[F10] Évaluer son propre flow

Charité bien ordonnée commence par soi-même ! Aujourd’hui, on voit comment on peut faire des recherches sur son propre flow, tout d’abord en utilisant directement, sans modification, les outils utilisés par les chercheurs du flow. Puis nous présenterons notre remix de ces questionnaires.

Cet article est la suite de :

Photo d’entête de See-ming Lee ; Sculpture: Deadly Sins (Snowglobes), Pure Products USA, by Nora Ligorano and Marshall Reese, Eyebeam Open Studios Fall 2009 / 20091023.10D.55572.P1.L1 / SML


 Comment utiliser les recherches sur le flow ? De façon individuelle, par des questionnaires


On peut directement utiliser les questionnaires du flow et l’ESM (présentés dans ce chapitre) pour analyser les situations qu’on rencontre et les activités qu’on mène, voire faire évaluer les situations qu’on crée pour d’autres personnes (que ce soit un cours, un jeu vidéo, une session de formation, une activité avec un ou des enfants, etc.). Certes, ces questionnaires ont été conçus pour la recherche principalement, mais je pense qu’ils peuvent vraiment aider à réfléchir les situations sous un nouvel angle. Contrairement à d’autres tests psychologiques, ceux-ci sont sans « pièges », ne creusent pas dans les profondeurs de la personne, ne diagnostiquent pas, n’ont pas un résultat pouvant être traumatisant ou nécessitant un accompagnement psychologique. On peut les utiliser en étant complètement informé de la notion de flow, de ce qu’il mesure (cela était aussi une méthode de recherche, décrite dans ce chapitre).
Ainsi, s’ils sont utilisés avec respect de l’humain (y compris soi), je ne vois pas quels dangers ou risques ils peuvent augurer pour celui qui le remplit ou l’utilise, tant que l’emploi n’est pas massif (c’est-à-dire avec des dispositifs de captation de données personnelles), ou qu’ils servent des intérêts exploiteurs (pour viser le flow lors d’une activité nocive à l’individu ou à son environnement par exemple).

Le FSS est sous copyright (mais pas réservé à l’achat aux psychologues), l’ESM étant délivré dans les articles de recherche intégralement il me semble qu’on peut l’utiliser de façon individuelle, non massive, pour des intérêts non marchands. Cependant, l’ESM tel quel me semble assez difficile à manier pour en tirer des solutions concrètes permettant de réparer vraiment une situation, et donc permettant un emploi « hacker social » ; il peut par contre aider individuellement à cerner nos passions ou des situations qui nous posent problème.


le Mash-up HS du flow :

Notre remix des questionnaires FSS + ESM + notion de non-allégéance


J’ai également reconstruit un questionnaire du flow destiné à l’autotest pour réfléchir à son flow et, si c’était possible, en voire les potentiels de hacking social : le flow est un reflet de la situation à travers soi, donc en analysant son ressenti on voit ce qu’on peut améliorer de la situation pour la rendre plus profitable.
Ce questionnaire nommé « mash up HS du flow » (« mash-up en référence à la pratique de mix en musique qui consiste à superposer un instrumental d’une musique + les chants d’une autre, voire plus encore de mélanges) est un mix entre l’ESM et le FSS-2, reformulés pour des raisons de compréhension et de visée non-allégéante (c’est-à-dire en intégrant au mieux possible la prise en compte des facteurs issus de l’environnement social) ; ce test n’a rien de scientifique, de diagnostic, il est plus à prendre comme un prétexte à réflexion, de support pour penser son rapport à la situation testée. Il n’est pas une preuve, ni un jugement, il est plus comme une façon d’observer les choses un peu différemment d’habituellement. Il n’est pas scientifique, car je n’ai pas pu en tester la validité à une échelle plus massive dans un cadre académique ; cependant si vous avez ces moyens, vous êtes libre de le faire et de l’améliorer.

Un grand merci à Lili Prune et Gull pour leur patience et leurs réflexions, cela a beaucoup contribué à améliorer le questionnaire <3

Le voici :


Évaluation de la probabilité du flow des situations

Ce questionnaire a pour but d’investiguer vos situations/activités afin de voir s’il y a des éléments extérieurs ou intérieurs qui vous empêchent ou vous aident à ressentir une expérience optimale (=flow). Il n’y a pas de bonnes réponses ni de mauvaises réponses, la meilleure façon de répondre est de répondre selon ce que vous ressentez, ainsi l’investigation n’en sera que plus juste. En aucun cas ce questionnaire ne doit servir à juger les personnes ou à s’autojuger, au contraire il doit permettre de mettre en lumière des éléments sur lesquels tout individu peut améliorer, conserver ou changer pour vivre une meilleure expérience.

Ce test n’est pas à visée scientifique, mais à visée de hacking social, tant dans l’exploration que dans l’investigation.

Activité testée par ce questionnaire : ………………………………………………

Évaluation de l’activité ou de la situation

Veuillez cocher ou surligner la mention qui correspond à votre expérience, votre ressenti

[A] Cette activité était :
1. Extrêmement facile | 2. facile | 3. moyenne (ni difficile et ni facile) | 4.difficile | 5. très difficile

[B] Mes compétences face à cette activité étaient :
1. très inutiles | 2. inutiles | 3. ni utiles ni inutiles | 4. utiles | 5. très utiles

Évaluation de l’expérience personnelle de l’activité ou de la situation

Veuillez choisir la mention qui correspond le plus à ce que vous avez ressenti durant l’activité :

Autres informations

> Je voulais faire cette activité : (choisissez la mention) oui | non

> Notez sur 10 votre bonheur (exemple 0/10 = j’étais malheureux, 5/10 je n’étais ni heureux ni malheureux ; 10/10 j’étais très heureux) :….. /10

> L’ambiance entre les personnes présentes était (rayez les mentions inutiles) :  bonne | neutre | négative


Pour mieux saisir l’emploi de ces questionnaires, le tester ainsi qu’améliorer mes reformulations, j’ai testé ce questionnaire sur moi-même dans 14 situations (au travail, durant la rédaction de ce dossier, dans des situations de la vie quotidienne) et sur 20 situations d’autres personnes (dans des situations de travail, de loisir, de situations de la vie quotidienne). Les résultats sont intéressants, mais très largement insuffisants pour en tirer quelconque généralisation ou validation d’hypothèses. L’idée était surtout de voir si cela pouvait être un outil pour évaluer les situations et notre rapport à celle-ci.

La première difficulté qui s’est posée a été d’évaluer les situations de travail : clairement, on n’a plus une image « objective » de la situation si trop de temps se passe après la passation du test, or au travail il est parfois très difficile de remplir « discrètement » ce questionnaire relativement long. Imaginez-vous, en pleine action, avec vos supérieurs, tout arrêter pour remplir un questionnaire ou prendre des notes sur son smartphone : D J’ai donc « louper » ces situations et pour certains participants, nous avons du prendre les données après l’activité. Idem pour les situations passionnantes : le flow fait qu’on est plongé dans l’activité, donc on oublie de remplir le questionnaire, ce qui est assez ironique : D

Comme je l’ai abordé précédemment, j’ai remarqué également que le questionnaire ne rend pas bien compte du tout des moments contemplatifs, méditatifs, esthétiques qui sont pourtant très riche à vivre.

Il en va de même pour les moments de pause, de décompression : ici nul flow ou état méditatif (j’oscillais entre canal ennui et apathie pour ces moments), mais ils sont essentiels, même si le questionnaire n’en laisse pas une trace. Je pense par exemple que si je m’étais empêché de faire une pause pour voir l’effet sur le flow du reste de la journée, celui-ci aurait été impossible. On a besoin de décrocher, ne rien faire, ne rien vivre de particulier, pas même méditatif parfois.

Cependant, ce questionnaire m’a fait bien prendre conscience que ma mémoire était plutôt du genre à positiver excessivement, faisant la synthèse des meilleurs moments, notamment lorsque le bonus est social (quand je travaille avec des gens que j’apprécie, tout est absolument boosté, je savais que c’était agréable, mais je n’imaginais pas à quel point ça changeait mon flow), mais que j’oubliais les moments d’ennui ou pénibles, pourtant largement plus nombreux. J’imagine qu’on peut aussi découvrir l’inverse, ainsi ce questionnaire peut investiguer des « dilemmes de travail » ou des questionnements qu’on peut avoir sur nos passions : j’ai été très étonnée de découvrir que je m’éclatais vraiment à traiter les résultats statistiquement, j’en étais resté à une vieille image de moi lycéenne écœurée devant Excel ou les maths, donc je pensais que c’était encore une forme de corvée. On préjuge parfois de nous-même, on ne met pas à jour l’image de nous-mêmes alors que nos compétences ont pourtant évolué, que les situations ont radicalement changé. J’ai l’impression que ce questionnaire peut permettre de faire le point et d’enlever les préjugés que l’on a sur nous-même.

Cependant, cela reste une procédure lourde : je l’ai fait pour moi sur portable via des notes ou sur papier. Ce serait assez simple de le transformer en application je pense, sonnant au hasard selon les règles d’utilisation de l’ESM, mais hors d’un cadre de recherche ou psychothérapeutique, cela ne me semble pas forcément enrichissant : il faut pouvoir analyser en toute sympathie nos données, je ne sais pas si cela est possible pour tout le monde en toute circonstance. Les calculs ne sont pas compliqués, mais quand même un peu difficiles à mettre en place, à gérer.

Concernant mes reformulations non-allégeantes j’ai également des doutes sur les conclusions qu’on peut en tirer : certes, en tant que questionné-questionneur qui prend en main ses questionnaires, on sait démêler ce qui tient de la situation et ce qui tient de nous, mais lorsqu’on questionne autrui, les données ne permettent pas de le savoir, ou très peu. Il me semble qu’une reformulation non-allégeante des tests de la théorie de l’autodétermination (qui le sont déjà de base, mais qu’on pourrait rendre encore plus non-allégeant) serait beaucoup plus puissant pour évaluer une situation. Mais cela, je vous le donnerai plus tard.

Très clairement, je trouve qu’il est plus efficace, en terme de hacking social, de transformer ces questionnaires en brainstorming avant une situation à créer, ou après une situation qu’on a vécue (qu’elle soit un souvenir positif ou négatif). C’est ce qu’on verra la semaine prochaine.

Comment analyser les données ?

L’analyse que je propose se fait sur de petites quantités de données, pour soi ou pour une personne pour qui on le ferait. Ce ne serait pas la même procédure s’il s’agissait d’étudier le flow d’une population, d’un vaste échantillon de personnes. J’ai mis mes données dans les captures d’écran afin de respecter les données des autres personnes testées, non pas pour d’autres raisons.

0.préparer un beau tableau sur Librecalc/Excel

Voici une vue d’ensemble lorsque tout est fini :

1. #variables les questions sont transformées en leurs variables mesurées, c’est ce qu’on voit dans la colonne A ; j’ai laissé certaines variables en anglais, mais c’est juste par habitude personnelle, vous pouvez les mettre en français.

2. #catégories Mettre côte à côte les données d’activités de même catégorie et laisser une colonne entre eux pour d’éventuelles moyennes. Par exemple :

3. #chiffres transformer quelques données en chiffres :

  • [MI] « je voulais le faire, oui » = 1

  • [MI] « je voulais le faire, non » = 0

  • [R1] ambiance sociale positive = 1

  • [R1] ambiance sociale neutre = 0

  • [R1] ambiance sociale négative = -1

4. #couleurs mise en lumière des données ; c’est vraiment optionnel. Je l’ai fait personnellement, car j’aime avoir une vue d’ensemble la plus directe possible sur les points problématiques ou ceux positifs.

Dans mon tableau vous verrez une ligne en noir (14, « feedback) c’est parce que j’avais oublié d’intégrer la question à mes auto-questionnaires.

Évidemment si les couleurs posent problème, vous pouvez adopter un autre système ; il s’agit là surtout de voir d’un clin d’œil les points très positifs et très négatifs.

  • En bleu j’ai noté tout ce qui est inférieur à la moyenne <5 pour les notes sur 10 (A, B, H)  ; <3 pour les notes sur 5 de 1 à 9)

  • En Jaune j’ai noté tout ce qui est supérieur à la moyenne (>5 pour les notes sur 10 ; >3 pour les notes sur 5) doit attirer sur des capacités ou résultats positif d’interaction avec la situation.

  • En Vert : situation de motivation intrinsèque/liberté (« je voulais le faire, oui (=1) et de flow.

  • Marron : situation de motivation extrinsèque/contrainte (je voulais le faire, non (=0)

  • J’ai laissé en blanc les scores moyens ou neutres.

5. #états théoriques calcul de l’état de flow par situation, par moyenne générale et par moyenne d’activité :

  • Canal stimulé : challenge (A) > 5 ; compétence (B)= 5

  • Canal flow : challenge (A) > 5 ; compétence (B)> 5

  • Canal contrôle  : challenge (A) = 5 ; compétence (B)> 5

  • Canal relaxation : challenge (A) < 5 ; compétence (B)>5

  • Canal ennui : challenge (A) < 5 ; compétence (B) = 5

  • Canal apathie : challenge (A) < 5 ; compétence (B)< 5

  • Canal inquietude : challenge (A) = 5 ; compétence (B)< 5

  • Canal angoisse : challenge (A) > 5 ; compétence (B)< 5

Afin que chacun puisse calculer facilement, nous n’avons pas présenté les mêmes calculs que lors des recherches via ESM ; Via ESM ces états théoriques étaient d’abord basés sur une standardisation des résultats (la moyenne est mise à 0 selon la moyenne de la personne pour chaque variable) et c’est la variation qui permettait de voir les états théoriques. Étant donné la simplification des résultats ils ne peuvent être considéré comme un indicateur général de la situation et de la personne vis-à-vis de la situation, et ce afin de guider la personne à changer la situation ou l’activité pour améliorer son expérience, et ce en plus d’autres chiffres.

Les changements

J’ai opéré des changements concernant les formulations, je vous explique à présent pourquoi.

Les variables A et B

Sur l’ESM original la formulation était :

  • hautes compétences ; dans l’ESM, c’est un haut score à « Indiquez ce que vous ressentiez à propos de cette activité : Mes compétences dans l’activité étaient hautes »
  • haut défi : dans l’ESM, c’est un haut score à « Indiquez ce que vous ressentiez à propos de cette activité : Les défis de l’activité étaient hauts »

Et ici, les variables sont formulées de cette façon :

  • à ce moment-là, l’utilité de mes compétences dans cette activité était de x/10
  • à ce moment-là, la difficulté de l’activité était de x/10

J’ai opéré un changement de formulation parce que ‘défi’ a une orientation trop portée sur les personnes pouvant lancer des défis dans la situation, volontairement ou involontairement ; je voulais orienter sur une appréciation générale de la situation incluant potentiellement tous les facteurs, la difficulté étant représentée comme la difficulté des jeux vidéo (très facile, facile, moyen, difficile…) et expliqué tel quel aux participants que je savais joueurs de jeux vidéo. Cette formulation n’est pas idéale et comporte sa part de défauts (le sujet pourrait mettre ‘facile’ à une situation qui comporte beaucoup de défis par exemple), ainsi il est possible de changer la formulation pour celle de l’ESM initiale si le sujet est plus à l’aise avec la représentation ‘défi’ que difficulté.

Remarque sur le mot #utilité :

J’ai inclus le mot utilité pour les compétences, car l’item de l’ESM « mes compétences étaient hautes » me semblait repoussant pour une personne humble qui n’oserait dire que ces compétences étaient hautes (car il existe toujours des personnes ayant toujours des compétences plus hautes que soi, qu’importe sa propre expertise) et au contraire une personne plus orgueilleuse y mettrait toujours « hautes ». De même, lors d’une situation d’ennui, par exemple en classe, l’élève peut dire « mes compétences étaient basses » parce qu’il n’arrive pas à s’intéresser aux propos, alors que c’est parce que ses compétences sont « inutilisées » qu’il s’ennuie, non qu’elles sont basses. J’ai donc testé la question de l’utilité, afin de permettre aux humbles d’exprimer une estime de leurs compétences dans la situation ; afin de clarifier les situations ambiguës ; et afin encore une fois d’orienter vers une appréciation pertinente de soi dans la situation et pas juste une appréciation de soi en dehors de la situation. Cette solution comporte aussi des défauts, notamment en terme de compréhension, par exemple les personnes peuvent se demander si on parle de leurs compétences en général ou liées à la situation. J’ai choisi de répondre qu’il s’agissait de leurs compétences en général, ainsi la variable mesure plus exactement l’implication de leurs compétences dans la situation, une situation de flow impliquant ‘l’utilisation’ des compétences les plus fortes de l’individu et à l’inverse une situation d’apathie étant une situation où toutes les compétences de l’individu ne sont pas exprimables, pour des raisons de contraintes, individuelles ou contextuelles.

Comment analyser des états théoriques générés par la situation ?

Voilà ce qui concerne les états théoriques :

J’ai renommé ‘états théoriques’ en ‘états théoriques générés par la situation’ parce que la reformulation de mes questions était d’ordre situationnel de par leurs termes ‘utilité’ ‘difficulté’ et de par l’instruction donnée aux personnes d’être les plus objectives possible, afin qu’elles fassent une photo de la situation. Ainsi, on peut interpréter cet état comme étant ce que devrait générer la situation de par ses caractéristiques intrinsèques, c’est-à-dire une difficulté basse ou haute, une demande de haute ou basse compétence.

Les items ayant été changés ici, notamment par ‘l’utilité’ donc un rapport plus extérieur à la responsabilité de la situation, on ne peut pas qualifier que ce soit un signe pathologique, mais plutôt l’expression d’une contrainte qui empêche l’individu d’exprimer ces compétences : soit il est forcé de mener cette activité ennuyeuse, soit il n’a pas le droit de faire des choses qui pourrait remédier à cet état, etc. L’état d’apathie que génère une activité sans défi ni nécessité de compétences peut être l’occasion d’une activité mentale appréciable (méditation, réflexion, introspection, imagination, appréciation esthétique, etc…) ou d’une activité non représentée (écoute de musique, de podcast, danse, chant, discussion avec d’autres personnes…) qui est exercée en même temps. On ne le voit pas à la variable bonheur associée, comme dans les études culturelles sur le flow.

Ainsi on peut lire les états :

  • ‘stimulé’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état de stimulation propice à l’apprentissage, à son développement, mais potentiellement stressant à cause des défis.
  • ‘contrôle’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état de contrôle, bénéfique pour renforcer son apprentissage et/ou son développement.
  • ‘flow’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état de stimulation propice à l’apprentissage, à sa motivation, à son développement et à son bonheur
  • ‘relaxation’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état de relaxation bénéfique à son repos.
  • ‘ennui’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état d’ennui non propice à son développement, à son apprentissage, à la qualité de son expérience.
  • ‘apathie’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état d’apathie nuisible à l’individu pour sa motivation, son apprentissage, son développement, son efficacité, mais possiblement bénéfique pour son repos ou pour des activités psychiques bénéfiques.
  • ‘inquiétude’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état d’inquiétude qui pouvait stresser l’individu, le préoccuper, baisser son estime de lui-même.
  • ‘Anxiété’ = les caractéristiques de la situation influençaient le sujet à être dans un état d’anxiété qui pouvait stresser l’individu, le surmener, le faire abandonner définitivement l’activité, générer un sentiment d’échec, une baisse de l’estime de soi.

Comment tout analyser ?

Prendre les états théoriques générés par la situation seule me semble peu informatif. Il faut toujours prendre en compte la situation, l’état théorique + la motivation intrinsèque + le bonheur et voir le détail des variables.

Parfois c’est rapidement analysé :

Là, juste en voyant les données on voit que la situation est délétère par son ennui et par le fait d’être forcé à ne rien faire, et tout cela sans qu’une ambiance sociale puisse compenser. Et effectivement, j’étais forcée de ne rien faire, je n’avais pas d’échappatoire, cependant oui je me suis sentie en fusion ‘négative’ et les buts étaient clairs : la situation était tellement déprimante que je n’avais même pas la motivation de ‘tricher’ en cachant mon portable dans un coin pour faire un jeu, ou même à réfléchir à autre chose.

Mais ça peut être plus compliqué ; prenons par exemple cette situation ‘paysage’ :

L’état théorique soi-disant généré par la situation est ‘apathie’, or il y a motivation intrinsèque et fort bonheur : ce n’est pas un état de flow, mais un état de calme très positif (on voit que l’indice fusion et contrôle sont très hauts), donc clairement ce n’est pas une situation problématique, elle est peut-être même désirable. En fait, dans cette situation j’avais décidé d’aller de profiter du paysage avant de travailler (ce dont je vous avais parlé dans les chapitres précédents).

La situation S.Ch (tableau ci-dessus) est une situation de flow : il y a état théorique de flow, motivation intrinsèque et un bonheur, une ambiance sociale positive. Toutes les variables sont positives exceptés ego : en effet à ce moment-là j’ai décidé d’aller faire un travail que j’aurais pu ne pas faire, avec un collègue avec qui j’adore travailler. Mais clairement ce travail allait être jugé par une autre personne et ça stressait un peu mon collègue, donc moi également. Sans cette évaluation, cela aurait été parfait.

Là je n’ai pas décidé de faire ce travail qui était un passage obligé, l’ambiance sociale était neutre, car je ne connaissais pas bien cette personne que je devais former en plus, ce n’était pas enrichissant (j’avais beaucoup trop l’habitude de cette situation), mais avec un bon niveau de défis quand même.

C’était juste pour vous montrer comment on pouvait prendre en compte les variables : tout peut être radicalement différent selon votre vie, âge (plus on est jeune, plus j’ai l’impression qu’on affronte des situations pour lesquels on n’a pas d’expérience, donc plus angoissantes en principe, sauf si on est très bien accompagné dans la situation), etc. Je le répète encore une fois, il s’agit d’inspecter ce qui cloche (ou va très bien) dans la situation et notre rapport à celle-ci, pas de se juger ni de se culpabiliser.

N’hésitez pas à me contacter si vous voulez plus de précisions si jamais vous utilisez ce modèle dans les commentaires, si cela ne concerne pas une donnée qui vous est personnelle (ainsi ça sert tout le monde. Si c’est personnel avec des éléments de votre vie ou pour n’importe quelle raison, vous pouvez aussi me contacter via mail : hackingsocial[at]protonmail.com ).

À suivre !

Viciss Hackso Écrit par :

Attention, atteinte de logorrhée écrite et sous perfusion de beurre salé. Bisounours destructrice de choux-fleurs à temps partiel.

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Hey sa vient juste de sortir je me disait que sa allait surement vous intérresser .
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