[PE5] Où comment ne pas s’interroger sur l’environnement social permet de se faire bien voir…

Ce présent article fait parti d’un dossier, il est la suite de ces articles :

Dans la partie précédente nous avons vu que l’internalité n’était pas une caractéristique de la personnalité, mais une norme sociale, donc qu’on choisit des attributions causales internes pour se faire bien voir, parce que les attributions causales externes sont mal vues (entre autres). Donc les institutions d’insertion, tel que pôle emploi, nous formatent à être interne – qu’importe si cela est un biais source d’erreur fondamentale d’attribution – parce qu’effectivement, les portes s’ouvrent lorsqu’on est interne. C’est un véritable cercle vicieux. Mais ces recherches sont peut-être passées à côté d’un profil qu’on va découvrir à présent…

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Gangloff va mener des études qui, à mon sens, vont résoudre les points gênants des études sur la norme d’internalité qui étaient la nature des questions ainsi que l’absence d’un profil de personne à la fois autonome et rebelle. Pour cela, il va introduire dans ses études une nouvelle « variable », une nouvelle conception dans les attributions causales et les renforcements : l’allégeance.

« Gangloff (1995, 1997, 1998) qui est le premier à souligner ce que l’on peut soupçonner être un biais méthodologique : « le type d’internalité mis en scène dans ces études est sélectionné […] puisqu’il renvoie toujours exclusivement aux efforts, à la conscience professionnelle… c’est-à-dire à des caractéristiques de bon aloi […] comme si les internes ne pouvaient, par nature, qu’être travailleurs, consciencieux… » (Gangloff, 1997). C’est alors qu’il propose une relecture des résultats jusque-là admis : « Ne peut-on pas alors penser que la valorisation des internes tient à leur non-questionnement de l’environnement, au fait que, sanglés dans un système explicatif fermé à toute interaction avec l’environnement […] ils prémunissent les situations sociales contre la prise de conscience de leur éventuel arbitraire ? À l’opposé, si les externes sont rejetés, n’est-ce pas parce qu’ils incarnent les germes de la contestation ? […] C’est ainsi peut-être en raison de leur allégeance à l’ordre des choses que les internes […] sont classiquement valorisés. » (Gangloff, 1998). La valorisation sociale de l’internalité manipulée dans ces recherches ne reposerait donc pas uniquement sur la mise en jeu de l’acteur comme facteur causal essentiel, mais sur une autre « qualité » particulière, à savoir son respect de l’ordre établi, sa légitimation du système environnant.

L’allégeance : un principe des logiques d’aide à l’insertion professionnelle, Lionel Dagot et Denis Castra https://osp.revues.org/3362

Voici sa définition de l’allégeance :

« [la norme d’allégeance] pourrait être définie comme la valorisation sociale des individus qui, que ce soit de manière interne ou externe, excluent, dans leurs explications de ce qui leur arrive ou de ce qu’ils font, toute responsabilité critique de l’environnement social (Gangloff, 1998). »

http://psychologie-travail-rh.over-blog.com/page-4460750.html

Dans le sens commun, l’allégeance est définie comme l’obligation de fidélité et d’obéissance de quelqu’un à une autre personne représentant une certaine autorité, à une nation, à une religion, etc. C’est en quelque sorte une soumission totale sublimée, où l’on se soumettrait non par peur de la répression, mais par accord, dévotion, croyance, foi en cette autorité.

Dans le sens commun, « prêter/faire un serment/faire acte d’allégeance » est un acte conscient (parfois obligatoire en certaines circonstances), pour lequel on peut trouver des exemples clairs :

« Un serment d’allégeance est un serment par lequel un sujet ou un citoyen reconnaît son devoir d’allégeance et jure la fidélité à son pays ou, le cas échéant, à son monarque. Dans beaucoup de serments d’allégeance modernes, l’allégeance est un serment de fidélité à la constitution. En particulier, aux États-Unis d’Amérique, les présidents, les juges et le personnel militaire prêtent serment à la constitution. […]

Des serments d’allégeance sont généralement exigés des citoyens nouvellement naturalisés (voir le serment de citoyenneté), des membres des forces armées ou des fonctionnaires (forces de l’ordre, personnel judiciaire, etc.). Le clergé dans l’Église d’Angleterre est requis de prendre un serment de Suprématie reconnaissant l’autorité du monarque britannique.

Un exemple typique de serment d’allégeance est celui par lequel sont assermentés les parlementaires aux Pays-Bas :

Je jure (ou affirme) allégeance au roi, aux statuts du Royaume des Pays-Bas, et à la constitution. Je jure (ou affirme) que j’effectuerai loyalement les fonctions qui me seront assignées. Ainsi aidez-moi Dieu tout-puissant ! (ceci que je déclare et affirme) […]
Le 20 septembre 2011, en France, l’UMP a proposé que tout Français fasse « allégeance aux armes de la France », à l’occasion d’un serment qui interviendrait au moment de sa majorité ou, s’il n’est pas né Français, lors de sa naturalisation. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27all%C3%A9geance

Dans notre dossier, l’allégeance peut être inconsciente et liée à des causes masquées, telle que la domination pour exploiter l’individu tout en faisant en sorte qu’il ne se croit ni dominé ni exploité, mais libre et autodéterminé. Eh oui, c’est extrêmement tordu, mais la psychologie sociale a montré que ce sont les techniques de manipulation les plus efficaces (voir le chapitre sur l’engagement dans l’homme formaté ou dans cet article sur orange). On peut aussi feindre l’allégeance par stratégie, pour se faire bien voir.


De nouveaux profils


Dans ses questionnaires des attributions causales et renforcements, Gangloff va intégrer de 4 types de profils différents, dont 2 sont nouveaux afin de tester la norme d’allégeance :

  • l’interne allégeant : c’est globalement le même interne que dans les autres questionnaires. Il fait des attributions dispositionnelles, explique les faits par des caractéristiques internes aux personnes ou à lui. Par exemple si Untel ne travaille pas ses cours c’est qu’il est paresseux, si Untel n’est pas promu c’est qu’il n’a pas assez travaillé, etc. La situation sociale est ignorée, déniée ou oubliée, il y a erreur fondamentale d’attribution. Et ces « oublis » protègent le système social dans lequel l’interne allégeant juge l’individu, car il dédouane le système social de toute responsabilité, responsabilité qu’il attribue aux gens eux-mêmes.
  • l’externe non allégeant ( = externe rebelle)  : c’est à peu près le même que l’externe habituel (excepté certains items et pas celui du loc). Il explique les choses de façon extérieure, sans impliquer d’individus dans ses explications, que ce soit lui ou les autres. Il y a un germe de contestation dans ses propositions ; par exemple : « je n’ai pas eu de promotion, car je n’ai pas eu de chance ». Autrement dit, il pense que le système de promotion n’est pas basé sur le mérite ou des caractéristiques objectives, qu’il est totalement arbitraire, si insensé que cela se joue presque au dé. Ce n’est qu’un germe de contestation, car l’externe non allégeant n’identifie pas le système sous-jacent ; l’injustice, il la ressent, il la subit sans savoir ou avoir la volonté de se voir acteur de changement ou imaginer qu’un individu puisse changer quoi que ce soit. Il y a une forme de fatalisme qui l’empêche d’être totalement rebelle.
  • l’externe allégeant : Lui aussi parle de chance, de hasard et verse dans le fatalisme, mais sans germe de contestation. « Je n’ai pas eu de promotion, car parfois ce n’est pas possible », autrement dit, il n’accuse personne de sa non-promotion, ni le système social. Il protège tout et tout le monde de la responsabilité des faits qu’il subit ou que les autres subissent. Les choses sociales arriveraient comme une averse ou un rayon de soleil, et il n’imaginerait même pas se faire météorologue pour tenter de comprendre. « C’est comme ça et personne n’y peut rien » pourrait être sa citation favorite.
  • l’interne non allégeant (= interne rebelle) : C’était le profil le plus absent des autres questionnaires : l’interne non-allégeant est conscient des déterminations sociales, de l’environnement, du contexte et des responsabilités de chacun dans ses structures, y compris son propre pouvoir « j’aurais du avoir ma promotion, mais ils veulent mettre des freins aux syndiqués ». Là, il y a un constat interne fort, à savoir que la personne méritait sa promotion, mais que son rôle social de syndiqué est rejeté. Le contexte social est mis en valeur dans l’explication causale (la relation syndiqué et évaluateurs).


Alors, avant de voir les résultats de Gangloff avec ces nouveaux profils, à votre avis, quel est le profil qui sera le plus apprécié par les recruteurs, les évaluateurs, les agents de pole emploi et des missions locales, les cadres ? Pour le dire autrement, les personnes ayant le pouvoir de juger aimeraient quel profil ?

Est-ce que l’internalité, allégeante ou non, va encore gagner la partie ? Est-ce que les externes, allégeant ou rebelles, vont être encore rejetés ? Quel profil peut favoriser la société en général ?


La norme d’allégeance : études


Gangloff a tout d’abord testé ses profils sur 22 salariés exerçant des fonctions d’encadrement. Il leur a fait estimer le degré de réussite professionnelle de 4 profils, afin de savoir si les profils internes étaient encore valorisés avec l’introduction de la variable « allégeance ». Il leur a présenté 16 scénettes de situations de travail, dont huit liées à des comportements et 8 à des renforcements. Voici deux exemples de ce que les cadres devaient juger :

internalite-non-allegeante-questionnaire-gangloff

En plus de ces deux profils, c’est à dire un interne rebelle et un externe allégeant (similaire à ce qu’on peut trouver dans le LOC, mais pas forcément dans les questionnaires d’internalité), il y avait 2 profils mixtes (interne rebelle + externe).

Les résultats sont très surprenants lorsqu’on se rappelle des études sur la norme d’internalité. Souvenez-vous, l’interne remportait toujours haut la main les faveurs, même quand il était moins performant que l’externe.

Voici les résultats, sachant que plus le pronostic est proche de 1, mieux il est jugé (1=meilleur pronostic possible)  ; plus il est proche de 4, plus le salarié-cadre ne le veut pas (4= pire pronostic possible).

gangloff-1995a-externe-allegeant-win

On pourrait croire que j’ai fait une erreur d’interprétation des chiffres en voyant que l’interne est ici totalement rejeté au profit de l’externe. C’est totalement le contraire des études précédentes. Mais non, il n’y a pas d’erreur. Lorsqu’on insère la non allégeance, l’interne perd, n’est plus du tout sexy aux yeux des décideurs. L’autonomie, la responsabilité, le dynamisme, tout ceci n’a soudainement plus aucune valeur si cela est associé à un fort esprit critique.

Même si cette étude est fort signifiante, cela ne suffit pas.

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Gangloff a testé encore d’autres profils sur d’autres populations. Cette fois il a testé un externe (allégeant), un interne allégeant, un interne rebelle et un interne « mixte » (un peu allégeant et un peu rebelle).

Il a testé ces profils sur 20 cadres chargés du recrutement dans leurs entreprises et 12 consultants en recrutement, car ces deux populations n’ont pas forcément les mêmes finalités :

« L’hypothèse était bien évidemment que les recruteurs en entreprise, conscients du fait qu’ils seraient ultérieurement en contact quotidien avec le candidat retenu, seraient plus « sévères » que les consultants. »

http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1630

Les résultats sont là aussi flagrants  :

  • Les consultants, ont en effet plus de recul, et choisissent tout autant les internes allégeants que les internes rebelles.
  • Les recruteurs choisissent l’interne allégeant et rejettent totalement l’interne rebelle qu’ils classent à la dernière place.

Les justifications des recruteurs quant à ce choix sont également très éclairantes :

« Il [l’interne rebelle] monterait les gens les uns contre les autres » ; « il mettrait une mauvaise ambiance dans l’équipe ; « il est trop révolté » ; « il serait difficile à gérer » ; « il hésitera moins à renverser l’ordre établi« .

http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1630

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Gangloff a également testé ces profils en situation d’autoprésentation, c’est-à-dire que les gens sont invités à remplir le questionnaire soit en leur avis propre (consigne standard), soit avec pour consigne de « se valoriser » (consigne surnormative), soit avec pour consigne de se dévaloriser (consigne contrenormative). Il s’agit de paraître, ce sont des paradigmes qui permettent de voir quelle est la norme sociale à l’œuvre.

253 étudiants ont testé le questionnaire qui comportait deux types de propositions : soit des propositions internes rebelle ou externe. Et voici les résultats (les chiffres correspondent aux taux d’internalité rebelle) :

contrenormative-gangloff-internalite-rebelle

normative-etude-gangloff-1997

C’est encore tout le contraire des traditionnelles études : se montrer interne rebelle est ici dévalorisant ; il faut mieux, pour se donner une bonne image, se montrer externe allégeant.

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Nouvelle étude, toujours avec les mêmes protocoles, mais une population encore différente, 57 salariés dont des cadres et des ouvriers appartenant à deux secteurs différents :

  • l’un public, très hiérarchisé laissant très peu d’autonomie.
  • l’autre privé, très libéral avec un maximum d’autonomie laissée aux personnes.

Ici, il a mesuré le taux d’internalité allégeante en fonction des statuts et du type de management que rencontraient les personnes.

internalite-allegeante-cadre-ouvrier-gangloff-1998

Ici pas de grande différence entre les ouvriers, qu’ils soient dans un secteur libéral ou hiérarchisé, il semblerait que la situation n’ait pas d’impact sur leur taux d’internalité allégeante. Par contre, pour les cadres c’est assez flagrant : plus une entreprise va donner de la liberté et de l’autonomie dans un cadre privé, plus le cadre se soumet en ignorant les déterminations sociales (= allégeance).

Cela renvoie directement à d’autres résultats qu’on peut trouver sur les expériences de manipulation mentale, notamment sur la question de l’engagement : plus on donne de liberté (même avec une seule phrase telle que « vous êtes libre de… », pas besoin de donner des pouvoirs, ou quoique ce soit de concret, l’idée de liberté suffit), plus la personne se soumet aux requêtes qu’on lui demande. (Vous trouverez des expériences dans cet article sur manipulation d’orange, dans Lhomme formaté chapitre engagement ou encore dans « psychologie de la soumission et de la manipulation » de Guéguen ).

Gangloff démontre également que si les cadres sont plus « internes allégeants » que les ouvriers, concernant l’internalité rebelle, ils sont à égalité (consigne standard, les personnes répondent en leur nom) :

gangloff-1997-internalite-rebelle-non-allegeante

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Maintenant, Gangloff va tester une population de salariés d’une entreprise privée (cadres et ouvriers), et une population en situation de marginalisation sociale (petits délinquants). Dans chacun de ces 3 groupes, les sujets avaient pour consigne de se positionner, de la manière la plus sincère possible, sur une échelle d’internalité rebelle – externalité, donc il s’agissait de mesurer leur internalité rebelle :

gangloff-1997-internalite-rebelle-non-allegeante-etudiants

Plus on est inséré dans la société, moins on est rebelle, plus on est externe allégeant. Moins on est inséré, plus on est interne rebelle.

Voici une conclusion de Gangloff qui s’appuie sur les recherches sur la norme d’internalité :

« Beauvois indique d’ailleurs (1984, p133) que « l’internalité a pour corollaire au moins virtuel le non-questionnement de l’environnement [préservant ainsi les situations sociales] de la perception que l’on pourrait avoir de leur arbitraire ». Ce qui semble bien signifier que la classique valorisation des internes tient au fait que, se limitant à un système explicatif fermé à toute interaction avec l’environnement et puisant ainsi toute explication exclusivement en eux-mêmes, ils prémunissent les situations sociales contre la perception qu’elles ne constituent qu’un possible parmi d’autres. Suivant cette analyse, c’est ainsi du fait de leur allégeance à l’ordre des choses que les internes sont habituellement valorisés. C’est également cette dimension allégeante qui permet de redonner une cohérence aux résultats contradictoires obtenus : c’est elle qui permet d’expliquer pourquoi les internes ne sont plus valorisés, malgré leur internalité, mais font au contraire l’objet d’une relégation, lorsqu’ils entrent en système ouvert pour devenir rebelles. À l’opposé, il apparaît tout aussi évident que si les externes sont rejetés, c’est parce qu’ils incarnent les germes de la contestation. Attribuant leurs « renforcements » au hasard, ils ne représentent certes de danger pour personne ; mais s’ils s’avisent de prendre conscience et de discuter de l’éventuel arbitraire des règles du fonctionnement social et de ses structures, il est logique que tout système social, dont l’objectif premier ne peut être que se pérenniser puisse éprouver quelque humeur à l’égard de tels trouble-fête. »

http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1630

Ce n’est donc pas l’internalité qui pose problème aux institutions d’insertion, ce n’est pas un chômeur « autonome, dynamique, responsable » qui est souhaité, en ce cas ces internes rebelles auraient d’aussi bons postes que les internes allégeants. Le problème, pour la société, c’est d’être insoumis et d’être clairvoyant concernant les structures sociales en plus d’être autonome et autodeterminé. Voilà le vrai « problème », le vrai défaut pour les institutions, c’est d’être conscient de l’environnement social, ne pas le dénier, et pire, de vouloir et s’activer à le modifier !

Les structures sociales ne veulent pas être changées, et pour cela ils rejettent les personnes les plus aptes à s’activer au changement… Et on le verra encore plus clairement la semaine prochaine, en reprenant notre fil rouge avec une étude sur les institutions d’insertion et l’allégeance.

La suite : Des autodeterminés rejetés : une étude dans les missions locales

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19 commentaires sur “[PE5] Où comment ne pas s’interroger sur l’environnement social permet de se faire bien voir…

  1. J’ai une petite question : quelle est la nationalité de Gangloff et a-t-il réalisé ses études dans son pays?
    Je ne remet pas en question ses études, loin de là. Mais si je prend en parallelle le Japon que je connais un peu même si je n’y ai pas travaillé , juste entendu différents son de cloche (cadre et ouvrirer). J’ai l’impression que là bas c’est très (trop?) hiérarchisé … mais qu’en même temps on ne leur donne pas spécialement de tâche précise, préférant justement le « vous etes libre de… », ce qui fait qu’ils n’hésiteront pas à en faire plus, dans le cadre d’un projet par exemple, à se poser plus de questions sur ce qu’ils font et pourquoi ils le font.
    Je ne sais pas si c’est bien ou mal, je pense qu’ils sont eux aussi contrôlés d’une certaine manière, mais je ne sais pas je me dis que le milieu culturel joue également. on aura pas le même fonctionnement sur l’île de ré qu’à New-York…

    1. Alors Bernard Gangloff est un professeur de psychologie sociale du travail qui exerce en France (cf http://te2o.u-paris10.fr/membres/bernard-gangloff-506584.kjsp ) ; je ne connais pas ses origines.

      Sinon, concernant toutes les études sur l’internalité, elles concernent le monde occidental (pour la majorité que j’ai présenté) ; généralement les résultats sont très différents hors occident, par exemple l’internalité n’est pas dominante, les personnes sont plus externes. D’ailleurs cela ne concerne pas que les études sur l’internalité ; pour la dissonnance cognitive on trouve aussi des différences entre cultures.

      Par contre, en ce qui concerne le pouvoir de l’autorité, c’est malheureusement partout la même soumission dangereuse cf l’expérience de Milgram (http://www.hacking-social.com/2014/10/07/de-lautorite-lexperience-la-plus-terrible-de-la-psychologie-restera-toujours-dactualite/ ) …

      1. Merci pour les précisions, et effectivement j’avais lu que pour le pouvoir de l’autorité c’était effectivement partout pareil :/ hélas…
        J’en profite, je ne sais pas si c’est de la « pub » mais sur France Inter, Guillaume Meurice a interviewé les « professionnels de la peur ». Je l’écoute quasiment tous les jours et je trouve que c’est un très bon hackteur (acteur / hackeur, m’voyez?) en France.

  2. Bonjour
    Merci pour ces articles, je les suis avec grand intérêt.
    Je me posais une question : est ce que la proactivité a un lien avec les normes présentées? Le terme « proactif » semble au départ définir une stratégie d’identification des problèmes à venir et de prévision de leur résolution, mais de mon expérience personnelle et de ce que j’ai pu voir ça et là sur le net, son sens a glissée pour se rapprocher de celui d’interne, et même d’interne allégeant. Par exemple sur http://business.toutcomment.com/article/comment-etre-proactif-au-travail-8589.html, il est dit que le proactif devrait voir les obstacles comme « faisant partie du jeu y compris s’il s’agit d’un collègue ou d’un manager « détracteur », qui cherche à détruire votre image ou votre travail, qui fait du harcèlement moral ». Ça fait bizarre de lire que le harcèlement moral ferait « partie du jeu ». Aussi certains l’opposent à « réactif », (https://devenez-meilleur.co/soyez-proactif/) et je pense que dans cette dualité, c’est l’interne/externe que l’on retrouve.

    Plus je lis ce genre de chose, plus j’ai l’impression que le management considère que les individus sont fait de notions antinomiques (soit on est externe, soit interne, soit allégeant, soit rebelle), qui auront des valeurs morales opposées (bien/mal), et que au final, les seuls à être valorisés sont ceux qui ne présentent que les notions étiquetées « bien », ce qui permet ultimement de faire juste deux catégories et de dire « il y a les bons, et il y a les autres. Si vous faites partie des autres, améliorez-vous » . Le tout dans un joyeux mélange de psychologie, de sociologie, de communication et d’idéologie .

    Sinon, en faisant des recherches annexes, j’ai trouvé une discussion sur l’approche que devrait employer les officiers traitants de la CIA pour bien « manager » leurs agents et informateurs : https://www.cia.gov/library/center-for-the-study-of-intelligence/csi-publications/csi-studies/studies/vol.-57-no.-1-a/vol.-57-no.-1-a-pdfs/Burkett-MICE%20to%20RASCALS.pdf.
    La CIA, (presque) plus « humaine » que pôle emploi? 🙂

    1. Alors oui, tout à fait tu as remarqué comme nous qu’il y a une énorme déformation du mot « proactif » par le milieu du management ; on rencontre aussi le mot « proactif » en psychologie positive et là il s’agit à peu près de la même définition que tu donne au début.
      Je trouve ton analyse intéressante, le milieu du management a beaucoup de mal avec le raisonnement subtil, ça tourne vite au « winner VS loser », « bien VS mal », bref comme tu dis, une pensée binaire qui vire toutes les subtilités pourtant essentielles pour comprendre l’humain et toute sa complexité. Et oui, mille fois oui, c’est toujours un duel d’interne allégeant (le bon, le winner selon eux) VS le reste du monde, les externes et les internes rebelles (généralement ils ne les citent pas, les oublient car étant eux-même allégeant, ils n’imaginent pas qu’on puisse être déterminé, autonome et rebelle à la fois).

      « La CIA, (presque) plus « humaine » que pôle emploi? » 😀 Je ne saurais dire le quotidien des employés là bas,donc difficile de juger… mais ce qui est certain c’est qu’eux, ils n’ont pas un raisonnement binaire !Il y a beaucoup d’intelligence dans leur psychologie, on sent une très grande connaissance de l’humain, un grand soin apporté à son psychisme lorsque par exemple, il veut l’aider et rester motivé à faire du… sabotage 😀 (cf : http://www.hacking-social.com/2016/05/09/etre-stupide-ou-lart-du-sabotage-social-selon-les-lecons-de-la-cia/ ) Merci pour le lien, j’adore les docs de la CIA, y a toujours des choses très intéressantes dedans 🙂 (et merci pour les autres également ils me serviront aussi un jour, je pense).

  3. Bonjour,

    Premièrement j’ai remarqué une petite coquille en début de texte. Il est écrit :
    -« Pour cela il introduire dans ses études une nouvelle « variable », une nouvelle conception dans les attributions causales et les renforcements : l’allégeance. »
    -cela sonnerait avec ceci : « Pour cela il introduirA dans ses études une nouvelle « variable »,… »
    -ou peut être ceci : « Pour cela il VA introduire dans ses études une nouvelle « variable »,… »

    Ensuite un point qui me semble plus essentiel, il est cité :
    -« «Il [l’interne rebelle] monterait les gens les uns contre les autres » ; … ; « il hésitera moins à renverser l’ordre établi» »
    Il me semble contradictoire que les recruteur disent « il hésitera moins à renverser l’ordre établi»
    et que B.Gangloff conclu ceci :
    -« À l’opposé, … ; mais s’ils s’avisent de prendre conscience et de discuter de l’éventuel arbitraire des règles du fonctionnement social et de ses structures, il est logique que tout système social, dont l’objectif premier ne peut être que se pérenniser puisse éprouver quelque humeur à l’égard de tels trouble-fête. »

    Sa me paraissait amusant comme type de contradiction a signalé 😉 Un avis particulier? Ou j’ai peut être raté quelque chose?

    Bonne continuation,
    Cordialement,

    1. La faute est corrigée ! Maintenant, à ton tour de changer le « sa » en « ça » 😀
      Alors la phrase que tu cites « il hésitera moins à renverser l’ordre établi' » provient des recruteurs interrogés, ceux qui valorisent les internes allégeants et rejettent les internes rebelles ; donc c’est une critique qu’ils émettent contre l’interne rebelle qu’ils ont rejetés via les questionnaires. Autrement dit, comme le dit Gangloff, cet « ordre établi » ils ne veulent pas le voir renverser, d’où le fait qu’ils aient rejetés l’interne rebelle. Le système social rejette les internes rebelles qui sont considérés comme des troubles fêtes quand ils prennent conscience des règles arbitraires et des structures problématiques. Les « ils » qui prennent conscience dont parle Gangloff, ce sont les rebelles ou non.allégeant. Voilà, je ne sais pas si cette reformulation t’a aidé à mieux comprendre, en tout cas il n’y a pas de contradiction, je ne pense pas 🙂

  4. Bonjour Viciss et merci encore une fois pour cette série d’article très intéressante.
    Une question par rapport aux exemples utilisés, est-ce que ce sont des constructions volontairement exagérées ou des exemples réels et représentatifs de l’étude ?
    Parce qu’un élément me chagrine, les deux réponses présentées, utilisées pour « l’interne rebelle », sont d’un registre de langue inférieur aux autres, et emploient un vocabulaire connoté.
    « vous ne voulez pas que ce soit un moyen de vous faire encore plus exploiter » => registre de langue courant, « exploiter » associé à un stéréotype du « syndicaliste/grèviste », « encore plus » suggérant que l’on a un regard non pas critique raisonné sur l’entreprise mais un jugement établi VS « les nouvelles technologies vous effraient » => « effraient » dans un registre plus soutenu, et peur légère, moins absolue (dans la peur) que la notion d’exploitation.
    Si celui qui lit la première réponse essaie de s’imaginer l’employé dans son entreprise lorsqu’il remplit le questionnaire, il peut le prendre comme une attaque directe ou s’imaginer comme un patron en pleine révolte ouvrière. Alors que le second peut sembler timoré, mais quelqu’un d’effrayé peut passer sa frayeur et rester ouvert au raisonnement (« terrorisé » ou « terrifié » auraient à mon sens mieux contrebalancé « l’exploitation » de l’autre proposition)
    « pas assez léché les bottes » => on est dans du registre à la limite du familier, et encore une fois sur un appel au stéréotype relativement fort (surtout si les items se renforcent en faisant partie du même questionnaire) VS « parce qu’il y a des périodes où tout va mal » => registre courant, affirmation avec laquelle il est relativement facile de s’identifier (qui n’a jamais eu l’impression d’être dans une période où tout va mal ?)
    Je n’ai aucune notion de psychologie sociale, alors je fais peut-être de la surinterprétation totale (sur un échantillon d’items non représentatif de l’ensemble de l’étude en plus), mais l’étude vue par ce prisme me semble moins pertinente, car « l’interne rebelle » utilise des éléments de langage qui ne me paraissent assez éloignés de la classe sociale que j’associerais à un cadre en entreprise (ce sont aussi mes représentations qui parlent ^^’) alors que l’externe s’en éloigne moins. Et on se retrouverait avec du « bruit » car on ne mesure pas que l’effet de l’internalité avec critique vs externalité, mais aussi un niveau d’identification via la langue commune (ou non).
    Après tu nous dit « fonction d’encadrement » sans préciser de classe sociale.
    Mais ça me titille à la lecture, et je ne peux pas m’empêcher de penser que peut-être les résultats auraient été moins prononcés avec des formules critiques mais d’apparence raisonnée/sans agressivité du côté de « l’interne rebelle ». « parce que vous ne voulez pas être formé à un outil offrant de nouvelles capacités de contrôle à une entreprise qui abuse déjà des moyens à sa disposition », « parce que vous avez refusé de jouer le jeu de la politique et privilégié la compétence »
    Tout de suite ces deux réponses « d’interne rebelle » auraient ma faveur sur les réponses « d’externes » alors que les formulations précédentes avaient ma défaveur.
    (évidemment, il ne s’agit que de moi et pas d’un échantillon représentatif, donc ça ne vaut pas grand chose, est-ce que ça mériterait une étude ? :p )
    Note importante: je pars du principe que la population dans le rôle d’évaluation soit n’est pas au courant du système de choix multiples, soit tombe systématiquement dans l’erreur d’attribution en ne prenant pas en compte le fait que les choix des évalués étaient limités et que les termes employés ne sont pas les leurs.
    Et j’ajoute qu’il est vraiment vicieux ce biais °o°

    1. Bien vu  ! En effet, on en parlera encore la semaine prochaine, je trouve que les questionnaires sont encore améliorables également ; l’interne rebelle est trop « stéréotypé » par rapport aux autres profils qui sont plus finement représentés. Parfois il est trop dans la colère, parfois je le trouve pas assez marqué dans sa rébellion, trop centré sur lui même. Mais là, c’est vraiment difficile de juger parce que je n’ai pas trouvé les questionnaires en entier (peut-être que les profils y sont plus subtils). La semaine prochaine on verra une étude qui donne ces matériaux en entier et là, c’est plus facile à jauger : en plus il ne s’agira pas de recruteurs/cadres, mais d’agents de la mission locale (donc ne craignant pas le syndicaliste, en principe). Donc beaucoup des biais que tu as soulevés avec justesse seront écartés:)

      Le chercheur parle de fonction d’encadrement parce que c’est la variable qui est déterminante, agissante, sur le choix des réponses : c’est leur fonction de « gérer des personnes » qui va orienter leur choix, parce qu’ils vont sans doute devoir leur donner des ordres ou indications, surveiller la bonne intégration dans le groupe, etc. ; là où une personne – même cadre – qui n’a pas à gérer des personnes, se fichera un peu des profils, choisissant le plus sympathique à ses yeux par exemple, parce que cela n’a pas d’impact sur son travail qui n’est pas de gérer cette personne.

      Concernant les situations décrites dans les choix, Gangloff est psychologue social du travail, donc il doit bien connaître les situations critiques au travail:) Impossible de dire si elles sont issues de « vraies » scènes ou pas, en tout elles sont réalistes sans nul doute. Lors de la construction des questionnaires, généralement les chercheurs mettent un point d’honneur à les écrire dans un langage accessible à tous, commun (car si ce n’est pas compris, les personnes répondent au hasard ou pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’étude), évite les négations ou doubles négations (toujours pour des raisons de compréhension), font souvent des items qui se ressemblent, mais qui sont formulés de façon radicalement différente pour être certain de bien mesurer telle variable, font attention à l’équilibre de la valence des questions (c’est-à-dire qu’elle soit ressentie comme négative ou positive d’un point de vue émotions), qu’elles ne génèrent pas un refus en bloc du questionné (par exemple des questions ou items sur la sexualité ça a tendance à faire entrer dans le mensonge du questionné ou alors une posture défensive, la personne ne veut plus remplir), etc. (j’arrête parce que là je vais ressortir tout mes cours de méthodo sinon:D).

      Parfois on se demande avec Gull si cela vous intéresserait pas si on vous livrait un article qui explique la méthodologie de la recherche, que soit la façon dont sont réfléchies, mis en œuvre les expériences ou les études via questionnaires. Du coup je demande à tout hasard à ceux qui liraient ce message, voulez-vous de la méthodo ?

      Merci pour cette fine critique, très appropriée à mon sens !

      1. Merci pour cette réponse très complète 🙂
        Alors, je ne sais pas pour les autres, mais pour ma part, de la méthodo, je dis oui et trois fois oui 😀
        J’ai eu l’occasion de me frotter à l’expérimentation dans une autre vie et dans d’autres domaines, et déjà bien mesurer le truc qui nous intéresse, considérer un résultat comme significatif et éliminer l’erreur alors qu’on a affaire à des objets, de la matière ou des tissues vivants simples, bonjour le parcours du combattant. (et je ne parle pas d’interpréter le résultat en question sans se planter et de gérer les expériences à suivre pour infirmer ou avancer sans se prendre les pieds dans ses biais…)
        Du coup, je suis très très curieux de voir ce que ça donne avec toutes les joyeuses contraintes de l’être humain.

  5. Salut,
    super article encore une fois, et supers commentaires tout aussi intéressants =) la prochaine fois, avant de poser une question j’attendrai 24h, ça m’a l’air prolifique ^^.
    Et pour te répondre Viciss : ho que OUI ! un article sur la méthodo serait très appréciable et pour plusieurs raisons. Déjà, vu qu’il y a des études de sociologie dans tous les articles de ce site, cela me parait nécessaire de pouvoir les comprendre, tant dans leurs résultats que leur élaboration (c’est à se demandé pourquoi on ne s’est pas posé la question avant xD). Ensuite, pour les curieux de tout comme moi, apprendre une méthode nouvelle est toujours intéressant. Enfin, lorsque je parle dans mon entourage de ce que je trouve ici, les gens sont certes très intéressés, mais les plus perspicaces (et ceux qui cherchent juste à me donner tord) se posent des questions sur la fiabilité des études sociales, j’imagine que tu vois de quoi je parle. J’aimerais avoir de quoi leur répondre (pour ne pas dire leur clouer le bec) sur ce sujet et je pense trouver mon bonheur dans un article sur la méthodo =)
    C’est malin, maintenant je vais encore plus attendre la sortie de prochains articles ^^.

  6. Salut,

    Concernant l’étude de 1997a comparant les résultats des consignes contrenormative et surnormative (ou « normative » ? Tu utilises les deux…) en situation d’autoprésentation, j’ai du mal avec ton interprétation.
    Tu dis : « se montrer interne rebelle est ici dévalorisant ; il faut mieux, pour se donner une bonne image, se montrer externe allégeant. »
    S’il est évident que le taux d’internalité rebelle dans la consigne contrenormative est supérieur à celui observé dans la surnormative, il n’est que d’environ 10%…ce qui ne me semble pas suffisant pour dire que « se montrer interne rebelle est ici dévalorisant ». D’après ma compréhension de l’expérience, les interrogés à qui on demande de se dévaloriser dépeignent une personne « externe » à 90%. Du coup, pour moi, se montrer externe est plus dévalorisant que se montrer « interne rebelle ».
    J’avoue que ça me chiffonne un peu, ces résultats : d’un côté on demande « dévalorisez-vous » et la réponse largement majoritaire est « je suis externe », de l’autre côté on demande « valorisez-vous » et la réponse est la même… Pourrais-tu m’éclairer ?

    Je précise que je n’ai pas lu les précédents dossiers et que je ne suis pas familier avec les études de psychologie. Il est donc possible que j’ai mal interprété les résultats à cause d’une méconnaissance de la méthodologie utilisée: si tel est le cas, peux-tu soit m’expliquer, soit me donner un lien vers la méthodo ?

    Merci pour le dossier en tout cas :).

    1. Alors tout d’abord ce n’est pas que mon interprétation, c’est celle des chercheurs et c’est celle que donnent les résultats :
      Quant on demande aux étudiant de se dévaloriser ils choisissent de jouer le rôle d’un interne rebelle majoritairement (10,41 sur 12 en score) et quand on leur demande de se valoriser ils ne sont interne rebelle qu’à 3,81/12 sur leur score donc si on faisait calcul purement théorique cela fait que pour se faire bien voir, les étudiants choisissent 8,19/12 des réponses externes allégéantes en score. Ce ne sont pas des pourcentages, ce sont les scores des questionnaires. Les réponses ne sont pas du tout les mêmes 🙂
      Pour le dire autrement, imaginons que le questionnaire est un contrôle noté sur 12 en réponses interne rebelle et noté sur 12 en réponses externes allégeantes :
      si on demande aux étudiants « faite un score qui plaira aux gens » ils font 8,19 sur 12 en réponses interne rebelle  ; si on leur demande « faite un score qui déplait aux gens » ils font 2,81 sur 12 en interne rebelle et donc 8,19 en externe allégeant en théorie. Il y a une très grosse différence de choix, ils n’ont pas répondu pareil.

      Tu trouveras la source de l’étude ici : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1630

      Alors c’est normal que tu puisses être perdu, parce que là tu t’es attaqué aux chapitres sans doute les moins sexy, les plus bourrins en terme d’abstraction, ceux que j’ai le moins vulgarisé car les explications globales sont avant 🙂

      Voici l’explication du chercheur sur cette étude, ça peut peut-être t’aider à comprendre :

      « Les résultats sur la norme d’internalité indiquent aussi qu’en situation d’autoprésentation contrenormative, les sujets se décrivent majoritairement de manière externe, alors qu’en situation d’autoprésentation surnormative, les réponses sont majoritairement internes. Qu’en est-il avec de nouveaux questionnaires, questionnaires dans lesquels les sujets n’ont le choix qu’entre des réponses externes et des réponses internes rebelles ?
      Pour le savoir, nous avons soumis (Gangloff, 1997a), 253 étudiants et étudiantes à une telle situation, 1/3 devant répondre de manière contrenormative (se faire mal voir), 1/3 de manière surnormative (se mettre en valeur), et un troisième tiers étant confronté à une consigne neutre (« répondez le plus sincèrement possible »). Le traitement des réponses consistant à attribuer un point à chaque réponse interne et zéro à chaque réponse externe, chacun des sujets a obtenu une note variant de 12 (sujet totalement interne rebelle) à 0 (sujet totalement externe). Les résultats, pour les consignes contrenormatives et surnormatives, figurent au tableau 3. On y remarque bien, comme dans les études classiques,  une différence significative entre consigne contrenormative et consigne surnormative (aussi bien globalement que par sexe). Cependant, cette différence a ici une signification inverse de celles classiquement observées, puisque c’est maintenant en situation contrenormative que les sujets sont internes (mais internes rebelles), et en situation surnormative qu’ils sont externes. »

      1. Merci pour la réponse, tout s’éclaire : ce ne sont pas des pourcentages mais des scores allant jusqu’à 12…j’ai mal interprété le terme « taux » 🙂

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