externes mal jugés.
  • Les sujets qui remplissent le LOC sont plus internes que lorsqu’ils le remplissent sous la consigne de répondre comme un « étudiant moyen ».
  • La « très bonne image » est selon les sujets un questionnaire du LOC interne, et la mauvaise image, un LOC externe.

L’internalité est une norme, et les sujets en sont conscient, on le voit très bien dans les consignes « normative » et « contrenormative », ils savent qu’elle sert à se faire bien voir et que l’externalité est mal perçue par autrui.

Mais pour bien comprendre à quel point il est si différent de considérer l’internalité comme une norme et non une caractéristique de la personnalité ou une erreur de jugement des petits scientifiques que nous pouvons être, il s’agit de bien comprendre la notion de norme sociale.

 


C’est quoi une norme sociale ?


Le dictionnaire nous la définit ainsi :

« Norme sociale : ensemble des comportements et des réactions qu’un groupe social approuve ou désapprouve, et dont il attend qu’il soit régulièrement adopté ou évité par ses membres en toute situation pertinente »

Dictionnaire fondamental de psychologie, Larousse

On ne parle pas ici des lois, des règlements, des règles formelles, et tout ce qui peut s’écrire sur le marbre et être dicté de façon juridique, par exemple.
Ici Improv Everymere joue avec la norme sociale du costume de soirée en l’important sur la plage ; l’image d’entête est également issue d’une action d’Improv Everywhere :


Plus précisément, une norme sociale a ces caractéristiques :

  • c’est toujours l’affaire d’un collectif. Par exemple, entre amis on se fait la bise, mais selon les régions le nombre de bises varient et c’est différent selon qu’on soit une femme ou un homme (ou non dans certains contextes). Et on ne se salue pas de la même manière dans d’autres pays.
  • c’est socialement appris. Un enfant ne dit pas naturellement « s’il te plait » ou « merci » par exemple, c’est tout un apprentissage qui peut parfois être long et dont l’enfant ne comprend pas tout de suite l’utilité (il peut dire merci aux objets qu’il cherchait et qu’il a lui-même trouvé par exemple).
  • la norme sociale correspond à une attribution de valeur (sociale) à des objets ou des événements. Si j’oublie de faire la bise à untel au travail, celui ci va croire que je lui fais la tête. La bise a valeur pour lui de reconnaissance, de respect alors qu’un autre s’en fichera éperdument.
  • la norme sociale renvoie à une utilité sociale et non à une valeur de vérité. Il n’est pas faux ou vrai de faire 2 bises ou 4, voire pas du tout. Ce n’est pas parce que j’ai oublié de faire la bise à mon collègue de travail que je le dédaigne, même s’il le croit. La bise est utile socialement pour se faire intégrer dans le groupe.
  • La norme sociale a un faible degré de contrainte. Je ne vais pas me faire virer parce que j’ai oublié de faire la bise à mon collègue. Pas plus que je n’aurais une promotion si je fais 6 bises au lieu de 2.
  • la norme sociale s’observe dans des situations particulières où il y a des stratégies d’autoprésentation (= se faire bien voir) et d’évaluation. Si je ne dis pas bonjour au recruteur en entretien, ça va me porter préjudice, je vais donc suivre la norme du serrage de main pour tenter de ne pas être mal perçu. Par contre, un ami qui me connais déjà et qui ne m’évalue pas, ne tiendra pas plus compte de ça si un jour je lui serre la main ou si l’autre jour je lui fais la bise, ou en rira en soulignant la bizarrerie, mais sans pour autant rompre l’amitié.
  • la norme sociale met en œuvre des valeurs ou utilités sociales qui doivent être intériorisés. Par exemple, il n’y a pas de panneau informatif, au travail, expliquant la procédure pour saluer telle ou telle personne. La norme doit être intériorisé, on doit deviner que tel nombre de bises est bien, et que cela permet d’exprimer implicitement à la personne son respect, ou craindre sa vexation si on ne le fait pas.

Reprenons avec la norme sociale « mettre un pantalon/une jupe/une robe lorsqu’on est dans un lieu public qui n’est pas la plage« ; C’est l’affaire d’un collectif, dans certaines sociétés ou tribus, on ne porte pas de pantalon. On a appris aux enfants qu’il fallait porter un pantalon dans les lieux publics (l’enfant naturellement ne voit pas le problème qu’il y a à se balader tout nu n’importe où), c’est socialement appris. « Mettre un pantalon » est utile socialement, ça permet d’être « intégré » dans le collectif (vous n’êtes pas perçu comme un fou) mais ce n’est pas un acte « vrai » (il n’est pas dans la nature de l’humain de porter des pantalons par exemple). On met des pantalons quand on va au travail (situation sociale d’autoprésentation) mais par contre c’est la fête du slip lorsqu’on est chez soi (ce n’est pas une situation sociale d’autoprésentation). Il n’y a pas de panneau dans le métro indiquant qu’il faut mettre un pantalon – cette norme doit être intériorisée. Le pantalon ou l’habit couvrant slip ou culotte a des valeurs sociales d’hygiène, de pudeur, de perception de l’intimité, etc… Valeurs qui peuvent être différente d’une communauté à une autre sans pour autant que l’une ou l’autre soit plus « vraie » ou plus « fausse ».

 


La norme d’internalité


Beauvois et Dubois la définissent ainsi « la norme d’internalité se définit comme la valorisation sociale des explications des comportements aussi bien que des renforcements qui accentuent le rôle causal de l’acteur » . Autrement dit, il est bon pour son image personnelle dans la société de paraître interne, de fournir des explications sur le monde qui accusent l’individu plus que la situation. Si on reprend ce qu’on a vu au chapitre précédent, la norme serait de faire des erreurs fondamentales et de juger négativement ceux qui ne la font pas, il est valorisant dans la société d’être aveugle au poids des situations pour juger quelque chose.

Pour se faire bien voir, il faut, par exemple, dire que Bob dans l’expérience de Milgram, l’a bien cherché, ou encore que le sujet, hein il est con de pas être parti de l’expérience plus tôt, que nous, hé bien, nous, on serait parti plus tôt. C’est la norme sociale à suivre…

À pôle emploi, il ne faut pas dire que toutes ces recherches d’emploi ont échoué parce que le marché du travail ne laisse aucune chance à nous qui avons 50ans par exemple, mais que ça ne marche pas parce qu’il nous manque telle formation, qu’on n’est pas assez bien. La norme d’internalité, c’est aussi s’attribuer des fautes qui ne nous appartiennent pas, se montrer coupable de tout afin de plaire, même si ça nous déprime et que cela est parfaitement erroné.

L’internalité est tout de suite beaucoup moins sexy que chez Rotter vu en tant que norme, sans qu’on y oublie l’erreur fondamentale d’attribution.

Les chercheurs, pour comprendre l’internalité, à la fois pour savoir si elle est vraiment une norme, quand cette norme est apprise, dans quel contexte elle est le plus sollicitée, ont donc reproduit les protocoles de Jellison et Green de 1981 (ainsi que d’autres). Il y a donc dans presque toutes les études les étapes qu’on a vues : les consignes standards (remplir le questionnaire de façon la plus « sincère » possible), des consignes normatives (« remplissez le questionnaire pour vous faire bien voir »), contrenormatives (« remplissez le questionnaire pour vous faire mal voir ») et des paradigmes de juges (des questionnaires remplis sont soumis aux jugements des individus, on doit noter ces questionnaires pour dire qui est le mieux pour telle ou telle chose).

Ainsi on peut cerner le développement de la norme d’internalité, son impact dans le milieu éducatif, professionnel, etc.

 


Les questionnaires de la norme d’internalité


Pour vous faire une idée de ce à quoi ressemble ces questionnaires voici des extraits ; contrairement au loc, ici les personnes doivent noter leur degré d’accord entre 1 = pas du tout d’accord à 6= tout à fait d’accord. Pour toutes les propositions.

Si ces questionnaires mesurent l’internalité VS l’externalité, il y a néanmoins 4 formulations différentes afin d’éviter des biais (par exemple les formulations ne vont pas être toutes positives, sinon la personne va avoir tendance à choisir en fonction de la valeur positive et non en fonction de l’internalité ou externalité).

Je mets également un extrait des questionnaires à destination des enfants ; en effet, les chercheurs ont voulu savoir quand l’enfant se mettait à suivre cette norme, son niveau de conscience qu’il s’agissait d’une norme, s’il suivait plus cette norme à l’école ou la maison, etc.

Échelle de mesure de l’internalité pour étudiants (L’EMIPE) (tarquinio 1991)  ; les cadres des questions ne sont pas colorés dans le questionnaire originel :

echelle-de-mesure-internalite-hacking-social

 

Questionnaire d’internalité pour les enfants de primaire (Dubois 1991) ; il n’y a pas de couleur dans le questionnaire original, et les réponses internes ou externes ne sont pas dans le même ordre (c’est juste par flemme graphique que j’ai rangé 🙂 ) :

questionnaire-internalite-enfant-dubois-hacking-social


Résultats et conclusions


Ces conclusions ne sont pas exhaustives, j’ai choisi celle le plus en rapport avec notre fil rouge sur les institutions d’insertion ; il y a eu beaucoup d’autres études ; à noter que les échantillons testés dans ces études sont importants étant donné qu’il s’agit de questionnaire, cela peut aller jusqu’à 400 sujets par étude.

  • les enfants sont internes dès 8 ans (consigne standard avec un taux d’internalité assez fort), avec une petite chute d’internalité à 11ans (le passage au collège déstabilise leurs jugements selon l’interprétation des auteurs des études) et globalement une montée de l’internalité plus l’enfant grandit. Ils savent qu’il faut se faire passer pour interne (score d’internalité plus élevée en condition normative) et qu’être externe c’est mal vu (score d’internalité extrêmement bas en condition contrenormative). L’internalité est plus forte lorsque les questionnaires sont liés à un milieu scolaire que familial. Dubois et Poultier (1991a) Py et somat (1991)
  • Quand on demande aux professeurs d’expliquer l’échec scolaire, ceux-ci donnent prioritairement et plus rapidement des attributions causales internes à l’élève que celles liées à la situation (monteil, bavert lacassagne 1986)
  • Quand les cadres doivent à la fois juger des profils Interne VS Externe couplés à des questions de performances au travail (c’est à dire qu’ils jugent un interne performant, un interne moyennement performant, un externe performant et un externe moyennement performant), ils choisissent prioritairement l’interne performant et ils préfèrent l’interne moyennement performant à l’externe performant. L’internalité est plus importante que la performance au travail. (Pansu 1994)
  • Les internes sont mieux jugés en entreprise, quel que soit le style de management de l’entreprise et le statut hiérarchique de l’évaluateur (cadre, agent de maîtrise, exécutant). (Beauvois, Bourjade et Pansu 1991)
  • Les cadres sont plus internes que les exécutants (Andrisani et Nestel 1976 ; Delende et Endelin, 1983 ; Beauvois et Le Poultier 1986, étude 1 ; Pansu 1994, étude 1)
  • L’internalité est caractéristique des groupes sociaux favorisés (Beauvois 1984 ; Dubois 1987)
  • Les assistantes sociales donnent un meilleur pronostic (d’avenir) pour les personnes décrites comme internes que pour les personnes décrites comme externes. Elles jugent plus positivement les internes que les étudiants a qui ont a donné le même exercice. Cette comparaison est importante, parce que les étudiants ne sont pas dans l’institution, la profession, ce qui montre que la norme est plus forte sur le terrain de l’insertion (Beauvois et Le Poultier 1986)
  • Les institutions de travail social et de formation diffusent un « enseignement » préconisant l’acquisition et le développement de mentalités internes (Beauvois et Le Poultier 1986, étude 3 ; Dubois 1988 ; Gangloff et Sourisse 1995).

Pour résumer, dès l’enfance on apprend à suivre la norme d’internalité pour se faire bien voir – surtout à l’école. Au travail, tout le monde préfère les internes, mais plus on a un poste de pouvoir, plus on est soi-même interne. Plus on est déjà favorisé par la société, plus on est interne. Les institutions de travail social jugent plus favorablement les internes pour une future réussite et diffusent un enseignement interne. L’internalité a plus de poids que les performances dans le jugement d’autrui et l’externe est carrément rejeté, même s’il est performant.

Au vu de ces conclusions, on comprend les institutions, on comprend pourquoi ce formatage est présent : oui, penser en interne, feindre l’internalité ouvre véritablement des portes, qu’importe que le jugement soit biaisé ou tronqué, concrètement, les gens trouvent de l’emploi, seront promus ou acceptés en général par la société en étant interne. Donc, comment en vouloir aux institutions de formater à l’internalité ? Elles n’ont pour ainsi dire pas le choix. Laisser « externe » la personne dont elles s’occupent, c’est lui laisser les portes fermées, donc c’est faire mal son travail d’insertion ou d’aide.

Aussi déprimant soit un passage à Pôle emploi pour l’usager, avec son lot de culpabilisation/responsabilisation avec des œillères sur les situations sociales, ces biais de jugements, il a une raison valide. Ce « travail » de formatage à l’internalité semble, au vu de ces résultats, le seul « efficace » pour séduire un monde totalement interne.

C’est un constat assez désespérant pour tout le monde, qui n’ouvre pas beaucoup de portes, on a l’impression que toute la société est enlisée dans ce biais d’internalité qui, bien consciente que ce n’est qu’une norme, continue à l’alimenter de toute part en jugeant autrui sur son internalité, ce qui nous plombe encore plus dans ce marécage.

Mais posons cette simple question. Est-ce que vous vous reconnaissez vraiment dans les questionnaires de la norme d’internalité ? N’y a-t-il pas des propositions autres, qui pourraient nous sortir de cette boue ? Ou est le profil du hacker social dans les questionnaires d’internalité/externalité ?


Deux critiques sur la norme d’internalité


 

Si j’ai mis beaucoup de temps avant de parler des recherches sur l’internalité alors qu’elles me passionnaient depuis longtemps c’est parce que j’étais gênée par deux points :

♦ la nature même des questionnaires

Comme on a vu précédemment, lorsqu’on teste le questionnaire on peut se sentir coincés parmi des propositions qui ne conviennent pas. Cela peut se justifier dans le fait que le but de ces questionnaires est de mesurer les taux d’internalité, le fait que ce soit une norme. Ce qui est fondamental dans ces études, c’est de voir l’internalité dans des situations d’autoprésentation, pas de rendre compte de toutes les attributions causales et de leur variété, donc il est normal de pousser le sujet à se positionner.

Mais malgré cette justification, il m’a semblé qu’il manquait des positions. Notamment des positions de rebelle non-dépressif, de rebelle engagé.

Par exemple pour cette question :

1. Selon vous, lorsque P ne parvient pas à convaincre un(e) ami(e) à aller au concert avec lui, c’est parce que :

  • il est incapable des fois de trouver de bons arguments

  • par manque de veine il arrive en général au mauvais moment ;

  • le hasard veut parfois que les conditions ne s’y prêtent pas ;

  • il n’y met jamais la volonté nécessaire ;

Nous aurions bien rajouté ces propositions :

  • Cet(te) ami(e) voudrait aller au concert mais il/elle est trop débordé(e) car il/elle est forcé(e) de travailler beaucoup pour vivre.

  • Le concert est nul, P. s’est fait embobiné par la pub et l’ami(e) le sait bien.

Pour la question 3 :

3. Selon vous, lorsque P n’arrive pas à atteindre les objectifs de travail qu’il s’est fixés, c’est parce que :

  • parfois il n’a pas assez de volonté ;

  • il a quelquefois de nombreux travaux à préparer en même temps

  • il ne bénéficie pas en général de conditions favorables pour cela ;

  • c’est quelqu’un de paresseux.

On aurait bien mis :

  • c’est parce que le contexte familial ou ses obligations économiques le prive de son temps ou de son énergie.

  • qu’il s’est rendu compte que ça ne servait à rien de se tuer à la tâche comme ça.

Pour la 5 :

5. Selon vous, lorsque P rate ses examens, c’est parce que :

  • il lui arrive quelquefois de ne pas être à la hauteur

  • les professeurs sont toujours trop exigeants

  • il y a des fois ou l’on manque de chance

  • en général il ne fait pas assez d’effort

on aurait mis :

  • il en a marre de jouer cette comédie

  • il a des obligations professionnelles qui l’empêchent de bien réviser.

♦ L’autonomie, le contrôle venant de l’intérieur ne sont pas synonymes d’aveuglement au contexte social

Or dans les questionnaires de norme d’internalité, les internes sont aveugles aux déterminations / influences/contextes sociaux ; seul l’externe a un germe de contestation, lorsqu’il accuse par exemple le niveau d’exigence des profs, il remet un peu en question les structures sociales (mais pas beaucoup). Le LOC est pire à ce niveau-là, car l’externe n’a même pas ce germe de contestation et encore moins l’interne.

Or si seuls les externes, qui ne voient pas ce qu’ ils pourraient faire ni envisagent leur moindre pouvoir, si seuls eux voient les problèmes, qui va faire quoi que ce soit pour changer les choses ? Si on s’en tient à ces questionnaires, on ne peut qu’anticiper les choses de façon très sombre, l’autonomie, la prise de pouvoir étant couplées à un aveuglement qui empêche de changer quoi que ce soit du monde. Mais le problème n’est pas que ce constat soit sombre, c’est qu’il est peut-être incomplet : où est l’autotélique de la conception du flow, cet autonome altruiste qui rayonne d’activités qui change le monde autour de lui sans pour autant faire preuve de domination ? Où est l’autodéterminé de la théorie de l’autodétermination, qui avec un contrôle interne va au-devant des problèmes, motivé comme jamais sans pour autant oublier les structures sociales qu’il voit et prend en considération ? Où est le hacker, qui avec sa motivation intrinsèque d’une force incroyable va pourtant s’atteler à détourner, créer, voire s’engager à ses risques et périls à contrer les méfaits des structures sociales, de la société ? Où est l’activiste, qui conscient des méfaits de la pub, va dans la rue, déboulonne avec détermination et réflexion un panneau parfaitement conscient que cela peut le mener au procès ?

Il manque cet interne-là dans les questionnaires. Et cet interne rebelle, on va le rencontrer avec joie dans la future étude 🙂

La suite : [PE5] Où comment ne pas s’interroger sur l’environnement social permet de se faire bien voir…

 

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17 commentaires sur “[PE4] Accuser l’autre d’être la cause des malheurs qu’il subit est une norme sociale…

  1. *Petit aparté*
    Ce matin je me suis surpris à me dire : chouette c’est Lundi il va y avoir la suite de l’article sur hacking social. Une raison de plus d’aimer le Lundi!
    *Fin de l’aparté*
    Bon sinon très bon travail, vivement les premiers exemple d’hacking.. même si on essaie de réfléchir déjà à ce qu’on pourrait faire. J’aime tjr vos articles qui m’aident à mettre des mots sur des phénomènes que j’observe. Semaine dernière un ami a tenté de me convaincre que si je faisais du sport c’était grâce à ma copine, au fait que j’avais voyagé, parce que je veux plaire physiquement, etc. Ma volonté personnelle? Les risques pour ma santé (comme le fait que j’étais essouflé à monter 10 marches)? Non, en aucun cas je n’étais méritant. Je le constate dans le sport mais aussi dans d’autres activités (travail, jeux vidéos, etc.). Une remarque que j’entend souvent : « tu as quand même raison de faire du sport au lieu des jeux vidéo ». Pourquoi? Parce que la norme dit que les jeux vidéos sont pour les gros qui ne bougent pas de leur canapé? Mais du coup, si je continue les jeux vidéos et que je fais du sport? Je rentre ds quel groupe? La norme du groupe « gamer » : les sportifs ont rien dans la tête. La norme du groupe « sportif » : les gamer c’est des feignant ils foutent rien de leur journée. La norme « collègue de travail » : tu fais trop de sport / tu fais trop de jeux vidéos. Je dois faire quoi moi? Peut-être arrêter de suivre les normes et être moi. Alors j’essaie de leur montrer par l’exemple qu’on peut appartenir à plusieurs groupes, sans chercher à être le meilleur et simplement être sois même.

    1. Merci !
      Alors oui ce que tu décris comme norme, ça serait plutôt de l’ordre des stéréotypes 🙂 Certaines personnes ont beaucoup de mal à penser en dehors des stéréotypes et n’imaginent pas qu’on puisse être en dehors, comme tu le dis être un gamer qui fait aussi du sport, un sportif intelligent…Le stéréotype est une sorte de sécurité pour certains, ça les rassure de pouvoir catégoriser immédiatement quelqu’un et cela les inquiete voire leur fait peur lorsqu’une personne ne rentre pas dans une case stéréotypée. Peu y avoir plein de raisons à ce que les personnes gardent leur stéréotype précieusement : une personnalité peu ouverte d’esprit, une histoire de vie difficile qui fait se sentir en insécurité mentale, ou tout simplement parce que la personne est fatiguée à ce moment-là ou encore trop occupée, une méconnaissance du monde des sportifs ou des joueurs non assumée, un manque de confiance avec la personne qui tente de rompre ses stéréotypes,etc…

      La phrase que tu as relevé est en effet très signifiante « tu as quand même raison de faire du sport au lieu des jeux vidéo « , là ils essayent de garder absolument leur vision stéréotypée du gamer en opposant sport et jeu-vidéo, ils se défendent de changer leur vision du joueur et du sportif (parce qu’inconsciemment, cela a un coût de changer ses idées, donc le cerveau se défend de changer, surtout chez les personnalités qui ont peu d’ouverture d’esprit). Le truc qu’on peut faire, c’est avec bienveillance de raconter que cela est très complémentaire (en racontant des trucs de sa vie), le sport apporte beaucoup d’energie pour les activités intellectuelles, que le jeu vidéo est une forme de sport intellectuel,etc… Tu peux raconter l’air de rien les études qui montrent que cela (http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/26/faire-du-sport-ameliore-les-performances-cognitives-frequence-cardiaque_n_2765563.html ). Mais faut surtout pas entrer dans une guerre ouverte avec eux, une guerre de position, sinon il y aura réactance et ils vont renforcer leurs stéréotypes. Ni faire preuve de condescendance ou attaquer la personne elle même, parce que sinon elle va se refermer encore plus.

  2. Merci beaucoup pour cet article, je rejoins Juliens dans son aparté sur le lundi, j’ai eu le même sentiment ce matin =).
    Bon d’abord j’ai cru voir une ou deux coquilles par ci par là :
    Juste après la vidéo sur les sans-pantalon « ce n’est un acte « vrai » » c’est en gras et je pense qu’il manque un mot.
    Et juste avant le questionnaire d’internalité pour les enfants : « les réponses internes ou externes ne sont pas de le même ordre. »
    J’ajouterai que même le mot « internalité » n’existe pas dans le dictionnaire interne de mon logiciel Word… Ils veulent supprimer ce mot de notre vocabulaire pour faire de nous des êtres exclusivement externe, HAAAAAAAA !! #complotjudéomaçonique. Enfin, à un moment donné tu dis que la société est bien consciente que ce genre de comportements obéit à une norme. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Je pense que les gens sont d’avantage convaincues qu’une façon de pensée interne est une vérité supérieure à la façon de pensée externe au même titre que le bien est supérieur au mal. Tu es plus que rejeté, c’est inconcevable pour quelqu’un de bien (j’en ai la preuve vivante). Ils vont également s’imaginer qu’une norme est une règle implicite faite pour les moutons et que seuls ceux dotés d’un peu de réflexion peuvent déjouer pour être (ou paraître) originaux/eux-même. Donc je ne pense pas que la société ait conscience des normes qui la traversent, et même si c’était le cas, elle ne l’admettrait jamais.
    Vivement lundi prochain pour parler de comment changer tout ça =)

    1. Merci les coquilles sont corrigées !
      Hé oui, le mot « internalité n’est pas reconnu par les dictionnaires classiques, mais je pense que c’est plutôt un complot #illuminatireptilien (hé oui, les puissants sont internes, donc faut qu’ils censurent ces études par tout les moyens afin qu’on n’obtienne pas d’indices sur eux :D)

      Oui en effet j’aurais peut être du nuancer cette phrase sur la conscience, il y a bien certaines personnes qui sont convaincues que c’est la « vérité ». C’est d’ailleurs très intéressant ton parallèle avec la notion de bien ou de mal, car oui il y a des corrélations entre la croyance en un monde juste (les personnes pensent que le monde est juste, donc y a de fortes ressemblances avec ces idées de bien VS mal) et internalité ( http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=559 ) !
      En fait, quand je parlais de cette société qui avait conscience de l’aspect normatif de l’internalité, je pensais par exemple aux agents pôle emploi « rebelles », qui savent très bien que telle formation à forte internalité est un formatage pur et simple (d’ailleurs certains sont très honnêtes, ils préviennent les chômeurs). Mais j’aurais du nuancer, c’est vrai.

      Patience, la semaine prochaine on voit les études sur l’allégeance (donc aussi le profil du rebelle), donc on ne sera pas encore dans les « pistes », avec des idées de solutions 🙂 ça viendra avec les deux dernières parties.

    2. Excellent travail. Merci à Hacking Social ! En matière de soumission, voir également (non,ce n’est pas un. Ordre, une simple suggestion) Le Syndrome du larbin qui tourne depuis un bon moment sur internet. Les cons et les médiocres sont majoritaires aux plus hautes fonctions, qu’il s’agisse de responsabilités economiques, sociales et bien évidemment politiques. Leur bêtise et leur médiocrité ne sont pas tant le fait de leurs actions (le plus souvent nuisibles dans leur efficacité même) que dans leur cécité presque totale d’envisager la possibilité d’un autre monde. Un monde détaché de l’aliénation salariale et de la soumission aux normes qui figent les bonnes volontés de ceux désirant vivre simplement. On revient toujours à cette foutue répartition trifonctionnelle de Dumézil. De nos jours, les répartitions sont inversées. Mais comme dans tout processus naturel (naissance, essor, maturité, décadence et mort), le renversement adviendra un jour ou l’autre…

      Quelques pistes de réflexions :

      Alain Deneault
      Paul Ariès
      Francis Cousin

  3. Fichtre, merci pour ton lien, il a l’air super intéressant mais je le lirai plus tard. Je ne connaissais pas du tout cette norme d’allégeance et ça tombe bien parce que j’avais justement du mal à mettre un mot sur cette façon de penser.

  4. Tout d’abord, félicitation pour ce travail ! Je viens de lire ces 4 premières parties d’une traite, et c’est vraiment un régal de voir à quel point c’est très bien vulgarisé pour le quidam (en plus d’être vachement intéressant).

    Concernant l’apparition de l’internalité chez les enfants (8 ans), c’est effrayant de voir à quel point cela arrive tôt (où est donc passé l’innocence de nos têtes blondes ?), mais cela me fait me poser une question, peut on envisager, dans l’idée de contrer cette lobotomisation, faire comprendre aux enfants comment fonctionne ce système (en vulgarisant bien entendu) ? Car au final, l’âge rebelle ne serait il pas le dernier souffle d’externalité qui se débat face à son ennemi, l’internalité ?

    Je finirai par remercier le hacking social, continuez ce que vous faites car vous avez réussi à m’ouvrir l’esprit depuis quelques temps, donc ça fonctionne !

    1. Merci 🙂

      L’internalité arrive tôt chez les enfants à cause de l’éducation, que ce soit à la maison ou à l’école. C’est tout simplement un mode d’éducation et ce n’est pas forcément mauvais en soi, d’ailleurs. C’est même super utile :
      Imaginons un père qui ordonne de mettre la table à l’enfant, il le fait, plus il dit « Merci tu es très serviable ! ». Imaginons qu’il le fait tous les jours. Pour l’observateur extérieur, c’est parce que le père a ordonné de mettre la table que l’enfant le fait (donc cause externe à l’enfant) et c’est assez vrai.
      Mais il y a un processus d’internalisation, petit à petit, l’enfant va mettre la table sans qu’on lui demande par conditionnement et sûrement qu’il oubliera que son père a ordonné cela avant. Ce processus d’internalisation, on le voit quand l’enfant se met à dire « j’ai mis la table parce que je suis serviable » oubliant totalement la determination extérieure, c’est-à-dire son père.
      Et cette internalisation, elle est essentielle en terme éducatif, cela construit une forme d’autonomie.
      Parce qu’il a été étiqueté « serviable » l’enfant va sûrement prendre des initiatives autres que de mettre la table pour confirmer cette étiquette, par exemple apporter un objet manquant à quelqu’un qui en a besoin, etc. Là est le gros avantage de l’internalisation, même si elle repose sur attribution causale assez erroné du fait de l’oubli de l’ordre (c’est la caractéristique « allégeance » = oubli ou aveuglement ou déni des déterminations sociales).

      À ce stade du dossier vous voyez l’internalité comme un pur formatage car on n’a pas vu l’allégeance encore:) Et c’est pas l’internalité le vrai problème, mais l’internalité allégeante ou l’externalité allégeante. On peut être interne non allégeant, c’est à mon sens la vraie autonomie.

      Sinon l’âge qu’on dit rebelle ne me semble globalement pas rebelle du tout, si tu parles bien de l’adolescence:) ce serait plus un mélange de réactance ( http://www.hacking-social.com/2014/11/18/quand-les-rebelles-se-font-exploiter/ ) et de conformisme au groupe d’ado ( http://www.hacking-social.com/2014/12/21/lhomme-est-un-mouton-ah-oui-vraiment/ ).

      Pour les enfants, le défi c’est de les rendre autonome sans pour autant les manipuler à coup d’etiquette et d’internalisation tel que l’exemple précédent. La pédogie montessori est assez inspirante à ce niveau là, il s’agit de créer un bon environnement pour l’enfant, être un bon exemple, montrer lentement les fonctionnements des choses puis laisser l’enfant bidouiller, choisir ce qu’il veut. Par exemple pour lui faire mettre la table, un pedagogue montessori dira «je vais te montrer comment mettre la table » et lui montrera très lentement. Un jour, quand il veut, L’enfant le fera sans qu’on lui donne l’ordre de le faire, possible qu’il mette les couverts en plein après-midi aussi pour s’exercer 😀 Bref avec les enfants (et même les adultes), argumenter, expliquer juste verbalement est souvent très inefficace en plus d’être sujet à « formatage ».
      Mieux vaut encore montrer régulièrement, expliquer clairement mais avec neutralité les choses, et l’enfant décidera de le faire ou pas. Là, le mouvement viendra vraiment de lui (et non d’un ordre oublié) et on pourra l’étiqueter de vraiment serviable – à mon sens.

    2. Hop re-reponse aprés quelques instants de réflexion 🙂 Je suis actuellement en train de faire des recherches sur les éducations dites alternatives tout simplement parce que le sujet me plait, et là ton commentaire sur l’internalité des enfants, la façon de prémunir ses effets, bref tes questions m’ont « reconnectée » ces questions d’internalité avec ce que je vois 😀 Je me devais de re-commenter pour te remercier pour cette inspiration 🙂

      1. Merci pour toutes ces explications, je comprend qu’il ne faille pas tout jeter dans l’internalité ni tout prendre dans l’externalité, question de juste milieu en somme.
        Mais si ça se trouve, quand on explique à un enfant comment mettre la table, il peut très bien ne pas en avoir envie, et faire semblant de s’y plier histoire qu’on lui lâche la grappe ? Un peu comme le fait de rentrer dans la norme que Pole Emploi attend, histoire que le rendez-vous soit plus court ? Je me demande donc si l’on ne prendrait pas le risque que l’enfant prenne l’habitude de ne pas être honnête avec ses parents ? Rajoutons à cela l’effet de réactance, on risque d’avoir un cocktail détonnant.

        Mais de rien, nous dirons que cette inspiration est ma façon de contribuer au hacking social !

  5. Hop retour sur les commentaires, toujours très instructifs.
    Deux pensées m’ont traversées l’esprit à la lecture concernant les enfants, pour l’instant j’ai pas poussé le truc.
    – premièrement : la pub pour les tampons de je ne sais plus quel marque, montrant des jeunes filles qui passées un certain age ne sont plus des battantes et se plient aux normes. On peut critiquer la publicité, se dire que ces jeunes filles sont des actrices, etc. Mais sur le fond, j’imagine qu’ils l’ont pas tort. Et même si la publicité a pour but de faire adhérer à la marque pour son achat de tampon (alors qu’il y a de nombreux procédés découverts ou redécouverts récemment pour se passer d’un tampon – je suis un homme j’essaie juste de m’intéresser aux découvertes de celle qui partage ma vie), au final le message au premier degré (celui que les femmes ne devraient pas suivre la norme qui leur dit d’être ce que la norme veut qu’elles soient (la norme occidentale?), norme qui sera différente chez les badjo par exemple) est plutot bon.

    – deuxiemement : Je me suis rendu compte que la pédagogie pouvait aussi se « servir » des enfants. Je l’ai constaté avec le recyclage. Des parents n’ont jamais recyclés de leur vie, polluent et se contrefiche de ça (ou n’ont jamais eu l’information comme quoi jeter c’est déchets par terre c’est mauvais pour la planète). L’enfant, à l’école, a un atelier écologie? On lui apprend que la planète va pas super bien et qu’il faut trier ses déchets. Un jour l’enfant va voir ses parents jeter une bouteille par terre, va la ramasser et la jeter à la poubelle. s’en suis un choc mental pour les parents, qui réalisent ce qu’ils ont fait. Bim l’enfant à éduquer ses parents. Je l’avais fait à l’époque avec « pataclope » qui consistait en gros à engueuler mes parents à chaque fois qu’ils fumaient. Maintenant ils vivent à deux fumeurs dans une maison où ils ne fument pas. Ils ne dérangent personne mais vont fumer dehors ou dans la cheminée. Les parents transmettent donc la normes aux enfants, mais l’inverse est aussi vrai et peut permettre, je pense, de débloquer des situations.

    1. Salut Julien,
      Je me permet de répondre avant l’équipe d’Hack’So. Pour ton premièrement j’aimerais être d’accord, mais pour moi la pub ça reste de la pub, c’est l’intention qui compte (en l’occurrence le profit et la visibilité d’une marque)et éduquer des enfants ou qui que ce soit grâce à ça me parait impropre. De plus, ce n’est pas la première fois que les pub amorcent un messages qui semble bon. Rappel toi la dernière vidéo de HS, où Gull se marre devant une pub qui dit « libérez-vous de la norme » tout en invitant les gens à acheter tous la même voiture. xD
      En revanche, je suis tout à fait d’accord avec toi sur ton deuxièmement. Et j’irais même plus loin en disant qu’une fois passé un certain âge, les enfants n’ont plus cette « pédagogie innocente/involontaire » ils doivent vraiment convaincre pour qu’une idée passe, et s’ils sont déjà passés par montrer l’exemple avec le recyclage ou la clope, ça fera des jeunes sensibles à certaines causes, et des parents assez ouvert d’esprit pour changer d’avis, et ça c’est beau ! =)

  6. Quand j’ai vu les extraits des questionnaires, je me suis dit des fois : « Mais il faut cocher UNE case ? Par ce que cela peut dépendre des fois ». En plus, quand il est dit des choses du genre « Il est paresseux », qu’es-ce que j’en sais ? Je ne le connais pas, P, moi ! ^^

  7. Moi, je me dis que P est nul à l’école parce qu’il fait sûrement des choses plus intéressantes à côté. Ca me rappelle mes cours de piano : on me reprochait sans cesse de ne pas travailler mes gammes. Bien sur que je ne travaillais pas mes gammes, je passais mes journées à improviser (alors beaucoup plus instructif, créatif, intéressant, gratifiant, mesurable, etc). Mais aux yeux de ma prof, c’était une distraction qui découlait de mon manque de détermination…

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