[F14] Neutralisation, transformation et prévention des racines du fascisme.

Habituellement, nous terminons les dossiers par un « Que faire ? » qui n’a pas vocation à être exhaustif ni être des « conseils » ou « prescriptions », mais juste une source d’inspiration parmi des milliers d’autres possibles selon les vies que l’on peut vivre. Autrement dit, on essaye de trouver des solutions, mais nous sommes limités comme n’importe qui par notre cerveau, notre vie, c’est pourquoi nous invitons toujours les internautes à ne voir en ces « que faire » qu’une minuscule somme de possible qui leur appartient de critiquer, compléter, augmenter, développer, etc.

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[ce dossier est également disponible en intégralité en PDF : https://www.hacking-social.com/wp-content/uploads/2017/07/espece-de-facho-etude-personnalite-autoritaire-hackso.pdf ]

Cet article est la suite et la fin de :

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Aujourd’hui, un « Que faire » comme d’habitude serait autrement plus complexe. Si vous êtes un hacker ou que la pensée systémique vous est un mode de pensée habituel ou familier, les listes du précédent chapitre et ce qu’on peut en déduire comme actions vous ont sûrement fait comprendre à quel point il peut être délicat de livrer en brut les « Que faire » les plus logiques. Parce que oui, le système haut score est hackable, on peut même le cracker et le détourner à d’autres fins, l’exploiter, c’est assez facile à déduire, et les politiciens exploitent ce système à fond. Par exemple, pour Dieudonné, c’était une pure stratégie de Valls pour préparer sa future candidature tout en rehaussant un ennemi qu’il a lui-même alimenté par la censure (cf notre explication dans l’article sur la réactance). Donc pour les tactiques de crack social, oui elles existent, mais on ne va pas en parler directement.

On ne va pas parler de crack social du système haut score pour des raisons déontologiques : certes les hauts scores posent problème dans le tissu social, de par leur agressivité, leur extrapunitivité, ils sont un véritable danger lorsqu’ils sont possédés par les groupes extrémistes, leur soumission et leur autoritarisme en faisant d’excellents soldats, de plus avec une énergie assez dingue venant de leur haine ou leur ressentiment. Mais s’attaquer à eux comme un soldat contre un autre soldat ne me semble pas une solution : c’est valider leur conception du monde, brutaliste, de la loi de la jungle, c’est ethnocentrique, c’est se poser en personne supérieure donc valider implicitement leur hiérarchisation des humains.

Attention je ne dis pas là, par ce « ne pas s’attaquer à eux comme un soldat contre un autre soldat » qu’il faut laisser passer leurs actes inacceptables, liés à l’agressivité, à la violence physique et morale, à leur campagne contre des boucs émissaires, etc. La justice – en principe – condamne les actes de discrimination et de violence, il faut s’en saisir et aider les victimes dans cette tâche parce que les proches non touchés et de confiance peuvent avoir plus d’énergie pour ces batailles judiciaires. Les associations peuvent être d’une grande aide également lorsqu’on est cible de discrimination, et au-delà de l’aide juridique/administrative, c’est un soutien moral avec des personnes qui ne représentent pas de menaces, cela permet de retrouver de la force chez ceux qui ont été cible des hauts scores.

Nous avons choisi pour notre part de considérer les problèmes que génèrent la mentalité, l’idéologie et les armées constituées de hauts scores sous le point de vue de l’environnement social et non de justice sociale, non pas parce qu’on ne se préoccupe pas des victimes ou des cibles, bien au contraire, mais simplement parce que cela semble plus être de notre domaine d’interroger l’environnement et la façon de le changer pour installer des changements, cela n’a pas à être opposé à d’autres pratiques concernant le problème des discriminations, c’est juste un autre point de vue.

Notre focus dans de futurs articles (liés ou non à ce dossier) sera donc, comment modifier l’environnement social pour qu’il ne génère plus de mentalité haut score, comment faire pour qu’il aide les personnes à développer une autonomie mentale, que faire dans les environnements sociaux déjà conquis par les fascistes et comment faire en sorte que cette conquête par le fascisme soit inopérante pour cause d’autonomie mentale des personnes. Donc on a à peu près trois angles d’attaque du problème : la prévention (pour que les individus puissent se développer afin d’être libre de penser par eux-mêmes et non via la stéréotypie par exemple), la transformation (comment aider le haut score à se changer lui-même, mais aussi comment créer/transformer des environnements où le haut score n’est pas synonyme de réussite) et la neutralisation (comment stopper les actions nuisibles qui formatent les personnes et qui polluent certains environnements). A ceux qui se poserait la question, nous réfléchissons à ces questions également pour contrer les idéologies néolibérales, qui pourrait se résumer à un vernis de pseudoliberté sur un systéme tout aussi autoritaire, tout aussi divisant la population entre dominant et dominés, hiérarchisant les individus en loosers et winners, créant de l’injustice et poussant à opter pour une mentalité haut score.

Nos « Que faire » ne feront pas directement suite à ce dossier (qui s’est finalement avéré être un livre:) ) comme cela a pu être le cas pour les dossiers précédents, parce que, comme Adorno l’a dit, et c’est aussi ce que nous pensons, le haut score est plus adapté à la société qu’un bas score, bas score qui est marginalisé ou qui ne rentre pas dans le jeu perçu comme ridicule de l’ascension sociale qui n’est qu’illusion de bonheur plus ou moins capitaliste, rêve néolibéral, dont le pseudolibéralisme individuel n’est qu’une façade sexy (voire un total fake) d’un autoritarisme vieillot avec sa domination par peu de personnes et sa soumission de tous. Si on ne veut plus être entouré de soldats, si on en a marre des préjugés, de l’ethnocentrisme, si on est horrifié qu’on puisse encore penser en stéréotypes, et bien la solution la plus radicale, mais aussi la plus complexe, la plus coûteuse en termes de changement, c’est de changer la société. Totalement. C’est-à-dire dans ses propres actions, dans son être évincer tout ethnocentrisme et d’avancer autodéterminé en son entier, congruent. À quoi bon lutter contre les discriminations si on passe son temps à cracher sur tel ou tel autre groupe et donc faire preuve d’ethnocentrisme, le cœur même de la pensée à préjugé ? L’idée n’est pas de remplacer une idéologie fasciste ou managériale (c’est parfois synonyme dans certains cas) par une autre idéologie tout aussi rigide et ethnocentrique, mais d’œuvrer à vraiment libérer les personnes à s’autodéterminer. Du moins, c’est notre point de vue de bisounours, bisounours parce que oui, cela demande une certaine confiance en l’être humain, une certaine absence de peur jusqu’à preuve du contraire.

Nos « que faire » vont prendre une forme assez séparée de ce dossier (actuellement, les recherches nous poussent à en faire un livre tant il y a des choses géniales à rapporter ; mais on réfléchit aussi à des formes plus light en terme de densité), parce qu’ils ne sont pas des idées centrées sur les hauts scores, mais sur des questions de société plus larges, notamment celle de « prévention » qui vise l’autodétermination, il est donc logique de les « libérer » du format de ce dossier étant donné qu’ils toucheront à plein de sujets. De plus nous avons déjà beaucoup écrit pour partager des solutions qui cadrent totalement avec ce dossier. Passons-les un peu en revue avant de tirer un trait sur cette série F :


La neutralisation


L’OSS est l’ex-CIA, et oui, ils avaient du savoir-faire en matière de trolling : http://www.hacking-social.com/2016/05/09/etre-stupide-ou-lart-du-sabotage-social-selon-les-lecons-de-la-cia/

Commençons par ce qui nous semble donc une « fausse solution », qui n’est efficace qu’à court terme, mais qui est malheureusement nécessaire : neutraliser, c’est stopper une action. C’est nécessaire quand une armée de hauts scores s’attaque à un environnement, le manipule, lui nuit, etc. Neutraliser ne se fait pas en étant soldat d’une idéologie différente (encore une fois, le combat l’excite, il l’attend, c’est un cadeau que de lui offrir un affrontement), mais en étant hacker (comprendre, bidouiller, détourner) et ici, je dirais qu’il faut de la ruse, de la discrétion, une absence d’égo et de chapelle à défendre (le but est juste la neutralisation), de l’intelligence tactique et sociale, et du machiavélisme. Oui, ce ne sont pas des solutions de white hat, mais dans certains cas il y a nécessité à porter des chapeaux gris.

On a un peu tâté de ce « terrain » déjà ici :

  • Le trolling : je pense qu’une personne concernée par la « neutralisation » de la mentalité haut score dans un lieu donné sur Internet devrait être au clair sur la notion de trolling. Non pas parce que le haut score est un troll (ça arrive, mais la plupart du temps il se comporte en hater sur le Net), mais parce que c’est un outil très efficace quels que soient les pouvoirs qu’on ait à disposition. Apprendre à troller c’est apprendre la physique des commentaires sur le Net et apercevoir en conséquence beaucoup de choses qui ne sont pas vues lorsqu’on ne trolle pas. L’article vous donnera le ton, mais clairement c’est quelque chose qui doit se vivre pour vraiment comprendre cette physique sociale sur Internet et en tirer des leçons de ruse et de bidouilleur pro.
  • L’art du sabotage social par l’OSS : ce doc de l’ex-CIA est inspirant à tous les niveaux, quelle que soit la façon dont on en use. Il faut juste le réadapter à un contexte de non-guerre où l’on doit protéger aussi les personnes extérieures à la situation.
  • L’homme formaté, mais lu « à l’envers » tout particulièrement la partie sur l’engagement. On en a parlé aussi ici avec idclic.
  • « Quand les rebelles se font exploités » : comprendre la réactance qu’on détaille dans cet article permet d’éclairer le succès des contenus hauts scores qui font leur business sur la provocation, la censure, et les émotions négatives.

À noter que j’ai remarqué que les propos d’anciens policiers dans des services particuliers, les agents des services secrets ou toute personne ayant travaillé dans le milieu du renseignement, étaient forts enrichissants à entendre sur ces questions. Le travail d’enquête et de quête de l’info chez les enquêteurs ou agents est fort ressemblant à celui qu’un hacker effectue dans une finalité « grey hat ». Donc, il ne faut pas hésiter à fureter de côté là, il y a des enseignements à prendre.

Si le terrain de neutralisation est internet, il semble aussi essentiel d’avoir un minimum de compétence concernant l’anonymat sur Internet d’un point de vue technique et psychologique.

Des sources – en vrac – intéressantes :

Étant donné la sensibilité de ces sujets de « neutralisation » je ne sais pas du tout si nous en parlerons à l’avenir de façon publique, cela semble incohérent avec le nécessaire secret que ces méthodes requièrent.


Prévention


L’école Quest to learn, plus d’infos ici : http://www.hacking-social.com/2015/05/12/changer-les-systemes-la-gamification-de-leducation-avec-quest-to-learn/

Il s’agit donc de créer des environnements favorisant l’émergence de caractéristiques non haut-score, contraires au haut score : autonomie, autodétermination (contre la soumission à l’autorité, contre la crédulité), individu tourné vers l’intrinsèque (contre les appétits liés au narcissisme, l’agressivité autoritaire), bonne gestion  des émotions et relations sociales pour gérer les conflits mentaux ou les conflits relationnels voire même développer de l’altruisme et de la compassion (contre l’anti-intraception, pour empêcher l’émergence de troubles psychologiques, pour contrer les mécanismes de projection, pour empêcher l’extrapunitivité et tout ce qu’on a vu dans le chapitre les autres), des organisations humaines horizontales ou autogouvernées (contre l’autoritarisme). En conséquence de ces visées, il y a du bonheur via le flow, un développement individuel constant par l’individu lui-même, un appétit pour l’apprentissage et la résolution de problème, des outils mentaux qui favorisent une grande créativité, une ouverture d’esprit, une flexibilité mentale. Mais ceci aussi créé sûrement des individus non allégeants, peu conformistes qui oui, il faut bien l’avouer, sont capables de révolution en tout lieu et toutes circonstances, voire même sans heurts, discrètement, changeant les organisations de l’intérieur contre la volonté d’autoritaires. À noter que ce sont non des traits de personnalité que nous vantons là, mais des moteurs de développement qui ne créent pas des individus « pareils », bien au contraire dans certaines sources que nous citeront (par exemple ) les individus autodéterminés, altruistes, tournés vers l’intrinsèque ont des personnalités très différentes, des domaines d’action tout aussi différents, des attitudes très différentes, des finalités différentes.

Nous en avons donc déjà parlé dans :

  • L’autodétermination : c’est l’antidote contre la soumission à l’autorité qui est dramatique (cf milgram), l’antidote contre l’exploitation par les autoritaires, et au passage source de passion, d’élan, de soif à vivre dans le monde, agir. On explique dans cet article comment elle naît, ses variations.
  • Le flow : c’est le résultat épique d’une action autodéterminée. C’est un état mental ou l’individu est surefficient, un état extraordinaire où l’égo disparaît, est « dans » l’activité. On y parle aussi de la personnalité autotélique, qui est la personnalité à l’opposé de la personnalité autoritaire à mon sens.
  • La gamification : qui donne des clefs pour créer des systèmes à « flow », tournés vers l’intrinsèque. Gamifier suppose de s’appuyer sur des caractéristiques qui favorisent les mécanismes d’apprentissage dans tout ce qu’ils ont de plaisant, de fun, d’engageant, voire d’addictif. Cela n’a rien à voir avec la gamification « marketing » qui est souvent présentée à bases d’appli nulles pour smartphones, c’est un changement conceptuel déjà en vigueur et oui, qui peut représenter une menace dans certains cas. Mais pas une menace en ce qui concerne un autoritarisme en tout cas.
  • Quest to learn, la présentation : présent également dans le dossier gamification, Q2l (son petit nom) est une école absolument formidable qui apprend l’autodétermination, la coopération, l’action dans le monde et tant d’autres choses via une conception de toute l’école sur le jeu. Elle remplit tout le bingo « prévention » cité plus haut.
  • Quest to Learn, son programme de pensée systémique : c’est un programme de l’école qui apprend aux élèves à penser les problèmes de façon complexe, à voir les problèmes en systèmes et comment y intervenir pour les changer. Cela contre tous les biais d’attribution à mon sens, impossible d’être extrapunitif si on arrive à établir une carte de tous les facteurs intervenant dans une situation. La pensée par stéréotype y est annihilée, non par moralisme ou dogmatisme, mais simplement parce que c’est parfaitement inefficace pour résoudre un problème et que cette pensée systémique, rend le monde beaucoup plus intéressant, moins oppressant et la personne y perçoit alors foule de « leviers » pour changer les choses, agir.

Voici un pêle-mêle de sources extérieures dont on n’a pas parlé, mais qui aussi, pour une partie ou en totalité, remplit ce bingo de la prévention et de la transformation de la société (développement de : l’autonomie, l’orientation vers l’intrinsèque, l’altruisme/la compassion, la flexibilité mentale, l’horizontalité) ; il est possible qu’on revienne dessus par des articles, mais n’attendez pas pour les consulter. Elles sont toutes véritablement passionnantes et enthousiasmantes :

  • Une expérience d’éducation tournée vers l’autonomie, l’horizontalité, l’intrinsèque et la bonne gestion des émotions avec Celine Alvarez : https://www.celinealvarez.org/ ainsi que son livre « les lois naturelles de l’enfant ». Le site est une mine d’or, il y a aussi de nombreuses conférences et vidéos sur sa chaîne YouTube ; ici des vidéos de la classe d’expérimentation :


mais aussi l’explication du théorique sur les pratiques qu’il y avait dans cette classe, ici sur le langage :

Pour être tout à fait sincère, tout dans sa démarche, la façon dont elle l’a menée (très hacking social), les théories neuro et psycho qu’elle a appliquées, l’altruisme qu’elle a opérationnalisé dans la classe, est à mon sens formidable et exemplaire. J’ai pensé écrire précisément sur sa démarche, y consacrer quelques papiers, mais en fait toute sa démarche est déjà sur le net, sous toutes les coutures, et accessible à tous. Donc je ne sais pas si j’en parlerais, mais je vous invite vivement à examiner vraiment le contenu de ce qu’elle propose (et pas les papiers ou reportages des médias qui ne parlent pas des mécaniques).

  • Une expérience d’éducation qui développe la flexibilité mentale (et donc l’esprit critique), présentée par Hygiène Mentale :

J’y adhère vivement là également, non seulement parce que je pense que c’est un apprentissage nécessaire, qu’il y est bien mené, mais également pour sa forme : l’institutrice a légèrement gamifié le cours, en donnant ce rôle jubilatoire d’hoaxbuster à ses élèves et ça, c’est hyper enthousiasmant. Cela montre qu’avec peu de choses on peut transmettre des outils d’empowerment aux enfants dans la joie (et non la pénibilité de l’apprentissage forcé ou ennuyeux de répétition comme en vantent les anti-alvarez) qui leur serviront toute leur vie.

  • Apprendre en jouant, un instituteur raconte :

  • La liberté totale dans l’apprentissage, exemple avec Summerville :

  •  Liberté pour apprendre, Carl Rogers. Carl Rogers est un docteur en psychologie qui s’est démarqué à la fois de Freud et à la fois du courant béhavioriste (où l’homme est presque considéré comme une machine programmable) avec une psychologie humaniste (précurseur de l’actuelle psychologie positive qui centre son regard sur les potentiels de l’individu, non sur l’aspect pathologique), centrée sur l’individu. Il s’est beaucoup interrogé sur les questions d’éducation, ayant été lui-même professeur à l’université et déplorant que le département de psychologie fonctionne sur des postulats implicites qui nuisaient à ce qu’on savait de l’apprentissage humain, un véritable comble. Dans cet ouvrage, il donne de nombreux exemples d’instituteurs et de professeurs qui ont décidé de révolutionner leurs manières de faire. Tous ces exemples se basent sur la question de la liberté, d’en donner aux élèves et étudiants, de créer des façons de faire qui rendent plus libre l’individu et qui libèrent aussi les professeurs et les administrateurs. Ces façons de faire se basent aussi sur une confiance en l’humain et sa capacité à s’autodéterminer et ses potentiels (par exemple l’étudiant est directement convié à travailler sur des vrais projets de recherches ou en lien avec des professionnels). Ce livre, comme tous les écrits de Carl Rogers sont d’une chaleur humaine admirable tout comme d’une authenticité rare. Carl Rogers met un point d’honneur à la question d’authenticité et de savoir être pleinement, ainsi très sincèrement il parle des difficultés, des défauts, des échecs, de ses failles (et aussi dans les exemples d’autrui) lorsqu’on opère des changements si importants dans les structures sociales. En un mot c’est passionnant, une lecture qui embrasse son lecteur d’un bain réparateur, encourageant et nullement idéologue et clairement, qui pousse à penser des révolutions humaines profitables à tous.
  • Vivre, Mihaly CSIKSZENTMIHALYI pour en savoir plus sur le flow et la personnalité autotélique. À croire qu’il s’agit d’une compétence implicite des psychologues positifs et humanistes, ce livre est un pur bonheur, il est inspirant sans sacrifier le sérieux scientifique, il est une bonne base à sa propre réflexion sur la femme et l’homme futur qu’on voudrait devenir ou avoir plus souvent à son travail, à son école et dans tout lieu social 🙂 Là encore comme Rogers, ce n’est pas du tout « normatif », il ne s’agit pas d’une idéologie remplacée par une autre, il parle d’individus qui sont « fermement » eux-mêmes dans le monde avec un bonheur qui irradie sur tout ceux qui les entourent. Là encore, on pourrait voir un quelque chose qui rend les individus plus libres.

 


Transformation


Un résumé de l’évolution des organisations par Frederic Laloux – ce n’est pas exhaustif, mais c’est un outil très utile pour penser pragmatiquement au futur et à ce qui déconne dans le monde du travail actuel (en vu de le faire évoluer ou d’en neutraliser les pires aspects).Plus d’infos dans la vidéo un peu plus bas.

Il s’agit là, dans nos environnements sociaux actuels de faire en sorte que les qualités citées précédemment comme l’autodétermination, l’autonomie, l’horizontalité, l’altruisme, la flexibilité mentale ne soient pas une nouvelle norme, ce qui serait une tyrannie ou générerait une sorte de pseudolibéralisme à injonction paradoxale où l’on est dit libre, mais où par exemple l’on doit répondre d’ordres qui se font passer pour des conseils. Non, cela ne doit pas être une norme, cela doit être une forme intrinsèque d’organisation, c’est-à-dire que l’autonomie y est réelle, authentique, et qu’un individu qui n’agit que par soumission à l’autorité, pour s’adapter, se doit de se développer, de se responsabiliser sans quoi cela ne fonctionne pas. L’environnement modifié peut justement proposer des passerelles à des individus qui n’ont pas l’habitude de s’autodéterminer afin qu’ils se sentent à l’aise avec eux-mêmes et les autres, qu’ils puissent tendre vers une certaine liberté.

Je pense que le monde du travail, revolutionné, peut proposer ses environnements, tout comme aujourd’hui je le sais coupable – pour beaucoup d’entreprises et institutions – d’être un vaste encouragement à l’allégeance, à la soumission, au pouvoir et à la dureté, à l’écrasement d’autrui, etc. Le monde du travail, dans ses pires travers, est un encouragement à ce que tous adoptent une mentalité haut score, quand bien même la personne y arrive sans déterminations particulières à l’esprit autoritaire. Je crois donc qu’un changement ne peut intervenir que si on change ces organisations, et j’en ai déjà pas mal parlé par ici :

  • L’homme formaté : dans le dernier chapitre, je décris l’exploitation, la manipulation et l’idéologie managériale pseudolibérale qui masque son autoritarisme. À la toute fin, je donne des exemples d’entreprises qui ont révolutionné leur mode d’organisation, des modes dont les fondements sont authentiquement en faveur de l’autonomie, de l’horizontalité, de l’ouverture d’esprit et de l’ autodétermination.
  • « Un management sain, si si c’est possible » : on voit ici un management tout simple, sensé et humain.
  • Le brutaliste et le bisounours : dans cet article Gull met en lumière le profil du brutaliste qui est une forme de personnalité autoritaire moderne, managérial. La mentalité « bisounours » est un horizon de sortie à ce brutalisme.
  • Idées de crack de la théorie des alliés : ici on présente un outil vanté dans les livres de management servant à manipuler, soumettre et diviser les employés pour qu’ils entrent en compétition. Autrement dit, on voit mise en œuvre la création d’un ethnocentrisme entre employés « méchants » (ceux qui critiquent le chef ou ses mesures, qui ont d’autres idées) et employés « gentils » (ceux qui sont soumis au chef). On a tenté de donner des idées de hack en vue de rendre inopérant cet outil.

Concernant la question du travail, voici des sources extérieures qui présentent de nouveaux paradigmes d’organisation qui tendent à être profitables aux autodeterminés et encourager les autres à l’être :

  • Reinventing organizations, Frédéric Laloux (l’ouvrage est dispo en français). Cet auteur a enquêté auprès d’entreprises qui se sont révolutionnées (dont nous avons abordé certaines dans nos articles comme Favi) : plus humaines (soin apporté à une communication authentique et respectueuse de tous), plus libres (absence de chef, autonomie et responsabilité de tous), elles ont toutes révolutionné dans leur coin dans leurs domaines complètement différents (soin à la personne, usine d’équipement automobile, transport des tomates…) et pourtant elles ont adopté des conceptions très similaires, comme ce démantèlement de la hiérarchie pour un organigramme beaucoup plus horizontal. Un nouveau paradigme se dessine, avec tellement plus de sens, tellement plus d’humanité, de passion, d’émancipation et surtout tellement moins de souffrances ; voici une conférence qui en parle longuement :

  • Le bonheur au travail, Arte Là aussi, Arte a enquêté sur ce nouveau paradigme des organisations qui se dessinent de plus en plus couramment ; on y retrouve l’usine Favi notamment, mais aussi des organisations en transition vers un management « libéré » où il est parfois difficile pour les individus de prendre cette liberté. Encore une fois, on voit que toutes tendent vers plus de liberté (que ce soit les horaires, l’absence de chef…) et plus d’humanité.
  • Favi ; l’entreprise y raconte son management en détail et toute l’histoire qui a mené progressivement à tout changer, les difficultés qu’elle a connues, la difficulté pour certains employés de composer avec la liberté, etc.
  • Gore tex : un petit dossier qui raconte l’organisation de Gore tex qui est très spéciale, avec des accents de réelles démocraties, une forte liberté de l’individu qui peut monter ses projets, choisir l’équipe qu’il souhaite, un rôle de chef qui est cantonné à être un « facilitateur »,« médiateur » dans les groupes et qui est élu.
  • Pourquoi le travail nous emmerde et comment changer ça, Cali Ressler (entreprise best buy) : ici il est question de détruire les contraintes d’horaires et de présences. Cela s’est fait en hacking social d’ailleurs, un groupe de personnes dont les responsables des ressources humaines se sont mis à travailler avec des objectifs, mais qui pouvaient être réalisés sur place, chez eux ou à l’autre bout de la terre en voyage, n’importe quand et pour n’importe quelle période (certains travaillaient juste deux semaines par mois à fond et ils partaient en vacances le reste du temps). Puis ils ont présenté les résultats au PDG, qui étaient bien meilleurs qu’avant, il a accepté ensuite ce mode de travail (jusqu’à ce qu’un autre PDG vienne interdire cela, malheureusement…).
  • un dossier sur les organisation tendant à être humaines (de l’entreprise à l’école) : http://www.internetactu.net/2017/03/01/vers-des-organisations-du-travail-humaines-13-croyez-vous-dans-lintelligence-collective/

Plus globalement nous conseillons vivement Internet Actu c’est un des rares sites qui propose une vraie réflexion, une ouverture sur beaucoup de sujets qu’on ne voit jamais ailleurs, les articles sont souvent très inspirants, sur la question du travail, mais aussi du numérique, du social etc…

Note : il y a aussi un fossé entre les entreprises où les employés sont authentiquement libérés et la pseudo-liberté qui consiste à feindre la liberté des employés pour les faire travailler plus, voire accroître la compétition. Une forme de « tu es libre de m’obéir ou non, mais si tu ne m’obéis pas tu vas le sentir passer ». Quand il n’est pas voulu un authentique changement, ça ne prend pas, ce n’est qu’une pseudoliberté, l’autoritarisme reste, en encore plus vicieux parfois puisqu’il n’est plus sincère. On a donc ce risque de pseudoliberté. Il y a aussi des individus pour qui il est insupportable de se responsabiliser (et oui, la liberté, l’autonomie c’est aussi être responsable, prendre les choses en main) qui peuvent empêcher l’évolution, parce que oui, un régime autoritaire c’est confortable parfois pour certains (pas besoin de réfléchir, pas besoin de s’investir, pas besoin d’être conscient de ce qu’on fait, pas besoin de penser aux autres…). Donc les périodes de transformation sont longues, sont parsemées d’erreur de tout bord. Favi a mis quelques dizaines d’années avant de trouver la structure qui fonctionnait le mieux et la plus souple possible pour que les personnes puissent l’améliorer ou la changer selon les événements ou nécessités du moment. Bref, c’est un défi énorme ce changement de paradigme, c’est une grosse dépense d’énergie pour tout le monde, ça n’a absolument rien d’un miracle ou d’une recette magique qu’on pourrait appliqué d’un clin d’œil. Mais je pense que franchir ce niveau de difficulté en but de plus d’humanité, plus de liberté, plus de sens, même si cela en coûte en effort humain, en temps (pas spécialement en argent d’ailleurs, sauf peut-être dans les temps de changement massif), cela en vaut la peine.

  • L’éthique hacker, Pekka Himanen : les hackers ont une façon d’appréhender la vie et le travail particulièrement autodéterminée, tournée vers l’intrinsèque, prônant l’horizontalité (et ne supportant pas vraiment les rapports verticaux), la coopération, la flexibilité mentale. On en a parlé également dans la mentalité des hackers. C’est une bonne source d’inspiration, mais comme on le voit dans certains passages dans l’article, il peut y avoir des difficultés de connexion avec le monde social extérieur de par justement une forte orientation vers l’intrinsèque et le flow. Le milieu n’est pas exempt de haut score, du moins des personnes faisant preuve par exemple d’une orientation vers le pouvoir, avec des attitudes élitistes. Mais ça reste quand même en opposition majeure avec une mentalité autoritaire, je pense qu’il y a de quoi s’en inspirer.

« Transformer » c’est aussi aider autrui. L’idée ce n’est pas de convaincre autrui d’une autre idéologie (cela ne marchera pas avec les hauts scores, au contraire ça va renforcer leurs opinions), mais l’aider à être libre, à résoudre lui-même ses problèmes et choisir la voie qu’il veut. L’idéologie fasciste est rarement un choix réfléchi (excepté peut-être pour le narcissique qui y voit la facilité de gagner en personnes l’admirant inconditionnellement par exemple), donc je pense qu’il est possible de libérer les personnes de telles idéologies (par exemple pour celles ayant un ressentiment de surface) juste en étant amis à l’écoute avec elles.

  • TAT tests de perception implicite : https://implicit.harvard.edu/implicit/france/takeatest.html Ce sont des séries de tests cognitifs très solides qui permettent de jauger si notre perception est « atteinte » de préjugés : quelqu’un qui aura des préjugés va favoriser automatiquement des stimuli contre d’autres, disons que sa perception même est atteinte de préjugés. Ça vaut le coup, par honnêteté, de se tester avant de vouloir changer autrui sur ces questions. En plus, sachant qu’il s’agit d’un test cognitif, ça va être très dur de tricher:) Il vaut mieux éviter de les faire lorsqu’on est fatigué, la perception et l’attention sont vraiment très sensibles à la fatigue.

Note : Souvent dans les « Que faire » habituel, je réservais une partie sur que faire pour ne pas avoir tel ou tel biais, bref un que faire individuel sur soi, parce que cela me semble la base avant de vouloir changer le monde autour de soi. Mais je doute qu’aucun « vrai » haut score n’ait suivi ce dossier, un article « comment ne pas devenir soi-même haut score » me semble parfaitement inutile étant donné ce qu’on a appris sur la personnalité autoritaire, les concernés ne s’y intéresseraient pas et des très bas scores pourraient se sentir concernés et s’en culpabiliser (parce qu’ils ont tendance à prendre tous les problèmes pour eux) alors que clairement ce sont des questions hors sujet pour eux. Le test perceptif peut s’avérer suffisant. Pour ne pas tomber dans des travers hauts scores, il suffit de ne pas suivre leurs caractéristiques, c’est-à-dire l’ethnocentrisme, leur rapport aux autres et tout ce qu’on a vu. Et éviter le dogmatisme et le moralisme en plus de cela.

  • L’approche centrée sur la personne, Carl Rogers. On a déjà parlé de lui ci-dessus dans la partie prévention, on le retrouve ici parce qu’il est à mon sens extrêmement enrichissant pour comprendre comment aider une personne, ce qui est synonyme pour lui de la rendre libre, autodéterminée, autonome. Sa façon de faire (qui tient beaucoup à un savoir être basé sur l’authenticité de ce qu’on ressent en tant qu’aidant) est extrêmement inspirante pour aider l’autre à se développer non comme on le voudrait, mais comme lui peut être et veut être en tant qu’individu singulier. On est à des lieux de transformer l’autre selon des normes, selon des dogmes ou selon des idéologies, l’autre se libère de ce qui le dominait et commence à s’ autodéterminer. Je pense que tout écrit de Carl Rogers peut être un sérieux appui lorsqu’on se demande comment aider l’autre sans vouloir être dogmatique.

Chose assez exceptionnelle, certains entretiens de Carl Rogers ont été filmés, on voit donc une thérapie à l’œuvre et son attitude justement déterminante dans le fait d’amener de la liberté et de l’autodétermination à l’autre :

  • Plaidoyer vers l’altruisme, Matthieu Ricard. Le scientifique et moine bouddhiste fait ici un rapport exhaustif de toutes les études et recherche en biologie, en philosophie, en psychologie et neuropsychologie sur la question de l’altruisme et de l’empathie. Il étend le sujet à des questions de société et du « comment faire » pour étendre l’altruisme. Il me semble essentiel de le rajouter à la liste parce qu’on touche là à un fondement qui motive les révolutions dans l’enseignement ou au travail qui ont cette commune conception de l’humain : ils ont confiance en l’homme et ses potentiels, à la différence des régimes autoritaires dont le fondement est « l’homme est un loup pour l’homme » où l’on ne fait confiance à l’homme que pour ses « capacités » d’agression, ses pulsions négatives. Ce livre permet de recadrer la conception que l’on a de l’homme, clairement on y voit que les médias (avec le syndrome du grand méchant monde) et notre société nous poussent à nous méfier des uns et des autres et tant que cette conception bride notre imagination, notre perception, on n’avancera pas à mon sens. Il ne s’agit pas de nier les malheurs, les horreurs, les défauts de l’humanité bien au contraire, l’altruisme est justement un élan pour les contrer, pour les gérer, pour « s’attaquer » aux souffrances.
  • Vers un monde plus altruiste, Arte. Le reportage est dans la veine que l’ouvrage précédent, cependant ce n’est pas une redite inutile, car on peut y voir certaines expériences de psycho décrites dans le livre.
  • Accidental Courtesy, Daryl Davis. Je ne l’ai pas encore vu (si jamais vous avez un lien, dites-moi;) ), mais j’ai l’impression qu’il risque de contenir des pistes intéressantes. Il s’agit d’un reportage sur la vie d’un musicien afro-américain qui a fait quitter le Ku Klux Klan à 200 hommes, non pas en les convainquant, mais juste en devenant ami avec eux. Il dit : « Je n’ai jamais espéré convaincre un membre du Klan, j’ai seulement cherché des réponses à ma question : comment pouvez-vous me haïr alors que vous ne me connaissez même pas ? ». La bande annonce :

https://www.youtube.com/watch?v=V7fh5J_mo5Ece

Évidemment il y aurait encore de nombreuses pistes, je pense à des interrogations sur la culture et la violence symbolique « banale », l’esprit élitiste dont on peut faire preuve sans mauvaise intention, mais qui pousse à restreindre l’horizon culturel des jeunes. Autrement dit cracher sur les télévores les poussent à rester coller devant la télévision, dire que les jeunes ont des goûts de merde les incitera à s’éloigner des goûts non-qualifiés de merde. Links the sun a fait une vidéo intéressante là-dessus :

Il y a aussi, sous-tendu à cette question de violence symbolique banale et pas issue des classes forcément supérieures d’ailleurs (s’acharner sur les fans de Jul ou TPMP par exemple, c’est un lieu commun qui touche toutes les couches sociales pour peu qu’elles aient eu la chance d’être ouverte à plus que la télé dans leur environnement de vie), la question de la façon dont on transmet l’info, dont on la commente notamment sur le territoire public (média, réseaux sociaux), la façon dont on la crée et qu’est ce qu’on transmet, etc. Cet extrait de Menard qu’on a déjà posté est assez explicite :

Est ce que vraiment cela sert à quoi que ce soit – si ce n’est l’identité des journalistes – de le couper ainsi virulemment ? Est ce que cela n’aurait pas été plus intéressant au contraire de lui poser des questions sur ce sujet, de creuser pour chercher à comprendre ?

Inversement à cette problématique, des individus comme Zemmour ont pris un temps d’antenne considérable, il en va de même pour les thèmes chers à l’extrême droite et l’extrême droite elle-même est clairement sur le devant de la scène que ce soit pour être critiqué ou non. Les médias devraient s’interroger non pas sur la question ? « Comment parler de l’extrême droite », mais plutôt de quoi ils ne parlent pas à cause de leur obsession pour l’extrême droite et le spectaculaire qu’elle offre à moindre coût. Où sont les décroissants sur le terrain médiatique ? Où sont les objecteurs de croissance ? Où sont les libristes ? Où sont les hackers, les vrais et non les crackers ? Où sont les scientifiques et leurs découvertes ? Où sont les universitaires ? Qui parle du bitcoin à la télévision, qui parle de Snowden ? Qui parle de sciences humaines ? Et la permaculture ? Les repair-cafés ? Et le revenu universel, dans sa version non néolibérale ? Pourquoi un débat sur l’uniforme scolaire et pas une visite à Quest to learn ? Et ce village, dont j’ai oublié le nom tant personne n’en parle, qui n’a pas un élu, mais tous les citoyens à sa tête ?  Pourquoi il n’ intéresse pas Pernaut, ce village qui expérimente un nouveau mode de gouvernance ? Il y a mille communautés, des centaines d’idées qui sont passées à la trappe à cause du temps d’antenne volé par les thèmes et personnalités haut scores. Et ça, ça nuit à la société toute entière.

Bref, il y a à questionner la façon dont on transmet la culture, la politique, la littérature, bref tous les thèmes, et comment on en parle… Et aussi pourquoi on la transmet, pourquoi on le fait, lorsqu’on est un petit créateur indépendant. Est-ce qu’on a vraiment envie de créer ou non ? Est-ce qu’on veut vraiment exprimer quelque chose ? Est-ce qu’on veut vraiment échanger ? Est-ce qu’on veut vraiment avancer avec autrui ? Ici se poserait donc aussi la question de sa propre autodétermination, qu’il me semble fondamentale à se poser quand on crée des choses qui auront un public, qu’importe le support.

Tous ces liens et sources sont des pistes, mais il y en a sûrement tellement plus encore, je vous invite à nous les partager, cela ne peut qu’être utile à tous dans cette quête vers l’autodétermination des individus, leur autonomie, leur orientation vers l’intrinsèque, leur altruisme qui demande de repenser en profondeur toutes les structures de notre monde social.

Un dernier mot. Nous avons totalement confiance en vous pour jauger des finalités et des « utilités » possibles d’un article, très souvent nous voyons l’utilisation très très appropriée que vous faites de nos productions sur le net et c’est un véritable honneur que d’avoir une communauté d’une telle subtilité et d’une telle intelligence. On vous remercie mille fois. Et nous espérons que ce « que faire » inhabituel, complètement tourné vers des sources extérieures, ou plus tard dispersé au travers de nos productions, ne vous soit pas trop frustrant, n’hésitez pas à nous poser des questions ici en commentaire si cela est possible (ainsi tous peuvent voir la réponse, mais on répond aux mails – chiffrés ou non – également à admin@hacking-social.com clef : 0x79877AA5

Merci d’avoir suivi le plus long « dossier » de ce site 🙂 Nous allons travailler sur la version PDF à présent, cela ne devrait pas tarder. À bientôt !

Principales sources de l’étude sur la personnalité autoritaire (de l’article F1 à F13)

  • The Authoritarian Personality, Studies in Prejudice Series, Volume 1 T.W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel J. Levinson and R. Nevitt Sanford, Harper & Brothers, Copyright American Jewish Committee, 1950. Disponible intégralement ici : http://www.ajcarchives.org/main.php?GroupingId=6490
  • Études sur la personnalité autoritaire, T.W Adorno ; Il s’agit de la traduction française, mais amputée des travaux des autres chercheurs. Un extrait ici : https://www.editions-allia.com/files/pdf_190_file.pdf
  • Strength And Weakness: The Authoritarian Personality Today By William F. Stone; Gerda Lederer; Richard Christie ; il s’agit de la méta-analyse des études sur l’autoritarisme en psychologie sur 40 années.
Viciss Hackso Écrit par :

Attention, atteinte de logorrhée écrite et sous perfusion de beurre salé. Bisounours destructrice de choux-fleurs à temps partiel.

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2 Commentaires sur "[F14] Neutralisation, transformation et prévention des racines du fascisme."

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Ninyv
Invité

Je vois qu’il n’y a pas de commentaires, alors je me lance (avec 2 mois de retard, mais mieux vaut tard que jamais) : MERCI BEAUCOUP <3 pour cette étude, je n'ose même pas imaginer la quantité de travail que ça a nécessité. Savoir qu'il y a des gens prêts à mettre autant d'efforts pour promouvoir petit à petit une société plus juste et solidaire, ça me réchauffe le cœur. Encore bravo pour tout, j'espère que vous continuerez dans cette voie et je vous souhaite beaucoup de bonheur pour la suite 🙂
Au plaisir de vous lire de nouveau!

Kaeso
Invité

Je n’aurais pas dit mieux! Merci beaucoup pour ce travail de décortication et d’analyse! C’est très enrichissant!

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