[F1] Espèce de facho ! Études sur la personnalité autoritaire

« Ça, c’est typique de la fachosphére… », « Celle-là, c’est une vraie feminazi ! », « Espèce de facho ! Tu vas arrêter de faire ton grammarnazi ?! »,  « Facho, facho… C’est eux les fascistes qui veulent me censurer ! »…

[ce dossier est également disponible en intégralité en PDF : https://www.hacking-social.com/wp-content/uploads/2017/07/espece-de-facho-etude-personnalite-autoritaire-hackso.pdf ]

Nous sommes presque en 2017, Mussolini et Hitler sont morts depuis longtemps mais ils perdurent dans nos mèmes qui les ridiculisent, ils perdurent dans nos insultes, ils vivent dans nos catégorisations politiques.

Les étiquetés facho s’en font parfois une fierté, d’autres renvoient la balle à ceux qui les ont qualifiés ainsi : ce serait ceux qui traitent de fascistes qui seraient plus fascistes, car ils veulent les museler, les tyranniser par une « bien pensance », ce qui est typique d’une attitude fasciste selon eux. Censurer – et cela se confond parfois avec critiquer ou remettre en question – serait s’attaquer à la liberté d’expression, donc être comme un tyran autoritariste du passé.

L’étiquette facho ou fachosphére serait une stratégie pour dédouaner un contenu, une façon de clore la discussion, une façon d’interdire à la lecture/au visionnage du contenu, une façon de dire « attention, arguments irrationnels ! » d’avertir rapidement les gens de n’apporter aucune crédibilité ou intérêt au contenu de l’étiqueté facho. Ce serait, en quelque sorte, la même stratégie que dire « troll » ou « complotiste », ce serait une façon d’empêcher le public d’accorder la moindre attention à un contenu non sérieux dont les arguments seraient tous fous.

D’autres pensent encore que « facho », c’est comme dire « connard », c’est une insulte de « gauchiasse », une ponctuation malveillante utilisée par un clan politique.

D’autres, tant ceux qui taxent de facho que ceux qui reçoivent l’appellation, y voient un synonyme d’extrême droite, d’adhérent aux idées du front national ou de groupuscules nationalistes à tendance nazie. Certains traités de fachos se justifient donc en disant que non, ils ne votent pas pour ça, voire ne votent pas, car ils sont « tous pourris » les politiciens.

Alors, des deux côtés – de ceux qui traitent de facho comme de ceux qui reçoivent l’insulte – on argumente sur ce qu’était le vrai nazisme, le vrai fascisme en termes politique. Certains nient l’existence des chambres à gaz, d’autres disent que Pétain ce n’était pas aussi mal qu’on le dit, d’autres rappellent que c’était les heures les plus sombres de l’Histoire mais tout le monde en a marre de cette formule trop entendue quand bien même on trouve que c’était une époque horrible.

On s’inquiète de Le Pen, des groupuscules extrémistes des deux bords, et le débat se transforme en guerre politique ; ou alors les accusés et accusant se défendent en disant que non ils ne votent pas, non ils ne soutiennent aucun politicien ou groupe politisé. Mais non, Trump n’est pas fasciste, parce qu’il ne va pas faire la guerre, mais si il l’est parce qu’il est raciste, mais non le fascisme c’est interdire à certains de s’exprimer, mais si le fascisme c’est la haine qui sous-tend toutes les décisions, etc…

[attention humour noir dans la vidéo ci-dessous]

Et quand l’actualité diverse donne du grain à moudre à ces clans, s’en suit des guerres, parfois très visibles (attaques verbales, clash, débat d’arguments…), d’autres plus sournoises comme le trafic des sondages, la multiplication des comptes pour faire croire que tout un peuple a la même idée ; cela va jusqu’à des agressions, du harcèlement. Les gens s’attaquent à coup de pouces rouges, de menaces de mort ou de viol, d’insultes et renforcent leurs bastions à coup de pouces bleus, de like, etc.

Le concept de fascisme est devenu complètement confus, en particulier sur le Net, ce qui a pour conséquence que lorsqu’on le pointe du doigt, personne n’y croit, les gens dénient et en rigolent.

Bon.

Ici à Hacking Social nous n’avons pas l’habitude de fournir des armes, mais des outils. Nous considérons que c’est déjà une défaite qu’il n’y ait plus que la possibilité de se battre, que ce soit à coup d’insultes, d’arguments pour « gagner la discussion » ou de faux comptes employés sournoisement. C’est une défaite, parce que non seulement rares seront ceux qui changeront d’avis, les non-politisés par dissonance cognitive vont aller dans le sens des positions pour lesquelles on les accuse d’être en accord (un facho va le devenir à force qu’on lui dise qu’il en est un par exemple), et tout le monde va tenir un discours binaire, simplifié, ce sera pénible et parfaitement inutile car rien ne changera, si ce n’est qu’il y aura un peu plus de haine de tout côté. Aujourd’hui, on va donc prendre une pelle et voir ce qu’il y a sous ce terrain de combat, non de façon historique ou sociologique, mais de façon psychologique.

En partageant les études qui vont suivre, nous allons tenter d’apporter une dimension dont on ne parle jamais sur ces questions de fascisme/non-fascisme, qui est la dimension psychologique connectée aux idées politiques. Nous n’allons pas parler du « facho », nous allons parler de la personne potentiellement fasciste, du concept de « personnalité autoritaire » élaboré par Adorno, Lewinson, Frenkel-Brunswik et Nevitt Sanford.


Mack et Larry


Pour commencer, imaginons-nous à la fin des années 40, aux États-Unis. Nous sommes conviés à une soirée non-arrosée, en présence de convives ne se connaissant pas les uns des autres . Sans a priori, et sans doute pour rendre l’ambiance moins intimidante, nous allons à la rencontre de deux d’entre eux.

Nous rencontrons tout d’abord Larry : il a 28 ans, il est étudiant en business, plutôt doué (niveau B). Il a auparavant travaillé dans un sanatorium dédié à la tuberculose. Il est d’origine américaine, son père est patron de bar et comme ses parents, il est méthodiste (un courant du protestantisme) et républicain. Après quelques échanges sur des thèmes aussi divers que sa famille et ses opinions politiques, nous commençons à aborder de façon parfaitement neutre la question des minorités. Voici notre échange :

« — Que pensez-vous du problème des minorités dans ce pays ?

— Je peux dire que je n’ai pas de préjugés, nous dit Larry, j’essaie de ne pas faire preuve de préjugés…

— Les Noirs ?

— Ils devraient être traités par la société de façon égale, et obtenir tout emploi pour lequel ils sont qualifiés ; ils devraient être autorisés à vivre dans n’importe quel quartier, et ainsi de suite… Quand j’étais jeune, j’ai peut-être eu des préjugés, mais depuis la guerre j’ai essayé de m’instruire via des lectures au sujet du monde entier, et nos problèmes de minorité semblent si peu en comparaison d’autres pays.

— Par exemple ?

— Comme la Russie, je n’aime pas leur politique de partage de la richesse économique, mais je pense qu’ils sont unifiés et se battent si merveilleusement bien parce que tout le monde est égal.

Larry nous donne à la suite de cette réponse un discours sur la France, l’Angleterre, Les Néerlandais, etc. Il démontre une bonne connaissance de l’impérialisme, de l’exploitation des colonies, et des impacts sur les minorités.

Je crois à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur pour tous, poursuit Larry. Nous ne sommes pas unifiés et nous ne savons pas pour quoi nous nous battons : c’est à cause de la discrimination. Les questions raciales et économiques sont à l’origine de la guerre. Je ne crois pas en ces mesures de ségrégation. Les Japonais qui ont été éjectés de nos côtes par exemple [référence à l’internement d’environ 1500 personnes d’origines japonaises vivant sur les côtes californiennes en 1942, source], l’ont été pour des raisons antidémocratiques. C’est juste que beaucoup d’Américains voulaient leurs fermes et leurs entreprises pour eux. Il n’y avait pas de véritable raison démocratique. La ségrégation d’une nationalité ne fait que mener à une plus grande ségrégation et elle s’aggrave. La discrimination à l’égard des Noirs, c’est parce qu’ils ne sont pas compris et parce qu’ils sont physiquement différents. En ce qui concerne les Juifs, c’est à cause de leur compétence en business – les personnes ont peur qu’ils prennent le contrôle des affaires du pays. Il faudrait enseigner l’Histoire des Noirs pour qu’ils soient compris, par exemple, dans cette partie qu’ils ont jouée dans le développement du pays ; et il faudrait enseigner l’histoire des autres minorités, aussi. La persécution des juifs, et les raisons pour lesquelles certain d’entre eux ont connu le succès. »

Même s’il y a quelques confusions, quelques incohérences dans son raisonnement, le discours de Larry nous semble à peu près sourcé, à peu près rationnel. On peut être en accord ou en désaccord avec lui, mais on ne peut pas lui reprocher son manque de logique.

Puis on rencontre Mack. Il a 34 ans, il est étudiant en droit, il souhaite devenir avocat. Comme Larry, il est plutôt bon, il a « B » en général. Auparavant, il a connu l’armée, mais il a été arrêté pour des raisons médicales (des problèmes d’estomac). Il est également méthodiste, comme l’était sa mère, morte à ses 6 ans. Mais il estime que la religion n’est pas très importante. Question politique, il est démocrate, comme son père bûcheron. Il a des origines irlandaises.

Après une discussion abordant multitude de thèmes, nous lui posons la question des « minorités ». Sa réponse va s’avérer fort différente de celle de Larry :

« — Ma mère avait des origines irlandaise-anglaise-allemande. Je me considère comme irlandais — peut-être parce que mon père l’est, et est fier de lui. Il aime l’esprit de la Saint-Patrick. J’ai un tempérament vif comme les Irlandais. Lorsque les gens ont une grande part d’origine irlandaise, ils sont très agréables. Ils sont facilement dépensiers, même lorsqu’ils n’ont pas beaucoup d’argent. Ils ont la capacité de rendre les autres heureux. Ils sont souvent spirituels. J’aimerais être encore plus comme ça. Mais il y a trop de mépris et de paresse chez certaines classes d’Irlandais.

— Quels groupes sont le plus en contraste avec les Irlandais ?

— Les Irlandais sont différents des Allemands ou des Néerlandais, ou peut-être les Scandinaves — peut-être les Polonais ou les Russes blancs, où vous trouverez des personnes solides tant dans la pensée que l’action. Les types que j’ai rencontrés avaient une construction solide et ne sont pas très excitables.

— Comment se passe l’intégration des Irlandais ?

— J’aime penser à mes origines irlandaises ; c’est agréable. Chez certaines personnes, l’origine irlandaise semble prédominer. Cela dépend des gens. Je n’ai aucun désir d’être irlandais, mais j’aime les gens qui le sont. Je n’ai jamais rencontré un Irlandais que je n’aie pas aimé. Mon beau-frère est définitivement irlandais.

— Qu’en est-il des groupes de personnes que vous n’aimez pas ?

— Principalement ceux que je ne comprends pas très bien. Les Autrichiens et les Japonais, je ne les ai jamais aimés ; les Philippins — je ne sais pas – ça peut aller comme pas du tout. Près de chez moi, il y avait des Autrichiens et Polonais, quoique je trouve le peuple polonais quand même intéressant. J’ai un peu d’aversion pour les juifs. Je ne pense pas qu’ils soient aussi courtois ou préoccupés par l’humanité comme ils devraient l’être. Et j’en suis assez indigné, bien que j’ai eu peu d’échanges avec eux. Ils sont matérialistes et ont un esprit de clan. C’est peut-être mon imagination, mais il me semble que vous pouvez voir leurs yeux s’allumer lorsque vous leur donnez une pièce de monnaie. J’évite les chiffonniers juifs parce qu’ils ont du matériel de seconde qualité. Je dois être soigné dans la façon dont je m’habille. Ce que je veux dire, c’est que j’achète des choses si rarement que je dois faire attention à leur qualité.

— Arrivez-vous à deviner qu’une personne est juive ?

— Parfois ; ça arrive seulement après que j’ai entendu leurs idées. Comme l’une des filles dans le cours d’art oratoire. Elle en avait toutes les caractéristiques, mais elle a laissé une impression favorable sur moi, même si j’étais en désaccord avec ses idées.

— Vous voulez dire qu’il y a certaines idées qui caractérisent les Juifs ?

— Oui, le fait d’être toujours collés ensemble, quelles que soient les circonstances ; être toujours en groupe ; être dans des organisations et associations juives. Si un juif échoue dans son entreprise, il est aidé pour recommencer. Leur attention est très fortement dirigée vers la richesse. Les filles de l’association juive ont toutes des manteaux de fourrure, chers, mais de mauvais goût. Comme une idée de supériorité. Cette démonstration de supériorité chez les gens je la ressens, mais j’essaie de la garder pour moi-même. J’aime parler avec les gens du monde ouvrier.

— Croyez-vous que les juifs sont plus détestés qu’avant ?

— Non, je pense que cette guerre a rendu les gens plus proches dans ce pays. J’ai rencontré des soldats et des marins juifs ; ils seraient aimés et acceptés s’ils acceptaient de se mêler aux autres, mais ils préfèrent être seuls, bien que je les aurais acceptés comme n’importe qui. Je pense qu’ils ont des idées intéressantes, mais ils doivent faire quelque chose en retour.

— Pensez-vous que les Juifs ont fait leur part dans l’effort de guerre ?

— Peut-être qu’ils l’ont fait, mais ce sont des hommes d’affaires, et ils ont été entièrement remboursés.

— Pensez-vous que les Juifs sont une force politique dans ce pays ?

— Oui, à New York il y a une organisation pour l’immigration juive et le confort des Juifs. Ils sont très bien organisés. Cela ne devrait pas être autorisé.

— Pensez-vous qu’il y a un danger ?

— Je ne crois pas qu’il y ait un danger, sauf dans le cas où il y aurait une concentration de la richesse dans une certaine classe. Je déteste voir les gens d’ici se charger des fardeaux des gens qui ont été inadaptés dans d’autres pays. Nous avons assez de problèmes chez nous, on ne va pas non plus s’occuper des opprimés venant d’autres pays. Les Juifs ne se mêlent pas à nous. Donc, ils ne sont pas d’une grande contribution à notre pays — bien que les scientifiques et les médecins juifs aient contribué beaucoup. J’ai vérifié l’immigration. Les trois quarts de ceux qui quittent l’Europe arrivent ici. Ce sont des hommes d’affaires qui feront pression sur le Congrès. Nous devrions empêcher une immigration plus poussée et nous concentrer sur leur intégration, sur la façon dont ils pourraient devenir une partie de notre peuple.

— Pensez-vous qu’ils se mélangeraient davantage s’ils estimaient qu’il n’y avait aucun préjugé contre eux ?

— S’ils se mêlaient plus, il y aurait plus de volonté de briser les barrières de la part des autres. Bien sûr, ils ont toujours été opprimés, mais ce n’est pas une raison pour qu’ils aient du ressentiment.

— Je remarque que vous avez dit que vous n’épouseriez pas une juive [au cours de la discussion précédente]

— Je ne me marierais sûrement pas avec une juive. Je sortirais bien avec cette fille du cours oratoire, parce qu’elle n’insiste pas sur sa judaïté. Elle a été acceptée par toute la classe. Je l’épouserais si elle avait rejeté sa judaïté, mais je ne pourrais pas m’associer à son groupe. »

Sur les données formelles, le fait qu’il soit étudiant à un âge tardif après avoir été travailleur, sur ses notes, sa religion, etc… on pourrait imaginer que Mack ressemble à Larry. Mais leur discours au sujet des minorités est radicalement différent. Mack a un discours beaucoup moins rationnel, qui repose sur des stéréotypes transformés en arguments. Il y a des contradictions dans son discours : il appelle à ce que les juifs se mélangent plus à la population pour qu’ils soient plus appréciés, mais d’un autre coté il donne des signes évidents que quoiqu’ils fassent, il les rejettera de toute manière, comme cette demoiselle dont il ne donne que des qualités, mais qui serait « trop juive » sans qu’on sache à aucun moment ce que cela signifie concrètement être « trop juif ».

Mack et Larry ont clairement une « mentalité » politique différente malgré leurs similitudes sur différents points. Rien que la question – pourtant neutre – a été perçue de façon différente : pour Larry le problème des minorités, ce sont les préjugés et la discrimination que les gens peuvent subir ; pour Mack, le problème c’est leur nature, « trop juif » ou sur un versant positif « suffisamment irlandais ».

Pourquoi ils pensent ça ?

Qu’est-ce qui a déterminé leurs opinions, leurs attitudes, leurs positions ?

Pourquoi de telles idéologies ?

Si demain Hitler Bis se présentait aux élections (on est fin des années 40, ce n’est pas un point Godwin, il est plus que légitime d’avoir cette crainte) qui de Mack ou Larry voterait pour lui ?

Au delà des élections, s’il venait à y avoir une autorité – un chef en entreprise, un maire, un professeur d’université – qui imposerait des mesures autoritaristes contre des groupes différents, qui de Mack ou Larry obéirait ? [bon, les deux selon Milgram] Qui arriverait à défendre la minorité victime de cette mesure ou s’en offusquerait, au moins ?

Y a-t-il une mentalité politique plus prompte à adhérer à un système fasciste, c’est-à-dire un système violent, hiérarchisant les individus selon des critères arbitraires, voire voulant les supprimer pour le bénéfice d’une seule ethnie déclamée supérieure ?

Mack et Larry ne sont pas des personnages de fiction. J’ai traduit les propos qu’ils ont tenus en entretien lors d’une très longue recherche qui s’est déroulée de 1944 à 1950. À l’époque, les chercheurs (T.W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel J. Levinson and R. Nevitt Sanford) ne parlent pas de mentalité politique ; cette étude repose sur l’idée qu’il y a en chacun une personnalité, donc un noyau dur personnel et psychologique, très difficilement changeable, qui a déterminé, influencé l’adhésion à certaines idéologies politiques, à la « perméabilité » de certaines propagandes.

Les chercheurs se sont donc intéressés aux personnes comme Mack parce que :

« En nous concentrant sur le fasciste potentiel, nous n’avons pas l’intention d’affirmer que d’autres modèles de personnalité et d’idéologie ne pourraient pas être étudiés avec profit de la même manière. Néanmoins, notre opinion est qu’aucun courant politico-social ne représente une plus grave menace pour nos valeurs et nos institutions traditionnelles que le fascisme, et que la connaissance des forces de la personnalité qui favorisent son acceptation peut, en dernière analyse, se révéler utile pour le combattre. »

Études sur la personnalité autoritaire, Adorno

Le but de l’étude a donc été d’enquêter sur la mentalité politique potentiellement fasciste, tenter de la définir, lister avec exhaustivité toutes ses caractéristiques et enfin de la comprendre en profondeur, au fond des mécanismes inconscients de la personne, dans sa structure psychique.

Cette étude n’est pas un sondage de la population pour savoir combien de personnes sont potentiellement fascistes en 1950 aux États-Unis ; il ne s’agissait pas non plus d’obtenir des moyennes, des statistiques pour des statistiques, ou d’avoir une photo des opinions de la population à un instant T.

C’est une investigation, une véritable enquête – au sens littéraire « policier » du terme – pour comprendre les gens pensant comme Mack, pour savoir comment ils se sont mis à penser ainsi, pour savoir ce qui a déterminé ces préjugés et leur rigidité mentale sur bien des points.

Ce travail n’a pas été le même avec les personnes comme Larry :

« On pourrait se demander pourquoi, si nous désirons explorer de nouveaux moyens de lutte contre le fascisme, nous n’accordons pas une égale à attention à “l’anti-fasciste potentiel”. Notre réponse est que nous étudions, certes, les tendances qui s’opposent au fascisme, mais sans considérer qu’elles constituent un modèle unitaire. L’un des résultats fondamentaux de la présente étude est que les individus qui se révèlent extrêmement sensibles à la propagande fasciste ont beaucoup de choses en commun. (Ils témoignent de nombreuses caractéristiques qui, prises ensemble, forment un “syndrome”, même si l’on peut distinguer des variations typiques à l’intérieur de ce modèle principal.) Les individus qui se situent à l’extrême opposé sont bien plus différenciés.

La tâche consistant à diagnostiquer le fascisme potentiel et à étudier ses déterminants exigeait des techniques conçues spécifiquement dans ce but ; on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’elles soient pareillement utilisables sur d’autres modèles variés. Néanmoins, il était possible de distinguer plusieurs types de structure de la personnalité qui semblaient particulièrement résistants aux idées antidémocratiques, et nous leur accordons notre attention dans les chapitres suivants. »

Études sur la personnalité autoritaire, Adorno

Pour le dire autrement, cette investigation a montré que les personnes comme Larry ne formaient pas un « même » groupe où l’on pourrait distinguer un même héritage de pensée, d’habitudes, de culture, etc. Même s’ils avaient pour caractéristique commune de s’opposer vivement au racisme, aux discriminations, aux préjugés et aux stéréotypes, ils n’avaient pas du tout les mêmes idées par ailleurs, et encore moins la même personnalité. Le groupe potentiellement fasciste, lui, était uni dans les mêmes idées, les mêmes jugements et les mêmes tendances, même si ses membres étaient très différents, il y avait des constantes dans leurs mécanismes. Il est étonnant d’ailleurs, à notre époque, de lire les propos et raisonnement de Mack et de constater qu’ils sont, presque au mot près, les mêmes que ceux qu’on entend aujourd’hui (alors que plus de 60 années se sont écoulées) comme ceux-là :

« Nous avons assez de problèmes chez nous, on ne peut pas non plus s’occuper des opprimés venant d’autres pays. »

On pourrait rétorquer de même pour Larry, cependant.

Voilà pourquoi nous allons passer quelque temps pour « synthétiser » cette étude qui fait plus de mille pages afin de comprendre en quoi la pensée de Mack est très particulière et pourquoi encore aujourd’hui, elle est plus que vivace, bien que s’incarnant dans des domaines et styles plus inattendus, hors du champ politicien.


Sortie de notre ligne éditoriale ??


Alors que nous tweetions sur le fascisme et que nous avons abordé le nom d’Adorno, certains, à juste titre se sont inquiétés d’un éventuel hors sujet de psychologie sociale, l’étude d’Adorno étant très particulière.

Cette étude sur la personnalité autoritaire est enseignée à la fac – du moins, c’est là-bas que je l’ai rencontré la première fois pour ma part – et le focus est mis sur les interprétations d’Adorno, notamment celles psychanalytiques. En France, l’étude sur la personnalité autoritaire a été publiée seulement en 2007 sous le nom d’Adorno, elle ne comporte que ses écrits et est amputée du travail de Lewison, Frenkel-Brunswick, Sanford, c’est-à-dire plus de la moitié de l’étude, notamment l’intégralité de la partie consacrée à la psychologie sociale. Cela explique sans doute pourquoi beaucoup de personnes (dont moi-même au début) pensent que cette étude est problématique : en fait, nous sommes biaisés par l’absence de traduction complète.

Nous nous basons donc sur l’intégralité de l’étude, que vous trouverez en libre accès ici : http://www.ajcarchives.org/main.php?GroupingId=6490

Cependant, même avec ces précisions on peut nous répliquer avec justesse que ces études, elles ne sont pas situationnistes, ce qui peut poser un problème avec notre ligne éditoriale. En psychologie sociale, être situationniste, c’est penser que ce sont les situations qui déterminent avant toute chose les comportements, et que même si la personnalité peut avoir un rôle, elle est bien mineure en comparaison du poids des situations ; l’expérience de Milgram est par exemple parfaitement situationniste : elle a prouvé que dans une situation avec une autorité, on pouvait transformer presque tout le monde en bourreau torturant son prochain, sans même le menacer et cela qu’importe ses origines sociales, sa personnalité, son sexe et toutes ses caractéristiques individuelles.

Ici, dans les études sur la personnalité autoritaire, il ne s’agit pas de prouver un déterminant de tel comportement, mais de caractériser le potentiel fascisme et établir un faisceau d’indices caractérisant cette personnalité autoritaire. C’est une investigation. Voilà pourquoi cette étude a d’abord débuté avec des méthodes de psychologie sociale, des méthodes de psychologie clinique, puis terminé avec des interprétations psychanalytiques.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’Adorno et ses collaborateurs, en réalisant cette étude « dispositionnelle » (c’est-à-dire tournée vers les dispositions de l’individu à se comporter de telle ou telle manière) donne moins de poids aux situations : cette « personnalité autoritaire » n’est pas à confondre avec la définition de « personnalité » telle qu’on la définit aujourd’hui, qui serait innée et non acquise ; la personnalité autoritaire, c’est une personnalité qui a été complètement modulée par l’environnement de la personne, son éducation, ses parents, le contexte socio-économique, son entourage, ses conditions de vie, les événements de sa vie, etc. Cette personnalité autoritaire, elle n’est pas toute puissante chez l’individu : les situations peuvent la faire taire, au contraire lui laisser pleinement l’espace de s’exprimer, se « décomplexer » comme cela a été le cas lors des entretiens, où les personnes se sont littéralement « lâchées ». Elle garde néanmoins une forme rigide, c’est-à-dire qu’elle changera difficilement.

Imaginons une situation où l’autorité suprême est ouvertement raciste, sexiste, ethnocentrique et globalement irrationnelle et agressive : c’est laisser là toute la latitude à la personnalité autoritaire d’exprimer ses pulsions les plus agressives, ses pulsions seront en quelque sorte autorisées par le contexte. La situation est déterminante, c’est elle qui ouvre ou ferme les portes à certaines pulsions.

Recrudescence des actes racistes, ethnocentriques après l’élection de Trump : un rapport alarme et fait état de 900 actes liés à la discrimination en un temps record. Plus d’infos ici : https://www.splcenter.org/20161129/ten-days-after-harassment-and-intimidation-aftermath-election ; http://m.slate.fr/story/128483/apres-la-victoire-de-trump-les-actes-racistes-se-multiplient

La situation a donc tout son poids dans les recherches d’Adorno, elle n’est pas niée, bien au contraire : c’est elle qui forme la personnalité autoritaire, c’est elle qui l’autorise ou lui interdit d’exprimer son agressivité, voire même peut l’encourager au sadisme.

Nous ne sortons pas du tout de notre ligne éditoriale, donc. Certes, on va regarder sous une autre facette certains comportements (dispositionnels plutôt que situationnels), mais très clairement, c’est totalement dans notre ligne éditoriale que de comprendre des comportements, leurs déterminants, surtout quand ils sont si liés à la soumission à l’autorité (un sujet qui nous préoccupe beaucoup) de cette manière si particulière.


Une recherche singulière


Même si on est toujours dans une perspective de psychologie sociale, la recherche sur la personnalité autoritaire va être singulière ; les chercheurs vont d’abord enquêter sur ce que nous nommerons la « surface » : ce sont des études sur les idéologies, c’est-à-dire les opinions des gens comme Mack, leurs attitudes et les comportements qu’ils préconisent. Ce sont des avis auxquels on peut accéder facilement sans bloquer la personne, des avis qui pourraient être racontés en soirée, à des voisins, devant les nouvelles du monde, au bar, à un dîner de famille, etc. Voilà pourquoi nous appelons ce niveau « surface », bien qu’il repère quand même des avis moins avouables en public.

Cette étude de la surface se fera sur plus de 2000 personnes, impliquera la construction de trois échelles elles-mêmes reconstruites jusqu’à quatre fois afin de mieux comprendre et retranscrire la mentalité potentiellement fasciste.

Ce premier travail à la surface amènera les chercheurs à construire l’échelle « F » (F comme fascisme) qui va elle, se déconnecter de la surface, des idéologies, et faire un premier pas vers l’inconscient des personnes. Nous entrerons là dans la personnalité autoritaire et nous aurons des premiers éléments permettant de la caractériser.

Suite à l’échelle F, 150 personnes ont été étudiées en profondeur : 25 % de celles qui avaient les scores les plus hauts sur l’échelle F (Mack était l’un d’entre eux, mais pas le plus extrêmement haut) et 25 % de celles qui avaient les scores les plus bas (Larry était l’un d’entre eux, mais il y avait des personnes aux scores encore plus bas). Elles ont donc eu un entretien dit « clinique », c’est-à-dire avec les mêmes méthodes d’entretien qu’en psychothérapie, elles ont également passé des tests projectifs (des tests qu’on utilise en psychothérapie également). Ce niveau nous fera entrer dans l’intimité de Mack et Larry et de leurs confrères et consœurs, nous en saurons plus sur leur enfance, leurs traumatismes, leurs désirs, leurs peurs, etc.

C’en sera fini d’étudier la personnalité autoritaire selon Adorno et ses collaborateurs, nous passerons alors aux critiques, à ce qui a été fait ensuite et nous ferons le pont avec la situation actuelle. Il y a beaucoup à dire, il y a beaucoup à réfléchir, imaginer et œuvrer en termes de hacking social. Car des caractéristiques du potentiel fasciste, par exemple l’ethnocentrisme, sont nichées bien confortablement dans notre société au point d’être devenues des normes tout à fait acceptées et cela bien au-delà d’une quelconque allégeance à tel ou tel parti. Certes, l’extrême droite, le national-socialisme faussement rationalisé de Soral, l’humour fasciste, l’extrême droitisation de tous les partis sont la partie la plus visible de l’iceberg. Mais s’ils ont pu émerger et remporter tant d’adhésion, c’est que non seulement les opposants au fascisme ont échoué à faire comprendre leurs pensées ou l’ont fait d’une façon qui ne fonctionne pas chez certains individus ou encore pour de mauvaises raisons (leur propre « gloire » ou pouvoir, leur sentiment d’infériorité, leur narcissisme, voire même leur besoin d’agressivité, etc.), que les partis ont volontairement mis en lumière les comportements d’extrême droite pour s’inventer un « ennemi » à abattre et pouvoir rêver d’une victoire-à-la-Chirac, mais aussi parce que les mécaniques fascistes sont en œuvre dans le quotidien des gens et qu’ils ont été formatés, encouragés ou poussés – involontairement sans doute – à avoir tout le « potentiel » pour penser en « bon » fasciste.

Parfois même, cette mentalité est leur seule façon d’aller bien et de ne pas « perdre la tête », c’est dire à quel point tout ceci est dramatique…

Pour information, pour tout ce dossier nous nous basons donc sur :

  • The Authoritarian Personality, Studies in Prejudice Series, Volume 1 ; T.W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel J. Levinson and R. Nevitt Sanford  l’étude complète. Elle n’est malheureusement pas disponible en français dans son intégralité.
  • « Études sur la personnalité autoritaire » d’Adorno. Il s’agit d’une partie de l’étude, uniquement les écrits d’Adorno. Il manque énormément de chapitres, ici vous n’aurez qu’un peu d’étude sur l’échelle F et l’interprétation psychanalytique. Il y manque toutes les études sur les idéologies et les préjugés, ainsi que les rapports scientifiques des entretiens et les tests projectifs. Je déconseille de le lire sans avoir l’étude en anglais non loin, parce que vous risqueriez – comme moi – de rejeter l’étude parce que tout étudiant en psychologie y verrait des failles, or c’est parce que des pans entiers de recherches y ont été enlevés. Si vous souhaitez l’étudier néanmoins, n’hésitez pas à poser vos questions en commentaire, j’ai noté tout ce qui y manquait et les erreurs que j’ai pu relever (des termes statistiques non traduits ou mal traduits, des problèmes de stats, les chapitres manquants…) donc ça peut vous faciliter le décorticage.

Un dernier mot avant de conclure : comme je le disais c’est une des études les plus massives qu’il m’ait été donné d’étudier, donc la rapporter prendra du temps, ce qui équivaut à beaucoup de chapitres. J’aurais pu « zapper » certaines parties et me contenter de les résumer en quelques lignes, mais il me semble utile de fournir toutes les informations potentiellement utiles à des hackers sociaux intéressés par la question. En plus, l’étude complète n’a jamais été traduite en français complètement, et étrangement, selon la meta-analyse (encore en anglais jamais traduites en français) cette étude d’Adorno et coll. a été très largement sous-estimée, c’était donc nécessaire que j’y travaille le plus exhaustivement possible. Cependant, comme je le répète souvent, je conseille aux étudiants en psycho de lire plutôt l’étude originale en anglais plutôt que de se baser juste sur ce que je pourrais en rapporter, ne serait-ce parce qu’elle est véritablement passionnante cette étude. J’essayerais de publier chaque chapitre par semaine, parfois il est possible qu’il y ait des semaines sans publication pour des raisons justement de travail sur ce dossier.

La suite : « la menace juive… » l’antisémitisme ou la peur de la contamination

Viciss Hackso Écrit par :

Attention, atteinte de logorrhée écrite et sous perfusion de beurre salé. Bisounours destructrice de choux-fleurs à temps partiel.

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38 Commentaires sur "[F1] Espèce de facho ! Études sur la personnalité autoritaire"

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Néo
Invité

Bonjour,

Vous me Hyppé tellement avec cette article. Dommage que je n’ai pas le niveau en anglais pour lire le papier de base.
Du coup j’ai une première question, (la réponse sera peut donné plus tard mais,…) fascistes = raciste de manière systématique ou on peut être fascistes sans être raciste?
J’emploie le terme « fascistes » mais le terme plus approprié est personnalité autoritaire? (on couvre les même notion ou il faut distinguer les 2?)

Au plaisir de vous lire,
Cordialement 😉

Tanios
Invité

Super teaser, ca a l’air passionnant. J’ai hâte de lire la suite!
Je suis un matheux de formation et l’étude a l’air corsée. J’espère pouvoir en comprendre l’essentiel.

Eric Z.
Invité
Non mais franchement, c’est du n’importe quoi ! Je ne nie pas le travaille effectué (très bien fait même), mais avouez que tout mettre sur le dos des fascistes c’est un peu simpliste, non ? Heureusement, il y a des outils simples et approuvés par le ministère qui permettent de lutter contre de telles pratiques. Comme celui-ci : http://www.gouvernement.fr/on-te-manipule Lisez bien et regardez le diagramme, vous comprendrez vite que nous avons affaire avec une théorie du complot. Comme si tous les patriotes des différents pays étaient des fascistes. Alors que tout le monde sait bien que l’herbe est plus belle… Lire la suite »
Mitebul
Invité
Salut Viciss, Ca s’annonce passionnant tout ça ! C’est un boulot monstre ce que tu fais ! Pour ma part, je rebondis sur ce que tu disais concernant l’insulte « facho » qui est tellement utilisée que j’ai fini par ne plus savoir ce que signifiait réellement le mot fascisme. Historiquement, c’est assez identifié (quoiqu’on pourrait remonter à plus loin qu’à Mussolini je pense) mais aujourd’hui, je trouve que le mot est connoté. J’ai trouvé un article d’Etienne Chouard qui se posait la même question. Il est allé chercher la réponse chez Guillemin : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012%2F06%2F01%2F225-henri-guillemin-le-fascisme-en-france En-dessous de l’image, il y a le… Lire la suite »
Artichow
Invité
Bonjour, Tout d’abord, merci pour le travail exceptionnel que vous réalisez sur tous vos articles. Je souhaite réagir ici au raccourcis préjugés=fasciste, je suis d’accord avec cette logique pour des préjugés de type accusateur et haineux type « les antillais sont des fainéant » (le préjugé rabaisse un groupe de personne est classe leur comportement inférieur à un autre / classement totalement arbitraire d’ailleurs basé sur un formatage au travail). Donc la pour moi, ok fascisme. On trouve par contre beaucoup d’autres préjugés qui pour moi ne sont pas nocifs et sont parfois fondé sur une réelle culture (le maçon portugais ou… Lire la suite »
Dwayn
Invité

Dieu ce que ça me donne envie de lire la suite :3 …

L'obscurité est l'absence de lumière
Invité
L'obscurité est l'absence de lumière
Salut, J’ai posté un commentaire dans un article ( celui du 5 février 2015 sur « Arrêtez tout ! Voici les secrets des titres racoleurs, cela va vous épater ! » mais qui datait un peu, j’ai pensé donc qu’il serait plus pertinent de le recopier ici, si je voulais avoir plus de chance que tu me répondes (tu dois sûrement passée plus de temps à répondre aux commentaires de tes articles récents plutôt qu’aux commentaires issus d’articles plus vieux) le voilà :  » (même s’il n’y a strictement aucun rapport, comme le café avec la sensualité ou la vitalité de la… Lire la suite »
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[…] [F1] Espèce de facho ! La personnalité autoritaire […]

l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b
Salut Viciss, Je pense effectivement que si, il y a un tel complot, notre champ d’action pour le changer ou le supprimer serait faible voire nul mais je pense que c’est avoir un regard biaisé sur le monde que de ne pas accepter de voir les choses comme elles sont car elles ne seraient pas positives à nos vies. Si J’étends ce raisonnement qui en simplifiant pourrait se résumer par : « Est-ce que cela sert ma vie ? Non, je n’y crois pas » ; je ne crois pas à la faim dans le monde, je ne crois pas… Lire la suite »
l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b

salut Viciss

l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b

le commentaire est court car je n’arrivais pas à avoir l’aperçu qu’on a habituellement et qui nous dit que notre message est en cours de modération, sûrement car mon message est exceptionnellement long 6 pages sur word, je vais essayer de le mettre en entier ou sinon je vais être obliger de le segmenter

l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b

Je verrai bien de toute façon si le message est sur le site c’est qu’il a été envoyé alors j’attends, tu peux supprimer ces petits commentaires, c’est juste pour t’informer.

l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b

J’ai réessayé et un message me signale que c’est un doublon et qu’un message similaire a été envoyé, donc logiquement, le message est parti même si je n’ai de visualisation avec en en-tête, votre message est en cours de modération, tu peux le supprimer lui aussi.

l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b
Et c’est vrai que je n’ai pas discuté la dernière partie où tu nous avertis d’avoir une pensée qui créerait des séparations du type, je suis sûr de ça et les gens sont égarés sur cette question, et que cela est représentatif d’un besoin non écouté, je suis pour ma part, plus touché par cette question, il ne faut pas avoir peur de proclamer ses quatre vérités mais néanmoins il faut rester ouvert car on pouvait être dans un égarement, autrement dit ma philosophie, c’est de chercher à avoir une position claire, déterminé sur chaque question de ma vie, chercher… Lire la suite »
l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b
Salut Viciss, As-tu une réponse à développer au vu de mes contre-arguments ? Je n’ai pas écouté ma promesse de ne pas contre argumenter mais comme tu m’as rappelé que je le pouvais, cela m’a poussé à briser ma promesse, ma première réponse était juste, pour moi, dans le fond mais pas sur la forme mais ta réponse m’a poussé à mieux formuler mes idées que ce soit dans le fond et dans la forme, c’est pour cela que le message se rallonge. J’aime bien dire ce que je pense néanmoins j’aime bien aussi écouter les opinions des autres même… Lire la suite »
Trajectoire Malicieuse
Invité
Les complots… Vaste sujet ! Pour ma part ils s’apparentent plus à un alibi de l’inconnu. Imaginons que vous décidiez de fonder un groupe de discussions avec des amis à vous partageant les mêmes sentiments face aux Francs-Maçons (au hasard, c’est juste pour l’exemple). Comme vous ne voulez pas que ça se sache, vous vous réunissez que les soirs de nouvelle lune (il fait nuit noire donc l’obscurité est totale) au fin fond d’un square public quelconque. Là, vous discutez le bout d’gras avec vos amis et vous vous séparez en lançant votre cri (étouffé, s’agit pas de rameuter le… Lire la suite »
l'obscurité est l'absence de lumière b
Invité
l'obscurité est l'absence de lumière b
Bien salut Trajectoire Malicieuse, Je peux te tutoyer (et bien sûr, tu le peux toi aussi, ça fluidifie ma pensée) Tout d’abord, je suis content que tu donnes ton opinion qui me semble sous-entend que tu ne crois pas au complot, Pour l’exemple je suis assez d’accord sur ce que tu cherches à montrer, c’est-à-dire, il est plus facile de voir un complot dans des actes assez anodins. Seulement, si tu réduis toute mon argumentation à cette illustration, je ne peux être en accord. Toute d’abord parce que tu ne réponds pas à mes arguments (liste de points et ce… Lire la suite »
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[…] toutes les explications sur ce thème fascinant dans une série d’articles sur hackingsocial : https://www.hacking-social.com/2017/01/16/f1-espece-de-facho-etudes-sur-la-personnalite-autoritaire/, un site excellent (mais genre vraiment) qui nous inspire énormément pour ce que nous […]

Serge Arseneault
Invité

Je cite: « cette « personnalité autoritaire » n’est pas à confondre avec la définition de « personnalité » telle qu’on la définit aujourd’hui, qui serait innée et non acquise »

Désolé, je comprend rien à cette phrase.

C’est quoi une « personnalité » de nos jours? J’ai toujours pensée que c’était un « savant » mélange des deux (inné et acquis).

Et pour moi, opinion, n’égal pas personnalité.
Mais les deux s’influence mutuellement.

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