Quelques façons scandaleuses, anti-autoritaires d’améliorer l’école/l’enseignement

Suite à quelques discussions avec les enseignants, parfois houleuses (certains voulaient davantage de soumission à leur autorité), parfois passionnantes, je me suis dit qu’il ne serait pas inutile de faire une liste de ressources concrètes des modes autonomisants (donc anti-autoritaires) que j’ai pu étudier pour mes articles ou dossiers.

Par autoritaire, j’entend qui cherche à contrôler l’autre comme un pion , se substituer à son autonomie, déterminer l’autre ; les pratiques autonomisantes, anti-autoritaire, sont donc intrinsèquement à l’opposé de l’autoritarisme puisqu’elles visent à ce que la personne puisse s’autodéterminer, s’émanciper, et se développer avec le contenu proposé, avec la compétence transmise.

C’est une liste qui n’est pas du tout exhaustive et qui n’a pas vocation à être une injonction du genre  « tu devrais faire ça !!! » puisque ce sont des modes anti-autoritaires : c’est à prendre comme des expériences qui ont pu être plus ou moins réussies, avec plus ou moins d’effets, et qui m’ont particulièrement passionnées parce qu’elles rentraient dans les petits détails de ce qui était fait concrètement.

Plus c’est détaillé, plus on peut l’analyser et le reproduire, ou l’adapter à un autre contexte en mode retroingeniering. J’aime ce mode aussi parce que la recherche scientifique en psycho mesure des variables très précises, concrètes, qui sont calculées au détail près, comme dans les expériences d’obéissance destructrice où l’on voit que le placement dans l’espace d’une autorité a un effet extrêmement puissant sur les comportements : plus il est proche d’un sujet, plus celui-ci obéira ; plus il est distant, plus il y aura désobéissance (ici à des ordres destructeurs). Toutes ces petites choses comptent, l’ergonomie d’un lieu, les positions spatiales des gens, leurs mots, les émotions qu’ils affichent ou non, le moment où ils interviennent ou non, etc., car cela a un puissant impact sur les comportements.

https://collection.corita.org/piece/83-46 « Your each moment is vital because it affects the whole ». Par Corita Kent, une artiste et enseignante dont on parlera.

Dans les discussions, j’ai constaté que cette somme de mécaniques, de petits détails qui comptent est vue comme « mièvre », « idiote », voire insultante par certains. Il y a un refus de les tester, de les mettre à l’épreuve du réel, de les expérimenter parce que selon eux, ce serait à l’élève de changer et de s’adapter au prof et non aux adultes de changer. D’autres encore nous reprochent cette attention aux détails transformables dès maintenant, parce que ce qu’il faudrait c’est « abolir l’éducation nationale », ainsi toute idée d’amélioration serait un manque de radicalité, une perte de temps.

Trop radicales, pas assez radicales, dans tout les cas, il faudrait selon eux mettre ces ressources sont mises sous le tapis.

Si vous refusez de croire à l’influence et la puissance sur autrui de vos mots, de vos gestes, de vos mimiques, de votre gestion de l’espace, de votre humeur, de vos émotions, de vos valeurs, de vos choix, (etc.), effectivement toutes les sources dont je vais vous parler ne vous apprendront rien et vous énerveront peut-être : vous pouvez donc passer votre chemin. Je n’ai aucune source qui donne des clefs pour modifier les comportements préjudiciables des élèves sans changer sa propre pratique et user de sa propre influence, de ses compétences ou de son pouvoir constructif sur les lieux.

En psycho, on apprend assez rapidement qu’on ne permet aux gens de changer comme ça en leur ordonnant diverses choses de façon autoritaire : il y a à changer ses propres façons de faire, ses buts, ses demandes, ses comportements, l’ergonomie d’un environnement, ses rôles, ses règles, ses politiques, jusqu’à obtenir un environnement social qui permet à la personne de s’ouvrir à des changements qu’elle autodéterminera.

Et quand on change ses propres façons de faire, il y a une étape inévitable qui demande de s’opposer à de vieux modèles conservateurs qu’on a internalisés, cela demande de désobéir à quantité de forces maintenant le statu quo, et qui nous incite à ne surtout rien changer (parce que certains adultes tirent des bénéfices de ce statu quo, quand bien même ça reposerait sur la souffrance des élèves et personnels éducatifs).

Bref, changer de pratique, ce n’est pas du développement personnel : c’est un travail de rébellion qui n’est pas « individuel », mais qui tient du développement social, parce que des forces conservatrices, souhaitant un statu quo ou le cachant derriére un pseudo-progressisme vont rapidement s’y opposer de façon violente.

C’est pourquoi tous les liens que je présente rapidement ci-dessous ont fait scandale, voire le font encore, qu’il y a de fortes répugnances et de sales réputations sur ces contenus, de vives critiques et des crachats de dégoûts lancés sur eux, tout en cumulant des accusations de mièvreries, de bienveillance écœurante, etc.

Voici le genre de haine déployée sur Twitter. Ici la psychologie et la sociologie sont accusés de détruire l’école, les élèves et les profs depuis 60 ans. Cette même personne se plaignait de la violence des élèves, mais visiblement n’applique pas cette attente sur elle-même, donc y a peu de probabilité que ça a des effets, si elle montre ce modèle en classe…

Carl Rogers « liberté pour apprendre » 


Dans cet ouvrage, Rogers passe en revue des dizaines d’expérimentations par des profs de différents niveaux : certaines expérimentations sont extrêmement simples et portent sur le fait de créer des contrats avec les élèves, dans lesquels ils peuvent décider de leurs objectifs, jusqu’à des modes encore plus libres où le programme et les projets peuvent être gérés par l’élève. Carl Rogers est le roi de l’écoute (à mon sens) et il a des techniques extrêmement empuissantantes pour « accoucher les esprits » : ce n’est pas à l’image stéréotypé du divan, ici on a une écoute qui, en très peu de temps, fait que la personne se libère et s’autodétermine, débloque son envie d’apprendre et de changer (et sans qu’on décide à sa place), c’est assez spectaculaire. Les profs me diraient qu’il n’y a pas le temps pour ça, qu’il ne peuvent pas faire de l’individuel, qu’ils ne sont pas formés : en réalité, une écoute de ce genre peut se faire au quotidien sans libérer du temps supplémentaire ni avoir un diplôme, ni un temps individuel. Cela peut juste consister en de nouvelles habitudes dans la façon de communiquer et d’être attentif à l’autre, en adaptant certains moments où il y a déjà communication.

Dans « Liberté pour apprendre », il parle aussi de ces expériences de changement en tant que professeur d’université et fait le point sur ce qui bloque certains apprentissages. Ses méthodes sont très propices à exacerber la créativité ou à motiver ceux qui le sont déjà : c’est une cause très importante pour Rogers, parce que le champ de la recherche scientifique a vraiment besoin de ces profils créatifs, or le système éducatif classique les réfrène, voire les élimine rapidement.

En toute fin de l’ouvrage, il parle rapidement de ses méthodes appliquées à toute une institution d’école privée catholique (qui avait fait appel à lui) qui voulait opérer une transformation politique. Il en parle assez peu parce que l’extrême droite américaine était déjà sur son dos à l’époque et le traitait de « démon ». Encore aujourd’hui, des fondamentalistes d’extrême droite étasuniens le considèrent comme à la source de tous les maux de la société.

Une école catholique révolutionnée par leurs nonnes

Pour cette vaste histoire, il m’a fallu faire toute une enquête pour savoir ce qui s’était passé avec Rogers et la transformation de ce groupe scolaire de nonnes : les sources sont compliquées à suivre, mais si cela vous intéresse, j’ai rassemblé cette enquête dans ETP, ici  : https://www.hacking-social.com/2021/09/17/en-toute-puissance-manuel-dautodetermination-radicale/

Toujours dans le livre Liberté pour apprendre de Rogers, il rapporte des témoignages de nonnes enseignantes qui expliquent comment elles ont transformé leur apprentissage, ainsi que certains changements des politiques des établissements.

Dans ces diverses références ci-dessous, on découvre que les nonnes en tête de l’école (notamment Anita Caspary) étaient extrêmement progressistes et voulaient libérer le plein potentiel des élèves. Elles ont décortiqué toutes les règles rigides pour à la place mettre plus de liberté et de joie, comme l’organisation de nouvelles célébrations où la créativité était à l’honneur. Elles ont dû affronter le courroux de leurs congénères masculins et de leurs autorités conservatrices, mais elles ont persisté.

  • Caspary, François Mauriac VII cité dans Maloney Susan M Obedience, Responsability and freedom : anita m. caspary IHM, and the post conciliar renewal of catholic wowen religious, 2014

  • Caspary Anita M., Décrets, 2003.

  • Caspary Anita, Witness to integrity, 2003

  • Kugelmann, R. (2005). An encounter between psychology and religion: Humanistic psychology and the Immaculate Heart of Mary nuns 

Ci-dessous, on trouve des témoignages d’élèves et de personnes étant passés dans ces écoles, comment ils ont vécu les classes de Corita Kent, les groupes suivant les méthodes de Rogers, et comment cela les a amenés à régler des problèmes existentiels, très tôt dans leur vie. Ce n’est pas sans critique de l’école, elles détaillent aussi les aspects autoritaires précédents et la façon dont cela les bridait ou comment cela pouvait être hypocrite. Ce sont des histoires qui s’avérent queer, des histoires de personnes qui ont milité contre la guerre au Vietnam, pour les droits civiques des afro-américains. Ce sont parfois ces mêmes témoignages qui sont aussi repris par les conservateurs pour montrer à quel point Rogers et les nonnes étaient « démoniaques » dans les transformations qu’elles opéraient.

  • Curb R. Lesbian Nuns: Breaking Silence, 1985

  • E. Kieser, Holywood Priest, 1991

Voici les témoignages conservateurs estimant que Rogers avait détruit ces écoles (voire était responsable de tous les courants terroristes actuels) :

Ci-dessous le travail de Corita Kent, une nonne artiste qui enseignait là-bas et qui était extrêmement populaire, attirant l’attention de grands artistes, y compris du cinéma. Une de ses élèves y détaille ses méthodes pour enseigner l’art, mais clairement on sent que sa façon d’enseigner aller bien au-delà, j’y vois une façon d’empuissanter les élèves dans un bonheur qui leur a été utile toute la vie, même s’ils ne sont pas devenus artistes.

  • Kent Corita, Steward Jan, Learning by heart, Teachings to Free the Creative Spirit, 2008

Les règles affichées dans sa classe sont assez explicites quant à son enseignement :

« Règles1. Trouvez un endroit en lequel vous avez confiance et essayez de lui faire confiance pendant un certain temps. 2. Les devoirs généraux d’un étudiant : tirer le meilleur parti de votre professeur. Tirer le meilleur parti de vos camarades de classe. 3. Les devoirs généraux d’un enseignant : tirer le meilleur parti de vos élèves. 4. Considérez tout comme une expérience. 5. Être autodiscipliné. C’est-à-dire qu’il s’agit de trouver quelqu’un de sage ou d’intelligent, puis choisir de le suivre. Être discipliné, c’est suivre de la bonne façon. Être autodiscipliné, c’est suivre d’une meilleure façon. 6. Rien n’est une erreur. Il n’y a ni victoire ni échec. Il y a seulement le faire. 7. La seule règle est le travail. Si vous travaillez, cela mènera à quelque chose. Ce sont les gens qui agissent tout le temps qui finissent par comprendre les choses. 8. N’essayez pas de créer et d’analyser en même temps. Ce sont des processus différents. 9. Soyez heureux quand vous pouvez le gérer. Amusez-vous bien. C’est plus léger que vous ne le pensez. 10."Nous enfreignons toutes les règles. Même nos propres règles. Et comment faisons-nous cela ? En laissant beaucoup de place pour des quantités indéfinies". John Cage Un conseil : soyez toujours là. Venez et allez à tout. Lisez tout ce qui vous passe sous la main. Regardez avec attention les films, souvent. Sauvegardez tout ce qui pourrait vous être utile plus tard. Il devrait y avoir de nouvelles règles la semaine prochaine. »
Rapportée par Kent Corita, Steward Jan dans  Learning by heart, Teachings to Free the Creative Spirit, 2008 ; à noter que certains attribuent ces règles à John Cage parce qu’ils les avaient affichés : c’est faux, il les as en premier lieu vues dans la classe de Corita Kent.
L’image d’entête de cet article est l’une de ces œuvres (don’t play for safety its the most dangerous thing in the world / Ne joue pas pour la sécurité, c’est la chose la plus dangereuse dans le monde) https://collection.corita.org/piece/81-05.

Ci-dessous un documentaire sur l’histoire de la transformation totale de cette institution scolaire, que malheureusement je n’ai pas réussi à voir (si quelqu’un a un moyen d’y avoir accès, qu’il me le dise en commentaire !).

Montessori et Alvarez

Ici, je pense qu’il n’y a pas besoin de présenter le travail de Montessori tant il est connu.

"L'objectif de l'éducation de la petite enfance devrait être d'activer le désir naturel d'apprendre de l'enfant." Maria Montessori
« L’objectif de l’éducation de la petite enfance devrait être d’activer le désir naturel d’apprendre de l’enfant ». Maria Montessori ; j’ai pu voir que le mot « naturel » est moqué et vu avec défiance, mais ce que Montessori ou les personnes reprenant ce terme « naturel » veulent signifier a des termes très vérifiés en psycho : c’est par exemple la motivation intrinsèque, qu’on sait mesurer et qui effectivement est très présente chez les enfants. Cette motivation intrinsèque à l’apprentissage est progressivement détruit pendant le parcours scolaire pour être remplacé par des motivations de basses qualités. Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=78bpAMXGxQQ

Cependant je rappelle que dans ses écrits on apprend qu’elle se chargeait d’enfants pauvres ou en difficulté, qu’elle se débrouillait pour le matériel. C’était à l’inverse d’une éducation élitiste, du principe d’école privée. Les choses ont été inversées à notre époque et ce matériel singulier est devenu un business vendu très cher aux parents et aux profs : ne vous faites pas avoir par ça ! Certaines écoles étiquetées « Montessori » actuelles peuvent être en roue libre et faire plus ou moins n’importe quoi également.

Je pense que comme toute mécanique pédagogique, on peut la reproduire, l’adapter aux conditions et situations : il n’y a pas besoin du package total, de l’école spécialisée ou de l’exact matériel. Ce qui compte le plus dans l’enseignement de Montessori est la façon d’organiser l’apprentissage pour qu’il vise l’autonomie, les façons de faire qui permettent plus d’autonomie, etc. Ces principes ne demandent pas forcément des investissements financiers. Régulièrement, la méthode Montessori est source de critiques virulentes, à cause du dogmatisme, de l’élitisme de certaines écoles, qu’elles seraient totalement décalées avec la société, ou parce qu’elles abandonneraient les élèves. Ce qu’on voit surtout c’est que les mécaniques sont déformées ou exploitées pour l’argent, voire associées à des pseudosciences ou des croyances qui sentent le new-age.

Or c’est tout autre chose quand ce sont des enseignants ou éducateurs qui s’en inspirent et adaptent les mécaniques aux situations et aux élèves. C’est peut-être la meilleure façon de faire, plutôt que de « dogmatiser » n’importe quel pédagogue célèbre, puisqu’ainsi l’enseignement est adapté au contexte, à notre époque, etc.

Celine Alvarez a fait ce travail de réadaptation de la méthode Montessori avec les apports de la psychologie cognitive et neuropsycho, puis l’a expérimenté en France, avec un succés très important. Cela a provoqué des tas de scandales très virulents et plein de haine, que j’ai tenté de décrypter ici : https://www.hacking-social.com/2017/09/25/e1-la-methode-montessori-reactualisee-lexperience-de-celine-alvarez/

Le décryptage n’a servi à rien. J’ai reçu beaucoup d’attaques et aucune discussion autour des mécaniques elles-mêmes (ce qui aurait été un débat constructif que j’aurais aimé avoir). Il fallait que je comprenne que d’autres méthodes étaient mieux et ces militants se mettaient en compétition avec Alvarez (alors qu’ils vantaient pourtant les mêmes principes…), Alvarez était une « mauvaise personne » que je devais annuler.

Céline Alvarez n’a pas pu continuer son travail en France, mais la Belgique l’a accueilli a bras ouvert et elle a pu continuer ses transformations dont elle parle ici : https://www.celinealvarez.org/une-annee-pour-tout-changer

Q2L : l’école conçue comme un jeu vidéo

Quest to learn (Q2L) est un collège public de New York conçu par une équipe d’experts en éducation, en psychologie et en game design. Très clairement, c’est le modèle le plus singulier, le plus poussé dans l’originalité de sa conception et de ses programmes.

Un projet mené par les élèves à Q2L

L’apprentissage est pensé comme dans le jeu vidéo et le but principal est de créer le besoin de savoir, par quête, par défi. Les programmes sont interdisciplinaires, créatifs et valorisant très fortement l’autonomie (par exemple les élèves ont conçu leur programme de lutte contre le harcèlement).

Autrement dit, leurs quêtes s’avèrent fonctionner selon une boucle de motivation intrinsèque : 1. ils sont invités à trouver une solution à une question complexe (qui les concerne ou concerne l’école et les environnements sociaux proche, porte sur l’actualité ou est ludique « faire comme si on était un scientifique qui… »), 2. qui génère une motivation à en savoir plus, 3. qui amène à travailler, puis 4. la solution est trouvée ce qui amène une grande satisfaction. J’en ai parlé ici : ⬟ Former des changeurs de monde… à l’école – 

Si vous êtes gamer, ça vous fera rêver, si vous décrédibilisez les mondes des jeux vidéos et que vous y voyez un danger, ça risque de vous scandaliser et de vous faire horreur.

Ici vous trouverez absolument toutes les ressources précises de comment mettre cela en place, ainsi que des études scientifiques qui ont évaluées les compétences transmises :

https://clalliance.org/institute-of-play/

Avoir un lien puissant avec l’écriture

Dans l’ouvrage « Psychology of creative Writing » de Kaufman, il y a un chapitre1 qui parle de la méthode AWA2, qui s’occupe de réparer le lien à l’écrit : je la cite parce que je pense que leur méthode est reproductible à l’école. Dans l’école primaire de ma fille j’ai vu des méthodes assez similaires et le résultat était que non seulement les enfants adoraient rédiger leur petit texte, mais les enseignantes aussi adoraient ces exercices libres, cela les rendaient vraiment heureuses de découvrir l’expression créative de leurs élèves.

Mais la méthode demande certains principes que voici, que certains trouveraient écœurants d’attention et d’empathie :

«  1. L’enseignant croit que l’élève possède au moins un style d’expression unique et puissant qui est approprié pour exprimer sa propre expérience vécue, sa mémoire et son imagination.

2. Bien que l’enseignant puisse ne pas être en mesure de détecter le style d’expression principal de l’élève, il est patient en l’attendant et habile à la tenter de se révéler.

3. Jusqu’à ce que ce style d’expression unique apparaisse, l’enseignant (a) essaie de le démêler et (b) n’utilise la critique qu’avec beaucoup de retenue tout en louant honnêtement tout ce que fait l’élève qui montre des compétences ou des promesses. Cet éloge est donné aux spécificités (images intéressantes, éléments surprenants, etc.) et par écrit afin que l’élève puisse lire plus d’une fois ces commentaires positifs, loin de la pression de la présence en classe ou en atelier.

4. Lorsque le style d’expression unique de l’élève apparaît, il se révèle le plus souvent dans un saut qualitatif de capacité : un rythme naturel, une poussée de grâce, d’autorité et de puissance (éventuellement sans augmentation d’une meilleure ponctuation ou de l’orthographe). L’enseignant le reconnaît et célèbre la réussite à la fois en privé et en public, si cela est possible.

5. L’enseignant enseigne à l’élève ce qui est fort dans son style d’expression et le convainc de croire en sa valeur, sa beauté et son pouvoir.

6. L’enseignant encourage la poursuite de l’écriture dans ce style d’expression jusqu’à ce que la confiance amène l’élève à vouloir une correction de la grammaire et des temps. L’enseignant prend grand soin à ce stade d’éviter de confondre le changement grammatical et syntaxique avec un style lié à la classe sociale ou à la différence culturelle. Il montre les options à l’élève et lui permet de choisir des changements.

7. Enfin, l’enseignant s’appuie sur le fondement mutuellement reconnu et affirmé du style d’expression de l’élève en enseignant l’artisanat de l’écrit et en offrant des options plus larges, en encourageant l’expérimentation avec différentes voix et formes ».

Comprendre les élèves, comprendre le fonctionnement humain optimal

Je pense qu’en tant que professionnel, et pas forcément de l’éducation d’ailleurs, toute personne s’occupant d’autrui peut tirer des trucs et astuces des connaissances qu’on a sur le fonctionnement humain optimal, à savoir les moments où l’apprentissage devient un shoot de bonheur tel qu’on en redemande, où les expériences ont un impact magistralement bon sur notre avenir, où l’on apprend à faire d’un problème une quête qui débloque nos capacités créatives.

♦ Le flow ou l’expérience optimale : une attention sur-performante

C’est un état de l’attention très particulier où l’on donne tout, où l’on peut performer d’une façon énorme, qui peut advenir lorsqu’on apprend quelque chose ou fait quelque chose de suffisamment compliqué. Et c’est un état qui est extrêmement plaisant, dont on garde souvent des souvenirs mémorables. On connaît très bien les façons de le générer, les conditions que cela demande, ainsi cela pourrait très bien advenir lors d’un apprentissage en classe.

Je vois énormément de plaintes que les enfants seraient incapables de se concentrer plus de cinq minutes, que c’est terrible, que c’est la faute des écrans, des parents, etc. Vous avez là de quoi trouver une solution, mais il y a besoin de strictes conditions de liberté laissées à l’enfant :

Résumé des caractéristiques du flow

À noter que le modèle d’Alvarez répondait totalement à ces conditions et les enfants présentaient des signes manifestes de flow dans leur apprentissage des maths ou de la lecture.

Tous les ouvrages de Mihaly Csikszentmihalyi en parlent, celui le plus vulgarisé et qui me semble accessible est celui-ci :

  • Csikszentmihalyi Mihaly, Vivre, la psychologie du bonheur, 2004.

Pour ces recherches, tout a été compilé ici (et il y a des recherches de mesure du flow à l’école, sur le terrain) :

  • Csikszentmihalyi Mihaly, Beyond boredom and anxiety, 1975

  • Csikszentmihalyi Mihaly, Application of flow in human developement, 2014.

  • Csikszentmihalyi Mihaly, Flow and the fondation of positive psychology, 2014

  • Csikszentmihalyi Mihaly, The systems model of creativity, 2015

Et d’autres chercheurs parlent aussi du flow (et de l’école) ici :

  • Psychological Selection and Optimal Experience Across Cultures, social empowerment through personnal growth, Antonella Delle Fave, Fausto Massimini, Marta Bassi, ed Springer

À noter que certains militants « révolutionnaires » sont contre le flow parce que ce serait compatible avec le capitalisme, car Csikszentmihalyi n’était pas pour des révolutions, lui-même en ayant vécu des violentes. Or le flow est un état de l’attention très largement étudié par des tas de chercheurs différents dans différents contextes, ce n’est pas un concept intrinsèquement anti-révolutionnaire. De plus qu’on soit pour ou contre une révolution, je doute qu’un mouvement révolutionnaire qui nie ainsi les apports scientifiques utiles aux gens, qui permet de les comprendre mieux, qui leur permet de développer leur créativité et autonomie, aille dans un sens bénéfique pour la collectivité.

♦ La motivation

Pour les questions de motivations, le champ de la théorie de l’autodétermination me semble très utile, car c’est un cadre assez clair et très étayé de recherches internationales, d’expériences et d’études sur le terrain, notamment scolaire. Vous saurez tout sur la façon dont les motivations à long terme pour le savoir ou les compétences peuvent être transmises ou tout ce qu’il y a à éviter parce que cela démotive les élèves (et c’est démontré dans de nombreuses recherches répliquées).

Les chercheurs ont découvert que plus l'éléve avance dans le parcours scolaire, plus sa motivation intrinsèque est détruite (alors que c'est celle qui améne au plus de performances, de bien être). A la place, l'élève a des motivations de piétre qualité pour les enseignements (introjectée, externe, amotivation). La raison est l'enseignement qui soit frustre soit détruit les besoins psychologiques fondamentaux (besoin d'autonomie, besoin de compétence, besoin de proximité sociale).
Les chercheurs ont découvert que plus l’éléve avance dans le parcours scolaire, plus sa motivation intrinsèque est détruite (alors que c’est celle qui améne au plus de performances, de bien être). A la place, l’élève a des motivations de piétre qualité pour les enseignements (introjectée, externe, amotivation). La raison est l’enseignement qui soit frustre soit détruit les besoins psychologiques fondamentaux (besoin d’autonomie, besoin de compétence, besoin de proximité sociale).
  • On en a parlé dans cette vidéo :

L’ouvrage le plus complet de la théorie, qui fait une énorme revue des recherches internationales est celui-ci :

  • Self-determination theory, Deci et Ryan, 2017

Le site de l’autodétermination est une mine d’or, car vous trouverez toutes les recherches en libre accès ainsi les questionnaires d’enquête et outils de recherche : https://selfdeterminationtheory.org/

ici pour l’éducation : https://selfdeterminationtheory.org/topics/application-education/

♦ Les compétences émotionnelles

La question de l’empathie a été d’actualité un moment pour l’éducation, ainsi je me permets de mettre cette source qui parle des compétences émotionnelles de façon très concrète, complète et qui donne des pistes pour régler les problèmes :

  • Les compétences émotionnelles – Moïra Mikolajczak, 2014

Je ne vois pas particulièrement la nécessité de dédier des cours ou même du temps à ça : les matières habituelles comme le français peuvent déjà les transmettre, si des exercices permettent de s’interroger sur les émotions des personnages, pourquoi ils les ressentent, qu’est-ce que ça nous fait ressentir, etc. Écrire de façon créative peut être un exercice de compétence socio-émotionnelle, c’est expliquer dans cet ouvrage, mais aussi dans le précédent cité (Psychology of creative writing, Kaufman).

Avoir soi-même des compétences émotionnelles, les montrer au quotidien et les expliquer me semble aussi la base pour les transmettre. Or des comportements d’humiliation scolaire par le personnel éducatif démontrent qu’elles sont soit mal gérées, soit idéologiquement corrompues (par des visions du monde que l’humain, l’enfant, est nécessairement mauvais, devrait être « redressé » par exemple) ou qu’il y a des conditions de surmenage particulières qui entachent ces compétences (la personne peut regretter d’avoir été violente ou de crier sur les élèves suite à un surmenage par exemple, contrairement à celui qui trouve que c’est une excellente chose).

♦ Régler les conflits par la justice réparatrice et/ou transformatrice

Concernant les conflits, la violence, le harcèlement, se pose la question de quoi faire sur le moment, punir ou pas, être plus autoritaire ou pas, comment éviter que ça recommence. Il est démontré que les cadres autonomisant diminue la violence (j’ai mis les références ici : https://www.hacking-social.com/2023/12/18/%e2%99%a6-am3-limpossibilite-detre-autodetermine-lorsquon-fait-du-mal-et-si-le-probleme-etait-lidentite-sociale/)

La justice réparatrice et transformatrice nous apprend une autre façon d’envisager le besoin des victimes et comment faire pour que les agresseurs stoppent leurs patterns d’agression.

J’en ai fait tout un dossier ici :

⬟ [JR1] Une autre façon de faire justice : la justice restauratrice et transformatrice

Pour des problématiques d’éducation, je pense que connaître le processus de responsabilisation permet d’accompagner des victimes (ou savoir ce dont on a besoin quand on a été victime) pour restaurer leur puissance, et que faire avec les agresseurs. On en a parlé ici : https://www.hacking-social.com/2021/02/08/jr7-justice-transformatrice-le-processus-de-responsabilisation/

Même s’il n’y a pas de moyens et de temps pour mettre en œuvre ces protocoles, ça peut quand même aider en tant que brainstorming pour rétablir plus de justice et prévenir les violences.

Voici un site qui répertorie toutes les pratiques de justice transformatrice, donne des tutos dans différents contextes (y compris scolaire) : TransformHarm.org | A Resource Hub For Ending Violence


Cette liste est évidemment incomplète : je n’ai que 24h dans une journée et je ne peux pas étudier tout ce que je voudrais ni tout explorer. Ainsi oui, je sais que j’oublie de grands noms comme Freinet par exemple, ou d’autres pédagogies basées sur la liberté voire l’anarchie.

N’hésitez pas à les rajouter à la liste, parce que je ne perçois pas les choses comme une compétition de qui a la meilleure éducation possible et qui devrait gagner, mais comme une somme des possibles qui nous permet d’avoir plein d’outils avec lesquels tenter des choses. Ainsi je serais sincèrement ravie de voir cette liste s’augmenter.

Je sais que certains me reprochent de ne pas être assez révolutionnaire et de ne pas vanter assez l’abolition de toutes les institutions : si c’est votre avis, grand bien vous fasse, mais nous sommes beaucoup à avoir des enfants, être des profs ou du personnel éducatif étant coincés dans ces contextes et n’ayant pas d’autres choix que soit subir passivement, soit s’activer à changer tout de suite les choses avec ce qu’on a, pour ne pas totalement être démoli, pour que d’autres, des enfants, personnes avec handicaps, personnes discriminées, en dehors des normes, soient démolis.

On a besoin d’avoir des pistes pour tenter de résoudre les problèmes qu’il y a présentement, parce qu’on les vit dans notre quotidien : nous n’avons pas le temps d’attendre de grands changements de société faisant suite à un grand bouleversement politique, ni les moyens de participer à un courant hautement révolutionnaire à temps plein. Nous sommes aux prises avec les problèmes, on a pour beaucoup le besoin de s’activer, là, tout de suite, avec nos moyens et nos contextes, car la violence n’arrête pas de déborder sur nous et nos proches, on a besoin de mettre en œuvre nos petits trucs « écœurants de bienveillance » parce que cela nous sauve au quotidien, cela neutralise des problèmes qui sinon nous envahirait, nous étoufferait, nous ferait perdre tout espoir pour nos enfants ou notre survie, nous ferait perdre toute puissance. Personne ne prétend ici que ça va changer la face du monde et que c’est la seule chose à faire.

Ce n’est pas être anti-révolutionnaire ou pas assez radical que de tenter de faire des choses, des petites changements ou hacks dans son quotidien et ses environnements sociaux dès à présent : c’est un moyen de survie psychique, c’est notre travail pour rester digne face à l’adversité et résister aux dérives.

Libre à vous de jeter tout ça sur les rails d’un train, de piocher des astuces ou de les vilipender ou de déclarer tout ceci scandaleux, dégoulinant de bienveillance crasse, de naïveté utopique délirante, voire de transformations démoniaques causant la mort, le terrorisme, le déclinisme : je ne fais pas ça pour qu’on soit d’accord avec moi, je ne suis pas une militante politique qui veut vous vendre un programme, ou se donner une caution morale dans la course à celle qui a les idéaux les plus purs.

Je mets ça là, juste pour ceux qui peuvent en avoir le besoin, ou ont envie d’essayer de les utiliser, c’est tout. Et ça vaut pour tous les contenus que je mets à dispo sur le net : je me contrefous de l’adhésion ou non à des idées, car je sais que cette adhésion peut être totalement superficielle et fausse. Je partage juste des informations pour ceux qui en ont besoin, pour ceux à qui ça peut servir IRL, pour ceux qui sont curieux d’expérimenter de nouvelles choses IRL, quand bien même ils n’y croiraient pas et voudraient les mettre à l’épreuve du réel.

Bon courage et bonne chance à tous ces testeurs.

« You must carry a chaos within you to give birth to a dancing star, Nietzsche » / Il faut porter en soi du chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. (autrement dit, c’est un éloge à une créativité mouvante à partir du chaos reconnu comme tel en nous/à l’extérieur, et cette créativité devrait être dansante, car elle s’adapte, change en fonction de la musique du monde et la nôtre. Par Corita Kent : https://collection.corita.org/piece/82-03 . Et je rappelle qu’elle était nonne et que Nietzsche avait un discours très critique envers le christianisme, ce qui rend l’œuvre encore plus intéressante à mes yeux.

PS : je constate que toute les ressources citées et non directement accessibles sont également disponible sur les sites illégaux en France comme Sci Hub, Lib-gen, YGG. Je ne peux donc bien évidemment pas vous conseiller de prendre un VPN ou de changer votre adresse IP pour y accéder, car c’est illégal, mais je le constate.


1Creation and Response: Wellspring to Evaluation genevieve e. chandler and pat schneider

2Amherst Writers & Artists

Viciss Hackso Écrit par :

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8 Comments

  1. Phlo
    9 avril 2024
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    Etant sur d’autres sujets pour le moment, je ne trouve pas vraiment le temps de pousser les recherches plus loin par moi-même et apporter quelque chose en plus, alors je voulais simplement te remercier pour ce travail qui, comme d’habitude, réchauffe mon coeur de bisounours scandaleusement naïf, et t’exprimer mon soutien, en particulier dans tes discussions comme tu le disais parfois (souvent?) houleuses. Je sais que ça peut être rude de se prendre des accès de violence, et je sais aussi à quel point ça demande de l’énergie pour en tirer du constructif, continuer à avancer sans tomber dans des travers certes différents mais tout aussi violents. J’admire donc ce que tu fais malgré cela, comment tu persistes pour montrer de nouvelles voies!

    • Viciss Hackso
      9 avril 2024
      Reply

      Merci beaucoup ! Juste au moment ou je subissais un tombereau de notifications pleines de haine envers les élèves, les parents d’élèves, et tous les bisounours scandaleux que nous sommes à chercher les conditions de la paix ailleurs que dans les déterminants de la guerre (l’autoritarisme…), une personne nous a envoyé un mail qui parlait de son expérience (terrible) et nous as demandé si on avait des liens d’expérience non-autoritaire : franchement, j’y ais vu une main tendue pour me sortir de ce marécage social qui était en train de bouffer mes espoirs. Y avait tellement de haine envers les gamins. De la part de profs. C’est insensé ! C’est le genre de truc qui m’envoie sur la planète déprime, surtout quand les messages pleuvent par dizaines. Alors, prendre le temps de répondre à sa question, c’était revenir sur les rails de l’espoir et se rappeler qu’il y a eut des profs, des écoles entières qui se sont construites différemment et qui ont eu des effets de dingue. C’est possible en fait, de faire tout le contraire que ces marchants de haine. Donc si la personne qui m’a envoyé cette question passe par là, merci à elle, ça m’a sortie du marasme d’aller retrouver toutes ces expériences et ces sources.

    • Viciss Hackso
      11 avril 2024
      Reply

      <3 !

  2. Mélum
    11 avril 2024
    Reply

    Merci beaucoup pour votre article.
    Je suis en train de passer le CAPES et je suis sûr que vos ressources me seront utiles .
    Et oui malheureusement, beaucoup de profs sont assez méprisants ( conversations entendu en salle des profs). C’était un peu le malaise pour moi dans les deux expériences que j’ai eu.

    • Viciss Hackso
      11 avril 2024
      Reply

      Je pense que le pire qu’on ait pu me rapporter sur l’ambiance « salle des profs » ce sont les profs qui sexualisent des élèves et cherchent une connivence parmi les autres profs à cette sexualisation… Bon courage pour toute l’aventure, ça demande une sacrée résistance pour ne pas se laisser entrainer par ces profils (dans la déprime notamment, mais le pire me semble de se conformer à ces profils) qui peuvent faire loi sur la culture corpo. mais certains autres excellents profs refusent ce jeu, vont jusqu’à pacifiquement tenir tête à la direction pour protéger les élèves d’injustices et viser leurs meilleurs conditions, et arrivent à créer un climat dans la classe qui donne vraiment beaucoup aux enfants.

  3. (facultatif)
    6 mai 2024
    Reply

    Il y a deux questions qui me viennent à l’esprit. La première est : comment passer de la théorie à l’opérationnel ? Mon expérience est possiblement limitée par des missions de formation uniquement dans le supérieur. La méthodologie de l’enseignement n’a pas été évoquée dans mes missions. Je vois mal des collègues effectuer les approches décrites ci-dessus. Leurs « façons scandaleuses » de faire sont proches du scolaire que l’on retrouve dans le secondaire. Dans une certaine perspective, une manière restrictive de forcer les acteurs est l’application obligatoire de la théorie au sein des accréditations des certifications. Ce qui va refroidir l’entrée du marché des nombreux organismes peu scrupuleux à la qualité de leur formation. Un problème d’adaptation au business qui peut fondamentalement réduire la quantité d’accessibilité à une formation diplômante.
    Ma seconde question se porte sur les potentielles faiblesses de ses méthodologies d’enseignement. Les méthodologies ci-dessus sont présentées avec les avantages, je me demandais quels pourraient être les désavantages ou les problèmes liés à chaque méthode ? Par exemple : le format ludique « Quest to learn », est-il susceptible d’empêcher l’adaptabilité à un milieu de travail plus sobre ?

    C’est toujours un plaisir d’avoir une qualité d’information et du soin aux détails sur les diverses plateformes d’Hacking Social.

    • Sayanel
      8 mai 2024
      Reply

      Je crois c’est le principal reproche qui a été fait aux pédagogies / écoles montessori ; si l’avantage était le bien être de l’enfant et l’apprentissage de compétences qui lui correspondent, parfois mêmes très poussées et à l’utilité sociale évidente, le désavantage est l’inadaptabilité à la société ; quand les élèves en sortent, le monde est bien cruel avec elleux. Les compétences qu’ils ont deviennent futiles / non reconnues, non monnayables. Parce-que le capitalisme n’a que faire de gens utiles, il veut des gens exploitables.
      C’est pas tant le problème de la pédagogie que de la société.
      Mais du coup la question se pose vraiment, est-ce qu’on a tiré une balle dans le pied de ses gamins ? Puisqu’en sachant qu’ils/elles seraient inadaptées et souffriraient ensuite…
      La balance de ce que ça coûte et de ce que ça rapporte doit être discuté, débattue collectivement j’imagine.
      Tout comme le curseur de radicalité qu’on peut ajuster.
      J’ai quand même de toutes façons l’impressions que les écoles totalement alternatives sont très minoritaires. La pluparts des profs un peu sensés se contentent d’ouvrir des brèchent là où ils peuvent.
      On est loin de proposer des générations entières d’inadaptés pour cause d’élèves épanouis lol (coucou les suicides dans la jeunesse), le podium de causalité de l’inadaptation reste le capitalisme et de loin, surtout dans les systèmes autoritaires, alors quitte à êtres inadaptées, peut-être vaut-il mieux que celà le soit à cause de méthodes anti-autoritaires… (mais ça, c’est probablement parce-que j’ai certains privilèges que je peux dire ça)

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